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MÉCANIQUE DU CERVEAU ET DE LA MOELLE ÊPINIÈRE. WS

encore, c*est que, chez l'homme au moins, les nerfs cérébraux reçoivent tout aussi souvent une influence directe qu'une influence croisée de la part de l'encéphale. Je renvoie, là-dessus , aux faits que Burdach a colligés avec une patience admirable. Les lésions d'un seid côté du cerveau entraînèrent la paralysie des muscles de la face dans 28 cas du côté opposé , et dans 10 du même côté; la paralysie de b paupière eut lieu du même côté dans 10, et du côté opposé dans 5 ; celle des mus des oculaires, du même côté dans 8, et du côté opposé dans k; celle de l'iris, du même côté dans 5 , et du côté opposé dans 5. La langue est généralement tirée du côté paralysé de la face (1).

Chez l'homme, la paralysie de l'œil s'observe aussi souvent du côté de la lésion cérébrale que du côté opposé. Gomme les deux hémisphères contribuent à la formation du nerf optique de chaque œil, puisque chaque racine fournit des fibres pour les deux yeux dans le chiasma , l'égalité numérique des cas d'effet croisé et d'effet non croisé s'explique sans peine. Mais, d'après la théorie, une lésion d'un seul côté du cerveau ne devrait produire la cécité ni d'un côté ni du côté opposé ; elle devrait entraîner la paralysie d'une moitié des deux rétines, par conséquent rhémiopie ; car la racine gauche passe dans la partie gauche des deux nerfs optiques, et la racine droite dans leur partie droite , en traversant le chiasma. A la vérité, on a fréquemment observé l'hémiopie , comme symptôme transitoire (2) ; mais, dans les lésions d'un seul côté du cerveau , ce n'est pas l'hémiopie, c*est généralement la i)erte de la vue d'un œil , ou de l'autre , ou des deux à la fois, qu'on rencontre. Il y a, en ceci, une différence très remarquable entre l'homme et les animaux , puisque, chez l'homme, les lésions du cerveau produisent tout aussi bien la cécité du côté opposé, tandis que, chez les animaux, elles entraînent toujours la perte de l'œil du côté opposé. Cependant cette différence s'explique par celle que présente , chez les animaux, le mélange des fibres dans le chiasma des nerfs optiques ; la plus grande partie des fibres semble , en effet , passer du côté opposé, et cette dis]>osition était rendue nécessaire par la condition même des

(1) M. Jobertde Lamballc {Comp les rendue de la Société de biologie , Gaz, méd.^ 1850, p. 250 ) a cherché ft expliquer anatomiquement Peffet croisé du nerf facial. Après les belles recherches de Gall, sur rentrecroisemml des pyramides, on crut trouver sur plusieurs points sa théorie en désaccord avec les faits que Ton observe sur Thomme malade, et, par exemple, li paralysie croisée du nerf facial se présente d'abord à Pesprit du pathologiste ; car on sait qa*il naît au-dessus de la décussation. Ceci parait d*autant plus inexplicable, que la paralysie est directe pour les nerfs trifacial et moteur oculaire commun. Le savant professeur Bérard ne manque pas de signaler ce fait, et la théorie de Gall semble en effet subir une atteinte. Ce point d*anatomie attira Tattenlion de M. Jobert dès 1828, et il eut Poccasion, lors d*un concours pour le prosectorat, dans des dissections nombreuses faites sur le nerf facial et le pneumo-gastrique, de se rendre compte de cette contradicUon apparente de la doctrine de Gall. Il remarqua que, si les nerfs moteur oculaire commun , trifacial , etc., ne se croisaient pas, il n*en était pas de mêmeda nerf fadal , dont la racine prend sa cause excitatrice dans le quatrième ventricule , en s*enfonçBOt profondément dans la substance nerveuse , jusqu^au-dessous de rentrecroisement des fibres des pyramides. Jusque-là , personne , ft sa connaissance, n*avait suivi le nerf aussi bas, et toujours on avait noté qu*il naissait au-dessus des pyramides. Ainsi donc , si cette disposition anatomique est réelle, Texplicadon de la paralysie croisée sera facilement obtenue ; et si , pour les neiis moteur oculaire commun et trifacial , qui vont se rendre à la face, le mouvement et le sentiment cessent du même côté de IV^panchement et de la lésion, c'est que ces cordons nerveux ne je croisent pas. £• L*

(S) M uiLLii, Pkytiologie det Gesichtêinnes , p. 93.

lA MÉCANIQUE DU CERVEAU ET DE LA MOSLtB ÈPfNifcU.

animaux qui , par la plus grande partie des champs visuels de leurs yeai dîfwgeuts, aperçoivent des objets tout différents ; il n'y a que les objets compris entre les deuK yeux qui projettent leur image sur ces deux organes ii la fois; par oouiéquent aussi il n'y a qu'une petite partie du champ visuel des deux yeux qui »it identique. Chez l'homme , au contraire , les parties géométriquement correspondantes des deux rétines voient toujours le même objet , dans la âtuation ordnuîre des deux yeux. La structure du chiasma est conforme à cette disfiosition, puisque chaque racine fournit les fibres externes du nerf correspondant et les fibres iatnws de celui du côté opposé.

D'après les faits relatifs à la mécanique du cerveau dont je viens de tracer rapertn. et d'après les principes de ceUe de la mœUe épinière que j*ai prédemment eqnsfis, on peut établir une classification des paralysies et des spasmes, ^eu égard ï kv origine.

I. Pnralyiù'ft. Les paralysies ont leur siège tantôt dans un nerf seulement, taaldt dans le cerveau et la moelle épinière. Les premières naissent par toutes les can» qui suspendent localement la transmission dans les nerfs, C4)mme l'affectioB liHimatismale, la section en travers, les tumeurs des nerfs, etc. La seconde de «s causes n'existe pas dans les nerfs , mais bien dans les parties centrales. La plnpot des paralysies sont des paralysies du cerveau et de la mo<^]le épinière. Elles son! tantôt unilatérales, et on les nomme hémiplégies j tantôt transversales, et oo les appelle paraplégies. Dans le premier cas, la cause existe d'un côté seulement di cerveau ou de la moelle épinière ; dans le 8ec4)nd, elle se trouve ou des deux côtés, ou d'un seul côté , car il arrive assez fréquernment à la paralysie dVtre transrersalc , quoique la cause n'occupe qu'un seul côté du cerveau.

1" Paralysies de la moelle épinière. Elles ont cela de particulier qu*on en peut généralement apprécier le siège d'après l'étendue des parties paralysées ; car 1» lésions (le la moelle épiniùre frappent en général de paralysie toutes les parties dont les nerfs tirent leur origine du prolongement de la corde au-<lcssous du poinl ' affecté. Dans les paralysies des membres pelviens et des sphincters , il n'y a d'ordinaire que la région inférieure de la moelle épinière qui souffre ; si la cause se trouve plus haut, l'étendue des parties |)aralysées est plus considérable, l necanse qui a établi son siège au-dessous du quatrième nerf cervical paralyse les menabrr» pectoraux seuls , ou avec eux toutes les parties inférieures , mais non les nei* phréniques. Ces derniers sont frappés aussi de paralysie, si la cause réside pins haut. Quand la cause est à la moelle allongée, elle frappe de paralysie et le troor entier et les nerfs céphaliques qui naissent de cette moelle. Je connais un cas A* maladie de la moelle allongée, produite par la pression d'une petite tumeur, da» lequel une paralysie incomplète s'empara peu à peu de tous les muscles du cv^ h la fois ; les bras, les jambes, la langue, les yeux et les muscles de la face éttim* affectés. En général , la hauteur des parties |)aralysées indique, d'après Torigiv de leurs nerfs, le siège de la léj>ion à la moelle épinière. Quand la ix>rtion io» baire de celle-ci souffre, les extrémités inférieures sont nécessairement paralpécs, et les membres thoraciques ne le sont jamais. Dans la paralysie des bras par Ksioa de la moelle épinière, la cause réside sûrement au-dessus de l'origine des nert brachiaux ; mais les membres pelviens ne sont pas toujours et nécessairement frapi)és aussi de jwralysie. Constamment l'effet a lieu du côté même où i«ir i

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