l>ROI^OMfeNES
c|uo ti^op recours k dos supposi lions gratuites, il do stériles formules. Cependant il ne peut y avoir, eu général, que trois modes principaux de cette sorte d'action.
i** Les excitants. Les véritables excitants, les plus importants de tous, sont les conditions eUesHmômes de la vie, les excitants vitaux, dont Faction continuelle sur les parties animées par la force organique manifeste seule la \ie et augmente la force organique , savoir, un certain degré de chaleur, Tair atmosphérique, Teau, et des aliments qui aient été déjà organisés, qui proviennent de végétaux ou d*animaux. (les influences ne se bornent pas à changer la composition des parties or^pniques, et à stimuler par un changement d'équilibre, mais encore elles entrent. C4)mme parties intégrantes, dans la composition des organes, et cela d*une manière indispensable à la vie. Aprlt» une maladie, ces influences constantes qui n'épuisent pas en stimulant, sont les vrais moyens de relever les forces, et seules eUes suffisent à cela.
Indépendamment d'elles, il y en a encore. beaucoup d'autres qui, d'après l'idée que nous avons précédenmient doiinée de l'irritation, produisent aussi des réactions ; mais elles n'intègrent pas d'une manière absolue, et la plupart d'entre elles, si ce n'est qu'elles provoquent des symptômes, des phénomènes, n'ont aucune action vivifiante sur les corps organiques, ou même entraînent des conséquences très nuisibles, <i |)ro|KNtion du changement matériel qu'elles déterminent. ComnH' on a confondu toutes les influences qui n'ont d'autre ellét que de rétablir l'équilibre dans l'organisme, et qui, |)ar là, donnent lieu à des pliénomènes, avec celles qui sfHit absolument nécessaires au maintien de la vie, et qui intègn*nt, cette erreur a causé le plus grand mal en médecine, et coûté la vie à beaucoup d'hommes, parce qu'elle a conduit à la fausse idée que, certains stimulants allumant la \k comme une flamme, les stimulants en général sont indispensables pour qu'elle subsiste.
Panni le grand nombre d'influences qui n'appartiennent pas à la catégorie des incitants généraux de la vie, il s'en trouve qui, dans certaines circonstances, exercent une acticm localement vivifiante et fortifiante, analogue à ceUe de ces derniers, et qui produisent cet effet en intégrant la composition d'un organe parleur influence matérielle, pondérable et impondérable, ou en lui imprimant une modification telle qu'il devienne plus facile aux incitants généraux d'opérer la restauration. Mais tout cela dépend de l'état de l'organe malade, et les cas dans lesquels des médicaments renommés par leur vertu de vivifier et de fortiûer déterminent réellement cet effet sont forts rares ; au contraire, plus d'un malheureux a été conduit à la mort par des moyens qui excitent bien dans telle ou telle circonstance, ou même eu général, mais qui ne font que causer un soulèvement sans fortifier.
Les médicaments appartenant à la classe des substances qui vivifient conditionnellement agissent aussi de préférence, par leur composition, sur des organes de composition organique diverse, et forment des groupes naturels, suivant que leur action porte spécialement sur le système nerveux, ou sur les organes chargés de la métamorphose du sang, etc. Plusieurs influences de ce genre sont des substances impondérables comme l'électricité. On a employé l'électricité avec succès dans des paralysies. Mais la chaleur, déjà nécessaire au développement del'embryon, a aosri une influence éminente sur la vivification lorsque d'autres moyens ne donnent aucun résultat, par exemple dans les maladies des nerfs et de la moelle épinière*
IRRlTAlilLlTÊ DES AMMAIX. .)^
les (Ninilysies b névralgie dorsale et la phthisic dorsale coniiiH*uçaiite» quand on rapplique sous forme de moxa, et qu'on la répète souvent, c'est-à-dire en réitérant l'appiication aunitôt après h chute des escarres. Ici se range encore réchauflement continu et douloureux d'une partie malade par le moyen d'une chandelle allumée qu'on en approche. On ne sait pas bien cx)mment la chaleur agît dans œs cas. Le moxa n'est efficace, dans les maladies de la moelle épinière, qu'autant qu'on le pose au voisinage de l'organe même, et cependant il peut exciter de la douleur partout.
L'influence mécanique est un stimulant vivifiant conditionnel dans les frictions, à l'aide desquelles, en agissant sur les extrémités des nerfs, nous agissons sur les parties centrales du système nerveux d'une manièn* qui leur est homologue, eu uM'-me temps que nous activons le conflit des parties frottées avec h; sang.
D'un autre côté, tous les moyens de cette espèce, tant médicaments que hauts (l(*grés de température (comme dans la hrûlure), électricité, influence mécanique connne pression, contusion), produisent, lorsqu'ils agissent avec trop d'intensité, le contraire précisément de la vivification ; car alors ils changi*nt la matière d'une manière si Tiolente qu'elle ne peut plus conserver la composition nécessanxî à h \ie. (Test {murquoi on ne doit les cxmsidérer que comme des influences spéciales, (|ni vivifient sous de certaines conditions, en tant que leur action sur la matière (H-ganique est favorable «i la composition naturelle des parties : aussi pent-on letir donner le iH)ni de stimulants homogènes, et appliquer celui de stimulants héténi- ^ènes à tous les autres excitants qui ne font que porter le trouble dans la com|iositifNi naturelle et dans l'état desforcx?s, et qui exercent sur la vie une influence*, mm pas vivifiante, mais nuisible. Qu'on n'oublie ce|M*ndant |)as (|ue, si les. circonstances sont mal choisies, chacun de ces stinmlants homogt^nes devient hétérogène, c'est-à-dire qu'il ne foit que troubler l'état des forclos et la C4)m|N>sition naturelle.
D'après ces explications, les influences stimulantes sont de deux classes, les incitants généraux de la vie, et lej stimulants spéciaux, divisés eux-mêmes en honioscènes et hétérogènes.
Au reste, dans les cas où la force vitale diminue rapidimient , nous sonnnes abandonnés par tous nos médicaments stimulants, dont , en outre , une grande partie ne iiont que troubler sans fortifier.
2" Les altérants. Une foule de substances ont de l'importance en médecine parr« qu'elles déterminent dans la matière organique un changement chimique tel que. SUIS qo'fl y ait mtégration immédiate ou acquisition de force, les qualkés de cette matière sobissent une modification par rapport à un état maladif préexistant ( j't effet a lieu , soit parce qu'un obstacle matériel à l'accomplissement des actions caractéristiques de la santé, on un excitant poussant à des actions maladives, viennent à être écartés dans la composition de la matière, soit parce que les organes sont modifiés chimiquement d'une manière telle qu'ils ne peuvent pi us être affipctés par rnie irritatinn morbide, ou parce que la matière éprouve un changement qui n'en permet phis d'aotres dont on avait à craindre l'apparition (comme dans la méthode antipblogistique), on enfin parce que la nature d<*s stu-s nourriciers est changét>. il n'est pas possiiile au médecin de guérir ciiimiquement la maladie complexe d'un orgaiH* ; «M peut seulenMBt, au moyen d'une légère métamorphose chimique, donner une
Sh PROL£tiOMËNE&
impulsion telle que la uature eUe-même rétablisse la couiposition naturelle, par Finépuisable fwurce de la reproduction continuelle. I^s altérants offrent également cette différence principale, que les uns agissent plus sur le système nerveux, et i^ autres davantage sur les organes dépendants de ce système. Au premier point de vue, les altérants les plus importants sont les substances dites narcotiques ; Tautre classe renferme la multitude de médicaments qui déterminent des change* luents de matière dans d'autres organes. I..es altérants peuvent aussi, en écartant les obstacles à la guérison, devenir indirectement des incitants vivifiants, et leur emploi peut même donner lieu k des symptômes d*irritatiou, par suite de changements survenus dans Téquilibre. Lorsqu'on les applique hors de propos, ils deviennent nui^bles, soit à titre d'excitants hétérogènes, soit parce qu'amenant une pnunpte .décomposition, ils détruisent la force organique, comme les narcotiques.
Mais comme, en raison de leur décomposition, les altérants agissent fort différemment k*s uns des autres sur celle des organes, il peut arriver que l'un d'eux perde son action par saturation, et qu'il devienne incapable de donner lieu désormais à aucun changement, tandis qu'un autre en produit encore. Une foule de cas, qui appartiennent aux phénoroènei) de l'habitude, viennent se ranger ici, et l'emploi des médicaments a mille et mille fois confirmé l'exactitude de ce qui vient d'être dit Les organes ont subi , par l'influence d'un altérant qui en a modifié chimiquement la c^nnpositlon, un chanfement tel, que cette substance ne trouve plus la même affinité pour elle dans l'organisme, tandis qu'il peut y en avoir encore pour un autre. 11 y a aussi des substances impondérables qui agissent de ceue manière : l'œil devient de moins en moins sensible à la couleur verte qu'il rciganic longtemps, et qui prend une teinte de plus en phis sale et grise; mais, k cette époque, ifa plusde sensibilité que jamais pour le rouge, tandis que considérer longtemps du rouge rend l'œil sensible au vert. De mc^me, contempler longtemps an champ jaune diminue la sensibilité pour le jaune et accroît celle pour le violet, et vice versa; contempler longtemps le bleu augmehte la sensibilité pour l'oraig^, ai vice versa, tandis que la couleur qu'on regarde longtemps apparaît de plus en plus sale.
3** Les désorganisants. Ici prennent place les influences qui détniisent tout do suite les parties organisées , sans commencer par irriter ou par causer une altération nuisible. Les unes sont excitantes quand elles ont peu d'intensité, et dans le cas contraire portent un trouble essentiel dans l'état des forces, comme la chaleur, rélectrkité, etc. D'autres sont des altérants, qui, lorsqu'ils agissent avec me grande intensité, troublent violemment la composition , en produisant , avec ks siiiMtances organiques , des combinaisons auxquelles la force organique ne peut faire équilibre, comme les altérants narcotiques, et ceux qui portent atteinte ï h formation- et à la métamorphose des sucs organiques, par exemple les antinxh HÎaux, les mercuiiaux, les acides minéraax, les ak:alis concentrés. Les irritants peuvent désorganiser de deux manières. Us peuvent à un certain degré, n'être que de simples stimulants; mais, à un degré plus élevé, au lieu d'intégrer^ ou de iavoriser l'intégration |iar l'exntation de nouvelles affinités, ils détennineat siir^ champ un trouble essentiel dans la composition : alors la mort générale ou locale n'est plus préoédétt d'aucune excitation, et la décomposition s'effectue imméiUats ment, cwonie dans la mort causée par la fondre. Ou bien un irritant qui, par tai*
IRRITABIUTÉ DES ANIMAUX. 55
luéiiie, est intégrant sous condition , noct un organe en jeu pendant trop longtemps, de sorte qne, diaprés les lois de Texcitement, il y a plus de force réduite k rinertic, dans un laps de t^nps donné, qu*ii ne peut y en avoir qui reprenne activité durant le même inter^aïle de repos. C'est là ce qu'on appelle une mtrexci^ iatifm. L'organe surexcité s'affaiblit de plus en plus, comme l*œil exposé k une trop vive lumière. Le médecine ne fait usage de l'action destructive des substances que quand elle veut réellement détruire.
Lorsque Brown, après avoir découvert quelques unes des lois de l'incitabiiité, uaça la première esquisse d'un système scientifique de médecine, mais sous une forme encore grossière et dangereuse dans l'application , il ne connaissait pas l'efiet produit par les altérants, plus que ne l'ont connu ses successeurs, les inventeurs de la théorie dite de texcitctnent. Dans le système de Brown, il n'y a aucun chaniçement des forces excitables qui ne soit précédé de surexcitement, et l'excitabilité ne pouf être épuisée, avec la vie, que par surexcitation. I^es browniens devaient ioutenir que, partout où une action quelconque amène l'épuisement, il y a en auparavant surexcitation absolue. Ils alléguaient en preuve de cet axiome que certaines substances qui , à petite dose, excitent en quelque sorte, produisent un tout antre effet à des doses plus élevées, et, à des doses plus considérables encore, déterminent l'épuisement, comme l'opium. Dans le premier cas, disaient-ils, Ja pi'^riodo d'excitation est extrêmement courte et insensible. C'est de cette manière aussi qu'ils expliquaient les effets de toutes les influences qui amènent rapidement la débilitation. Mm il y a beaucoup de substance qui , à petite dose, procTuisent' déjà plus foiblement ces effets destructeurs, comme les gaz irrespirables, le venin de la vipère, etc^ I^es partisans du contre-stimulisme, Hasori, Borda, Brera, Tomniasini, ont attaqué cette erreur de Brown et de ses successeurs, et les substances qui , au lieu d*exciter, font en quelque sorte le contraire, c'est-à-dtre diminuent l'aptitude à être excité, ont reçu d*eux le nom de contre-stimulants^ de» manière qu'ils ont partagé les médicaments en deux classes, les stimulants et tes rontre-stimulants. Mais, quoiqu'ils aient aperçu une des grandes fautes coimnises |Kir Brovm, cependant ils n'ont pas reconnu l'effet altérant d'une foule de substances médicamenteuses.
J^es distinctions établies par Brown reposent sur une mauvaise interprétation de (|uelques faits incontestables d'excitabilité, et sur la confusion des conditions inté- ^^-antes ou des incitants de la vie, l'eau, l'air atmosphéricpie, l'aliment et un certain degré de clialeur, avec les substances qui, ne déterminant qu'un changement dans la réaction des forces organiques et dans la composition à laquelle se lie l'état de santé, excitent bien par cela même, mais n'intègrent pas. Un narcotique, c'est-àdire un ahérant des nerfs, peut bien provoquer des symptômes depuis le commencement jusqu'à la fin; en modifiant la composition, il agit sur la propriété fondamentale des corps organiques, celle d'être déterminés par des choses du dehors, d'après des lois intérieures, ou, si l'on veut, d'être excités; mais cette stimulation n'est point un excitant dans le sens thérapeutique, puisqu'ici on entend par là un stimulant qui vivifie les organes K en intègre la composition.
Brown a divisé les maladies en sthéniques et asthéniques, disant que la force vitale est augmentée dans les premières, diminuée dans les autres. Cependant, une maladie dans laquelle il y aurait augilientation de la force vitale serait une idée impli*
56 PROI.É(K)MÈNES.
<}uanl contradiction, et il n'existe en réalité qu'une infinité de troubles, locaux et p^* néraux, de la composition des parties organiques, dans lesquelles les forces générales, tantôt baissent dès le principe, tantôt n'ont d'abord reçu aucune atteinte, et diminuent ensuite, ce qui fait que la plus convenable de toutes les classifications des maladies est c«lle qui les range d'après les systèmes organiques et d'après des types calqués sur ceux dont on lait usage en histoire naturelle. On a toujours été tenté d'attribuer l'inflammation à une augmentation de la force vitale ; c'est une maladie dans laquelle certains phénomènes, la clialcur par exemple, deviennent plus prononcés, et où la quantité du sang» augmente dans les petits vaisseaux; elle change d'autres phénomènes encore, en même temps que la fonction de Torgane est suspendue, et que les sensations témoignent d'une lésion profonde. Une cause inflammatoire donne lieu à un changement chimique dans la composition d'un organe, et c'est ce qui fait que nous pouvons provoquer une inflannuation par des agents chhniques. 11 peut naître de là une affinité chimique, une attraction entre le sang et la substance chimiquement modifiée d'un organe, dette affinité p(*ut étn* \Am grande que dans l'état de santé, entre la partie vivifiée et le sang. x>iais que cet aa-roi»sement d'affinité entre la substance et le sang, dans l'inflammation, soit uniquement une augmentation de l'attraction organique natureUe, semblable à celle qui s'observe dans certains phénomènes de l'état de sauté, par exemple dans tous ceux de turgescence, c'est ce que les modes de terminaison de l'inflammation et la facilité avec laquelle s'établit alors la décomposition , mettent \wrs de toute vraisemblance. L'inflammatioii n'est pas une maladie avec augmentation de la force vitak*, car ses phénomènes surgissent tout autant d'une tendance; à la décomposition occasionnée par un changement chimique, que de la réaction des parties organiques contre cette décomposition (1).
De l'intime conflit qui existe entre toutes les parties de l'orgauisme, il résulte,
(i) Dans une indication des rapports de la médecine avec la biologie , on ne peut omettre la part de Broussais. La cona*p(iou de Brown se rapporte à une propriété trop limitée des corps vivants pour qu'elle ait eu une grande portée physiologique ; aussi , est-ce surtout à étendre nos connaissances sur Paction des médicaments qu*el1e servit , quand elle fut devenue le cootreslimulisme entre les mains des Italiens. Mais Tidée de Broussais suivit une tout autre direction. Elle »Ha directement 4 considérer la maladie comme une déviation de Télat régulier* en un mot la pathologie comme une branche de la physiologie. Aussi donna-t-il à son système le nom, tout à (ait caractéristique , de doctrine physiologique ; et pour lui , Tontologie médicale était cet héritage de notions qui, créées à une époque où la biologie était purement rudimcntaire. voyaient dans Tétat maladif des forces nouvelles mises enjeu, et, par conséquent, puisqu'il n*y a dans le corps vivant que les forces physiologiques, de véritables entités. Sa célèbre théorie de la gastro-entérite édaire parfaitement la conception de cet homme éminent : ce n*est pas autre chose qu*une hypothèse , très hardie sans doute, mais philosophiquement très licite , par laquelle il essayait de rendre compte des fièvres dites essemieiUs, Le caractère physiologique de sa doctrine s'y manifeste ; les fièvres essentielles, jusque-là rapportées à une affection ignorée da principe vital abstrait, se trouvèrent immédiatement rattachées à un appareil déterminé, à une fonction particulière ; et , comme Thypothèse était de Tordre des hypothèses scientifiques, c^està-dire de celles qui peuvent éire vérifiées , la discussion Instituée sur ce point ne tarda pas à montrer ce qu'il y avait de vrai et de fani. Il est donc juste de dire que Broussais a eu une conception nette de la pathologie, et a inOué d'une façon très heureuse sur le mouvement médical de son époque , et indirectement sur la biologie. (Voyez Broosbais, Examen des doctrines mcdiaùa cl des systèmes de nosologie, y éditiçn. Pari» 1839-183&, 4 vol. iu-8. — De Cirritution et de la folie, 2« édition, Parts 1839, ï vol. I11-8. ) '
nÉVELOPP£MEKT DE L'ÉLECTRICITÉ. 57
dans le corps animal, une sorte de statique des forces, dont Tune détermine toutes les autres ; or, comme toute cause morbifiqne dont Faction porte sur une partie produit des changements de matières pondérables ou impondérables, il résulte de & qie, par une succession de changement», elle agit souvent sur des parties éloipiMs, qui sont précisément celles dont la réceptivité pour son influence est le plus prononcée. Une soustraction de substance sur un point empêche Taccumulaticm de siÉitances analogues ou non sur un autre point, phénomène sur lequel est fondé l'emploi qu*on fait des évacuants dans des lieux autres que celui qui souffre. L'augmentation de l'activité organique dans un organe excite beaucoup d'autres parties : ainsi Taccroissement de l'activité organique dans l'appareil génital a d(»s rebdons avec la reproduction du bois chez les cerfs, avec le changement de beaucoup d'organes chez l'homme, modifications qui , dans un cas comme dans l'autre, ne surviennent pas à la snite de la castration.
Parmi ces phénomènes de la statique sympathique, il faut distmguer ceux qui dépendent plus particulièrement du conflit dont toutes les molécules des tissus, qui étaient des cellules dans l'origine, sont susceptibles chez l'animal comme cht'z les végétaux, de ceux qui sont déterminés surtout chez le système nerveux. Lasyuw (Bthie des molécules des tissus, ou la sympathie organique générale, visible dans Due foule de phénomènes morbides, où un changement matériel s'étend peu à peu an loin , est plus lente à se nunifester, et se règle par l'affinité des molécules homoines. La sympathie animale produite i)ar les nerfs survient communément bien pinsvite; elle peut aussi déterminer des changements maténets dans d(« parties qoi sont étrangères aux nerfs, et souvent à de grandes distances du point de défiart df l'irritation : mais cet eflet ne résulte pas de la progression graduelle d'un changement matériel ; il tient à ce que l'action nerveuse fait naître un nouveau foyer de changements matériels.
DES EFFETS COMMUNS AUX CORPS INORGANIQUES ET AUX COUPS i ORGANIQUES.
Les corps organiques participent aux propriétés générales de la matière pondefable; h mécanique, la statique et l'hydraulique trouvent également à s'y appli(|uer. Mais plusieurs propriétés que les matières organiques peuvent avoir en commun avec des matières inorganiques, comme la cohérence, l'élasticité, etc. , ne naissent qn'aulant que la force organique continue d'agir pour produire un certain mode de combinaison : ainsi la tunique élastique des artères perd sou élasticité quekiue temps après la mort D'un autre c^té, les applications de la mécanique, de la statique et de l'hydraulique à la physique organique, sont assez liuiitées, para^ que ce sont les causes organiques du mouvement qui intéressent le plus ici. '
Les substances impondérables, l'électricité, la chaleur, la lumière, se manifestent aussi dans les C4)rps organisés. Chacun de ces phénomènes va être examiné d'nne manière spéciale.
I)ÉVEÏX)PPEMENT I>E l/ÉLECTRlClTÉ.
On sait que l'électricité par frotlemeut peut surtout èti*e développée dans un ?and nombre de corps d'origine organique. Celle par rapprochement» /[u'on
uomme aussi galvanisme, ne naît pas uniquement par le contact de méttux hétérogènes; beaucoup d'autres matières, le charbon entre autres, et aussi le graphite, peuvent remplacer les métaux électro-moteurs, d'après les expénenœs de Humboldt et de Pfaff ; et même des parties animales diverses, entre lesqo^les on fonne la chaîne, agissent d'une manière analogue à des métaux hétérogènes, seukmratà un plus iaible degré. Ce serait donc une idée bien fausse que de regarder ks qualités des métaux hétérogènes comme la seule cause de l'électricité galvanique. Seebeck a découvert que môme des barres métalliques homogènes, élevées à des températures différentes, qu'on applique les unes contre les autres, deviennent galvaniques, et qu'une simple baguette métallique, diversement échauffée k ses deux bouts, montre des phénom^es d'éle<;tricité; de sorte que l'hétérogénéité des parties en contact, l'union de ces parties en forme de chaîne, et un changement dans ré(]uilibre de la matière électrique, paraissent être les conditions les plus générales pour la production du galvanisme. Quand ces circonstances sont réunies, oo observe aussi des phénomènes galvaniques dans les parties animales (!)•
Humboldt a découvert que des convulsions légères surviennent dans une cuisse de grenouille lorsqu'on touche en même temps un nerf et un muscle avec un morceau de chair musculaire fraîche, expérience que j'ai répétée plusieurs foi& Buntzen était même parvenu à construire une faible pile galvanique avec des couches alternatives de chair musculaire et de nerfs. Suivant Prévost et Dumas, une chaîne formée de métal homogène, de chair musculaire fraîche et d'eau salée ou de sang, agit sur le galvanomètre. Quand on fixe aux conducteurs de ce dernier instrument des plaques en platine, sur l'une desquelles on posc^ un morceau de chair musculaire pesant quelques onces, et qu'on plonge les conducteurs dans du sang ou dans une dissolution de s(*l, l'aiguille magnétique subit une déviation. La même chose i lieu lorsqu'on met en contact deux conducteurs, dont l'un porte un UKMxeaa de platine imprégné de chlorure antimonique ou d'acide azotique, et l'autre un fragment de nerf, de muscle ou de cerveau (2).
Kaemtz (3) a fait voir, en outre, qu'on peut constniire des piles sèches assez actives a\ec des corps organiques, sans nul concours de métaux. 11 étala des dissolutions concentrées de substances organiques sur du papier milice, et fit des piles avec des disques de ce papier, en ayant som que deux couches hétérogènes fussent séparées par deux épaisseurs de papier. L'électricité de ces piles fut essayée à l'aide d'un électromètre de Bohnenberger. On reconnut ainsi que la soude se comportait comme élément positif à l'égard du suif de mouton ; la levure, envers le sucre de canne, k sel marin et le sucre de lait; l'huile de lin , envers le sucre et la cire bfamche; l'amidon, envers la gomme; la gomme , envers le salep, le mucus de gomme adngant et \b lycopode ; le blanc d'oeuf , envers la gomme et le sang de bœuf; le sang de bœui; envers l'extrait de belladone et l'amidon.
Gif anas électriquet de quelques poîMODi.
Les poissons électriques sont, d'après ce qui précède, moins surprenants qu'ils
{\) Consultez à ce sujet Mattbvcci, Traité de» phénom^es éUetro-physiologiqucs des anim maux. Paris, ISA à.
(2) MAonm», Jùumai de phyàMofit^ t. UI. (9) Dans iinwntMa*! Joumalf l^» 1.
ne U>Henibleitt au premier ibord, quoique la faculté dont ilajouisseDL d'opt'-rerdes décharges ne se manifesie que (teiMljuit la vie et quand rieQ ue trouble l'iiiOueuco ■teneuse. Parmi les raie*, la fauiilLc des lorpiiles, enibrassaul les genres Torptdù, yarcine, Ailtvpeei Temtra, possède celte bculté; au genre 7'<nyWo apfiartieDnent It-s deux espaces des iners du midi de rEum|>e, la Torpédo ocuiaCa et la Torpfdo tnarmorala. Il n'y apas deptÙMos électriipies parmi k>iir}ùiiobalea: on n'a cru k l'existence d'une espùie l'Icctrique dans ce genre que jku- confusion avec le Marcine bnuiliewi». Les autres poissons Olectriqut'i sont le Gyxmotv» elec- Irieut, qui vil dans plusieurs fleuves de l'Amérique méridionale, et le SUwu» electricta ou Maioftleruriu electricni, qui liabitc le Ml et le Si'-oégaL Ia'. TelivdoH elntricMs (1) de Paterson n'a point été re>u, et le Ttichiurm eler.triciu est tout t fait douteux.
\jM organes électriques des torpilles sont situés des deux cAlés de la (été et des l>raiichies. Ils ronaisleat en des prismes k cinq ou hx inns, placés les uns k côté des autres, qui, sur Im pointu précités, occupent l'épaisM.-ur entière du poisson (fig. 1). i;liaqii«priiDie forme nu tube, à parois minces, '
entouré de vaisseaux et de nerfs, dans leqgd '°'
Mutt placées un grand nombre (150) de plaques transversales, extrêmement minces, parallèles lis unes aux autres, et séparées par un li<[uidc {{élatiiieux. A ces organes se rendent, de chaque l't'tté, trois forts nerË, provenant de la paire ti^e, qui envoient auparavant des branches aux brancliics. Un ramean de la cinquième paire M- n'-pand aussi dans la partie aniérieua' de l'organe (2).
Les organes de l'angnillc de Surinam el du silure électrique sont placés, d'après les rerherches de Rndolphi, sur les denx côtés du corps, depuis la léte jusqn'k la queue, et de chaque cÂté ib sont douUes, l'un superficiel, l'antre profond, séparés par une cloison, et aruai, latéralement, par des muscles, chez l'an- Kuille de Surinam. Dans ce dernier poisson. Us M- composent de membranes tendues horizontalement le long du corps, i un tiers de ligne de distaDce. et entre knqurilc* se trouvent des cloisons verticales, dirigées de dedans en d*ora, avec un liquidcdans le» imer»rile». L'organe profond, pins petit que l'autre, est encore plus finement
(I) J'«eianiiB*pluiieUT»lélro*»«ÙiDu«»aupro1oiiB*,aiiiiBe(«luiiluTe(i-oA.««(«rrrieM, il je D> ai apMfM aacaM Mw d'orRasM él««iriqMi.
(J) UuiiTu, ^Ailtw. Tra»»., il7a, I». ï, ul» Ifc— P. S*ïi. AV«*. •wno».i>w,M,rJ„^ inmt flcTBoix tl tar l'orgatit ilitlri^ue de ta lorpilU, a la luile du Trnilè d» phénomimrt iltflni-pkiiiiologiqiitt ia animaux , par C, HAnEicui. PwU, lUl. — R, Wis:»», Ctbtr an, (ciKCrcu Ba» Jt» tUkiritcktn Organt JM /.Ultrri'fluit. { AbhnndlunRm lier KiMi. (ir«ll. ilrr Winaa Chanen lu GuUingcn, GoUÎDguf. 1843, p. ItO.J—Ca. Aoiiii . Hetktrtlm t»r ttn appareil qui k Irmtut mr la poiaon* du genre «««.. <l ^mi' firitiiUUt ea ■ta orgimet ilteiri^mu. Parii . 18A3, in-6, lig.
60 PnOLÉ(;o>IÈNES#
divûé. Les ii€fis de Tappareil sont deux cent vingt-quatre interscostaux, qui df«ondent à son cdté interne et se distribuent dans toutes les couches , tandis que des filets plus déliés passent au-dessous du petit organe, pour aller gagner la peau. Ln nerf composé de branches de la cinquième et de la huitième paire se rend superficiellenient aux muscles du dos, sans se répandre dans Forgane (1).
Dans le sihire électrique, les deux organes sont séparés par une membrane aponônrtique; Texteme est situé sons le derme, l'interne au-dessus de la couche musculaire; les nerfs du premier proviennent de la paire vague, qui passe sons l'aponévrose intermédiaire, mais dont les branches percent cette aponévrose pour gagner Torgane externe ; ceux de* Tinteme émanent des intercostaux, et sont extrêmement grêles. L*organe externe consiste en de tr^s ()etites cellules rhomboidales, qui tut sont bi<*n apparentes qu'à la loupe ; Tintcnie semble ôtre formé de cellules : Rndfilpbi donne Fépithète de floconneuse à la substance qui remplit ce dernier (2j.
lies elki» des poissons électriques sur les animaux ressemblent parfaitement à ceux d<!s décharges électriques. Les secousses comnumiquées par une torpille qu'on louche de la main s'étendent jusqu'au haut du bras, tandis que l'anguille de Surinam sifmble pcmvoir combattre et affaiblir m(^me des chevaux, ce que Huinboidt a décrit d'une manière très pittoresque. Il est positif que, pour r« qui concerne h torpille et l'anguille de Surinam, les seuls dont jusqu'ici on ait étudié les eflets, Ifs isoialeurs df* Télectricité arrêtent la force électrique, tandis que les conducteurs, roniiue les métaux, l'eau, lui permettent de s'écouler, et que la décharge se prin (lage à travers une chaîne de personnes, dont la premi^re touche au poisson. M'aish a même tiré des étincelles de ranguillc de Surinam, en conduisant lé coup par une lamelle d'étain collée sur un Terre et percée dans le milieu (3). Fahlenberg a répété re\périeoce avec le méméréanltat, pendant que lé poisson se trouvait dans l'air ('i). Guisan, (|uia fait à la Guyane une série d'expériences très soignées sur cet animal, a plusieurs fois observé des phénomènes lumineux (5), ce qui est arrivé aussi à Faraday, dans ses recherches entreprises récemment à Londres (6). Linari et Matleiicci ont même réusnk obtenir une étincelle de la torpille.
.1. Davy fut le premier qui observa un résultat décisif en faisant usage du galvanomètre chez la torpille (7). Il a fait aussi des expériences sur la décomposition de Teau. L'un des réactifii les plus sensibles pour l'électricité est ici, comme partout ailleurs, une masse gélatineuse qu'on obtient en ajoutant de l'amidon pulvérisé à
(1) nuDOLPiii, dans AbbandUngen der Akademie von Berlin imJahre 48>0-i8Si, wni m Jahre iSSÂ. — Camp, sur TatiaioiDie de rangulUe de Surioam, H. Lbtbut, dans Lanà, mti. Omette, vol. U , p. 800, d842, et sur les phénomènes électriques de ce polsaon , oulie le aéiiioire de LclUeby, Touvragc de ScHŒUtun , Beobachtungen ueber die elektrischen Wirhmyn dee Zitteraale», M\c, 1831, et celui de C. Matteicci, 7Vaift' de$ phénomènes électro-ph^io' logiqueê de» animuMx, Paris, 18A4.
(2) Valencienres ( i4iifi. de» »e. nat.^ t. XIV, p. 2&1 ) donne une descripcloii desorpon Hertriques du sNure électrique, qui ne dHl^repas de celle de Rudolphi, quant aux palutt i*Mentiels.
(3) Journal de physique. 1776, octobre, 834.
{ti) yetan»k. Acad. nya Handiing, 1801, H, p. 132.
(5) De gymnoto eleetrivo. Tubingue, 1819.
(6) PhHo». tran». 1829, p. 1.
1) Philo». Iran», 183&, p. 2.
ORIÏANKS ÈLEirrRIQL'ES DK (>UËI^}ITES POISSONS. <)1
une di.sfldutîo» concentrée ou presque concentrée d'iodure |)otasKk|ue : une simpk* coiubiuaLBou de fil de cuivre et de fil de zinc et un acide très étendu, déternûneni dans celte tnibstance un précipité d'ioduiT d'aniidon. Des expériences auaiogucs avec le galvanomètre et Tiodurc potassique ont été faites |)ar Faïaday sur Tanguille de Surinam.
L'intensité de la décharge est tout à fait volontaire et liée à l'intégrité des nerfs qui se rendent aux organes. On peut enlever le cœur aux poissons électriques sans qu'ils perdent la feculté de donner pendant longtemps des secousses; mais la destruction du cerveau ou la section des nerfs abolit cette faculté. La destruction de l'oiigaDe électrique d'un côté n'arrête pas l'effet de œlui du C4>té opposé. Tous les observateurs ont constaté aussi que la décharge ne s'opère pas à chaque attouche* ment, et qu'elle dépend de la volonté de l'animal, qui, pour s'y décider, a souvent besoin qu'on commence par l'irnter. Le poisson n'exerce aucmie influence sur la direction de la décharge. U parait sentir à peine lui-même cette dernière : on tw n*niarque aucun mouvement dans l'anguiUe de Surinam lorsqu'elle donne des s(*cous8e8, et la torpille ne laisse apercevoir alors qu'un léger mouvement des nageoires pectorales. Mais les poissons électriques sont parfaitement sensibles aux irritations galvaniques artificielles dans les blessures qu'on leur a faites. D'un autre coté« les anguilles de Surinam n'éprouvent pas de mouvements convulsifs, à ce qu'assure Humboldt, quand elles servent de conducteur à la décharge fournie par une de leurs congénères.
La commotion électrique devient sensible lorsque l'animal a volonté de la comnniniquer, soit qu'on se contente d'appliquer un seul doigt sur une seule des surfaces de l'organe, soit qu'on pose les deux mains cliacune sur une de ces surfaces, iMi haut et en bas. Dans les deux cas, peu importe que la ])ersonne qui touche k» |K>issou soit isolée ou non« La torpUle et l'anguille de Surinam se ressemblent à beaucoup d'égards et diffèrent l'une de l'autre à quelques éganls. Gay-Lussac <'t Humboldt ont donné de très beaux renseignements à ce sujet Quand une personne touche la torpille d'un seul doigt, la décharge a lieu, que cette personne soit 4in non isolée; mais, lorsqu'elle est isolée, il faut que le contact soit immédiat. On louche en vain la torpille avec un métal, tandis que l'anguiUe de Surinam donne ses commotions à travers une barre de fer longue de plusieurs pieds. Si l'on |)lace une torpille sur un disque métallique très mince, la main qui tient co disque n<^ ressent jamais de secousse, quoiqu'une seconde |)ersoune isolée irrite l'animal, et qiHÛque l(*s nK>uvementss|)asmodiques des nageoires pectorales auiK)ncent que les décharges sont très fortes. Quand, au contraire, ou tient d'une main une torpille étendue, comme précédemment, sur le disque métallique, et que, de l'autre maûi, on touche la face supérieure, une forte secousse se fait s(*ntir dans les deux bras. Ixi sensation (*st la même quand le poisson est placé entre deux disques de métal dont les bords ïw se touchent pas, et qu'on applique les deux mains à la fois sur ces duques. Mais l«irsque les bords des deux disques se toudient, Tébranlement n'a plus lieu, la chaîne c-st alors formée entre les deux surfaces de l'organe électrique par les disques métalli(|Uf*s, et la nouvelle chaîne qui résulte du contact des deux mains av(*c C4>ux-ci deiiH'ure sans effet (1).
'1 Antiairn de chimie ^ t. L\V, p. IT».
62 t»IIOI.ÊGOIlfcNBS.
J. Dary avait déjà objiervé quo les denx surfaces de la torpille île ne comportent pas de la même manière. Lînari et Matteucci ont fait aussi cette remarque. La direction des courants est constamment du côté dorsal an côté ventral. Tous les points de la suriace dorsale de Torgane sont, d'après Mattencci, positifs à Tégard de tous ceux de la surface ventrale. Les points de Torgauc sur le dos, placés sur les nerfe qui entrent, sont pontifs par rapport aux antres points de la même surface dorsale. Les points du côté ventral qui correspondent aux points pontife de la sor^ dorsale sont négatifs par rapport à d'autres points de la même sorfaoe ventnfc, ainsi qu'on peut s'en convaincre à l'aide du galvanomètre.
Faraday a reconnu, chez TangniUe de Surinam, que le courant va toajoors de h partie antérieure de l'animal à la partie postérieure ; la première était positive à Teitérieur, et la seconde négative. Le milieu de la longueur du poisson est négatif pv rapport k la partie antérieure, et positif eu égard à la postérieure. Les plus forces commotions avaient lieu quand on saisissait d'une main la partie antérieure, de l'antre la partie postérieure, et elles devenaient d'autant plus faibles cpie les dem mains se rapprochaient da\7uitage. En touchant l'animal aux points corrcspondaots du côté droit et du ç6té gauche, on n'éprouvait qu'une petite secousse» comme a l'on n'eût touché qu'avec une seule main. L'immersion des deux mains dans Tcau, à peu de distance du poisson, est suivie d'une- secousse plus forte que l'applicatioD d'une seule main an corps de cet animal. Quand l'anguille de Surinam veut tner de petits poissons par S4's secousses, elle recourbe son corps en arc autour d'eux.
f^ peau des poissons électriques ne joue pas de rôle essentiel dans la décharge. Matteucci a vu les organes de la torpille conserver encore leur faculté de donner des commotions après que l'animal avait été écorché ; les décharges continuaient même apri» qn'on avait enlevé des disques de l'organe.
C'est aux expériences de Matteucci que nous devons les premiers résultats satisfaisants sur le rôle que les nerfs jouent dans la décharge électrique (1). Après la section de tous les neris de l'organe, la torpille a perdu la faculté de fiiire des décharges; si alors on irrite mécaniquement l'extrémité ])ériphérique d'un de ces nerfs, on obtient encore quelques décharges. Parmi les différentes pièces du cerveau, la seule qui exerce de l'influence sur ces dernières est le dernier lobe, celui de la moelle allongée, d'où naissent les neris de l'organe : les déchai*ges ont lieu toutes les fois qu'on touche ce lobe. Matteucci a examiné les effets d'une pile galvanique sur les torpilles. Quand on fait communicpier le pôle positif avec le cerveau, et le pôle négatif avec l'organe électrique, de manière qu'un courant s'établisse du cerveau h l'organe, une décharge a constamment lieu; lorsqu'au contraire le pôle positif est rois en rapport avec l'organe, et le pôle négatif avec le cerveau, ou n'ol»er>'e pas de décharge (à moins que l'animal ne soit très irritable), et il ne fm manifeste que des convulsions musculaires ch<>z le poisson : dans ce cas, le pôle positif de la pile détermine un courant de l'organe vers le cer\'eau. Quand oo expérimente avec la pile sur un organe totalement détaché du corps, ainsi que ks nerfs, la direction du courant n'entraîne aucune différence, et la décharge a lieu dans tous les cas. Si Ton expose les neris isolés seuls d'une torpille aux deux pôks de la pile, il s'opère chaque fois une décharge; mais celle-ci ne s'effectue pas quand
(1) Loe, eit,, p. 467.
ORGANES ÉLECTRIQUES DE QURfA^UES POISSONS. f>3
ks pôles sont mis en rapport avec Torgane seulement, d'où i*on voit que les nerfs sont nécessaires à sa production. Au reste, un galiranomètre mis en connexion a\cc ks nerfs isolés de Torgane ne donne aucun indice de déviation , pendant la décharge d'une torpille.
Matteucci résume en ces termes les conséquences de toutes ses recherches sur les pliénomènes électriques de la torpille (1) : lorsqu'on réfléchit : 1*" qu'aucune tnce d'électricité ne se trouve libre dans l'organe, sans qu'il se décharge; 2^ qu'on peut détruire la peau, les muscles, l'arc cartilagineux qui entoure l'organe, et même une partie de la substance de ce dernier, sans que la décharge cesse ou se wmvre affaiblie; 3*" que les poissons narcotiques déterminent de fortes décharges électriques; k** que l'irritation du lobe électrique du cerveau (dernier lobe) donne de trè-s fortes décharges électriques, même quand l'animal semble mort depuis kttgten^Mi; S"" que l'action de ce lobe persiste après qu'on l'a séparé de tous les lobes supérieurs du cerveau et de la moelle épinière; 6<> que l'irritation de ces lobes supérieurs ou de la moelle épinière n'est pas suivie d'une décharge ; 7" que de iortes contractions musculaires s'observent dans les parties qui environnent l'orgue, sans que la décharge ait lieu; 8** que cette décharge se produit en irritant b troncs nerveux qui sont ramifiés dans l'organe, et quand ces troncs sont déjà .^iépuésdu cerveau; d^ que la blessure du lobe électrique, non seulement produit toujours la décharge, mais encore en renverse quelquefois la direction; iù^ enfin que le courant électrique agit sur les nerfs de l'organe pour (iroduire la décharge, et sui\ant des lois particulières, il est impossible de ne pas tirer de a's faits les rou<rkukioQs suivantes :
1' La décharge électrique de la torpille et la direction de cette décharge dépendent de la volonté de l'animal, qui, pour cette fonction, a son siège dans le dernier lobe de son cerveau.
2*" L'électricité est développée {lar l'organe électrique , sous l'influence de la volonté.
Z"* Toute action extérieure qui est portée sur le corps de la torpille vivante, et qui détermine la décharge, est transmise par les neris du point irrité au lobe électrique du cerveau.
k'' Toute irritation portée sur le quatrième lobe on sur ses nerfs ne produit d'autres phénomènes que la déclurgc électrique.
;V' Le courant électrique qui agit sur le lobe ou sur les nerfs électriques ne produit pas la décharge de l'organe,, et cette action du courant |)ersiste plas longtemps que celle des autres stimulants.
6*' Toutes les circonstances qui modifient la fonction de l'organe électrique agissent également sur la contraction musculaire.
l ne théorie satisfaisante des effets électriques des poissons électriques n'e.st point encore possible dans l'état actuel de la science, attendu que le rapport mystérieux entre les nerfs et l'électricité n'est pas plus connu dans d'autres points du <^rps qu'ici. On ne* peut donc hasarder que des conjectures : ou les organes éhn:- ; triques eux-mêmes sont la source de l'électricité, ou ils ne le sont pas, et ce rôle I appartient aux nerfs.
1) 7.^. nr., p. 179.
t)£l PII0liu;01lfeNE&
Dans le premier cas, il faut admettre que les organes éiectriqoies, qui no sauraient se charger sans Tinflueuce nerveuse, offrent aux ner£s, pendant que ceux-ri exercent une soudaine action non électrique sur la matière qui les constitue, le moyen de déve]opj)er un état électrique hétérogène, absolument comme, sousTinfluencc de la tie, de la lumière se dégage aussi de certains corps organiques
Dans le second cas, si des courants électriques dans les nerfs eux-mêmes sont les sources immédiates de Teffot observé, le rapport entre les organes et ces eouraoïs peut être de deux sortes :
1** Les organes électriques peuvent jouer le rôle d*un condensateur demi-conducteur, dans lequel Télectricité produit une décharge quand les courants des nerfs viennent à être subitement renforcés; ou les organes électriques peuvent rqirêsenter une pile secondaire, dans laquelle rélectridté n'est point engendrée, et qui, au contraire, se décharge par une impulsion émanant des nerfs. C'est là ropimon de MatteuccL On entend par pile secondaire, en physique, une pile composée df plaques métalliques homogènes alternant avec des disques humides, qai par ellemême est incapable de produire de Télectricité, mais qui , introduite comme élfm<mt dans une pile galvanique régulière, se charge, et conserve sa charge quand on la retire du circuit, de sorte qu'elle peut ensuite être déchargée.
"2^ Mais les organes électriques pourraient aussi , en supposant que des courants électriques circulassent dans les nerfs eux-mêmes, représenter un appareil qui devient électrique par induction, sans recevoir les courants des nerfs, de même qu'une spirale électrique complètement isolée engendre un courant électrique dans une autre spirale isolée qu'elle rcnfenno, sans que les deux spirales aient la moindre communication l'une avec l'autre. Si les nerfs étaient parcourus par des courants électriques, ces courants seraient, en tous cas, complètement isolés dans le tnbedes filets primitifs, car nulle i)art un nerf ne donne aucun indice de dérivation d'électricité. L'inflexion des filets neneux en filets récurrents à leurs extrémités périphériques, inflexion dont Prévost et Dumas avaient cherché à rendre l'existence probable dans les muscles, et qu'ont démontrée Yalentin, Emmert et Burdach, n'est )>as plus appropriée à une dérivation quelconque, dans la supposition où il existerait des courants électriques. J'ai vu de ces plexus et de ces anses dans les organes électriques de la torpille, en examinant de minces lamelles sur des poissons frais. Cette hypothèse obligerait d'admettre que le courant électrique dans les nerfs euxmêmes est fermé, mais que le courant développé par induction dans l'organe est susceptible de dérivation. Or tout cela n'est qu'hypothétique, et jusqu'à présent b présence de l'électricité dans les nerfs est loin d'être prouvée, ce qui ressortira des détails dans lesquels j'entrerai dans la suite.
On a besoin encore de rechercher pourquoi les poissons électriques ne souffrent pas de leur propre électricité, et quelles sont les conditions nécessaires pour cpH* celle-ci détermine des convulsions dans leur corps.
Phénomènes d^élcclricité cliex d'autres animaux.
Les phénomènes électriques des poissons électi'o-moteurs sont déterminés pf des appareils spéciaux. >Iais c'est une autre question que celle de savoir si de l'électricité se dévelopix» dans le rèp;ne animal, et chez l'hoinine. |)ar le fait même dfs actions organupies ordinaires.
PlIÊNOMtNKS l/feLECrRICfTf: <!HF.Z I)' AUTRES AMMACX. «5
K ropoqiic du printemp», avant do s'arrouplpr, loft grenouilles sont extrî^mement sensibles au flukie galvanique: non Honlemeut le eouranl galvanique d*nne simple |iairc de filaques, mis en circuit avec te nerfi ou avec le nerf et un muscle, produit d(*sconvitl8ions dans une cuisse de grenouille, mais encore uhe seule plaque mélallic|ue lioiungcuc suffit |)our donner lieu au phénomène lorwpi'elle vient à être mise eu rapport avec une cuisse écorchée de grenouille dont les nerf» font saillie hors du moignon, et qui repose sur une plaque de verre isolée. Si Ton prend d'une mahi une plaque de zinc, (;t qu'on touche le nerf , avec cette plaque, pendant qu'im doigt de l'autro main pose sur la cuisse, on voit survenir atissitùt une forte cimvukiion. Si Ton piace le nerf crural sur une plaque de zinc, et qu'on unisse ce nerf et leà muscles de la cuisse par un lambeau de grenouille, des convulsions ont lieu aussi sur-le-champ. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est le phénomène gah'ankpie qu'on produit dans une cuisse de grenouflle sans concours d'un métal ({uelcouque ou d'aucun corps étranger. Ce phénomène a été déc4)uvert par Galvani, et constaté par des expériences de Humbokit et autres. Pour y donner lieu, on coupe une grenouille en deur, au-dessus des Iomb(*s, on prend l'arrière-train, on en sépare aussi la cuisse, à l'exception des nerfs, et l'on replie les muscles de la jambe \ersles nerfs cruraux. Au moment du contact, si l'animal est très irritable, on observe une coutraciiion. J'ai produit le même effet sur une simple jambe à laquelle pendait le tronc du nerf crural, en rapprochant celui-ci de la jambe, au moyen d'une petite baguette isolante, et touchant avec lui l'épiderme humide. Des convulsions avaient lieu aussi quand j'éloignais de la jambe le nerf (|ui avait été mis en contact. Une autre ex|)érience plus compliquée, qui a été faite par Aldini , par Humbokit et par moi, consiste à fenner le circuit entre le nerf de la cuisse jx*éparée de grenouille et la jambe par une grenouille vivante ou morte, ou par un morceau de chair musculaire.
Galvani, Aldini, Humbokit, et, dans ces derniers temps, Matteucci, ont profité de ces phénomènes pour fonder l'hypothèse que l'électricité (lévelop|)ée en pareil ras appartient & l'acte >ital lui-même, tandis que Yolta a établi que le nerf et les muHck*8 doivent être c^Hisklérés tout simplement c^imine des éléments physkfues d'un circuit , qui devient actif, non pas par leur» propriétés vitak*s, mais par leur état mati'^riel analogue à celui d(> métaux hétérog('n(*s. Dans ce système, il n'y a de |>lN*noDi«>ne vital que la convulsion, qui sert en même temps d'électnmiètre poin* V jeu des forc4*s physkpies, lequel jeu doit aussi se maniiestei' dans un circuit formé d*nn muscle mort et d'un nerf mort, mais alors n'est plus indiqiu^ iiar des convulsions, k? plus sensible de tous les électromètres. Quoiqu'on ne puisse pas dire que la théorie de Volta soit parfaitement démontrée, cei)endant le système opposé n'a pas pu non plus être prouvé jusqu'ici. Nobili et l^latteucci ont fait voir que, dan» k*s expériences en question, le n<Tf se comporte comme élément positif, et le muscle comme élément négatif, ou que le courant de l'électricité déveloï)pée marche du nrrf vers le muscle, et Matteucci a le mérite d'avoir |>oussé les expériences à ce sujcït jusqu'à un haut degré de précisk)n ; mais la preuve qu'il donne, celle qu'un circuit composé d'eau salée avec un musck* et un nerf unis organiquement ensembk*, dans k^quel entre le galvanomètre, agit sur cet instrument, [)eut tout aussi hk-n être alléguée en' faveur de l'opinion de Volta. Le fil métallique du galvanon iM Teau .sakV ne sont même ])as déjh des éléments électriqiii's indifférents, eti
66 rROLÊOOMfeNES.
bien mènie on pourrait les mettre de côté dans le circuit dont il 9*igit, tout indice d'électricité pourrait toujours être regardé comme une confinnalkm du système de Volta. Il serait nécessaire aussi de faire une contre-épnouve arec une cuisse de grenouille tout à fait morte, non irritable, et de Feau salée. Ed. Weber a observé que le contact d*un corps animal Tirant ou mort avec enivre et cuivre, excite déjà de Télectricité dans un circuit; c'est pourquoi l'expérience par laqudle Donné a prétendu démontrer un courant électrique, an moyen du galvanomètre, daas le cas d'union établie entre des surfaces sécrétoires différentes, ne prouve réellement lieB, et il est clair que toutes celles qu'on tentera à l'aide de cet instrument mis en ci^ cuit avec des matières animales hétérogènes, n'auront aucune force probante.
liGs efforts des physiciens durent donc tendre à chercher directement des courants électriques dans les nerfs ou dans les muscles eux-mêmes, sans s'occuper de leur action dans un circuit gidvanique. On peut arriver au but de plusieurs manières:
l*" En essayant les nerfs, ou les muscles, pendant leur action, avec le galvanomètre. Jamais aucune réaction n'a été obtenue ainsi, ni par moi, ni par d'autres(l). A la vérité, on peut objecter que le fdet primitif est enveloppé d'une couche graisseuse isolante dans l'intérieur de son tube nerveux; que par conséquent il ne conduit ses courants que dans le sens de sa longueur, et qu'en outre l'action des nerfs sur le galvanomètre est détruite par la présence de courants centrifuges et de courants centripètes dans les différents filets adossés d'un seid et môme neril
2" En essayant les nerfs et les muscles eu égard à leur faculté d'attirer d'autres r^iurants électriques isolés, ou de provoquer par induction des courants dans d'autres conducteurs isolés. Ici se rangent des expiTiences d'Ed. IVeber, dont les détails n'ont pas encore été publiés. Ed. Weber a observé une action sur le magnétih mèlre quand les muscles d'un homme se contractaient au voisinage d'une barre de îer. Cependant il est incertain de savoir si ce pliénoiiiène ne doit |)as être attribué à quelque autre cause ])erturbatricc de l'état magnétique. Provosta vu qu'une aiguille de fer doux, piquée en long dans un muscle, devenait magnétique pendant la amtractiim de ce muscle, et attirait la limaille de fer au moment de la contraction. Cependant Pellier (2) , Valentiu (3) et autres ont échoué en répétant l'expérience.
J'ai essayé l'action des courants électriques sup|N)sés des nerfs sur des spirales isolées, que tantôt je faisais marcher en pas de vis autour des nerfs ou des muscles, et que tantôt je disposais comme les tours du galvanomètre autour de la longueur d'une cuisse de grenouille préparéi*. Jamais je n'ai obtenu aucun résultat On devrait s'attendre à ce que des courants intenses partant de la moelle épinière, dansie tétanos d'une grenouille, agiraient sur une aiguille aimantée suspendue au-dessus soit de la moelle épinière, soit des nerfs ou des muscles de la cuisse ; il n'en a cependant rien été. A la vérité, on aurait également à objecter ici que l'effet doit manquer toutes les fois que des courants en sens opposé marclient à côté les uns des autres dans un nerf.
(i) V. Pkrson, Sur l* hypothèse des courants électriques dans les nerfs : clans Journal de Plif* fhlogie, \, X. 1838; Bischoff, dans Mueller*s Archh\ 18^1, p. 20. (2) Ann. des éc, tiVtt, t. IX, p. 89, 13S8. rs) liepertorium^ t III, p. M.
PHÉNOMÈNES D'ÊLErTRrCÎTfe CftEZ D*AUTRES \NIMAIIK. fe?
Il ost intéressant de comparer la comiiictibiljté des nerfs ponr Fêler tricité avec relie (Panln^s cor|>s. Suivant Weber» les diverses parlîcs du corps humain ne conduisent pas mieux (fu*on ne doit s'y attendre de la part d'un corps pénétré de sang et de liquides salés chauds, c'est-à-dire dix à vingt fois mieux que l'eau distillée à la iBéme température, ce qui s'accorde avec la conductibilité de l'eau salée châdde, Je croîs pouvoir conclure de diiïércntes expériences que les nerfs ne sont pas raeil'leurs conducteurs pour les courants électriques, que ne le sont d'autres parties animales humides. Dans les expériences de Bischoiï (1), ils se montrèrent assex mauvais conducteurs. Tandis que k>s aig^iîlles en platine unies avec les fils du galvanomètre étaient plongées dans le nerf sciatiqne d'une grenouille, à quatre ligne!^ de distance l'une de l'autre, les électrodes d'une paire de plaques de vingt pouces carrés furent mis en rapport avec le môme nerf, de telle sorte* (pie la portion dé nerf qui senait à fermer le circuit contint aussi les lils du galvanomètre; les con* vulsions provoquées par le courant galvanique n'eurent aucun ciï(*t sur c(* demic^r instrument La conductibilité du nerf détaché du corps se comporta de la même manière.
Maintenant, que de l'électricité agisse ou non dans les nerfs, les diverses opéra-^ tions chimiques qui s'accomplissent dans le corps animal ne peuvent manquer de donner lieu à une production d'électricité, et l'état qui résidte de là doit s'annoncer en général k la surface du corps. Ici se rangent c|uel([ues observatioas faites autrefois par P&iï et .Vhrens (3), avec un électromètre à f(*uilles d'or. 1^ personne sur laquelle on opérait se trouvait sur un isoloir; le collecteur du condensateur vissé sur rélectrfMuètre fut touché par cette personne, et sa plaque sup('Ti<*ure mise en riimmunication avec le soL Voici qnels furent les résultats :
1« D'onlinaire, l'électricité propre à l'homme en santé est positive.
2? Elle dépasse rarement en intcMisité celle que produit av<*c le zinc du cimre qui C4)mmunique avec le réservoir commun.
V Ia^ hommes irritables, d'un tempérament sanguin, ont plus d'électricité libre (|ue les suj(*ts lourds et d'un tem])érament phlegmalique.
h** ]jà somme de l'électricité est plus grande le soir qu'aux autres moments de la journée.
5" I^cs boissons spiritueuscs augment(*nt la (juantité de l'électricité.
6" Les femmes ont plus souvent que les hommes une électricité négative, sanscepeodant qu'il y ait de r^le précise à cet éganl. Oardini a tro'ivé de l'électricité iiéfl^tivc au temps des rî'gles, c^mme pendant la grossesse.
T* En hiver, les corps très refroidis ne montrent d'abord aucuue électricité ; mais celle-ci apparaît peu à peu, à mesure que les corps s'échauffent.
8" ÏJb corps tout nu et chacune de ses parties donnent lieu au même pliéucmH'ne.
9*" L'électricité semMc se réduire à zéro , pendant la durée des maladies rimmatismales, et reparaître lorsque la maladie diminue.
Quant à l'électricité qui se produit pendant la végétation des plantes, on peut eousulter à œt égard les travaux de Pouiilet (3).
(1) Mikllzr'» Archiit, ISAI, p. 20.
(2) Mrckel's Archiva L III, p. lai.
(.1; Ammale» ie chimie et de phyMique» I. XXXV, p. A20.
6b PROLÉi;oMkM':s.
PRODUCTION DE ÇH\LËUR.
Animaux i sang cliaud.
La clialeor de rboiuiiie , dans les parties iiiterues acceseïibles à iios inatrumeiits, comme la bouche, le rectum, etc., est de SG,»!)*" à 37** C. (29,20*" à 29,60*' R., 97,7*» âi 98,6** F.); ceUe du sang est de 30,50*» à 31*> R. (3i*> d*aprH Magendie, 54^1 suivant Thomson), dans les maladies de 32**f à 33*" f. Dans la cyanose, avcr trouhle de la formation du sang artériel dans les poumons, par suite d'un Tîce é conformation du ccnir, la température est souvent plus basse de quelque^ degrés, par exemple de 21° IL à la main. Dans le choléra asiatique, elle tombe à 2i*, H même à 20** R., dans la bouche (1). Suivant Autenrieth , la chaleur de rbonuK bien portant est moindre d'un degré et demi F. pendant le sommeil que durant h journée. On prétend qu'elle est un peu plus forte le soir que le matin (2).
Tiedemann et Rudolphi ont réuni avec le plus grand soin les observations faim sur la température des animaux. Je renvoie à leur travail, me contentant de dire iri que la température des mammifères varie, dans les divers genres, de M à 41* C, et ceUe des oiseaux de 38'' à UU'' (l Les petits passereaux sont ceux des animaisi h sang chaud qui semblent avoir la ])lus grande chaleur; elle est, chez eux, de 44*» C
lies animaux à sang chaud n'ont pas la faculté de produire de la chaleur dans toutes les conditions. W. Edwards a trouvé que cette iacnlté était moins prononcée chez les sujets avancés en âge. L'embryon des mammifères n'a que k température de la mère , et il la perd quand on la sépare de celle-ci, d'après les ezpérîencn d'Autenrfeth et de Schûtz (3). La même rapidité de refroidissement se remarque même, suivant Edwards, chez les nouveaux-nés de la plupart des carnassiers et des rongeurs, dés qu'on les éloigne de la mère, la température étant de 10 à 12** C* tandis que ceux qui se trouvent auprès de leur mère ne sont moins cliands qn'HIe
(1) Voy, xur les cliangcments de la chaleur du corp» dans diverses maladies ; GAVâsasT, dav V Expérience f 1839, il juiilt*t, Gierse, Quœnam sil ratio calons organici partium infawmch tiouc laboranlium , Huile, 18â2; Bouillald, dans VP^xpèricncc, n. 187.
(2) Cbossal (/{«r//. cxp, sur Vinanition, Paris, 4843) a reconnu qne, contr^redmÉt i ro|MnioM générale , la température des animaai ù sang chaud est sujette à une rariatloii régnlièrr, qu'il oomnie oseiUaiion diurne, CeUe oscillation consiste dans nn moufenient pérkNtt^ae et quotidien de la chaleur, au moyen duquel elle s'abaisse |)endanl la nuit et se relève emslla pendant le jour, ce qui explique pourquoi , durant le sommeil, nous avons besoin d^envdoppo plus chaudes que celles qui nous sufGsent dans Tétat de veille. Chossat Ta trouvée Indépendaiile de lu température extérieure et de Tair ambiant : il en estime la valeur moyenne à 0,74. Un fril digne de remarque, c'est qu'elle coïncide avec nne variation des mouvements respiratoirH , q|ii se ralentissent en mtHme temps que la chaleur s'abaisse , et réciproquement, ce qai a^tœwii avec ce qu'on sait, d'apK'S Prout , sur les variations diurnes de l'acide carbosique espiré. IVsa autre cô(é« Eydoux et Souleyet {Comptes rendus y 1838, u 15) ont conclu de leurs obacn* lions, dans un Voyage autour du monde, que la température de l'homme hausse et baîsae avec celle de l'air, et qu'une diflérciice de &0 degrés dans l'almosphèrc suffit pour en produire nie d*ini degré chei l'homme. La température baisse lentement quand on passe d'un pays cbsod dcns un pays froid, et monte très vite quand on passe d'une conirée froide dans un pays chaud. (^\ote du trad,)
(3) Expérimenta circa calorem firtus et sanguinem, Tubingue , 1 799.
ANJMAUX A SANG CHAUD. 59
e d*uii à deux degrés. Oh peut en dire autant des oiseaux : de jeunes moineaux, ?s de huit jours, avaient, dans le nid, une chaleur de 35 à 36"" C. , qui, hors du i, tomba, dans Tespace d*une heure, à 19°, la teni|)érature extérieure étant de ", et d'autres expériences firent voir que la nudité n*était point la cause de ce énoraène. Il résulte des travaux d*£dwards que plusieurs mammifères viennent monde beaucoup moins développés que d'autres : tels sont les chiens, les chats, ( lapins; cenx-Ëi Ont bien moins de chaleur intérieure que beaucoup d'autres imaux de leur classe, qui ne naissent point aveugles. Au bout de quinze jours, itc diflerence s'eflace, et les premiers atteignent le terme où les autres étaient fk au moment même de leur naissance (1). On sait que l'homme lui-même, au >ment de sa naissance, n'a pas moins besoin que les carnassiers et les roi^eurs la chaleur extérieure, pour conserver la la température qui lui est propre. Les rherches statistiques de iMiine Edwards (2) ont fait voir, en outre, que le défaut chaleur, à un degré qui n'a point encore été apprécié jnsqu'ici, est une cause de irtalité chez les nouveaux-nés, dans l'espèce humaine.
( Jiez les adultes des animaux à sang chaud, la production de la chaleur parait lépendante, jusqu'à un certain point, de la température extérieure ; indépendance i ponrtant varie suivant la situation géographique des lieux que Fanimal hae. comme aussi d'apK*s les conditions intérieures de vitalité de ce dernier, et dont limites occasionnent les émigrations d^ beaucoup d'animaux, à proportion des iugements de température amenés par les saisons. Toutefois les (Âservations de rry nous ont appris que les animaux des régions polaires, par exemfde les mamfères, supportent uu froid capable de congeler le mercure ( — Uii'' C), et peuni même vivre jusqu'à /i6** au-dessous de zéro (3). j
Certains mammifères, au contraire, les hibernants, la marmotte, le MVf le mus- -din, le hamster, le hérisson, la chauve-souris, le blaireau, l'ours (ces deux der- TS imparfaitement), n'acquièrent leur chaleur propre (|u'à un degré modéré de npératore extérieure, et en perdent une partie quand le froid règne au dehors, sorte qu'ils tombent alors dans un état d'asphyxie et de mort apparente, et que isîeurs même gèlent quand le thennomètre descend à lOou 12**C. au-dessous de o. En général, la température de ces animaux ne diffère pas , tant qu'ils sont illés, de celle des autres mammifères; cependant Berthold a remarqué que le tnardin n'avait alors que 23** } R. Pallas, Spallanzani, Mangili, Prunelle , Saissy, nmak et Berthold se sont occupés de ce phénomène, auquel on donne le nom ivemation. La plupart du temps, les hibernants ne tombent pas dans cet état t que la température extérieure ne descend pas au-dessous de 8 à 9*" R. , et le scardin conserve même toute sa vivacité jusqu'à 5*" R. an-dessus de zéro, ainsi 5 Saissy l'affirme, contrairement aux assertions de Spallanzani (Jx), Saissy réfute si l'opinion de Mangili, que le sommeil d'hiver est indépendant de la tempérae, et que, pour cette raison, il ne survient phis tard ni ne cesse phis tôt quand itomne est tardive ou le printemps précoce. Pallas a endormi des marmottes, ssy des hérissons et des loirs , en les mettant dans une glacière pendant l'été.
i) LncALLOU.~MifiC&iL*8 Areki»^ L III, p. Â5â*
2) AntuUes d^kjfsiène publique, Paris, 1829, t. II , p. 291.
3) Vojf, TiEDEMAFi!! , Pkjfêwlogie^ 1. 1 , p. &9d et suiv.
^) Mémoires de VAcad. de Turin, 1810-1812. - NecKBL'ft Archiv , t. 111 , p. 188.
70 PROLÉGOMbiNES.
D*uu autre côté, ces animaux s'éTeillent au plus fort inéuie de limer, lorsciu un ks çxpose à une température de 9 à 10^ au-dessus de zéro. Les observations de Czermak sur le loir et celles de Berthold sur le muscardin , prouvent cependant que le sommeil d'Iiiver est indépendant jusqu'à un certain point de la température extérieure (1). Les muscardins s'endorment , quils jouissent de leur liberté ou qu'on les tienne dans une chambre chaude : ceux que possédait Berthold s'endorroaieDt même à une température de 8 à l/i° R.., cependant le sommeil est plu$ profond et plus prolongé quand la température est basse. Les loirs commencent à dormira + 1 2" R. , et s'éveillent au printemps à + 9^ Quelques uns, qui étaient restés en léthargie pendant plusieurs heures à + Vi"" R. , ne tombèrent point dans le sommeil d'hi\er lorscjuc , durant l'été, on les soumit à un froid c^ui dépassait 20^ Il au-dessous de zéro. La cause de ce sommeil semble donc étie un défaut général d'énergie vitale, qui est en rapport avec le changement de saison, et le pliénomène se rattache à celui d(* la mue, de la chute des poils, à c^lui des migrations, et aui changements péri()di([ues d'un grand nombre de végétaux.
]a>s observations de Berthold ont montré que, quand la tcm|)érature extérieure croit, la chaleur u^augmente |)as aussi vite dans l'animal que dans l'atmasphèrc ambiante. Les animaux sont en état de maintenir leur tem])érature à quelques degrés au-dessus de zéro, lorsque celle du dehors est tombée; au-dessous de ce ppiiiL Quand on diminue peu à peu la température du milieu ambiant, leur dialeur propre ne diminue non plus que peu k peu.
La respiration continue bien chez les animaux hivernants, mais lente et presque insensible, de sorte que la marmotte respire sept à huit fois par minute» le liérisson quatre ou cinq fois, le loir neuf oii dix fois. Cependant eUe s'arrête tout à fait quand raaigotu*dissement est aussi profond que (Hissible, et, d*aprés les obscnations de Spallanzani, on jieut alors plonger les animaux dans un gaz inrcsj)irabk\ sans qu'ils en souiîreut. Avant que cet état ait lieu, ils consomment roxygt'ui; de ratnio^)hère, comme Ta constaté Saissy ; la consommation diminue à mesure que leur chaleur baiss(\ mais elle | ersiste, ainsi que l'exhalation d'acide carboui^iue, jus(|u'à ce qu'il ne reste plus un seul atome d'oxygène dans l'air atmospliérique, tandis que kw animaux qui n'hivernent ])as, les lapins, les rats, les moineaux, meurent après avoir consommé peu d'oxygène, lors(|u'on les tient sous une ckichc. Suivant Prunelk;, le sang artériel des cjiauves-souris est moins vermeil pendant l'engourdissement. Quant <i ce qui conc^TUC la circulation chez les animaux engourdis, Saissy a trouvé que le sang se meut avec une lenteur extrême au début et vers la iin de l'engourdissement, et que, quand celui-ci est complet, les vaisseaux ca^laires des |)ai1ies extérieures sont presque vides, les gros vaisseaux k |)eine distendus à moitié : les princi|)aux troncs de la poitrine et du ventre sont les ise\ù& où Ton aperçoive encore un mouvement ondulatoin; du sang. I^e nombre des battements du cœur est d'environ 200 |)ar minute chez les chauves-souns : durant k sommeil d'hiver, il n'est plus que de 50 ci 55 selon Pninelle. La sensibilité et l'aptitude des muscles «i se contracter par le fait d'excitations mécaniques ou galvaniques, diminuent dans le sommeil d'hiver ; cependant, lors<iu'il est parvenu au |)lus haut degré, on ne voit plus aucime trace de réaction à la suhe des stimulauts
(i) Voy, MuKbbU>.iircA., 4935, p. 160 ; 1837, p. 63.
ANIMAUX A SAMG FROID. 71
qui (l*ordiiiaire provoquent des seùsations, insensibilité que Saissy n a leuiarquc^e parfois que chez les hérissons et les marmottes. Les fonctions nutritives j)ersistent, mais alTaiblies, pendant Fengourdissement ; les animaux hivernants consomment une partie de la graisse qui s^était amassée chez eux en autonme. I..es excrétioBs ne cessent pas non plus entièremcnL Prunelle a constaté, dans les cliauvesrsouris, une perte en poids de ^, depuis le 19 février jusqu'au 12 mars (1).
Lorscpie la température extérieure dépasse celle qui est propre à un mammifère, la chaleur de celui-ci monte bien de quelques degrés, nuis son accroissement ue suit pas uniformément celui de la chaleur du dehors. Duntze (2), Fordyce, Banks, Blagden (3), Uehrocbc et Berger ont fait des expériences à ce sujet Blagdeu et autres supportèrent pendant plusieurs minutes un air sec dont la température était de + 79 degrés Réaumur. Dc^laroctie et Berger n'ont observé qilun accroissement de quelques degrés chez des lapins soumis à une température de 50 à 90 degrés centigrades. Les oiseaux non |4us ne se mirent |>as en équilibre avec une températuix* extéhciire élevée ; ils ne .devinrent plus diauds que de 6 à 7 degrés (/»). La cause en est que Févaporation donne lieu à du froid. D*un autre côté, Uekunoche a observé que, dans un air chaud, chargé de vapeurs aqueuses, et où U ne pouvait .se faire aucune évaporation, les animaux s'échauffaient de 2 à 3, même de 3 à & d&- ^rés Réaumur en plus que le milieu ambiant. Ici il faut avoir égard en même iviups à ce que l'air humide est meilleur conducteur de la chaleur. D'ailleurs, on ne doit pas oublier que l'accroissement de l'évaporation sous l'influence de la chaleur sèche ne reconnaît pas seulement des causes physiques, et qu'ici la chakar donne de l'activité à une fonction organique. Il est de fait que très fréquemment des causes internes s'opposent à cette évaporation malgré l'élévation de la cJialeur intérieure, et si, dans certaines fièvres, la peau parait chaude à un dagré insup^ |)ortable, c'est qu'elle est sèche et que la transpiration ne peut avoir lieu.
Animaux à sang froid.
On a souvent prétendu, mais à tort, que les animaux à sang froid sont privés de rhalenr propre. Quant à ce qui C4)nceme d'abord les amphibies, les recherches de
(1) D'après Prunelle et Tiedemaun ( Mbgkbl's Archiv^ t. I , p. 481), il se développpe au ooo , el dans le isédiastin antérieur, dès avant le sommeil d*hiver, une masse d'apparence glandulease, mais sans doute purement graisseuse « qui, suivant la remarque de Jacobson (iHd^^ t. III, p- 451 ), a été, à tort, comparée au thymus. Otto ( Nov. aeU nat eur,, t. XIIl, p* 1} a iroQvé que , cbri les animaux hifemants, an f aisseau comparable à la carotide interne traverw rétrier du tympan : c'est ce qui a lieu dans les genres Vetptrtilio , Erinaceuê , Sortx , Taipn , H$fmdaMÂ^ Georkjfcku» (Ltmnui)^ Myoxust Mus, Cricttuê^ Dipm»^ Mtrionc*^ Àrtiamffê^ Sciurms^ qui, d*après Otto, s'engourdissent tous plus ou moins complétemenL Hyrtl (Muiilia's Arekio , 4836) a remarqué aussi cette particularité dans les cochons d'Inde, tandis qu'elle n'existe pas chei te Myoxu» glis ; une artère analogue , mdls très petite , se rencontre également qnelqaefob ehei l*boinme. Otto nie positivement que les vataseaiix cérébraux soient petits, comme l'a préleada IfangUi ; il n'a pas non plus remarqué la grosseur des nerft des parties eitérienres, dont parle Saissy. — Les principaux écrits sur le sommeil hivernal sont : Saimt, Heckercheê expérimentale» »ur la physique des animaux hivernants^ Paris 1808 ; — Saimsy, dans les MémmreM Jk Turin , 1810-1811 ; — PaciiiLLB, dans les AnnaUs du àÊuséum , U XVIII.
(3) Expirimemta catortm amiwudem wpeciantia. Leyde, 175A*
(3) Pkiios. Tranâ.^ 1775, vol. 65.
k) Jourtud i€ pk§m^Mêt L UXi.
T2 PRULÉGOMkKËS.
J. Davy, i;zennak, \\ilfor(l et liedcmann ont' nioDtré que la teuipéraUine de ces ajiiDiaux baisse jusqu'à certain degré a\ec celle du dehors, mais que cependant die dépasse presque toujours celle<i d'un ou de plusieurs degrés, et qu'elle mcmti: également avec elle, quoiqu'elle ne devienne jamais plus forte que jusqu'à ua certain point, et qu'elle ne l'atteigne même {)a6 lorsque la chaleur exténeure est très grande. Czennak a fait de nombreuses reclierdies sur la tem|i6rature des amphibies (1). Celles de Berthold (2), qui semblent avoir été faites avec un 9oin tout particulier, établissent que la diiïérence de temi)ératurc entre ces aoûnaui et le milieu ambiant est très peu de ciiose. Il dépend uniqucmcmt de la volonté de l'observateur de trouver, chez un animal à sang froid, une température très supérieure, ou fort inférieure, ou presque égale, à celle du milieu ambiant ; car ces animaux, lorsqu'ils étaient soumis avant l'expérience à une température difléreutc de celle qu'on leur fait subir alors, ont besoin souvent d'un laps de temps asseï long pour se mettre en équilibre avec cette dernière. Berthold a reconnu que, chez les amphibies nus, la température est généralement plus basse que c^Uc de l'air extérieur, à cause de l'évaporatioo, et la même chose arrive après la morL Iz température des grenouilles est à peu près la même que celle de l'eau, quand ou les observe tous deux séparément ; si le liquide offre peu de surface à l'évaporatioii, la température surpasse môme un peu celle de l'animal ; mais si la grenouille se trouve dans l'eau, il y a égalité entre les deux températures. Les grenouilles accouplées ont une ^température de | à 1° R. supérieure à celle du liquide. Les aiuphibies secs ont | à 1° R. de chaleur de plus que l'air ambiant et l'eau placée à côté d'eux, quand la température extérieure est ou moyenne ou élevée.
La tenq)érature des poissons dépasse de ^ à 1 j° celle de l'eau envinninante , comme l'apprennent les exi)ériences de Martine , J. Hunter, Broussonet, J. Davy et Despretz. Broussonet a trouvé que la température était d'| à f*' plus élevée que celle de l'eau chez les iwlits poisscms, de -J" chez l'anguille, d'un degré chez la carpe. Despretz a >u, l'eau marquant 10,83'* C, que la température était de il, 69* chez deux carpesf, de ll,;")^" chez deux tanches. Becquerel et Breschet n'ont n*uiarqué, chez les carpes, ({u'un demi-degré de différence à l'avantage de l'animaL Berthold n'a pas observé la moindre diiïérence chez les poissons. J. Davy a trouvé que la température d'un scpiale était de 25** C, celle de la mer étant de 28,75*. Ses expériences sur la haule température des thons présentent un grand dc^ d'intérêt (3). Suivant lui, le Thynnus pelainys a une température de 99" F., h mer étant à 80, 5^ Les pêcheurs assurent que le thon ordinaire possède aussi ime température élevée. Cette particularité se rattacherait-(*l]e aux réseaux admirables découverts par Eschricht et par moi , à la veine porte et aux artères mésentériqnes des thons ? c'est ce que décideront des observations ultérieures sur ces animaux et sur d'autres êtres de la même classe qui , d'après nos observations , possèdent aussi des réseaux admirables, comme le Squalus comubicvs et le Sqvaius vutpes (k). 1^8 grands réseaux admirables de la vessie natatoire de l'anguille ne sont pas pins chauds que d'autres parties du corps.
(1) Baumgaritnbr et ëttikciialden, Zciischrift fuer Phyalk und Maihnni^tik , t. III, p. 385.
(2) IVeue Versuche uebcr die Temperaîur der kalthluetigen TAir^f. Gœl lingue, 1855» (3; L'hutitut, 108.
{h) Abh. der Acad. der VVibsciibdijfleii zu Berlin , vou Jabr, 1836, und Nachlrag.
CAIS^ DE LK PROOUCTION DE CHÀLEUH. 73
Les aiuinaux à sang froid sont en partie sujets an somraeil d*biver. Franklin |>arle de phinears poissons qui , étendus sur la glace , s^ei^ourdissent presque instantaoéïKBt , inais reviennent à la vie au bout de quelques heures ou de quelques jours. Cependant, on a plus d'une fois observé que les poissons se maintiennent maats dams la glace , et que Feau ne gèle point autour d*eux. Quant aux ampliibies, 000 seulement ils éprouvent le simimeil d*biver, avant IHnvasion duquel ils se radient dans des trous, mais encore ils s'engourdissent pendant Tété dans les djants chauds. Durant la saison sèche, ils se couchent et tombent dans un état aoalogue au sonmieil d'hiver, d'où ils sortent à l'apparition de la saison {^uvieuse. Hmnboldt a fait des remarques fort intéressantes à ce sujet On ne connaît qu'un seul exemple de ce genre parnû les animaux à sang chaud : c'est celui du tatirec, m hérisson de Madagascar.
Nous manquons encore d'observations complètes sur la température des animaux sans vertHïres (1). Cependant celles qui existent font voir que leur température, qmîqne variable, comme chez les autres animaux à sang froid , en raison de celle du milieu ambiant, peut' pourunt , chez les insectes, être d'un degré plus élevée 00 plus basse : c'est ce qui résulte des expériences de Martine , Hausmann, Rengger ft J. Davy. D'un autre côté, on a déjà observé une température assez (XMisidéraWc dans les ruches et dans les fourmilières (2).
Le sommeil d'hiver se rencontre aussi chez les animaux sans vertèbi*es : du imins a-t-on certitude à cet égard en ce qui concerne les insectes et les mollusqiies (iesfiimats tempérés et chauds (3).
Causes de la production de chaleur.
Ce qui intéresse d'abord ici , c'est la diflërence de température dans les diverses parties du coq» (k). Kile diminue vers les parties extérieures. Ainsû, par exemple, en l'homme, l'aisselle marquait 98° F., l'aine 95,5'', la cuisse 94% la jambe 91-93**, la plante du pied 96% Becquerel et Breachet (5) se sont servis, pour leurs r^cberches, du multiplicateur thermo-électrique. On plonge, dans la partie qu'on teut examiner, une aiguille composée de deux aiguilles hétérogènes soudées eiiaeoiMeà l'une de leurs extrémités, tandis que l'autre est mise en communication arec les fils d'nn multij^cateur thermo-électrique. On introduit une de ces aiguilles dans la partie, de manière que le point d'umon des deux aiguilles corresponde au milieo de la partie, après quoi on unit les deux extrémités libres avec les fils du mnltiplîcateiir. Les auteurs ont trouvé , entre la température des muscles {U centimètres de profondeur) et celle du tissu cellulaire superficiel (un centimètre de
(4) Cons. les obsenration!! faites par Dulrochet , avec Tappareil thermo-électrique, sur un |raod nombre d'anioiaui à sang froid, Tfcrtébrés et invertébrés {Ann, des se, na(., iSÀO, L XIII, p. 5), et celles de Valentin et Will sur dix-sept espèces d*animaui invertébrés ( Reperiorium , L IV, p. 359).
(3) V. RonoLPHi, Physiologie t p. 179 ; TiEViaiNus, Biologie y t. V, p. 20; Tikdsiianii, Phy^ sivlogie, t. I, p. 510.
(3) Voyez , entre autres, les obsenratioiisde Gaspard sur le sommeil d^hiver des limaçons, dans k journal de Magendie.
{h] J. DâVY, Phit. Trans.y 1814.
^5} Ann. des se, nat., 1835, mai , OelobTe.
lU PROLÊGOMiilMËS.
profoudeur ), uiie difféi'eace de 2 degrés à 1,25*" C. eu faveur des mutick», ce qui ue peut êlre altribué qu'à la perU' de chaleur ^ la surface du coqis. La température des muscles de Thomme est de ^6J1° Ç. Chez le chien , la teiupérature de la poitriue, du bas-ventre et du cerceau était égale à ceUe des muscles.
Les expérleuces de J. Davy sur la diiîérence de température des deux stop ont Un iutérét extraordinaire (1). KUes ont été au nombre de onze, âdtes sur des moutons et dos bonjfs. Si lou eu tire la moyenne, on voit que le.sai^ artérid est d'environ 1 à 1 ^'^ F* plus chaud que le veineux. Mayer {2) a même trouvé que le sang de la veine jugulaire était de 1 à 2 degrés moins chaud que celui de Tartère carotide ; mais il n'a jamais pu , coimne Davy, apercevoir de diSéreuce dans la température du saqgdes deux moitiés du cœur. Becquerel et Brescbet att examiné , depuis , ce ()oint : ils se sont senis du multiplicateur thermo-électrique, et ils ont trouvé que la difTéreuce moyenne entre le sang de Taorte et celui de la veine cave descendante était de IfOl"" cent., entre celui de Tartère crurale et celui de la veiuc crurale de 0,90", chez le chien. La différence de température du liquide dans l'oreillette gauche et l'oreillette droite d'un dindon était de 0,90" en faveur de la première. La température des systèmes artériel et veineux va en diminuant depuis le cœur jusqu'aux extrémités (3). Ces faits nous conduiseiit à l'examen de la théorie suivant laquelle la chaleur animale a sa source dansles poumons.
Dans l'hypothèse de Lavoisier et Laplace , que la plupart des chimistes modernes ont adoptée, l'oxygène de l'atmosphère se combine, pendant FinspiratiOQ , avec le carbone du sang , et il est expiré sous forme d'acide carbonique. Comme la respiration enlève à l'air plus .d'oxygène qu'il ne s'en trouve dans l'acide carbonique expiré , les partisans d'une autre hypothèse admettent que celui qui ne passie point à l'eut d'acide carbonique se combbe avec de l'hydrogène du sang , et produit ainsi de l'eau, qui est exhalée. En admettant cette théorie, on peut dierdier les causes de la température animale dans la chaleur qui résulte de la comlnnainD de l'oxygène contenu dans l'air insph*é avec le carbone et rhydrogèae du aang. Crawford (k) a cru la rendre plus vraisemblable encore, en prétendant que b pn)|)agation de la chaleur développée dans les poumons s'ei^ique alors avec facilité, et que la capacité du sang artériel pour le calorique surpasse celle da sang veineux, à peu près dans la proportion de 11,5 k 10. D'après ceb la chaleur produite dans l'appareil pulmonaire servirait à entretenir la tempéntore dn sang artériel , et elle se mettrait ensuite en liberté partout où les organes tirent leur nourriture du sang , partout où le sang artériel se transforme en sang Teineni. J. Davy a cependant fait voir que les deux sangs ne diffèrent pas, ou du moins diffèrent très peu l'un de l'auti'e, quant à leur ca|)acité pour le calorique (;: 10,11: 10).
.Mais on peut détermmer par un calcul direct combien de chaleur la respiratioo est susceptible de produire , en admettant que la théorie chimique de cette fonclion soit exacte. Dulong et De^retz ont entrepris ce travail. Dulong renferma
(1; Tentamen expcrimentaU de ianguine. Èdmbonrgt i8i4«
(2) Mbckel's Archiv, t. III, p. 337.
(3) L'Institut, 190.
(Â) Bxperimenu and okêcrvations on animal hêaU LoodlCi» 17M<
CAL'SËS 1>£ LA PKODiJCTiUM DE CHALEUR. 75
ë^m nuHiuuJfères et oiijeaux, tant herbivores que caroivores, dans ud réservoir
on les rhangemeuts que la respiratiou liait subir à l'air pouvaient être déterminés,
ptJesquantitil'S des produits mesurées, taudis quen même tem])S on calculait U
perle de chaleur des animaux. H trouva que tous les animaux consonimeut phis
de gaz oxygène qu'ils n eu transforment en acide carbonique. Chez les herbivores,
le gaz oxygène absorbé, c'est-jhdire non converti en acide carl)onique, no s'élevait,
famé moyen , (|u'à :{^ de la quantité de gaz employée , tandis que , chez les carui-
lores, le minimum était de ^ et le maximum de {. Maintenant, si Ton admet que,
dans sa transformation eu gaz acide carbonique, durant la respiration^ le gaz
mygène |iroduit autant de chaleur qu'une même quantité de ce gaz en développe
iunîqu'il subit la même conversion par le fait de la combustion du charbon , et si
l'un |)rend pour point de départ la quantité de chaleur indic^uée par Laplace et
U\oisier, on voit qu'elle ne s'élève qu'à 0,7 de la chaleur que l'animal herbivore
perd dans le même laps de temps, et à | de celle que le Carnivore pci^ dans ce
même espace de temps. Si l'on admet, en outre, que le gaz oxygène, qui est
absorbé daiu» l'acte de la respiration , et qui n(^ se trouve pas restitué à l'air sous
forme d'acide carbonique, sert à former de Tcau, et qu'il se dégage, durant cetU^
autre formation , autant de chaleur qu'en produit une* um^'um) quantité d'oxygène qui
» convertit en eau par la combustion dii gaz hydrogène , la quantité totale de la dia^
leur qui résulte de la combinaison de l'oxygène avec le carbone et l'hydrogène
correspond à 0,75-0,80 de celle que les animaux, Umt carnivores qu'herbivores,
dévelofipent dans le môme temps (1).
Despretz renferma des animaux , pendant une lii^ure et demie à deux heures, dans un réservoir entouré d'eau , et dis|K)sé de manière que l'air pût y entrer et en sortir »ec ime vitesse constante : il détermina la quantité et la composition de cet air avant et après l'expérience , ainsi que l'accroissement de température de l'eau ambiante déterminé par la chaleur animale. la clialeur qui , d'après la théorie chimique, dut naissance à la combustion du carbone et de Thydrogène pendant la respiration , fiitde 0,75 à 0,91 de celle que l'animal laisser échapper dans le même laps de temps (2).
11 est fort peu vraisemblable que l'eau (|ui s'exliale dans la rei»piratiou soit produite par une combinaison d'éléments, ainsi que nous le ferons voir plus tard, en exposant rhistoire de la fonction. 11 est beaucoup plus probable que de l'oxygène reste dans le sang. D'après cela, on ne peut faire entrer en ligne de compte que la chaleur provenant de la formation de l'acide carbonique , et qui , d'après Dulong, égale, chez les herbivores 0,7", chez les carnivores i, de la chaleur animale.
Les gaz enlevés à l'air pendant la respiration passent dans le sang, cxunme le prouvpnt les exptViences de Magnus. I.e sang artériel et le sang veineux contiennent «lu gaz oxygène , du gaz azote et du gaz acide carbonique , l'artériel plus d'oxygène que le veineux , et le veineux plus d'acide carbonique que l'artériel. De là il suit qaii Tadde carbonique expiré se |)roduit, non |>as uniquement dans les poumons, mats <iaiis tout le cours de la circulation , et que par conséquent hi chaleur animale, en tant ([u'elle dé|)end de la formation de l'acide carbonique, se développe dans le ^yslème vascukire entier.
(i) Amei Jtmrmal fuer Ckemie uitd Phytik, t. VIII, p. 505. •
S) 4Hii.4<i tfMiiiic, t. XXVI» p. aa$.
1^ PllOLÊ^«oMË^ES.
Otti' Ui^inp explkf lie pounfiioî l>iiiiir%'oo ne possède point en propre de chale nr «ptmbks car il n*a point encore respHré d'ox^'gène; poorqooî les indmdns anetnts de ryanose, rbex lesqoeb un vice des organes circnbtoires met obstacle ^ la con- %erM(in du Mng par b respiration, sont pins fnnds de quelques degrés; enfin pourquoi les animaux k sang froid, chez lesquels U n*y a qu'une partie du sangqii jiVniyde, n*ont qu'une température propre fort peu élevée. (Ihez les amphibies, m» |Nir1i«* sifulernent du sang respire pendant la circulation générale. I.es prodoits de b n*s|Hration sont dix fois moindres chez eux que chez les mammifères, c'est-à-dire qii*iiiH* fiartie en poids d'une grenouille forme, dans un laps de temps donné, dh fois inoins d'aride carbonique qu'une égale partie en poids d'un mammifère. Ghn les |H)issons, dont le sang tout entier respire pendant son passage à travers les branchies, le résultat n'est cependant pas plus grand que chez les reptiles, parce qne l'ériiaiige de matériaux est infiniment moins considérable, en quantité, dans la r»pimtifin an moyen de Tan* tenu par l'eau en dissolution, que dans la respiration aérieiuie; eiïertivement l'eau des rivières et des mers ne contient dissoute qne b \inKtR*me partie* de l'oxygène qui existe dans un égal volume d'air atmosphéri(|ue (1).
Quelque vraiscMnblance qu'ait cette théorie, il ne faut pourtant pas onbKer qne la pifKlurtIon de la chaleur ne dépend poijit uniquement du travail chimique, et qu'elk* (*st mmiuiihi* à l'influence des parties vivant(*s. l^s globules du sang, cpii sont, de toutes les parti<*s, ailles auxciuelles la respiration imprime les changements les |)lus frapiuints, et ([ui, d'après Prévost et Dumas, abondent moins dans le sang des animaux à sang froid, tels que les reptiles et les poissons, que dans celui des maroniifènm et des oiseaux, sont, bien que nageant dans le liquide du sang, des corpiiscul<*s vivants et actifs, dont la structure ressemble tout à fait à ceHe des parties élénumlalivs qui donnent naissance à tous les tissus; ce sont, comme elles, drs celltil<*s munies d'un noyau ; ib doi>ent donc participer aux propriétés vitales générales d<»s cellules, profluin* des changements chimiques dans leur propre contenu et dans ce tpii les entoun*, enfui être, comme les autn>s cellules, aptes à entrer en conflit 'à\w les |)arties élémentaires des organes, (^e conflit des globules du sang, tant entn* eux qu'avec la substance des organes, dans les vaisseaux capillaires, doit étn» s!isceptible d'augmenter et de diminuer, tant d'ime manière générale qned'uop manière lfM*ale, sans qne la respiration dans les |)oumons subisse aunm changement |M»rct»|>tibk». Kn laissant uh^um» de cAté les globules du sang, le conflit chimique des organes a>ec le sang imprégné d'oxygène doit être tantôt plus, tantôt nnoiiis ac4if, suivant l'état vital des organes, et um^im* s'accom|>lir localeim^nt avec pins ou moins «rintensité en raison de conditions piirement locales. Or, la température ne peut maiH|uer d<* dépemlre de ces circonstances (2\
(t) Le» iitteflei wub m »*acronlnil pas avec celle tliéorie; car, bien qu*ils n'aienl pas de Icmpéralttre propre appréciable, cepeadanl la pluparl d'enlrc eux douuent, diaprés Tre^iraDos iittc quantité proporliooiieUe de produits respiraloim éxalc 4 celle que foumissenl les aaîmaux à >aiiK clMud , et , àt cet ë|iird, ib se rapprochent rareamil des repliles*
viî) Le» ripértmce» de Clmsal ool établi que, cbex les animaui manb à une .abstinence r^MPtee, la cbaleur baUse, en moyenne, de 0*3 par jonr; mab, le dernier jour de la \ie, le refhNdbsnnenI a lien a^ec une telle rapidilé, qne la perle s'élève à li*. et que la non arri«e J :!4%9. Or, OMMK ce dcfre ra celui anqnH, en gt^nenl, »ucco«bcnl k> aniMdiui Mia» qu'on
CAUSES IH: la PftODtCTïON DE CHALEUR. 77
Parmi l<*s circoBsUnces gi^ii^rales qnî influant mr la production de la chaletir^ on disriiigue les Miivantos. Quand la ftiiro est purl^ à un haut degri*. cfuand la matière existame ne trouve éUminée sans qu'il s*en organise de nouvelle, la chaleur diminue de quelques degrés, suivant Martine*, malgré la p(>rsistance de sa source daus la respiration (1). Un état fébrile peut, d'après les expériences de Recquerel et Breschet, augmenter la température d'environ S*" €. D'un autre côté, on sait qm; l'oppression des forces organiques dans les afTecUons nerveuses, durant le frisson fébrile, diminue la température, sans que la respiration change en même temps.
Au nombre des causes d'un changement local de la chaleur se rangent l'inflammation, les modifications locales de l'influence nerveuse et le mouvement musculaire. Becquerel et Breschet ont trouvé que hi température était [dus élevée d*environ 3** C dans des tumeurs scrofuleuses vivement enflammées. La contraction des muscles a constamment été, dans leurs expériences, accompagnée d'une élévation (le température de 1 à 2<* C. Elliot et Home ont observé qu'après la section des nerfs d'un membre, la dialeur diminue, et tous les expérimentateurs conviennent (|iie ce phénomène a fieu après la section de la paire vague. Cette différence est mesurable à l'aide du thermomètre, de sorte qu'il faut bien la distinguer de la sen- »tion piutîment subjective du froid qui a lieu après une lésion des nerfs. Earie a trouvé, dans un cas de paralysie du bras, que la chaleur de hi main bien portante
plonge dans des mélaDges réfrigérants, on est fondé à penser que la cessation de la vie , chei ceui qu*oii prive d'aliments, est la conséquence du refroidissement du corps, lequel résulte de la dioiiiHilion graduelle dans la production de la chaleur. Conduit nuturcllement à celte conclusion par ses expériences {Ueeh, exp» »ur Cinamtion, Paris, i8&3, p. 455), Chossat dut penser que la mort pourrait être retardée, et le mécanisme par lequel elle arrire changé , si Ton soumettait à nn r^chaull<niient artificiel les animaux déjà refroidis et «ur le point d*espirer : c*est ce que Tobser^aiion a conflrmé. Placés «dans une ètuve, les aalmanx eu état de mort iniminenle, ifayant au plus que quelques minutes encore îk vivre, se sont ranimés peu à peu,. et, par la roiiiiiMialion de Papplication de la chaleur, ils ont recouvré successivement Tusage de leurs fariilkK. Pendant civile existence , pour ainsi dire factice , les diverses fonctions se sont exécutées rrnnme dans l'état normal , à riiilenstté près. L'appétit est revenu ; mais la digestion des aliments ne s*rst opérée qu'autant que le rfehaulfement éloit soutenu pendant un temps sulfisant. Ce qui nk^ile surtout altenlion, c'est que Panimal , en passant i l'état de mort imminente par la sous- Iraclîoii des alimenls , avait perdu la faculté de procluire lui-même de la chaleur ; que le rérbauflcmcnl artiliciel, tout en retardant de beaucoup sa mort, ne lui rendait pas celte faculté, puisque la chaleur acquise par ce moyen variait comme la température du milieu , et ne pn^seiilait pas kl qoasi-fixité propre à la rhaleur animale ; enfin , qne le rétablissement de la (bculté de produire de la dialear était le résultat de la digestloo. Au reste, l'anioMl ne survit pas toujours, ■algré le retour graduel des fonctions, et, en particulier, de la digestion ; quand il succombe, sa mort a lieu par un auUv mécanisme , par suite de l'anémie, de b vacuité du système sanguin, et les convulsions en sont le caractère. Ces expériences très curieuses ne pourront manquer d'avoir nne grande influence sur les théories de la chaleur animale ; elles nous montrent reflet de l'ali- Dientation sur la production de cette chaleur, rédnitc h sa plus simple expression. Vur l'inanition, poussée jusqu'à la mort Imminente, c'est-à-dire jusqu'à la cessation de la caloricité, on avait éliminé toute la masse des matériaux calorifiques mis en résel^rc pour subvenir pendant longtemps aux é^enlualités, afin que la vie de l'animal ne fût pas à la merci d'un repas trop retardé. Cette élimination faite, on fournit à ranimai une dose d'aliments qu'on lui fait digérer. Dès lors, sa ralnriiriié revient , et il peut se soutenir par lui-même, complètement, si l'alimeut est ubondunt ; iiM-ninpIétement , s*il est en quanlité insuffisante. (Note du trad.)
(I) On peut citer contre cette assertion un fait d'occlusion du pharynx, rapporté par Currie daii^ses jÙréirat Report 9 on the ffecti of miter, Liverpool, 4 798.
jé*, et b Bun
is*cstiffiiré
. ctqvFriirimil
pot» h rafâmion afth
qn'oB aneiTs-
ptmmm fxlire i . \j^ rHiJnn d*» Mpmmsde LrpftoB •&: ae s'arcordenl \UK ïwm plfM triot a fait av^ cptn «k* Bnviie. T«¥ite» l«» foê. dit Leftdlnis, que la r#'«fMrilîri0tMtàte^s^fi^. qii'oii tiniflf^aDm lirs ivr |p «los, et qa*on Ifor foff ft'^fmrr d^ l'air rai>fi^. oa m^ soit d'iznte. snîi d'adde carlmiiiqiie, leur tetnfipralor#r baÎM^r; k même effet a U»^ quand uo iKofBe de Tair dans les poumons, ^tâ^ qu'aVir» b ftf^nivm s'arcimpUi avec gt^œ. et le pin» fort refraidissemeil rMtrrt^nnA umymn à b mciindre cnnvimaMioD de eu nnvmie. Erniunt (5), eo r^p^afirt k^ r\\ff'np'WP% di* Bmdie «or les poi^nifei et l'iiHiiflbtioo de l'air, o*a iymar/ffi^ /|n*nn rlangem^mt dr températiin' de 3' R.. en 7'i miiniles. lil'îkion Phffip a fr«»fM/? qu'une n-^iîratkin artifirieik* trop fmpiente refroidit rapidenient, tandii f|if'fiw! ifkMl^r/;f; ral«;ntit le n:frriidis6emenl. i>pi*odanl le» expériences de Brodie Miril riinrliMiilPf» a l'égard du |WHnt capilal ; il a fait voir que des bpins bien por^ fantH etp»rai#'nt *in,Tl poncer riibes d'acide rarboniqne en une demi-heure; que f «Mit rlifX lew|fi«'K on fnfrr'tf'nait la respiration par des moyens artificiels, aprfs \i'm\fimrt\uiniU'n\ ou la di-stniction de b moelle allongée, expiraient encore 20,2^ k 7.!t,Î9Î9 fi 2H,!i!7 |if»urf« ni\ios dece gaz dans le même espace de temps ; que, par foitu/^fuenl, U^n firiMluili» de b niipirati«Mi étaient k peu près les munies dans In d<'iii rstn, H que riiieinbut, afirH b Miction de la moelle épinière, un lapin peidait f» «U^rfii de rlialeur en une heure. Chossat a répi'-té les expériences de Brodie, et le«i il lroii%éi»H vxHi'U's (C})»
i> n*eM qn'apn'M avoir |H*Ké toun ces faits n^btifs aux causes de la production de b < lialenr qu'mi ixnit y rattadier avec miccès les rcclicrdies sur la diniinutioB
'1) Mrd.mfMrnrfi. Trnn».,U V, p. 178. — Yelloly, Med.ehirurg, Tram., t. tTÎ.
(9) VMUt». TriiMM., 1HH, p. A ; «MS. p. .178.
f.1) hmd, mrd» phy», JimrnaU I. XXXII, 181 A. Comp. Brodib, loe, ciî,^ p. 259.
(/|) (tfCu^rrM, Ptrlii, 18aO, t. Il , p. i vi Auiv.
(h) MM:K«if.*4 Art'kht t. I, p. 48A.
It) Jouvmil df phffiqur, PirU, tHSO) t. XCI, p. 5.
CAUSES DE I/A PRODlHmON DE CHALEUR. 79
Hitanée de cette prodiictîoB dans le ftoimneil hWeraai et sur la cause d^ceiui-cî. })remière chfwe à faire est de ne pas considérer isolément le sommeil on plutôt ngoiirdissement auquel certains mammifères sont siTJets pendant Fhiver; il font rtir du fait que, quand la température extérieure s'abaisse au-dessous d*un cern minimum, tous les animaux tombent dans un état de mort apparente, qu'ils lent, sans précisément perdre pour cela l'aptitude à vivre, mais que ce minimum rie suivant Torganisation et la- distribution géographique des êtres qui constimt le régne animal
!* L'homme montre évidemment , li cet égard , une grande ténacité de forces paniques; car, dans tous les climats où l'on rencontre des animaux, à l'extrême rd C4>mme sous i'équateur, il conserve sa température propre, quand d'ailleurs circonstances sont favorables. Cependant, s'il vient à manquer d'abri, le froid >k>nge Clément dans un état de mort apparente, et cela avec d'autant plus de ilité que la force organique avait été auparavant diminuée par des sul^tances ivrantes.
2^ Beaucoup d'animaux tombent aisément dans cet état lorsque la chaleur extéure nécessaire à leur vie et qui détermine leur distribution géographique, vient nancpier. (l'est pour ce motif que certains oiseaux émigrent ^* Des mammifères qui, ayant atteint l'ige adulte, ne subissent pas l'asphyxie h certain degré d'abaissement de la température, l'éprouvent, sous l'influence de te même température, quand ils sont encore jeunes, ainsi que l'ont fait voir les ;ervations de Legallois sur des lapins de six à hnit semaines, qu'on parvient h limer au moyen de la chaleur extérieure. Dans l'asphyxie par le froid, l'atteinte 'a reçue le système nerveux entraîne l'insensibilité, rassoupissement, la |)erl<> t forces, la diminution de la circulation. Cette dernière circonstance; fait que rhange des matériau! s'opère avec moins d'activité pendant le passage du sang «^ vers les poumons et le corps. De là, comme aussi de la diminution de rinfluence -vense sur les opérations chimico-organiques, et de celle des mouvements respioires, suit la diminution de la chaleur propre. I^ cause qui rend certains nniux plus sujets que d'autres à l'asphyxie par le froid, est donc leur stnictnre s délicate, et le besoin plus pressant que l'action organique a, chez eux, d'Otn* le en train et excitée par la chaleur. Cette circonstance, jointe à un défaut périoue d'énergie vitale, doit être aussi considérée comme la cause de l'engourdisnent des animaux hivernants, chez lesquels il y a seulement cela de particulier 'ils peuvent supporter plus longtemps l'asphyxie sans qu'elle leur porte aucun judice.
/engourdissement hivernal des animaux ressemble donc parfaitement au som- 11 d'hiver des plantes, dont les conditions sont d'un coté la soustraction des stilations, et de l'antre un changement périodique de l'énergie vitale. Le sommeil plantes ))endant la nuit, le changement de direction qu'éprouvent alors leurs ill<*s, dépendent de la soustraction de la lumière, et s'établissent même durant oumée, quand on met les végétaux dans un lieu obscur (1), tandis que le somil des animaux ne tient pas à une soustraction de stimulants, mais découle du ngement, de l'épuisement occasionné par l'action, de manière qu'il peut avoir
1} Joumai de pkyHqtie^ t. LTI, p. ISA.
m PHOLÊ(;OllkNK$.
liou à tous les moments de la journée, bien que, la plupart du temps, des cireoostances accidemelles le fassent coïncider avec T^poque durant laquelle la terr^* oc reçoit \Aus de lumière du soleil.
Le sommeil d*été des amphibies et du tauixx parait tenir à une luodificatioii du» parties organiques déterminée par trop de clialeur. Le manque dVau semble être aussi, cliez les animaux sujets à ce sommeil, une des principales causes qui le» portent à se cacher, de sorte que leur engourdissement dépend et de TafaseBoe criin des incitants de la vie, et de Faction trop vive exercée par un autre. Cesiute tiennent de près à ceux qui concernent Tinfluence déprimante d*une haute cbalair soutenue sur les fonctions du système nerveux de l'homme, et les effets de la diileur peuvent très bien être mis en parallèle avec ceux du froid. La chaleur et le fnmi sont susceptibles de modifier Tincitabilité, de provoquer une irritatiDn, Tiaflammation et la gangrène. Lu froid intense qui agit subitement sur de» parti» animales chaudes exerce sur elles une influence destructive. Des corps extrêmement froids causent aussi une sensation de douleur, suivie d'insensibilité. A ni plushautdegrédefroid, on voit survenir la gangrène, la mort locale. JMoinsjntensp, le froid, par cela seul qu'il soustrait de la chaleur, détermine des symfitôines d'irritation et d'inflammation, {)ar suite des efforts que les parties font pour rétablir l'équilibre. A un degré modéré, il agit instantanément comme excitant Aûn l'eio froide fait sur-le-champ rougir la peau, ainsi qu'on l'éprouve lorsqu'on se baigK dans une rivière quand la saison est avancée déjà ; mais ce n'est b qu'un eflet momentané, auquel en succèdent promptement d'autres qui annoncent une modification interne causée par la soustraction de la chaleur. On se sert quelquefois «b fnûd , comme excitant , pour déterminer dans le système nerveux un changemept qui peut devenir salutaire. Souvent aussi, dans les fièvres accompagnées d'uae grande chaleur et de sécheresse à la peau, l'eau froide est un stimulant indirect, qui rétablit la turgescence à l'extérieur, et ranime la clialeur dans les parties froides. Les eflets secondaires d'un froid prolongé sont toujours une détente ilo système nerveux. Quand le froid augmente* peu à peu jusqu'à un liant degré, ii jette le^ hommes dans l'asphyxie, et les animaux hivernants dans rengourdisse ment, par soustraction de l'excitation, taudis qu'une chaleur trop Aute d^inr aussi |MHi à peu les fonctions du système nerveux, mais probablement par altéra tioii ; dans les déserts sablonneux, où il y a en même temps maïKfue d'eau, cettr dernière cause amène l'aspliyxie, comme eUe détermine le sommeil d'été des reptiles et du taiirec dans les climats chauds.