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CHAPITRE II

De la moelle épinière.

La moelle épinière diiîùre déjà des nerfs au point de vue anatomique. Comme le cen'eau, elle renferme des fibres tubuleuses. On trouve, dans son intérieur, de la substance grise, qui, sur la coupe transversale, représente une croix couchée, dont la figure se prolonge de chaque côté, en manière de cornes, dans les cordons antérieurs et postérieurs.

Physiologiquement, la moelle épinière ressemble aux nerfs en ce qu'elle propage les effets de ses nerfs au cerveau, comme les nerfs cérébraux transmettent directement les leurs au sensorium commune^ et qu'elle conduit aussi les actions cérébrales à ses nerfs, comme si ces derniers les recevaient immédiatement du cerveau. Mais, à d'autres points de vue , elle diffère essentiellement des nerfs par les forces qui loi sont dévolues en sa qualité de partie centrale, et que ceux-ci ne possèdent point (1). Examinons ces deux propriétés.

I. La moelle épinière est conducteur du principe nerveux ou de ses oscillations.

Tous les nerfs cérébraux et rachidieus sont mis, par elle, sous l'influence du cerveau, les premiers immédiatement et les autres médiatemcnt. Dès que cette

(i) La figure 70 représente, trapris Arnold et Longet, la f^ce antérieure du pont de Varole, eellndu bulbe rochidien et une partie de la moelle épiiiU'.rc, celle-ci encore entourée de sa membrane propre, et présentant d*un côté les nerfs qui en procèdent : A pont de Varole; B artères

' spinales antérieures, qui se prolongent sur toute la longueurde la moelle ; C nerf facial; D nerf

- inlcrmédiairc ; E nerf acoustique ; F nerf glos5o-pliaryngien ; G nek-f pneumogastrique ; H corps olltaire; I pyramide antérieure; K prcmii're paire cerTicale ; L M ligne indiquant la limite supérieure de la moelle; N N M dure-mère racliidienne; 00 0 ligament dentelé ; P P P denticules d*lnscrtion de œ ligament sur lu dure-mère racliidienne ; i à 8 nerb cenricauz, dont les racines antérieures sont insérées sur le sillon collatéral antérieur de la moelle; 0 et 10 les deux premiers

"* nerfs dorsaux. — La ngiire 80 représente le mode le plus ordinaire d'entrecroisement des pyramides : A pyramide antérieure ; B corps olivaire; C folsccnu latérol du bulbe; D faisceau interne

< de la pyramide gnuche, qui sVntrccrnifte avec un faisceau semblable de la pyramide droite; R E fuiscean eilernc do chaque pyramide ; Y faisceau antérieur de la moelle ; G faisceau latéral ; H (jisecau postérieur.

MOELLE ÊPINIÈRE. 7B9

influencé Tient k (ître interrompue, les excitations des nerfs sensitifs ne parviennent plus à la conscience, et le cerveau ne peut phis exciter volontairement la force motrice des nerfs, qui sont soustraits à son empire.

Les causes qui interrompent la communication entre 'le cerveau et la moelle épinière, d'une part, et les nerfe, de Tautre, sont la compression exercée sur ces derniers, leur destruction, leur section, et la ])aralysie de leur force motrice par des substances solubles, par exemple dans l'empoisonnement par des préparation^. saturnines.

Chaque fois que de telles causes agissent sur un nerf , toutes les branches qui se détachent au-dessous du point lésé sont soustraites à l'excitation volontaire de la forcé motrice ; les muscles auxquels elles se rendent sont paralysés quant au mouvement volontaire, et la partie cesse en même temps d*étre sensible aux stimulations du dehors.

Au contraire, les branches nerveuses qui naissent audessus du point lésé ne sont point soustraites à l'influence du cerveau et des déterminations de la volonté sur leurs muscles , parce que leurs fibres primitives communiquent encore sans interruption avec l'encéphale. Par la même raison, tous les nerfs sensitifs qui naissent au-dessus de la lésion conservent le sentiment

La lésion d'un nerf sur un point ne détruit que la liaison avec le cerveau ou l'oi^ane de la conscience et des excitations volontaires; Iqs portions de ce nerf situées plus bas demeurent en jouissance de leur force motrice pendant un certain laps de temps; elles ont seulement cessé de pouvoir ressentir l'influence du ceneau. Aussi , quand on pique , écrase, brûle, cautérise, électrise ou galvanise un Jierf qui a été frappé de paralysie , soit parce que l'influence cérébrale n'arrive plus jusqu'à lui, soit parce qu'il cesse de communiquer avec le cer\eau, l'animal n'a aucune sensation, parce que l'irritation ne peut plus parvenir jusqu'au cerveau ; mais les muscles auxquels il envoie des ramiûcations se contractent, parce que, si l'influence cérébrale sur la force motrice est paralysée, la force motrice des nerfs ne l'est point au-dessous du lieu de la lésion. Ce n'est qu'après avoir été soustrait pendant plusieurs mois à l'influence des parties centrales qu'un nerf perd totalement son irritabilité, comme le démontrent les expériences faites par Sticker et moi (1).

Ainsi, chez l'homme et les animaux supérieurs, la moelle épinière te comporte envers le cerveau de la même manière exactement que tous les nerfs cérébraux.

(1) ¥\^. 8i, sections transversales d<> la moelle épinière : A immédiatement an-dessous de la décussation des pyramides; B au milieu du bulbe cervical ; C ù mi-chemin entre les bulbos cer- Tical et lombaire; D bulbe lombaire ; K un pouce plus bas; F très près de rexlrémiié iuréçicure; a sarfacc antérieure, p surface postérieure. Les points d'émergence des racines nerveuses anléfleares et postérieures se voient aussi ( Phys. by Todd and Bowman, 1. 1, p. 257).

760 MOELLE ÊPINliUlB.

et elle doit être considérée comme le tronc common do tous les neris do tone, quoiqu'elle possède encore des forces particulières, dont ceox-^ sont dépoona Les ûbres primitives de tous les nerfedu torse tiennent par elle an cerfeau, taaii que les nerjfs cérébraux se rendent immédiatement à cet organe.

Les conséquences des lésions de la moelle épinière diûyent être jugées d'ipris cela. La lésion dé Textréndté inférieure du cordon entraine la paralysie des bres pelviens, du rectum, de h vessie; celle de Torgane à une hauteur plus sidérable détermine la paralysie de ces mêmes parties et des muscles abdrâninan; plus haut encore, on observe en- outre celle des muscles pectoraux ; au cou cofii, plus bas que la quatrième, vertèbre, on voit survenir aussi celle des bras, mm m celle du diaphragme, parce que le nerf phrénique naît du quatrième cervicaL la lésion de la moeile allongée paralyse le torse entier. Lorsqu'une lésion procède è bas en haut, la paralysie suit la même iiÉrche, comme dans la {riithisie dorsale. Si cela donc, la moeUc épinière se comporte absolument comme tronc commondB nerfs du torse. Si Ton exerce une ,irritation mécanique ou galvanique sur soi extrémité supérieure, on voit entrer en^coqvulsion les muscles du torse entier, et même qu*en irritant un cordon nerveux, on fait contracter tous les masdnqn reçoivent des branches de luL Si Ton coupe un nerf en travers , la portkm soustraite à rinfluence cérébrale est susceptible, quand on l'irrite, de déterminer é» contractions dans les muscles auxquels elle se distribue'; de même, après la secte transversale de la moelle épinière, le bout inférieur peut encore, lorsqu'où Ykvtt, exciter tous les nerfe qui en naissent et agir par là sur leurs muscles.

La moelle épinière ne remplace pas seulement tous les nerfs du torse en nom dans le cerveau ; elle y remplace aussi toutes leurs fibres primitives, car raflediea de certaines parties de ce cordon n'interrompt que l'influence cérébrale sur certains muscles du torse, et la lésion de certaines parties du cerveau n'entraîne m plus que la paralysie de certaines parties du torse. Une cause qui n'agit que sur une moitié du cerveau et de la- moelle épinière n'amène qu'une paralysie d'uae des deux moitiés latérales du torse, et plus la lésion est faible et moins elle attaque de cordons de la moelle épinière, moins aussi il y a de parties soustraites par efiei l'influence cérébrale. Si l'on réfléchit en outre que c'est le cerveau qui chaque fois décide combien de muscles du torse sont mis en mouvement, il parait décookr nécessairement de là que les fibres primitives des troncs nervçux qui pénètrent d« la moelle épinière ne s'unissent pas non plus dans cette dernière, mais qn'efles continuent d'y marcher parallèlement les unes aux autres, comme dans le trair d'un nerf, et qu'elles arrivent ainsi au cerveau, afin de pouvoir, chacune isolément, lui communiquer les impressions locales et recevoir de lui les excitatkios nécessaires pour donner lieu à des mouvements. En eflct, si elles s'unissait ensemble dans la moelle épinière, toute sensation locale au torse serait aussi imiK»sible, que toute contraction isolée d'un seul muscle de ce môme torse. D'aiBrors. la cause des convulsions qui réside dans le cencau et la moelle épinière agitanss sur des parties isolées du torse, et les lésions dont certaines régions de ces centm viennent à être afl'ectées, donnent lieu à des sensations locales dans le tronc (1).

(4) Fig;. 82, SGCtton transversale de la moelle épinière de riiommc , près des troi^wiiied ^ tri^me nerrs cervicaux ; grossissement dix diamètres ; diaprés Stilling ; /'colonnci posi^nrai»*'

fig. B2.

MUELLE ËPtNlËRE. 7^1

kAu rcsii!, rarraiigcmeiit des fibres pli miriv es eu cordons iiorvettx ii'osl point bcorc prûforiDË à leur smiic de la moelle épititC-re, et il ne se manifeste (|ui> par la tV'uniun des lilels radicidaircs eu faisceaux. Ou sait (]ue les racines antérieures et poslL'i'ieurcs s'insèrent aux cordons antérieurs ot ))oslÉriein's sur une ligne blvrale (juî, de chaque c&tË, s'écarte un peu àe la ligne médiane. Si l'un fait abstraction de la réunion des filires primitives en faisceaux pour produire des iroiics J nerveux , et si l'un prend en considéra- 1 lion la manière dont elles uaisseni, dansi 1.1 iiH>elie épinitre, les unes à la suite des^^ .mires, celles dont elles demeurent isolées ilans les troncs nerveux, celles enfin dont elles s'éiaient dans lesdcmiéres raraificatioEK! de ceux-d, on arrive i se représenter U iDoelIe épiniËre comme un troue formé de fibres nerveuses, de la partie antérieure ol de la partie postérieure duquel sortent, avec ri'guhp'ilé, et sans nulle inlerruplion, des millions du fibres primilives, douées, les nues de force motrice, et les autres de force sensilive, iiui si' rendent, comme autant de l'ayons, h toutes les parties du corps; qui enfin, dans l'intervalle compris eiiire leurs origines rachidienncs el leurs extrémités pÊriphériques, sont réunit», par di-s };iiines, en aniant de faisceaux, gros et petits, qu'il y a de nerfn racliidicnB et de lauiilicalions à ces nerfs. Mais nous avons déjîi vu que cette réunion a lieu sans que les fibres primitives s'unissent ensemble, et sans (ju'elles puissent se rommuniquer leurs forces primitives.

L'auatomie comparée ne nous fournit aucune lumière en ce qui concerne le« relations des nerfs avec la moelle épiniére. Nous trouvons de grandes différences dans la longueur de ce dernier organe. CheE le hérisson, dont le muscle cutané a besoin d'une inilucnce nerveuse considérable, tandis que la peau, armée de piquants, est jwu propre i recevoir des im|H-essioiis tactiles, la moelle épiniére cesse de « bonne heure, que toute sa moitié |)ostérleure manque. Chez la plupart des autres mammifères, elle occupe presque tonle la longueur du canal vertébral, et, rhez le lapin, lu cochon d'Inde, elle s'étend jusqu'au delà des vertèbres sacrées, nonobstant la brièveté de la queue (1), ce qui prouve que sa longueur ne dépend pas uniquement de la longueur el de la force de cet appendice. Dans le kanguroo, dont la queue très grosse sert plus h la progression qu'au toucher, elle n'est pas plus proiongi-Q que dans le chien, au dire de Desmoulins. Chez les quadrumanes i queue préhensile, elle s'étend jusqu'aux vertèbres sacrées, eu consenant encore un volume assez considérable. Le poisson-lune, qui a presque autant de hauteur

ii tiilnlaiice itél.itincuse de la cnrnc [iiHIËrieiirp : k racine poMâricurc; i iiiiplKMOui ; a (usure antérieure ; t liuiirc poslérlouru; b commissiirc t^Hw. ' qni ol EU|i))oM s'ùleiiilre lians Luulc ki lougucnr de la duh^IIg ; g cnnic aniijricurc Uc grise roiitniaiil ilca ifiiculcs !i queue ; c culanuc antËro-latémlc, de Ii il a. X*) DMMfUMM, lac cil., p. 539.

ntlIiTlCurM

iiial

742 momM tpimfcmi. j^

que de loagueur, semble, aa pfemier aperça, n'a^foir pas da Ignt de mmBeliînière; son cerveau se termine en un moignon conique, extrémeiiieia cooit, t$k les racines des nerfs partent, les unes à côté des autres, conodue autant de c«ài^ en formant deux séries. Tune antérieure, Fautre postérieure. Chei b pinpact èi animaux, la moelle épinière est un cordon qui ne diminue pas à mesure qseài racines de nerfs s*eit Mjingffim^ ^mme on le voit surtout ches les poîsso» d b chéloniens, et qui ftelWf 6,-eiiQQr^ ti sa partie inférieure un Tolame presque épi à celui qu*il présenta k sa partie fWBéiJeure. Il est donc yraisemUaUe qneodksèi. fibres primitives de tie ccûndoQ qui T)9pnent du cerveau fournissent bien les Hici radiculairesdes nerft dans les points fxirre^Mndants aux racines, mais que la sudi épinière renferme beabcoup d*autm Wifes qui M smit propres, el qui ne point dans des nerfs. 4>u reste, on ne sait pas bien encore si les Glels des nerveuses montent jusqu'au çenreiHi,^ s*ib naissent dans la modle ^sÉère elle-même et n*ont qu'une reïniiiiii dinnninée avec les fibres cérébrales de a cordon.

La découverte des propri^és diverses dévolues aux racines antérieures et pntéricures des nerfs rachidlens, dont les premières sont motrices, et les autres wsitives, a répandu beaucoup de lumière sur l'histoire des paralysies, (te sut qsl arrive quelquefois au sentiment de s'éteindre dans un membre, dans tontnscii du corps, ou dans sa moitié inférieure, tandis que la faculté de se mouvoir son intégrité : dans d*autres cas, c'est la mobilité qui di^araft, et le persiste; dans d'autres encore, les deux facultés sont simultanément abolies. la différence entre les nerfs moteurs et les ner& senaitifs se répète-t-elle ansnàk moelle épinière, et celle-ci envoie-t-elle au cerveau des fibres sensitires difléraM des fibres motricea? La diversité des paralysies semblerait l'annoncer; car aslrement il serait impossible d'expliquer ces remarquables phénomènes pathologiqBei Mais c'est une tout autre question que d'indiquer d'une manière précise qiïelei parties de la moelle épinière sont motrices et quelles autres .sont sensibles. On peut admettre, ou que les cordons antérieurs et postérieurs, d'où naissent les ndMi motrices et sensibles, sont uniquement, les premiers moteurs, et les seconds Nisitifs jusqu'au cerveau, ou qu'une des deux fonctions appartient à la sobstace corticale blanche et l'autre à la substance grise. La première hypothèse est celle à Bell et de Magendie ; elle n'a pour elle aucune preuve satisfaisante, ni expériaxitale ni. pathologique. Il y a impossibilité de tenter des expériences sur lesquelles « puisse compter ; car, en faisant agir Tinstrument tranchant sur les cordons postérieurs de la moelle épinière, on comprime nécessairement les antérieurs. Aotatf les résultats sont positifs par rapport aux racines antérieures et postérieures do nerfs rachidiens, autant ils le sont peu en ce qui concerne les cordons antériean et postérieurs de la moelle, dont l'anatomie ne parvient même pas à déroootrerli séparation (1). Magendie (2) a trouvé que les cordons postérieurs étaient très sensibles, et que les antérieurs ne l'étaient point, mais qu'ils excitaient de vicleotes convulsions lorsqu'on les irritait. Plus lard (3), il convint que ce résultat n'éuit

(i) C'est ce que j'ai déjà Tait remarquer, en i83i, dans les Ann. des se, nat.

(2) Journ, de physioL^ t. III, p. 153. (S) Jbid,, t. III, p. 3j98.

IIOELLB ÊPINIÈHE. 7ft3

point abmliL fiakker (1) a vu la section des cordons, antérieurs paralyser le mou-: ▼ement seul, et celle des cordons postérieurs n'abolir que le sentiment ; les animaut sur lesquels il coupait les cordons antérieurs de la moelle, à la région dorsale^ n'éprouvaient de spasmes que dans leurs membres thoraciques, après avoir été empoisonnés avec de la noix vomique. Les ex()ériencesde Seubert ont eu un résultat positif quant aux racines des nerfs, mais elles n*en ont donné qu'un incertain eu égard à la moelle épinière ; elles semblent établir que la partie antérieure du prolongement rachidien préside principalement, mais non exclusivement, au mouvement, et que la même chose a lieu dans la partie postérieure, pour le sentiment. Les ex|)ériences plus anciennes de Schœps (2) avaient déjà conduit aux mêmes conclusions, en apprenant que la section des cordons antérieurs dinûnue la sensibilité, que cette faculté demeure plus prononcée après celle des cordons antérieurs qu'après celle des postérieurs, que la sectîan de ces derniers entraîne la perte du mouveuicnt des extrémités, mais que cems-ci recouvrent plus tard leur mobilité, et enfin que le mouvement cesse tout à fait après la section des cordons antérieurs. Les faits pathologiques qu*on trouve réunis dans l'ouvrage de Seubert (3) ne sont favorables qu'en partie à l'hypothèse ; plusieurs parlent ouvertement contre elle, comme aussi la circonstance que le nerf accessoire, qui est moteur, na!t en totalité des cordons postérieurs chez les oiseaux et les reptiles. Bellingeri {k) prétend que les racines postérieures tirent leur origine de trois points, des cornes postérieures de la substance grise, des faisceaux postérieurs blancs de la moelle épinière, et des faisceaux latéraux, et que les racines antérieures naissent également de trois points distincts, des faisceaux antérieurs, des sillons antéro-latéraux et des faisceaux latéraux. Il dit aussi que la substance grise intérieure préside au sentiment, et h Manche au mouvement, que les cordons antérieurs de la moelle et les racines antérieures sont destinés au mouvement des muscles fléchisseurs, les postérieurs à celui des extenseurs, ce qui est inexact, du moins par rapport aux racines. Afalheureusement nous ne pouvons pas faire d'expériences susceptibles de commander b confiance, sur la part que la substance grise et la substance blanche prennent aux deux fonctions, et ce qui frappe d'incertitude toutes celles qu'on exécute sur les cordons antérieurs et postérieurs, c'est l'aptitude dont la moelle épinière est douée de transmettre par réflexion une ailection sensitivc à l'appareil moteur. En supposant, par exemple, que réellement les cordons antérieurs soient moteurs seulement, et les postérieurs consacrés exclusivement à la sensibilité, une lésion de ces derniers ne manquerait guère d'exciter des convulsions dans les cordons antérieurs, parce que, toutes les fois que la moelle épinière éprouve une lésion ONisidérable, elle tombe dans l'état réflectif, qui fait que toute irritation des nerfs sensîtifs parvenue jusqu'à elle se réfléchit sur les nerfs moteurs.

Yan Deeu (5) et Kuerschner (6) ont publié, dans ces derniers temps, des expériences qui semblent appuyer le théorème de Bell, même à l'égard des cordons de

(1) Comment, od qua$t, phytioL Utrecbt, 1830.

(2) MecKCL^s Arehiv^ 1827.

(3) De funcu rad. ant. et po$t, nerv, êpim Carlsruhe , 1833. (A) De medulla ipinalû Turin , 1823.

(5) Nadcre Otitdekkingm over de Eigenêchappen van het Hnggemerk, Leyde, 1SS9.

(6) MuELLBR*s ilrf/Uv, 18&1, p. lia.

lllU MOELLE ÈPUXIÈÏÏ0

la moelle épôiière. Cependant Budge (1) est mcmisexpllGile : 3 prétend qœ Tnitation des cordons antérieurs provoque bien le roonvement, fk celle des conlw postérieurs la sensation ; mais, suivant lui, il n'y a pas une seale pvtie de la wuât épinière dont rirritation ne donne lieu aux deux phéoomèiies. D'après Sliliai, h substance postérieure Mancbe serait sensitive, et l'antérieure motrice, tant qa*cle conserve des connexions avec la substance grise, tandis que la sobatance grise p» térienre serait à elle seule la source du sentiment, et l'antérieure celle dn noiiemcnt (2). D'un autre c(yté, Van Deen (3) soutient que la moelle épinière, engénéni, n'est point sensible, qu'dle sert seulement de conducteur au sentiment, mais qi'ea peut, en irritant sa surface postérieure, provoquer des mouvements réflexes te diverses parties (A).

(1) UHtfrtuehnngen ueber das tfervetitgêttÊ^iBhU

(S) Arekio fmer pkythloffiHhe HeUkunde , fH.

(3) Fmubp's N€M€ Notizeut 538, 5A9.

[h) Dans un travail {Recherches exp. et palhoL êur Uê propriété* et le» fncthmt à U moelle épiniire et des racines des nerfs rachidiens ; daus Artkiv. gém. de mâL, iSil), {mk Mir un grand nombre d*expériences et d*obscrv&lions palhologiqueft, Loni^t a Icré loin les donn relatifs ù la mission exclusivement motrice des cordons blancs onléHeurs de la moelle, et tivede ses cordons postérieurs. Ayant constaté, comme tous Ici eipérimcnlatcars, rc sensibilité des faisceaux médullaires postérieurs, et, de plus, oysnt donné la démontmâa expérimentale de la complète insensibilité des antérieurs , il a d*abord tàli oooDaitrt le caradèR diinhtïntiel le plus tranché entre \ei propriétés de ces deux fbisccaux. Pour IrooTcr un caractère différentiel aussi |>rononcé entre les fonctions de ces mêmes parties , il rut recours au (^Ivaaîae dans les conditions suivantes : ayant ftiit choix d'animaux supèrleum (chiens adultn) il aitft nu la portion lombaire de la moelle, et la coupa transversalement au niveaa de la demièreva^ tébre dorsale, de manière à avoir deux segments, Tun caudal^ Taulre eéphali^me; pan, cprè avoir attendu le temps suffisant pour que les effets d^ action i^fUctice de la smaede emssemékr pafu ( et ils disparaissaient rapidement chez les animaux supérieurs adultes }, il appliqua sivemcnt et comparativement les deux iiôlcs d'une pile modérément forte aux faisceaux rieurs et aux antérieurs du bout caudal de la moelle. Dans le premier cas, les résultats foreit toujours négatifs, c'est-à-dire qu'aucune secousse oonvulsive ne se manifesta dans le traitée derrière de Panimal. Dans le second , des contractions musculaires s'y montrèrent d'une i constante. Longct a reconnu que la stimulation galvanique des faisceaux latéraux de la (ceux qui sont compris entre les deux ordres de racines) donne lieu h des contractions nu laires sensiblement moindres dans les muscles abdominaux que celles qu*on obtient par Teidution des faisceaux antérieurs^ d'où la probabilité, dit-il , qu'ils pourraient bien avoir des nsaiin différents de ces derniers. Du reste, ces faisceaux latéraux lui ont toujours paru être am^UÊtment insensibles aux irritants mécaniques, comme les antérieurs. Os expériences (i itiBwni donc enfin la fonction exclusivement motrice di*s cordons antérieurs de la moelle , la foadita exclusivement sensitivc des postérieurs, vérité tant de fuis combattue , et d'ailleurs tant obcarrie par les contradictions sans nombre de ses partisans eux-mêmes. Elles révèlent entte ces csninB médullaires des diffôrences fonctionnelles aussi incontestables que celles qui existent entre b deux ordres de racines des nerfs ractiidiens ( Voy. Loxoer, Ànat. du syst. nerr., t. I, p. 319, pour la rehilion des faits pathologiques cnnfirmatifs de ses expériences). Dans un nonvtta némoire ( Sur la relation ifui existe entre le sens du courant électrique et les contraetiums wnses' laires dues à ce courant ; dans Ann, mcd. psychoL, novembre iSlA, et Ahiu de ehim,^ mim année ), Longet et Maltrucci ont ajouté une preuve importante en faveur de la distiodvaf" vient d'être établie. Ils y ont reconnu, en variant le sens du courant électrique, que llsâmtf du courant diffère toUlement, dans ses effets , quand elle s'exeme sur des nerfs exHmtmttt mofeurj ( racines spinales antérieures}, dont Taclion n'est que centrifuge » ou sur do asft mixtes (sciatique , etc. ), dont l'action est à la fuis centripète et centrifuge. Ainsi, lcS{

IlOELLE ÊPINIËRE. 1U5

Ces contradictions prouvent suffisamment que le sujet en question est encore couvert d*oue profonde obscurité (1).

Les fibres de la moelle épinière arrivent au scnsorium commune à travers la moelle allongée. Sans anticiper ici sur ce quej*auraià dire di^s propriétés dévolues

excitent les contractions muiculaires seulement au commencement du courant inverse et ù Tinterniption du courant direct, tandis que les second.s ne les fout apparaître qu'au commencement du courant direct et ft rintcrruption du courant inverse. Longuet et Malleocci , ayant constaté que Ira faisceaux blancs antérieurs de la moelle épinièrc se comportent avec les courants direct el inverse à la manière des nerfs simplement moteurs, onf donc contribué , par ces nouvelles cxpériiiiccs , ù démontrer Faction exclusivement centrifuge ou motrice de ces faisceaux.

{Note du trad.) (i) Toul le monde admet aujourd'hui Topinion ancienne, que la moelle épinièrc transmet les impressions sensitives d'une manière directe, c'est- à-dire que c'est la moitié latérale droite de la moelle qui transmet les impressions reçues par la moitié droite du corps , et vice »ersa. Drown-Séquard annonce avoir trouvé, au contraire, que cette transmission se fait principalement d'une manière croisée. Voici quels sont les faits qui l'ont conduit à ce résultat. Après avoir coupé transversalement, sur un mammifècc* une moitié latérale de la moelle épinière, à la hauteur de la dixième vertèbre costale, il a vu : i« que le membre postérieur du côté de la section de la moelle est non seulement trC-s sensible , mais qu'il parnit |>lus sensible qu'5 l'état normal ; 2^ que le membre postérieur de l'autre côté est très notablement moins sensible qu'à Tétat normal. Si au lieu d'une seule section transversale sur une moitié latérale de la moelle épinière, on en ftiit deux sur le mèmecété, à la hauteur des onzième , dixiè|nc ou neuvième vertèbres costales, on constate aussi la persistance ou l'augmentation de la sensibilité du côté de la section et sa diminution très manifeste de l'autre côté. On peut encore augmenter le nombre des sections d'une même moitié latérale de la moelle, sans qu'il y ait de différences dans l'es résoltats, ù l'exception de celle-ci : L'animal, que ces mutilations ont très alTuibli , manifeste flMrins vivement la perception de l'impression douloureuse, mais le membre postérieur du côté de la section parait toujours au moins aussi sensible que la face et le train antérieur, tandis qu'au contraire le membre- postérieur du côté opposé ne parait qu'ù peine ou nullement sensible. — Lorsqu'au lieu d'opérer la semi-section de la moelle ù la région costale , on la pratique au niveau delà troisième vertèbre cervicale, on trouve que les deux membres du côté de la section paraissent plus sensibles qu'à l'état normal, tandis que les deux autres le sont beaucoup moins* Les cochons d'Inde survivant, en général , à la semi-section de la moelle, à la hauteur des deriiièm vertèbres costales, Brown-Séquard a pu constater, chez ces animaux» plusieurs mois après Ptypération « la persistance de la sensibilité à son degré normal ou même avec un |)cu d'exalialion da eùté de la section et sa diminution de l'autre côté. Si, après avoir coupé une moitié latérale de la moelle au niveau des dernières vertèbres costales, on coupe l'autre moitié, à quelques centimètres en avant, ou à la région cervicale, on trouve, en général, la sensibilité presque oonplétement perdue dans les deux membres postérieurs. Quelquefois , cependant, quand les deax semi-sections sont très éloignées l'une de l'autre, on trouve une sensibilité assez vive dans le train postérieur et surtout du côté de la section la plus voisine de l'encéphale. Si , en faisant «ne semi-section de la moelle, on empiète légèrement sur l'autre côté, la sensibilité se conserve presque inaltérée du côté de la semi-section , mais elle est perdue complètement , ou à bien peu près, de l'autre côté. Si, au contraire, la semi-section est incomplète et laisse intacte une por- Ikm , même minime, au voisinage du centre de la moelle, la sensibilité ne diminue ni d'un côté ■f de l'autre, et elle parait même exagérée du côté de la section. Si l'on fait une section longiludhiale sur le plan médian de la moelle épinière, de façon à séparer complètement ses deux moitiés latérales, dans toute la partie qui donne naissance aux nerfs des membres pelviens, la senlarilité se perd , entièrement ou à bien peu près , dans ces deux membres. Ces diverses expériences ont été fuites sur des mammifères de plusieurs espèces : le lapin , le chat , le chien, le mouton et le cochon d'Inde. C'est surtout sur ce dernier animal, si sensible, si vigoureux et qu'on se procure si aisément, que ces expériences ont été multipliées. Pour reconnaître l'existence et le drgré d'énergie de la sensibilité , tous les genres d'excitation ont été mis en usage : le pioGcment,

746 MOELLE ÉPINIÈBB.*

aux diverses parties du ceneau et des autres particularités de la moelle èpinière, je ferai seulcmciit rcin:irqucT (lue cette dernière remplace par ses fibres, dansk cerveau, les fibres primitives de tous les nerfs rachidiens, de même que les neris cérébraux sont remplacés dans Tencéphale par leurs fibres primitives. Le cenreao reçoit les impressions de toutes les fibres sensibles de Torganisme entier; il en acquiert la conscience, et connaît Tendroit où elles ont lieu, d*après ceDes des fibres primitives qui sont affectées ; à sou tour, il excite la force motrice de toutes tes fibres primitives motrices et de la moelle épinière, dans le mouvemcni volontaire. Kous admirons, dans cette activité, un mécanisme infiniment comi^qué et délicat, quant à la disposition des éléments , tandis que les forces elles-mêmes sont de natjtre purement idéale. Quelque diverse que soit la manière d'agir, cependant l'actiou du cerveau, quand il excite telle ou telle partie parmi le nombre immense des fibres primitives, ressemble au jeu d*un instrument garni d*uiie multitude de cordes qui résonnent lorsqu'on remue les touches. L'esprit est le joueur ou 1 eidtateur ; les fibres primitives de tous les nerfs, qui se répandent dans le cerveau, sont les cordes, et les commencements de ces fibres sont les touches. Niemeyer (1) explique les mouvements volontaires par la cessation de la tension des antagonistes; mais il y a des muscles qui continuent d'obéir aux ordres de la vokMtfé après qu'on a pratiqué la section de leurs antagonistes.

Les troncs nerveux et la moelle épinière , tronc des nerfs du corps , se resenh blent encore en ce que les affections de celle-ci déterminent des sensations dans lo parties extérieures , comme si ces dernières en étaient elles-mêmes le siège. Uie compression sur les troncs nerveux fait naître un sentiment de fourmillement à h peau ; celle de la moelle épinière donne lieu 4iu même phénomène dans toutes ki parties dont les nerfs prennent leur origine au-dessous du point lésé. Quand ks nerfs sont affectés de tumeurs, les parties auxquelles se rendent leurs extrémités

la piqûre , la galvanisation et enfin la brûlure, soit par le feu, soit par un acide minéral eot> centré. Brown-Séquard croit que ces faits, rapprochés de deux cas pathologiques observés w riiomme, ilémoulrcnt, de la manij're la plus incontestable, que la transmission des impi carie sensitives se fait principalement d^une manière croisée dans la moelle épinière ( Compta itite det tèances de CÀcadétnie des scienctê, 1850, L XXXI, p. 700).

Brown-Séquard s^est aussi occupé de la question de savoir si les impressions sensiliresseB Iransmelleiit que par les cordons postérieurs de la moelle épinière. Dans sa thèse ioaii|Wik ( Paris, S janvier 18Â6), ainsi que dans un mémoire lu à rAcudémie des sciences, eo 1S&7 ( Comptes rendus , 1. XXIV, p. 389 et 93), il annonce atoir trouvé , comme Bellingeri, Scbcfi» Calmeii , Bolando , Seubcrt, Van-Deen, Budge et Stilling, que la section des cordons postériem ne modifie guère la Iraiismissibilité des impressions sensitives. Il a trouvé depuis , que ncoxilemciil les purlics qui , aprts la seclion des cordons postérieurs, devraient être insensibles. savant la tbéorie primilivc de Bell, ne le sont pas, mais encore qu'elles paraissent manifesteaoi plus sensibles qu'à Tétai normal. Il a fait voir que les faits pathologiques rapportés par Loof^ ne peuvent pas démontrer l'opinion de ce physiologiste, puisque, dans ces cas , les ractDespnl^ Heures étaient altérées en mt^me temps que les cordons postérieurs. Or, les racines poslénnro servant incontestablement à la transmission des impressions sensitives , leur alttYattoo sufit p* expliquer Tanestliésie qui existait dans ces cas. Il fallait, |H>ur pouvoir connaître le rôk es cordons postérieurs à Taide de faits pathologiques, en trouver dans lesquels les cordoa» p»*^ rieurs fussent altérés, les racines restant intactes. Brovi-n-Séquard annonce en avoir réaoi m»*satisfaisant à cette condition essentielle. Dans tous ces cas , la sensibililé était coaservéc f^^ moins complètement, et dans quelques uns elle était exagérée. Ê. L

(i) Materialien zur Erregungstkeorie, Gœttingue , 4800.

MOELLE iPINIÈEJB. 1kl

ressentent les plus vives douleurs, et, lorsqu'on coupe les troncs nervenx, les parties extérieures souflrent : il en est de même pour h moelle épinière, dont les affections inflammatoires et autres déterminent souvent de violentes douleurs, qui ont en apparence leur siège dans les parties extérieures. Dans le cas même de complète insensibilité pour les irritations du dehors, les lésions de la moelle épinière peuvent cependant encore provoquer des sensations subjectives, que l'individu rapporte aux parties extérieures de son corps. Tels sont les fourmillements qui se font sentir dans les membres inférieurs, malgré la perte totale du mouvement et de la sensibilité par rapport aux excitations du dehors (1). Mais les sensations subjectives dans les membres , malgré Tinsensibilité absolue et la paralysie du mouvement , peuvent aussi être des douleurs extrêmement vives, comme chez un sujet qu*a observé Heydenrcich, et qui avait 1(!S extrémités inférieures paralysées et complètement insensibles , ce qui ne Tempéchait pas de ressentir de temps en temps les douleurs les i^us violentes. Le plus fréquent de tous les symptômes de ce genre est le fourmillement dans les parties extérieures , qui ne Inanque presque jamais dans les affections de la moelle épinière. Le fourmillement est ici la même chose que le tintement d*oreilles pour les nerfs auditifs , que les mouches volantes ou autres sensations subjectives morbides pour Forgane de la vue ; et, comme les sensation» subjectives qui naissent du mouvenent du sang dans la rétine, chez l'homme bien portant, consistent en des points sautillants qui semblent être partout où Ton porte ses regards, de même le fourmillement ou la sensation de points mobiles est probablement aussi dû au mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires de la partie malade de la moelle épinière , quoiqu*ou le sente en apparence dans te parties extérieures. Il y a d'autres cas où , au lieu du fourmillement , on a remarqué un prurit continuel aux jambes , que l'action de se gratter ne faisait pas disparaître.

Parmi les sensations subjectives qui accompagnent les affections de la moelle é{Mnière se range encore Vaura épileptique , sensation analogue à un fourmille^ ment, qui commence aux extrémités, souvent aux doigts et aux orteils, remonte peu à peu , et annonce l'accès. Comme il arrive souvent qu'une ligature établie sur la partie atteinte de ïaura empêche la manifestation de l'accès, cette circonstance semble venir à l'appui de l'hypothèse que la cause de ïaura épileptique réside aux extrémités des nerfs , et non dans la moelle épinière ; il se poun*ait que la ligature agît seulement comme une forte irritation de la peau. L'aura n'a son siège dans les nerfs eux-mêmes que chez les sujets atteints de tumeiurs nerveuses, et alors la ligature era})êche réellement qu'elle ne se porte plus loin.

Comme le siège des sensations n'est ni dans les nerfs , qui portent au cerveau les courants ou les oscillations du principe nerveux nécessaire pour les produire « ni dans la moelle épinière , qui n'a non plus d'autre rôle que celui de conduire ces effets au sensorium commune, et comme la sensation ne naît que dans le senscfTium commune , par suite des impressions que les nerfis et la moelle épinière lui transmettent, on comprend sans peine pourquoi le sensoi^ium commune sent de la môme manière les excitations , tant des fibres de la moelle épinière que de celles

(1) OLLivrea, Traité de» maladie» de la moelle épinière, Paris, 1SS7, t. II, p. 619. — Consultez un fait remarquable de lésion partielle d*uiie des moitiés de la moelle épinière, obsoné par M. Bégiii {Bulletin de l'Académie roffaiê deméd9dwe^ Paris, iSâO, t. VI, p. SOI ).

7^8 MOELLE ÊPIKIÈRE.

des nerfs , en quelque point de leur étendue que ces fibres aient été aiïectécs; car, quelle que* soit leur longueur, elles n'agissent jamais sur le sensorium que par leur extrémité cérébrale , et les irritations déterminées sur un point quelconque de lenr longueur ne peuvent point agir autrement les unes que les autres. Cependant b moelle épiniére nous olîre, à cet égard, la même contradiction que les nerfs. De même qu'une compression exercée sur un tronc nerveux donne Ueu à des sensations, non seulement dans le tronc même , mais encore , du moins en apparence, à son extrémité péripliérique , de même aussi une lésion de la moelle épinièrc peat être sentie douloureusement , et dans le point où elle a lieu , et dans les parties auxquelles aboutissent les nerfs qui naissent au-dessous de cjc point. A la vérité, beaucoup de cas de ce genre ne doivent |)as trouver place ici , puisque les maladies de répine dorsale et des membranes qui enveloppent la moelle épînièi*e sont nécessairement accompagnées de Sensations dans les parties malades , en outre de celles qui tiennent à la compression du prolongement rachidicn ; mais il y a au» des douleurs qui n'appartiennent qu'à la moelle épinicre seule , et qu on désigne sous le nom de rachialgie. Nous ignorons encore pourquoi les sensatiaos sont rapportées , tantôt aux parties extérieures , et taptôt è la moelle épioière elle-même.

Jusqu'ici nous avons parlé des analogies de la moelle épinièrc avec lesnerfe, c'est-à-dire que nous l'avons considérée comme conducteur entre les nerfs qméottnent d'elle et le cerveau , entre celui-ci et les nerfs. Il nous reste à exanûoer les propriétés qui la distinguent des nerfs , et qui lui sont dévolues conmie iàsA partie de l'appareil centr^il.

II. La moelle épinièrc eêl partie constituante des organes centraux.

Sa structure démontre déjà qu'elle est plus qu'un conducteur des fibres nerveuses au cencau. Si son rôle se bornait là, elle devrait ne contenir, à sa pvtie supérieure , que la somme des fibres qui s'en détachent depuis le haut jasqo en bas, de même qu'un tronc neneux ne renferme que l'ensemble des fibres qni sortent de lui pendant tout le cours de la distribution. La moelle épini^^^re dernii donc s'amincir à mesure qu'elle fournit des nerfs , et représenter uu cône dont le sommet serait tourné vers le bas. Mais elle n'afiecte pas celte fonne , quoiqo'en général son diamètre aille en diminuant de haut en bas. Même à sou extrémité. où elle fournit les derniers nerfs, elle présente encore plus de masse que n'ci ofl'rent les filets radicubires des nerfs qui naissent sur ce point D'ailleurs, elle se renfle à la sortie des nerfs destinés aux membres , et chez plusieurs poissons efle se termine môme inféricurement par une espèce de petit bouton allongé en pointe (1). En outre, elle se comi)ose de deux substances, comme le cerveau Mais on parvient à démontrer clairement les propriétés et les forces par Icsquelb elle se distingue des nerfs.

1° La moelle épinière possède la faculté de réfléchir sur les nerfs moteurs h irritations sensitives de ses nerfs sensitifs. Cette propriété , en vertu de laquelle de mouvements succèdent à une sensation , sans que les deux genres de nerfs comoH»niquent ensemble par leurs libres primitives , a déjà été examinée lorsque m«> avons parlé dos phénomènes réflexes. Aucun nerf ne possède par lui-mcuic, et to

(i) E.'U. Wcbcr dans Mbckil's Archiv, 1837, p. 316.

MOELLE ÊPIIIIÈRB. 72|9

le Cùs OÙ il serait séparé des parties centrales , le pouvoir de donner lien h des phénomènes de cette e8j)èce.

La sensation qui parvient à la mooilc épinière ne se borne pas, chez la salamandre , h provoquer le mouvement de toutes les parties situées au-dessous du point de la |)cau sur lequel porte Tirritation; le tronc entier se meut, quand bieti m^mc on nirritcrait que le bout de la queue. Par conséquent la moelle épinière de cet animal se comporte tout autrement qu*un tronc nerveux ; car un tronc nerveux sé|)aré de la moelle épinière et du cerveau ne sent point , et il ne détermine pas non plus de mouvements à Foccasion des irritations exercées sur les nerfs sensitifs de la peau.

2" I^ moelle épinière est susceptible de réfléchir une action des nerfs sensitifs sur les niTfs moteurs sans qu*elle sente elle-même. En prétendant qu'elle faisait partie du sensorium commune ^ on s*était fondé sur ce que les irritations de la peau du tronc, chez les animaux décapités , produisent des mouvements dans des parties voisines et éloignées. U est bien vrai que le tronc d'une grenouille dont le cerveau a été sé])aré de la moelle épinière remue souvent un membre à la suite d'une irritation faite h la peau. La même chose arrive aussi chez les tortues. Mais ce jibénomène s'explique parfaitement par la fonction réflective de la moelle épinière , par te pouvoir qu'elle a ae réfléchir l'effet centripète d'un nerf sensitif stir des nerfs moteurs. J'ai montré précédemment que la réflexion d'une irritation sensitive sur un nerf de mouvement , à travers la moelle épinière , s'accomplissait surtout facilement dans les nerfs dont l'origine est très rapprochée , et nous ne devons pas être surpris de ce que l'irritation de la peau de la jambe fasse retirer la jambe , ou que celle de la peau du bras fasse mouvoir le bras. Cet effet a lieu involontairement « chez tous les hommes , à la suite d'une forte brûlure , comme aussi dans les cas d'irritation de la membrane muqueuse du pharynx , du larynx et de la trachée-artère. (Constamment , en |)areil cas , les mouvements réflexes sur\'iennent de préférence, et involontairement, dans les parties mêmes qui sont irritées, c'est-à-dire qu'il y a déglutition involontaire après l'irritation du phar^'nx , occlusion de la glotte après celle du larynx , etc. 1^ rétraction des membres chez une grenouille décapitée , dont on stimule la peau , n'est donc pas plus intentionnelle que le spasme tétanique général qui a lieu quand on touche la peau d'une salamandre terrestre à laquelle on a coupé la tète , ou d'une grenouille qu'on a narcotisée. La seule chose qu'il reste ici à prouver, c'est que, même pendant la santé , l'homme exécute, sans en avoir la conscience , des mouvements réflexes déterminés par l'excitation de nerfs sensitifs. Il arrive très souvent , presque toujours même ,''dans les mouvements de vomissement provoqués dans les muscles du tronc par un état maladif de l'estomac, de l'intestin, des reins, de la matrice, du foie, qu'on ne sent pas la cause dont ces viscères sont le siège; c'est-à-dire que l'excitation centripiMe des nerfs sensitifs, bien qu'elle arrive à la moelle épinière et à la moelle allongtKï, ne parvient pointa la conscience. Ainsi la moelle épinière ne sent pas de toute nécessité dans les mouvements réflexes , et c'est sans fondement qu'on s'était étnyé des exemples précités pour lui attribuer une faculté sensitive accom;)aguée de conscience. La tête même , sé[)aréc du tronc , peut offrir des phénomènes de réflexion, sans qu'il soit le moins du monde vraLserablablc que la conscience y |)ersisle encore. En effet , la décapitation entraîne une perte de sang bien autrement ronsidé-

750 aOKLLB ÊPIHlInS.

nble que cdles qui roffisoit déjà poar faire perdre connibittice k rhomnie, mi compter les autres suites que doit entraîner une lésion telle que la Kctini de h moelle épinière à sa partie aupérieare. Si , en irritant, le mcNgnon de la moelle êpînièret sur un supplicié » on voit les muscles de la face entrer en oonTidaioi, €m qu*il n*en peut point être autrement ; on ne devrait même pas être surpris de w des mouvements réflexes succéder à l'irritation de la peau de la tête Âet un aimai ou un homme décapité ; car ce serait là un phénomtoe en tout semblahfe i celui qui survient dans les tronçons d'une salamandre èoopée par niorceanx;€tl faut expliquer de la môme manière celui que présente la tête d'an jemie chat 16paréc du tronc, dont le pharynx, quand on y introduit le doigt, se resserre anlov, comme pour avaler.

3"* La moelle épinière est un appareil diargé de force motrice, qoi, même afrii avoir été séparé du cerveau, peut, sans excitation du dehors, déterminer desa» vements automatiques, par le seul fait de sa décharge. Les nerfs , du moiascoB du système cérébro-rachidien, ne sont point dans le même cas, quoique Fadh vité motrice du système sympathique ressemble , en ceci , à celle de la modk épinière. Un nerf cérébral ou un nerf rachidien , séparé des parties centrales, m provoque plus de mouvements dans les muscles, à moins qo^l ne vienne à en irrité; la moelle é{Hnière, au contraire, peut encore, après avoir <té s^rée à cerveau , opérer des décharges dans les muscles. La salamandre terrestre à bipdk on coupe la tête, continue de se tenir sur ses pattes. Le tronc d*nne gresooie décapitée se remue quelquefois encore , retire une patte on l'allonge. L'angnk se tortille pendant longtemps après avoir subi la décapitation. Il faut apporter beaucoup de circonspection dans les expériences que Ton tente sur des rqjdei Si la tête a été coupée trop loin du tronc , celui-ci renferme encore une prtie it la moelle allongée , et alors il peut certainement exécuter, non pas seulenieBl ds mouvements automatiques, mais encore des mouvements Tolontaires du tronc, it même que la partie supérieure du tronc d*une grenouille coupée en deux, àmkt la tête , conserve encore le sentiment avec conscience et la volonté , ce qn*on voit assez clairement dans les expériences. Une autre circonstance, sur laquelle Manhall ilall a appelé Inattention , mérite d*être prise fortement en considération : an mpeut décapité se trouve dans Téut où il a le plus de tendance à des phénomènes de réflexion ; le moindre attouchement de la peau détermine des mouvements râleio qui amènent de nouveaux contacts sur différents point du corps , et cenx-d, 1 teur tour, provoquent de nouveaux mouvements; Tanimal est-il enfin armé ai repos , il sufiit de la moindre secousse , ou du plus léger attouchement , pour (pt le même jeu se reproduise.

. h? La TBoeUe épinière , apte à produire des effets automatiques sur les nerfedi mouvement, laisse en repos, dans Tétat de santé, la plupart de ces nerfe, noda»* ment ceux de la locomotion ; mais elle exerce une influence motrice cootiaoelr sur beaucoup â*autres , et tient les muscles auxquels ils se distribuent dansBoMK non interrompu de contraction involontaire , qui ne cesse que quand eUe-mHsf tombe en paralysie. Ici se rangent , et des muscles qui sont en même temps soma» à la volonté , comme le sphincter de Tanus , et des muscles qui ne reconsasm point Tempire de cette dernière , comme le sphincter de la vessie , la toûF musculeuse du canal mtestinal » le cœur, etc. Ces effets de la moelle épinéft t^

MOELLE ÉPINIËRB. 7 jl

gent qa*il ciiite en elle un appareil particulier, mis en conflit a?ec le semorium commune^ et sur le compte duquel Tanatomie ne nous donne néanmoins aucun renseignement II peut mOme arriver, chez les animaux vertébrés inférieurs , que la communication entre le cerveau et la moelle épinière soit interrompue , sans que l'irradiation motrice de cette dernière sur les sphincters cesse d'avoir lieu, 4M>mme iMarsball Hall Ta vu chez la tortue, dont le sphincter anal demeurait fermé apràs la décapitation , et ne se relâchait qu*après la destruction du prolongement rachidien.

5** Les parties de la moelle épinière ont une grande aptitude à se communiquer réciproquement leurs états ; cette particularité étabUt une différence bien prononcée entre elle et les neris. Ln nerf de grenouille que, sans irriter la moelle épinière, Ton galvanise, ne transmet pas son état à celle-ci tout entière. Lorsqu'après avoir cou|M^ une racine antérieure ou une racine postérieure d'un des derniers nerfis rachidiens de la grenouille, on irrite, au moyen d'une simple paire de plaques, le bout qui tient h la moelle épinière , Teffet ne se transmet point , par celle-ci, jusqu'aux parties antérieures du corps , et il ne survient pas de convulsions dans la tête : mais, si l'on opère de même sur l'extrémité de la moelle épinière, les muscles des parties antérieures du coqis sont pris de mouvements convulsifs. On conçoit, d'après cela , comment une maladie de la moelle épinière , même lorsqu'elle n'a d*abord son siège qu'à la partie inférieure de l'organe, arriH:te peu à peu les régions 8U|)érii'uri's du corps, comment , par exemple , la faiblesse de lextamiité inférieure du cordon rachidien qu'entraîne l'abus des plaisirs de l'amour, détermine l'amblyopie , des bourdonnements d'oreilles , etc.

ô"* Quand la moelle épinière est atteinte d'une grande irritation , par exemple dans la myélite , après une violente affection des nerfs {tétanos traumatique)^ ou nous rindiicnce des narcotiques, elle participe tout entière à cet état,' et opère des décharges continuelles vers tous les muscles soumis à la volonté. La tension qu'elle exerce sur les sphinctei*s, durant l'état de santé , devient alors générale ; il éclate dos convulsions générales , ou des spasmes tétaniques , qui se répètent de temps en temps , et qui sont même permanents dans certains muscles , tels que ceux de la mastication. Ces états ont tantôt un caractère aigu , comme dans les cas précités de lésions considérables , tantôt un caractère chronique , comme dans l'épilepsie , soit que l'irritation dépende de maladies des organes centraux euxmêmes ( épilepsie cérébrale ou rachidienne ), soit qu'elle ait pour point de départ quelque nerf, par exemple une tumeur développée sur le trajet de l'un d'entre eux. Une irritabilité analogue, mais plus faible, de la moelle épinière, avec des mouvements très sujets à changer de lieu, se manifeste aussi dans les spasmes clo= niques , la danse de Saint-Guy, etc.

7** Les mouvements spasmodiques provoqués par des poisons narcotiques ont Irar cause dans la moelle épinière , et non dans les nerfs. Lorsqu'on em|K>isonne un animal avec de la noix vomique, ou avec de la strychnine, après avoir coupé les nerfs des extrémités , le tétanos qui survient ensuite ne détermine point de spasmes dans les parties dont les nerfs ont été séparés des parties centrales. Cette expérience prouve que les poisons narcotiques agissent sur les organes centraux , et par eux sur les nerfs. On a beau couper la moelle épinière elle-même avant d'empoisonnçr l'animal , ou après , les spasmes n'en ont pas moins lieu dans les

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parties situées derrière h sectkm , ce qar démontre que les narompi^l jasqii*à la mort sur^^te partie de h moelie épinière qui est chargée de motrice.

. S'' La moelle épinière est , par sa tensioa motrice , h came de Téneifgiede m mouvements. L'intensité de nos efforts dépoid en grande partie de cet w^êê, Quoiciue, en général, elle laisse la plupart des nerfii moteurs dans rinactioB, quand la vobnté ne fait point intervenir ses déterminatioos« cqiendant c*est àch que tiennent la force et la durée des décharges motrices que le semaritm emh mune opère volontairement La moelle éfMnière entretient sans cesse une sorte de magasin de force motrice , et, lonqn'elle agit comme condactenr de Ti piartie du semorium commtme , au moyen de la prolongation des fibres nervi jusque dans le cerveau, l'intensité de l'effet qui a Uen dépend, non pas mnqiMMl de la force de la volonté , mais encore de la quantité de principe nervenxiaoMr accumulée dans cette colonne. De là vient qu'dk peut oonsenrer son aplilde comme conducteur, bien qu'elle ait perdu sa seconde propriété , celle de légkrli force du mouvement volontaire , comme il arrive dans la phthisie dorsale. DM cette maladie, qui doit naissance à l'abus des jouissances, et qni ii'ictmBpfff d'une atrophie de la moelle épinière , il n'y a d'abord aucun muscle des menh» inférieurs qui soit frappé de paralysie ; tous obénsent encore à la voloDté, mine à une époque assez avancée de la maladie; le sujet peut exécuter toutes sortoà mouvements , et la moelle épinière n'a évidemment rien perdu de son aptteade à conduire les oscillations ou les courants qui émanent du tenaoriwn eommme: mais les mouvements ont perdu leur énergie, le malade ne peut [dus rester hiftemps ni assis ni debout, et les forces vont toujours en diminuant, jusqi^w qu'elles s'éteignent tout à fait, et qu'il y ait paralysie complète. Il faut bien iUàgucr cette espèce de paralysie d'autres dans lesquelles la propagation se trooic interrompue en un point quelconque de la colonne motrice , et où les musdei correspondants n'obéissent plus à la volonté, tous les autres conservant la plénitode entière de l'énergie de leurs mouvements.

9° La moelle épinière est la cause de la puissance et de la tension sexueDes: l'exercice du |)enchant à la reproduction est régi par elle. On ne saurait cootestff que cet organe est un des plus affectés dans le coït ; nous en avons pour preuve les violents mouvements réflexes qui, dans les vésicules séminales et les musdesdo p^ rinée, succèdent aux irritations sensitives des nerfs de la verge. L'accaUaneotqii suit l'acte vénérien ne peut avoir sa cause que dans la moelle é|miière. Les km de cette colonne ne reviennent que peu à peu au degré de tension nécessaire pov la répétition de l'acte ; il faut du temps pour ramener en elle cette exùbéraoceà principe actif qui fait que toute attention du sen$ortum pMtée sur les rapports Ai sexes détermine l'érection , et que l'idée peut en quelque sorte déchaiger la nodk épinière pour déterminer, au moyen de l'inQuence nerveuse organique émaêe d'elle , l'accumulation du sang dans la verge. Mais, cette puissance de la mode épinière, ses maladies la lui font perdre aussi (1).

10" L'influence qu'elle exerce , par les nerfs organiques , sur les opéiatioBScIi' mico-organiques du système capillaire, se manifeste non seulement parieschit-

(4) Voy, Ségnlas {nuUcnn de VA^adémie roffale de médecine, t. IX, p. ilOf }.

gemcnU^^e ]| sccrétîoo cutanée subit dans la syncope, mais encore, et d*une manière bien plus prononcée môme , par Tétat de la peau chez les hommes dont la moelle épinière soufTre à la suite d'excès : lorsque le coïfest trop souvent répété, outre que les forces diminuent, la peau devient plus turgescente, elle exhale moins, elle est plus sèche, la chaleur baisse , et du froid se fait sentir aux pieds, aux mains, aux parties génitales.

Il'' La moelle épinière est aussi le siège d'une impression morbide dans toutes les affections fébriles , et les changements que la fièvre apporte aux sensations, aux mouvements, aux phénomènes organiques, aux sécrétions, à la production de la chaleur, ne peuvent être conçus que par l'extension de la maladie à l'organe dont ce chapitre est consacré à faire connaître les propriétés. Comme les affections des nerfs cérébro-rachidiens déterminent rarement la fièvre , et qu'elles occasionnent plus facilement d'autres affections nerveuses ; comme aussi rien n'est plus propre à produire la fièvre qu'un changement de l'action des vaisseaux capiDaires dans une partie quelconque , soit une modification de l'état des membranes muqueuses, soit une inflammation d'un organe , quel qu'il soit , nous sommes très disposé à admettre qu'il y a, dans la fièvre , une impression transmise à la moelle épinière, puis réfléchie par elle sur tous les neris , dont le point de départ est une affection violente des nerfs organiquies d'une partie quelconque , soit inflammation, soit toute autre irritation.

Quant à ce qui concerne les effets organiques de la moelle épinière com))arés à C4^ux du cerveau , nous savons , d'après les expériences de flourens (1 ) , confirmées par celles de Hertvig (2), qn'un oiseau auquel on a enlevé les hémiqihèrcs du cerveau, et auquel on a soin d'entonner des aliments, peut vivre encore pendant un certain laps de temps sans maigrir.

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