CHAPITRE IV
0e la onécMiHiiic eu eerv«Mi et 4« la atarll^ é|^Ml#re.
Par méciniqne da cerveau et de la moelie épinière, on entend les lois tuitast lesqueUes la propagation des effets a Uén dans les fibres de ces deuK oiganes : le mot de mécanique a donc ki pour nous k tnftme sens qu'en physique, lorsqu'oa y parle de la mécanique de la lumière. Autant la mécanique des nerfi est ataneée déjà , autant celle des parties centrales est çouTerte d*oliscurité. Les fibres priaùtives des nerfs, placées côte I côte dans une roôroe gatne, ne se commooiqBËit point leurs états; elles agissent isolément les unes des autres, de la périphérie as centre et du centre I la phéripbérie. 1^ communication est possllile dans ks pirtin centrales. Quoi qu'il en soit , la propagation, dans les fibres de la moelle épiaîèrp, n'en a pas moins lieu toujours avec plus de facilité suivant la direction de m fibres qu'en tout autre sens : autrement, l'excitation motrice des organes de oeriains nerfs du tronc et l'action croisée du cerveau sur les nerh rachidiens ne sefiioit point possibles. Les lois de la propagation de la substance grise, dans rintérienris cerveau et de la moelle épinière, ainsi qu*à la surface du premier de ces oi nous sont totalement inconnues. Il faut aussi nous résoudre, dans tout ce qni reme les fonctions intellectnelles, I exclure de nos recherches les effets qui pas* vent appartenir aux fibres.
Indépendamment des phénomènes qui ont lieu quand un effet se trouve réfléchi des fibres sensitives sur les fibres motrices, par la moelie épinière, et que noosne pouvons expliquer jusqu'il présent par la structure des organes dans lesqueb ib s'accomplissent, la mécanique du cerveau et de la corde rachidienne offre encore à étudier les appareils moteurs qui agissent dans les parties centrales, mais sorfoot les voies que la transmission suit dans les sensations et les mouvements, et le crsîsement qui a lieu en cela.
Parmi les appareils moteurs, ceux dont la lésion détermine des convulsions doivent être distingués de ceux dont la lésion diminue l'intensité du mouvement, sans provoquer de convulsions. . C'est Ik une distinction essentielle , dont non sommes redevables à Flourens, et qui ne pourra pas manquer d'acquérir on jov de l'importance pour la pathologie des maladies cérébrales. La première clasM se comprend, d'après les expériences de Flourens et de Hertwig, que les tubercaki «piadrijumeaux, la moelle allongée et la moelle épinière (1) ; h la seconde se rspportant tous les autres appareils moteurs contenus dans l'encéphale , notanmeH les couches optiques , les corps striés , le cerveau proprement dit , en tant qu'i influe sur les mouvements, le pont de Varole et le cervelet Après la lésion de es parties, les mouvementt perdent de leur énergie, mais on n'observe pas de es» Vttlsions, tandis qu'après les lésions de la moelle allongée et de la corde ndàdimme» il survient iafaillibiement des mouvements oonvuUift. Quoique le oonfll
(1) Et même seulement , d'après Longet^ les foisceapx anlérieurs <ie ce dernier oq^ane.
{!foi$ du traé.)
MÉCANIQUE nu CERVEAU ET DE f.A MOELLE ÊPINltRE. 7H5
qui existe entre les diverse» parties de l'encéphale fasse croire qu'il y a probablement d'autres parties que la moelle allongée et les tubercules quadrljumeaux capables de déterminer sympathiquement des convulsions dans les maladies, r4>mme l'annonce d'ailleurs la pathologie, cependant il suit des faits relatés plus haut que, quand Ténergie des parties mobiles a diminué, par cause de maladie, dans les organes centraux, ces causes peuvent tout aussi bien résider dans les corps striés « les couches optiques, ou les hémisphères, que dans le pont de Varole, le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière, mais que, quand le spasme ou les convul- Bions et la paralysie ont leur cause dans les parties centrales, il faut plutôt chercher celle-ci dans les tubercules quadrijumeaux, la moelle épinière et la moelle •Ikmgée, qu'ailleurs.
Une autre circonstance importante pour la mécanique des parties centrales, c'est le croisement des effets. Les obsenations pathologiques et les expériences faites sur les plaies de la moelle épinière et de la moelle allongée, chez les animaux, démontrent que les effets de ces parties sur les nerfs ne se croisent pas. Une lésion de la moelle épinière ou de la moelle allongée entraine toujours des convabions ou U paralysie du même côté. Le fait s'explique aisément pour la moelk épinière, dans laquelle il n'y a aucun croisement de fibres de droite à gauche et réciproquement. Quant à la moelle allongée, les résultats des expériences de Floareos et de Hertwig ne s'accordent pas parfaitement avec sa structure; car, corome, parmi ses cordons, il y a les pyramides qui se croisent, les autres contimiant de suivre la direction qu'ils affectaient dans la nooelle épinière, on devrait •'attendre I ce que Teffet eût lieu tantôt du côté opposé, tantôt du même côté, suivant h région de l'organe sur laquelle porterait la lésion. A la vérité. Lorry a dit qu'en cas de blessure à la moelle allongée, les convulsions ont toujours lieu du côté blessé, et les paralysies du côté opposé ; nuis les expériences de Flourens et de Hertwig sont absolument contraires à cette assertion. Cependant il faut prendre en considération que la plupart de ces expériences n'ont été faites que sur les coidons latéraux de la moelle allongée, qui ne se croisent pas, et il est ti-ès vrai- •embiable que, quand une blessure atteint les pyramides au-dessus de l'entrecroisement, il y a aussi croisement des effets. A l'égard d(*s effets du cervelet, des tubercules quadrijumeaux, des hémisphères et des parties que ceux-ci contiennent, ils sont presque toujours croisés ; la lésion du cervelet, des tubercules quadrijumaux et des hémisphères cérébraux entraine toujours la faiblesse du côté opposé, et celle des hémisphères et des tubercules quadrijumeaux détermine la cécité du cOté opposé. C'est là le résultat général des expériences de Flourens et de Hertwig. Les expériences et lesobservations pathologiques de Caldani, d'Arnemann, de Yalsalva, de "Wenzel, etc. (1), l'avaient déjà prouvé pour le cerveau. iMagendie l'affirme aussi pour les hémisphères ; en extirpant un œil à des oiseaux, il a déterminé en très peu de temps l'atrophie du lobe optique opposé. D'après ks expi*riences de Flourens, les lésions des tubercules quadrijumeaux exercent une action croisée, en avant sur les yeux, en arrière sur les autres parties du corps. La plupart des observations pathologiques confirment cette règle, à UqoeJle on n'a trouvé que de rares exceptions. Il résulte des recherches de Eurdacb que, sur 268 cas
(t) Taifnuiics, .Aoiof^ . Ii V|, m i&7i ^ 9liap4SSi loc, cit^ t» lU» p. SSSb
78& MÊCANIQtE DU CERVEAU ET DE LA MOELLE ÊPJNlkftE.
d'altération d'uu seul coté du cerveau, il y en eut 10 de paralysie des deux côtés et 258 d'hémiplégie, dans 15 seulement -desquels la paralysie se trouvait du okoib côté que la lésion ; les convulsions eurent lieu du même côté dans 25 cas, et en côté opposé dans 3 cas.
Diaprés cela, on s'explique l'ancien axiome, admis déjà du temps d'Bippocrate, que, dans les {^aies du cerveau, les convulsions surviennent du côté de la blessure, et les paralysies du côté opposé. En effet, on peut, par un certain mode de lésion, produire les deux effets à la fois ; il suffit, pour cela, de blesser des partio qui déterminent la paralysie et d'autres qui provoquent des convuisioiis, des parties qui se croisent et d'autres qui ne se croisent pas. Personne n'a |4us répandu de lumière sur ce sujet que Flourens (1). Quand on blesse la moelle épinière et h moelle allongée, on donne lieu à la paralysie et à des convulsions du même côlé; quand on agit sur les tilbercules quadrijumeaux, on déteroDÛne la paralysie et dis convulsions du côté opposé. Aux l^ons des couches optiques, des corps striéseldes hémisphères tant du cerveau que du cervelet, succède la paralysie du côté oppoë, sans convulsions. Mais, n l'on blesse en même temps le cervelet et la moeDe afloogée d'un côté, il en résulte une faiblesse ou paralysie incomplète da côté oppoié, et des convulsions avec paralysie du côté correspondant. Cependant, qoehpiejoir que les expériences de Flourens aient répandu sur le croisement des paralysies ec des convulsions, il paraît en avoir tiré des conclusions trop absolues contre la possibilité de convulsions du côté correspondant dans les cas d'afiectioos onitatérales du cerveau. Il est très remarquable, en effet, que, parmi les cas de ce genre rèw par Burdach, il y en ait eu 25 de convulsions du même côté, et 3 seulmient de convulsions du côté opposé ; et, dans le nombre de ces cas, les plus importants pour nous sont ceux où, à la paralysie du même côté, se joignaient des convulsions da côté opposé. Sur 1x2 cas de lésion d'un seul des corps striés, il s'en troore 36 de paralysie du côté opposé , 6 de convulsions du même côté, et aucnn de conmlsions du côté opposé. Ce résultat semble parler assez hautement en faveur de Taih cien axiome , que, quand, dans les paralysies du côté opposé à celui de la lésioD cérébrale, il survient des convulsions, elles ont lieu plus souvent du côté de ceOe<i que du côté opposé.
L'explication de l'effet croisé par le croisement des cordons pyramidaux de h moelle allongée se pré^nte trop naturellement à l'esprit pour qu'on n'y ait pas en recours depuis la découverte de ce croisement. Nous trouvons là aussi une prenre que ce sont principalement les pyramides qui transmettent au tronc rinfloenoe motrice du cerveau. Cependant, comme les autres faisceaux de la molle aDoogée ne se croisent pas, nous ne manquons pas non plus de moyens pour expliquer b cas exceptionnckdans lesquels l'action du cerveau s'exerce sur le côté conrespoadant du tronc.
Une difficulté toute spéciale tient à la manière dont les neris cérébraux se co0portent par rapport an croisement et au non-croisement des effets. Car, comme if prennent, pour la plupart , leur origine au-dessus de la décussation des cordov pyramidaux , celle-ci ne peut rendre raison de l'action croisée que les léaoos à cerveau exercent sur les nerb cérébraux ; et ce qui rend h chose plus emhtwft
(4) ReehercHet iut k$ fonêtians é» tffêîàm nervinm. IMi > t8A3| iii-0««