IRRITABILITÉ DES ANIMAUX
uieui de force, comme, par exemple, un aTf forcé à la chasse, se putréfient mêraf» plus rapidemeut, à a» qu'on prétend, que ceux dont la mort a été causée par la perte totale du saug. Autenriedi, qui a fait cette remarque, dit aussi qu*un muscle enlevé à un animai encore irritable se putréfie infmiment plus vite lorsqu'avant la mort on a excité en lui de fré((uentes contractions, qu*un autre tout semblable (fu^on a laissé en repos (1). Le repos surtout est si nécessaire dans les fonctions du système ner\eux, que la vie la plus modérée exige le sommeil, et que celui-ci s'établit de lui-même, alors môme que les corps qui mettent le système nerveux en activité continuent d*agir, parce que le changement que l'activité détermine dans ce systf'^nu* le rend insensible à ces impressions.
La revivification continuelle des parties organisées par les incitants intégraux de la vie est, la plupart du temi», jointe à la faculté de déployer une activité proportionnée, .liais quand l'action vient à être accrue et ac^lérée, il faut du repos ix>ur reproduire autant d'aptitude à de nouvelles actions que l'action en a fait perdre.
Quoique, pendant la santé, il se reproduise généralement autant de force, dans un laps de temps donné, qu'il y en a de perdue par le fait de l'activité, c^»pendant il se rencontre des cas dans lesquels la reproduction devient peu h peu de plus en (rfus forte, quoique l'activité soit réglée d'une manière uniforme, ou au milieu d'alternatives bien marquées d'activité et de re|X)s. i>, cas a lieu princifuilement durant la jeunesse, j)arce que, d'après des motifs qui ont été dévelo|>pés plus haut, TaOïnité des parties organiques pour les incitants généraux de la vie paraît être d autant plus grande que le développement a fait moins de progrès; mais, en général, une activité non exagérée, qui alterne avec du re|X)s, accroît la force d'un organe, tandis que le simple re|X)s relâche souvent les organes. Faire alt(*mer l'exercice et le re|x>s, tel est le secret de fortifier |)eu à ikîu l'énergie de nos actions. Comme la vie s'accompagne de décomposition, |K'ut-ètre l'action d'un organe décompose-t-elle une partie des sid)stances, tandis que l'accroissement d'action rend la a)mposition plus intime dans une autre partie, de sorte qu'un organe j)erd à la vérité en agissant, mais que l'action le rend plus apte à attirer de nouvelles substances et à se fortiCer. Mais quand l'action se réi)ète ti op souvent, ou qu'elle est trop violente, la réparation devient moins considérable, et l'on voit survenir réj)uisein(*ut : c'est le cas lors(|ue la consommation de force organique, ou l'épuisement de cette force par augmentation d'action, a lieu avec plus de rapidité que la reprodution qui s*accompUt dans le même laps de temps. Plus les parties fréquemment et \iolemment mises en jeu sont nombreuses et nobles (par exemple, |)eudant le coït, le système nen eux presque entier se trouve dans un état d'énergie accom- |)agné de consommation de force), plus une partie, |)endant les actions d'autres organes, leur communique de ce qu'elle-même |)erd, ce qui s(*mble avoir lieu précisément dans les actions nerveuses, et plus enfin une partie, en agissant, entraîne une perte matérieUe notable ix)ur le reste de l'oi-gauisme, comme toutes les fois qu*unc sécrétion, celle du lait entre autres, devient plus abondante, plus l'épuisé^ ment est grand. L'inertie momentanée de la force organique après l'action et son rétablissement graduel se manifestent même dans les |)arties séparées du corps
1) Phonologie, L I* p. 415. Comp. Humboldt, Ueber die gereizte Muskd-^nd Servent
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(l'une grenouille, prolwbîemont parce que le conflit 4ii sanpj qu*eUe5; contiennent encore et de l'air avec les organes rétablit Tirritabilité. Ainsi rappilcation réitérée du gaivanisnie aux cuisses d'une grenouille détachées du tronc n*nd ces membres inertes, et Tirritabilité ne s'y rétablit qiie i)eu à |K'u, ]K'iidant le téniiis du repos.
lorsqu'un organe est mis rarement en action, l'aptiiudé à agir désonnais n'aufçmente pas autant, pendant le repos, que quand ce même organe jouit d'un certain degré d'activité. Exerce-t-on beaucoup l'œil, la vue devient momentaiiéraent plus faible pour la même excitation ; mais que, durant quelque temps, on abandonne cet organe à un repos con^)lct, par exemple dans l'obscurité, les impressions sont ensuite ressenties avec beaucoup plus de vivacité. *Si, d'après la loi qui vient d'être discutée, on le fortifie par des alternatives d'action et de repos, il devient aussi ca})able de plus grands efforts, sans s'épuiser avec autant de promptitude qu'auparavant. Mais, qu'on le laisse longtemps dans un repos absolu, quoiqu'une grande somme de sensibilité s'y soit accunmlée, comme il arrh e généralement à la suite du repos, cependant la force vitale y est devenue d'autant plus faible qu*on l'a moins e\(Tcé, et une vive impression subite de lumière peut môme l'aveugler quand il a été longtem|)s privé de l'action des rayons lumineux. Les muscles livrés à un long rejws perdent beaucoup de leur force motrice, et c'i»st ainsi que certains d'entre eux, ceux de Toreille, i)ar exemple, cessent de pouvoir se contracter (1).
Jus({u'ici le changement de l'activité organique des animanx n*a été examiné que d'une manière purement générale. Voyons maintenant comment les influences du dehors agissent sur cxîtte activité. Les incitants extérieurs qui enti^etiennont la vie ' ne sont pas les seids qui occasionnent des effets organiques. Tout ce qui altère la composition matérielle et trouble l'équilibre de répartition des matières impondérables dans les parties organiques peut aussi changer l'action de l'organisme et des organes. Ce changement prend le nom de réaction quand il s'accomplit avec vivacité. L'impression qui détermine la réaction de la part de l'organisme est appekV imiation, et l'on nomme irritant la cause qui opère le changement. Réagir contrf un irritant est toujours un phénomène vital, une manifestation d'une propriété organique de l'organisme.
J/aplitudc à être solUcité à des déploiements de force i)ar des impressions extérieures n'ap|)artient pas uniquement aux corps organiques, et en particulier aux animaux. Beaucoup de corps inorganiques dégagent de la lumière ou de la chaleur en certaines circonstances, par exemple à l'occasion d'un choc. Les physiciens regardx»nt comme une chose probable que cette lumière et cette chaleur étaient combinées dans les corps, et que l'influence extérieure les a mises en liberté. On serait encore plus en droit de citer ici les corps élastiques, dont les plus petites molécules s'attirent mutuellement, h tel point qu'une tentative pour en déplacer quelques unes réagit souvent sur touti's, et que les forces attiactives des molécules les unes pour les autres déterminent une restitution complète, qui se traduit par le phénomène de l'élasticité et par celui des ondulations sonores. !>Iais nul corps inorganiqiiP ne s(» montre aussi uniforme dans ces manifestations que les organism(*s, qui, ah milieu des impressions les plus diverses propres à troubler la composition des mo-
(1) Ai'TF.NRiETH, Phystologie , t. I, p. 40&.
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léciilos, pmduîsenf toujouni le mc^nie phénomriie, celui dont un organe est rendu capable par sa vie propre. Ceci tient vraisemblablement à la propriété fondamentale qnont les corps organiques de faire équilibre jaux troubles de leur composition, force qui, en santé, l'emporte de beaucoup sur la cause perturbatrice. Cette force, qui rétablit Técpiilibre dans les parties organiques, après qu'il a été dérangé, est la même qui maintient une partie dans ses conditions spéciales par la continnité de b nutrition et de la restauration. Le phénomène qui a lieu lors du rétablissement de l'équilibre , est composé du changement de la partie organique par une cause extérieure et de la tendance de cette même partie à imc restauration pleine et endère, par le rétablissement de l'équilibre.
Dutrochetprétendquetouteslescansesexdtairicesproduisent le même changement dans l'organisme, c'est-à-dire qu'elles modifient l'oxydation de la substance organique exposée à leur action. Suivant lui, ces causes agissent simultanément sur l'oxygène et sur la substance organique, pour les solliciter à se combiner ensemble. Qudque ingénieuse que s6it cette idée, ce n'en est pas moins jusqu'ici une hypothèse dénuée de tout fondement, comme aussi la conclusion de Dutrochet, que l'excitabilité est une véritable combustibilité. A l'entendre, l'excitabilité serait très grande dans la jeunesse, parce que l'organisme est oxydable à un haut degré pendant cette période de la vie, et qu'il ne poœède alors que peu d'oxygène combiné, tandis que, dans un âge avancé, les excitants ont moins d'action, parce que la tandanc^ à l'oxydation (*st moindre, en pn^rtion de la quantité d'oxygène déjà combiné. On pourrait adnK*tlre avec plus de vraisemblance que l'action stimulante, chimique et dynamique de certains stimulants tient à ce <|u'ils favorisent l'affinité entre le sang devenu stimulant par la respiration et la substance organi(pie, et à ce que, par re principe, ils communiquent plus d'énergie et de célérité aux métamorphoses matérielles qui s'effectuent dans le sang.
A chaque excitation d'une partie organique se rattache un changement matériel, que nous de^-ons même admettre dans l'actiou excitatrice exercée sur l'œil l>ar la lumière ; en effet, la lumière paraît entrer dans la composition de beaucoup d(* corps, et elle détermine des changements chimiques, comme le prouvent Texeraple d'un grand nombre de préparations chimiques et celui des végétaux, d'où rlh* dégage de l'oxygène. Le premier cliangemeut ([ue provoque \m stimulant dé- |K'nd de la nature de celui-<:i et de celle du corps organique sur lequel il agit : il consiste, par exemple, en une compression, en un changement chimique. I^laisla n*action qui vient après résiste à ce changement, et diffère totalement de la nature du stimulant; elle n'est ni mécanique ni chimiciue; c'est une manifestation du mode de vitalité propre à l'organe, une sensation, une douleur, une inflammation, une c4)nvulsion. 1^ chaleur, l'électricité, la lumière, se communiquent aux corps organicpies, comme à d'autres, d'après les lois physiques générales ; ma», dans la Restitution pleine et entière, il y a toujours en même temps un phénomène vital, différent suivant la partie qui vient à être changée ; et, jusqu'au terme du rétaUissèment de l'équilibre, les phénomènes sont composés de l'effet du stimulant et de la réaction contre la stimulation. Les substances douées d'une action 'chimique rliangent aussi les corps organiques, aux dé|)ens desquels elles cherc4ient à produire des combinaisons binaires ; lorsqu'elles y parviennent, que l'affinité des parties organiques ne suffit pas [nn\r maintenir la combinaison organicpie et faire
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équilibre ^ raction chimique, on voit surgir uu produit chfmîque, et la partie affectée meurt : ce qui a lieu, par exemple, dans les brûlures, ou par Taction d*UD acide minéral, d*ttn alcali caustique. Mais tant que la partie organique qui est exposée à rinfluence d'un corps exerçant une action chimique, continue de vivre, elle donne lieu aux effets qui lui sont propres, par exemple à des sensations, à des mouvements, à Tinflanmiatlon. Les influences diimiques, comme les acides, les alcalis , peuvent bien faire naître des combinaisons binaires dans le lieu où dUes agissent sur des corps organiques, et ainsi produire la gangrène ou la noort ; mais, sur les limites du mort, la partie vivante déploie encore ses propriétés organiques, qu'elle manifeste par Tinflammation, etc.
Non seulement l'action du corps animai contre des excitants du dehors esl une réaction dans le sens des propriétés organiques, mais encore le mode de cette réac^ tion, les propriétés organiques qui réagissent, varient souvent d'après la nature des parties et leur composition. Voilà pourquoi les stimulants mécaniques, chimiques ou électriques, appliqués à un muscle, déterminent en lui le m^me genre de réaction, savoir un mouvement. Mais ces divers stimulants , mis en rap))ort avec un nerf sensitif, ne provoquent que des sensations, et l'espèce de sensation varie même dans des nerfs différents, malgré la similitude des excitants, tandis que la différence de ceux-ci n'empêche pas qu'elle soit la même, si le même nerf se trouve affecté. Ainsi, par exemple, les excitations mécaniques et électriques ne provoquent dans le nerf optique que des sensations de lumière, qualité propre de ce nerf, et paraissent n'y pas causer de doideur, tandis que des sensations de doideur, et non de lumière, sont possibles dans les nerfs sensitifs. De même les excitants niécauiqueset électriques mis en rapport avec le nerf auditif fout naître des sensations de sons, et l'irritation électrique du nerf olfactif détermine des sensations olfactive& De même encore les racines antérieures des nerfs rachidiens n'excitent aucune sensation, mais seulement des convulsions, dans les musdcs, quand elles sont irritées par une cause mécanique ou par le galvanisme, taudis que, dans les mêmes cir* constances, les postérieures donnent lieu à des sensations seulement, et uou à des convulsions. La physiologie acquiert un empirisme aussi sûr que celui des autres sciences naturelles lorsqu'elle connaît le mode spécial de réaction de toutes les parties du corps animal
"Maintenant il n'est pas surprenant que les symptômes du même organe dans des états tout Ik fait différents^, se ressemblent souvent b(*.aucoup, par exemple les qualités vitales qui lui appartiennent en propre se prononçant avec plus ou moins d'énergie, aussi bien eu état d'excitation augmentée qu'eu état d'excitation diminuée. Il y a un certain groupe de phénomènes cérébraux, de phénomènes cardiaques, qui se rencontrent dans différentes maladies du cerveau et du cœur. Ici ressort la démence des homoeopatlies, qui croient guérir avec des substances déterminant nu effet analogue à une maladie, tandis qu'ils ne font rien du tout, ou que la nature emploie le remède qu'ils lui présentent à un tout autre usage que celui qu'ils s'imaginent. Quand deux moyens provoquent quelqui^s symptômes analogues dans un organe, c'est une preuve non pas qu'ils déterminent des effets en tout sembla* blés, mais qu'ils agissent sur un même organe, ce qui n'emi)êche pas que leurs efléts spéciaux puissent être totalement différents. La syphilis et la maladie mercarielle peuvent être essentiellement différentes, et ce|)endant S4^ ressembler en ce
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poînl, qiio certain» organcfi fwnt diHniits dans l'iinc et dan<i Faiitre. Les arides minéraux et les alcaKs détruisent les parties organiques avec une égale énergie, et cepeiMlant personne ne soutiendra qu'ils sont scmMables : par conséquent, le mercure peut, eu déterminant une légère métaniorpiiosc de la matière organique, la rendre incapable de continuer la destructiiHi syphilitique, après quoi c'est la nature, et non pas lui, qui opère la guérison.
Conmie les stimulants mettent en jeu les organes, et que tout accroissement d'activHé qui n'est pas accompagné d'augmentation simultanée de la force organique rend ceUe-d inactive pour quelque temps, la consomme en quelque sorte, les stimulants la consomment aussi, et, quand ils ne sont pas intégrants comme le^nt les- incitants généraux de la vie, ils ne manquent jamais, après avoir |)rovoqué l'activilé, de la laisser suspendue, alors même qu'ils continuent d'agir. I)e là \q caractère périodique dont certains phénomènes vitaux sont revêtus. In organe contractile, qui contient une matière exerçant sur lui une action mécanique ou chimique, se contracte. Par cet acte même, la partie contractile devient incapable de se contracter avec une égale force le moment d'après ; mais l'excitabilité renaît peu à peu, et le stimulant qui continue d'agir redevient efficace. Les contractions peuvent ainsi se répéter de tem.» en tempsw Nous voyons un exemple de ce phénomène dans les ondulations de l'iris, quand l'impression de la lumière reste la même, dans les contractions i>ériodiques du rectum, des intestins, de l'estomac, du cceur, de la matrice, de la vessie, des muscles qui expulsent le contenu de l'urètre pendant le coït. Ia^ stimulus qui provo((ue la contraction est souvent ici extérieur, uii contenu, comme Turtne, les excréments, etc. ; mais, fré(pieminent aussi, il semble {'in* intérieur, et par exemple affluer à travers les ni*rfs, quoique la contraction soit périodique, comme dans le cœur. Car, bien qu'alternativement le cœur expulse (lu sang d'un côté, el en reçoive de Taiitrc côté, et que la stinuilalioii produite par ce liquide doive le solliciter à des contractions périodiques, cependant son contenu n'est pas l'unique et première cause du rhythme de sa contraction, puisque, après avoir été enlevé du corps, il continue longtemps encore, surtout chez les reptiles, de se contracter d'une manière rliythmique, malgré son état de vacuité, phénomène qui parait dépendre, non pas seulement de l'air substitué au stimulant ordinaire, mais d'un stim'.ilant inti^rieur résultant du conflit des fibres musculaires et des nerfs, qui agit périodiquement, ou sur leciuel l'organe ne pcnit réagir qu(> d'une manière périodique.
L<*s stimulants trop répétés énioiu»ent les organes, et les rendent pour longtemps sourds à leur action. On explique |Nir là une partie des phénomènes de l'habitude, cpiinque beaucoup de choses auxquelles on s'est accoutumé ne soient |)as d'abord uniquement des phénomènes de stimulation, mais déterminent aussi des changem<*nts durables , par suite d'une modification de la composition, ce qui suffit déjà poin* rendre raison de l'inertie dont eDes font preuve ensuite.
(^omme les substances noinbre.uses qui agissent sur l'organisme |>cuvent, en rai^ son de leur nature et de leur constitution, imprimer à la composition des parties organiques les modifications les [Auê diversifiées et qu'on ne saurait déterminer tontes individuellcnieut, il n'y a pas moyen de réunir les médicaments, d'après leur maaière d'agir, sous des chefs qui soient parfaitement justes , et c'est là te mauvais ciVté de la médecine. I^es meilleurs auteurs snr ce sujet n'ont encore en