MÉCANIQUE DU CEBYEAU ET DE LA MOELLE ÉPJNIËII
cause. S'il y a paralysie du sentiment , il est vraisemblable, mais non certain , que la cause a son siège dans les cordons postérieurs de la moelle ; si le mouvement est paralysé, cette même cause réside le plus souvent, mais non pas d*unc manière constante, dans les cordons antérieurs. Les paralysies de la moelle épinièrc sont tantôt complètes et tantôt incomplètes. Dans le premier cas, la propagation do l'influence cérébrale se trouve interrompue sur un point quelconque do la longueur du cordon. Dans le second , la transmission a lieu , la volonté agit sur tous les muscles, mais la force manque, comme dans Tatrophie de la moeUe épinière, la phthisie dorsale.
2* Paralysies cérébrales. Elles peuvent se manifester dans toutes les parties du tronc , à la face comme aux membres, tant su])érieurs qu'inférieurs. Une ])aralyaie des muscles du mollet ou des sphincters peut donc tout aussi bien dépendre du corveau que de la moelle épinièrc. Il est permis de conclure que la paralysie est cérébrale lorsque les parties et fonctions qu'elle frappe appartiennent à la classe de celles qui dépendent des nerfs cérébraux , comme les muscles oculaires, la faculté visuelle, l'ouïe, la parole ou le mouvement de la langue, les nmscles de la face, etc. Ces paralysies portent, en outre, ou sur le mouvement, ou sur le sentiment, ou sur l'un et l'autre à la fois. Dans les paralysies du mouvement, les corps cannelés, les couches optiques, les couvertures des hémisphères, les tubercules quadrijumeaux , le pont de Yarole, la moelle allongée et le cervelet peuvent être le siège de la cause. Serres, Bouiilaud et Pincl-Grandchamp prétendent, d*après leurs observations, (jue la paralysie des membres antérieurs dépend le plus fréquemment d'une lésion des couches optiques, et celle des membres postérieurs d'une lésion des corps striés. Cette distinction n'est rien moins que solidement établie (1). Dans les paralysies du sentiment, la cause ))eut avoir des sièges très variés. I^ cécité succède le plus souvent aux dégénérescences des hémisphères, en particulier des couches opliciues , puis à celles des tul)ercules quadrijumeaux ; le défaut de sensations tactiles dans les maladies tient à la moelle allongée. 1^ paralysie est tantôt complète et tantôt incomplète. Les iKirties dont la lésion entrahie le plus souvent la perte de l'énergie du mouvement sont les corps striés, les couches c^)tiques, les pédoncules cérél)raux et le |)out de Varole. I^ paralysie incomplète se déclare surtout dans les maladies dos hémisphèr(\s cérébraux et du cx»n(îau. 1a»s parties du cerveau qui ont de la tendance à pnxluire des convulsions, indépendamment de la ])aralysie, sont les tubercules quadrijumeaux , la moelle épinière, et les parties basilaires du cerveau proprement diL Les effets de la cause paralysante sont généralement croisés au tronc ; à la tête, ils sont tout aussi souvent du côté de la lésion que croisés.
IL Convuliions. Elles ont leur cause ou dans les nerfs, ou dans la moelle éfiinière, ou dans le cerveau.
V Dans les nerfs. Ici se rangent les convulsions provoquées |)ar des maladies nerveuses locales, des tumeurs sur le trajet des nerfs, des névralgies, ou, en général, par des sensations violentes , et, chez les enfants, )iar toutes \vfk maladies locales. Elles dépendent de ce que Texcitation rentri|x>te, r^imnumiquée è la moelle épinière et au ceneau, est réfléchiiî par vi*^ organ(*s sur les nerfs moteurs.
(1) (^mme le prouvent les expérirncos de I.oiigct (loc. r//«) et les observations palliolosk|i lamcmtiK'ri par Andral. (Noie dm trad,)
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2" Dam la moelle épinière. Les lois d'après lesquelles ont lieu les paralysie s'appliquent également aux convulsions.
y Dans le cerveau. Il en est de môme pour le cerveau : seulement oa dôt remarquer que les hémisphères du cerveau , ceux du cervelet et le pont de Virole provoquent plus particulièrement des paralysies , tandis que les tubercules quadrijumeaux et la moelle allongée donnent lieu en même temps à la pandysieet à des convulsions.
Après avoir passé en revue les lois de la mécanique du cerveau et de la moeflp épinière dans la propagation des eficts, examinons les phénomènes qui ont lin quand l'équilibre des effets du cerveau vient à être dérangé. Lorsque ccrtaioe parties du viscère ont été lésées, il se manifeste des symptômes analogues à ceoi qui auraient lieu si l'équilibre des forces était détruit, et que celles-ci se manifestassent isolément Ces ])hénomènes forment une classe à part On déunit nie partie, et la partie homonyme du côté opposé semble alors déployer une actin plus intense. Les animaux tournent sur eux-mêmes, d'un seul coté, sckmllligendie, après les lésions d'un des côtés du pont de Varole ; la section du pont i gauche les fait tourner à gauche, et celle du côté droit les oblige détournera droite. Quand on les a forcés ainsi à tourner sur eux-mêmes, on peut Éûre ces» le mouvement, en coupant le pont du côté opposé. Hertwig a vu la sGCtiooè jwnt d'un seul côté, non seulement entraîner le toumoiemfnt, mais encore to que l'un des deux yeux fut tourné vers le haut, et l'autre vers le bas. Un chien wcpiel le pont de Varole avait été coupé en travers se tenait bien sur ses pttes, m» il ne pouvait faire un pas sans tomber ; les mouvements volontaires n'étaient point supprimés, et les sensations n'avaient subi aucun changement. ^
La section dos |)r()longements que le cervelet envoie au pont oblige égaleiDfit. selon Magendi(», les animaux h tourner sur eux-mêmes d'un seul c^té. Le ^KHIT^ ment est parfois si rapide, ([ue l'animal fait, dit-on, plus de soixante révolutioBS par minute. Magcndic assure l'avoir vu jx^rsister pendant huit jours, sans b moindre inlcnuplion.
D'après le même physiologiste, l'ablation des deux corps striés donne aux animaux un irrésistible penchant h se porter en avant, qui subsiste même après h perte dfe la vue (l).
Magendie a également observé une propension aux mouvements rétitçrtdef chez les mammifères et les oiseaux dont le cervelet avait été blessé. Ce phéuMWflf a lieu quelquefois après les lésions de la moelle allongée. Ainsi Magendie amas pigeons, dans la moelle allongée desquels il avait plongé une aiguille, marias toujours à reculons. Enfin il prétend que certaines lésions de la moelle aUoBj»* déterminent une tendance à se mouvoir en cercle, soit à droite, soit à gaoÀ, comme dans un manège ; il a observé ce ])hénomène chez un lapin âgé de trois « quatre mois, sur lequel il avait mis le quatrième ventricule à découvert, swiif«f le cervelet, et pratiqué une incision perixîndiculaire dans le sinus rhoraboMbLi trois ou quatre millimètres de la ligne médiane ; loi-sque l'incision était faite à l'animal tournait du côté droit (2).
(1) Les expériences de Longet [loc, cit,^ 1. 1, p. 515) ne sont pas favorables à cette deMagendie. {NoUimtraL)
(2) Le principe de ce mouvomenl circulaire ou de manège n*a pas son siège exdiisif tek