‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 22 sur 185 · DU SANG · texte numérisé non relu

DU SANG

lances alimentaires, dont les mies viennent du dehors, tandis que les antres sont oumies par des matières organiques qui ont déjà fait*partie du corpsw

Le sang qui vient des ponmon^ par les veines pulmonaires, et que le ventricule ;auche pousse dans toutes les parties du corps au moyen de l'amie et de ses ramifications, a une couleur rouge vermeille. Celui que les veines ramènent du corps, et que le ventricule droit fait passer dans les poumons à l'aide de Fartère pulmonaire, îst d'un rouge foncé, ou noir, comme on dit communément.

Chez quelques animaux sans vertèbres, par exemple divers annélides et certains noUusques (les phnorbes), le sang est rouge, comme chez les vertâ>rés; mais [>eaucoup de ces animaux ont le sang incolore (1).

Lorsqu'on examine le sang au microscope, soit dans les vaisseaux les plus déliés l'une l'artie transparente, soit immédiatement après sa sortie.de l'appareil vascuaire, on le trouve composé de très petits corpuscules rouges et d'un liquide lim^ )ide incolore. Ce liquide, auquel on donne le nom de liqueur du sang (liquorseu 'ympka sûnguinis)^ ne doit pas être confondu avec le sérum qui s'écoule après la :oagulation. Chez les animaux dont les globules sanguins sont trop voliHuineux pour [lasser à travers un filtre de papier, comme la grenouille, on peut, avant que le uing soit coagulé, séparer une partie de sa liqueur d'avec les autres parties constituantes, et se convaincre ainsi qn'dle n'a pas de couleur, la teinte rouge appartenant aux globules seuls. Ceux-ci ont une pesanteur qsédfique supérieure à celle du liquide qui les omtient

Le sang de l'homme a une pesanteur spécifique de 1 ,0527 à 1 ,057; sa saveur est «alée. Il réagit faiblement à la manière des dcahs, et répand une odeur particuière (halitm sanguinis)^ qui varie un peu chez les divers animaux, et qui est surtout prononcée chez les individus du sexe masculin.

Le sang tiré de la veine se coagule généralement en deux à dix minutes, chez tous les animaux vertébrés. Il se prend d'abord en une masse cohérente et géhtioiforme, qui peu à peu se contracte, et exprime, d'abord goutte à goutte, puis en [^us grande abondance, un liquide Iknpide, et d'un jaune sale, qui porte le nom de ;érum. La masse rouge est appelée caillot {crassamentum^ placenta^ coagulwn umguinis). Le sérum a une pesanteur spécifique de 1,027 à 1,029, et une saveur uJée. Il est faiUement alcalin chez les animaux supérieurs, et presque neutre chez la grenouille. U tient en dissolution des substances animales, principalement de

— Iffuz. Arckiw, t. VIII ; — Scudamobb, On the blood. Londres, iSSA ; — Tmakiah, [nqviry mto tke natur of tke blood. Loadres, 1819; --r Milne Edwards, dans Todd Cyelopedia of ana* \omy 4md pkyêiology, London, 1835, 1. 1, p. àOh ; — Bocdbt, Examen eritiq^e et expérimental mr U sang^ Paris, 18SS ; — C. H. Scbolti, System der Circulation, Stuttgart, 1836 ; H. Nassi, Dus Blut pkysiologiuh und patholoffisch untersueht, Bonn, 1836 ; — Hobhifeld, Der Ckemitmus 'n der tkierisehen Organisation. Leipsîck, 1840 ; — Lecanii, Études sur le sang humain, PariSi 1887 ; — AimBAL et Gavabrbt, Recherches sur les modifications de proportion de quelqueeprin^ •ipes du sang dans Us maladies. Paris , 1841 ; Andbal et Delatond, Recherches $ur la compoiL ^iom du sang de quelques animaux jiomestiques dans l'état de santé et de maladie. Paris, iSàt;

— A!fDBAL, Essai d*hématologie pathologique, Paris, 1843; — Donné, Cours de microscopic. Paris, 1844, p. 39; — Bbcqubrbl et Rodibr, Recherches sur la composition du mii^, Paris, 1844, in-8 ; — Mandl, Anatomie microscopique^ t 1, 2« série, !"• Ufraison.

(1) Voy. sur la couleur du sang ches plusieura animaui infertéfarés » E. Gohr, De sangiiiMê tjusqme partibus. Berlin, 1842.

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l'albumine, ({ui toutefois ne &e coagule })as d'eUe-ménie, niais seulement sous c<>.rtaines influcMices, par exemple celle d'une chaleur de li)*" il , d'un acide, de Yàcool, etc. Quand on lave pendant longtemps le caillot rouge dans de l'eau, la matière rouge (cruor) se dissout dans ce liquide, et il reste une substance (Uiforme blanche, qu'on nomme fibrine, <]ette substance se précipite au fond du sérum, comme il arrive aussi au caiUot rouge, à moins que celui-ci ne contienne accidentellement des bulles d'air.

Chez les femmes enceintes et en couches, dans le rhumatisme aigu, dans les inflammations, et, en général, toutes les fois que le sang circule avec plus de lenteur, les corpuscules rouges s'abaissent souvent au-dessous du niveau du liquide avaat que la coagulation se soit effectuée: mais comme la masse entière ne s'en coagnle pas moins, la partiirsupérieure du caillot est blanche {couenne inflammatoire), et l'inférieure rouge. Lorsqu'on fouette du sang frais, les corpuscules rouges ne soiit |)oint em|)risonnés dans le caillot, car la fibrine se prend sur-le-champ en filaments qui s'appliquent aux baguettes, taudis cpie les glol)uk*s rouges nagent dans le reste du sang, qui conserve sa liquidité. Quand on expose du sang frais à une timipérature très basse, il gèle, et peut être consené jusqu'à ce que, la température redevenant plus douce, il repasse à l'état de liquide. Jjes alcalis s'opposent à la coagulation du sang : il suffit déjà pour C4*la d'un millième de soude caustique, d'a|MTs Prévost et Otmias. Ocrtaias sels, le sulfate sodique, l'azotate potassique, les carbonates potassique et sodique, empêchent ou retardent la coagulation, quand on h» mêle avec le sang tiré de la veine. 1^ venin de la vipère et le pohnn appelé ticwioi^ produisent le inéme efiet, d'après Fontana, lorsqu'on en introduit un vingtième dans le sang, tandis que le venin de la vipère, mis en contact avec des parties vivantes du corps,* accélère, au contraire, la coagulation du sang. Chez les hommes et les animaux qui ont été tués par la foudre, par une forte commotion éiectrîque, fiar l'acide cyanhydrique, chez les animaux surmenés, après la mort causée par m coup violent sur l'estomac, mort qui, à ce qu'on prétend, n'est pas suivie de roideur cadavérique, il arrive quek{ucfois aussi que le sang ne se coagule pas dans les vaisseaux (1).

Du reste, le sang se coagnle hors du corps tant dans l'état de repos (|ue dans celui de mouvement, et même à une température qui égale celle du corps vivant 11 se coagule dans le vide, dans des vases clos hermétiquement, dans des gaz autres ((ue l'air atmosphérique (2). La seule et unique cause de la coagulation c>st donc que la comi)osition du sang ne peut se maintenir autrement que par l'influence des parties vivantes et spécialement des vaisseaux. Le sang qui s'échappe de ces derniers et s'accumule dans une partie vivante quelconque, m* s'en coagule pas moins, la plupart du temi)s. Tl résulte dvi> expéri(?nces de Schrcwler van der Kolk que b coagulation de ce liquide a lieu avec une pmmptitude extraordinaire après la destruction violente du cer\eau et de la moelle épinière, et que, quelques minutes après loiKTation, on tnuive déjà des caillots dans les gros vaisseaux. Hewson, Pa^ HKMitier, D(»yeux et Schratler ont obsené que plus la force vitale d'un animal

•;')) Abfrkethy, PkffêioLogkal UciuirXf p. 246.

(2) ScBBCBOBR VA5I UEA KoLK , Comment» de sanguiitis coogulaliane. Ciitiiiuiguc, 18:20; DisS' sistens sanguin!» cvagulantis hi.\toriitm, Grouîngùe, 1S20.

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dhmw, plus la C4iagulatiou du sang tiré dos vaisseaux a lieu rapideuieiit. Plusieurs o/isenateurs disent avoir remarqué une élévation de température |)endant la coagubijoo : tels sont Gordon, Thomson et Mayer; mais le fait est révoqué en doute |)ar J. Daiy et Schrceder (1).

H n*est pas possible d*évaluer exactement la quantité du- sang, dans le rorps \'nuiU d'après C4^11e qu*on obtient det ce liquide par une hémorrhagie mortelle ; car il PO reste beaucoup dans les petits vaisseaux, où il se coagule. Valentin (2) a imagiaé pour cela une méthode ingénieuse. On saigne un animal, et Ton détennine quelle est la proportion en centièmes des parties solides contenues dans le sang qu'on se procure ainsi. On injecte ensuite une quantité d'eau connue dans les veines, et sur-le-champ on tire de diverses parties du cor|)s d'autres échantillons de sang, à Tégard desquels on détemtine également la proportii^i en centièmes de leurs principes solides, afm d'avoir une moyenne. Alors, d'après la différence (|ui pïiste entre cette moyenne et le résuhat de la^premièrc opération, on calcule combien de saog a été délayé par l'eau. Les expériences autorisent à admettre que l'eau injectée se répand avec promptitude dans le torrent circulatoire (3). Due fois la quantité du sang connue, on peut, d'après le rapport existant entre eMe et le |M)ids dn corps de l'annnal sur lecpiel on a opéré, conclure quelle est, chez l'hoimnc*, la quantité de ce liquide |M)ur chaque poids donné du corps. Le nip|)ort moy<*n de la quantité du sang au poids du corps a été de 1 : ^ 1/2 chez le chien, de 1 : 5 chez le mouton (U).

(!! J. Davt. Tentamen expérimentale de tanguine, Édinbourg , iSH ; — Mkckri/s Archir^ U,p.ii7; L II, p. 317; t. m,p. &5Â et A56.

(2) Repertoriwm, t. III, p. 281.

13] AiBsi, une première daignée donne il90 grains de sang, qui laissent 3A,5Â pour cent <ie résido. On injecte 10905 grains dVau ; puis on tire 1,37& grains de sang, qui laissent '1,87 pour cent dé résidu. On multiplie la quantité d*can injectée par la proportion en centièmes do résidu du sang dilué (10905 X 21,87= 23&692,35); puison divise le produit par la ditrércncc mtfe la proportion en centièmes du sang dilué et celle du sang non dilué (2&,5^ — 21,87e=32,67), 4 l'on a pour quotient (89323 grains) la quantité de sang qui existait dans les corps avant rex|iénencc. Valentin tire de ses expériences sur des chiens , des chats, des lapins et des brebis, les inclusions suivantes : 1<* malgré les diflTêreucrs que les divers états de la vie apportent dans lu )Qanliié alMolue du saog et le poids du corps d*un individu , le rapport entre le poids du corps 4crioi du sang est très constant chez la même espèce de mammifères ; 2* les femelles semblent iToir une quantité relative de sang un peu muiadrc que celle des mdles ; 3** les animaux bien {NHiants et malades possèdent la même quantité relative de sang, tant que leur organisme total jouit encore d*une activité bien prononcée. {Dfole du trad. )

{h) L'animal qui a fuunii les données numériques contenues dans la note précédente était un ckien pesant 4028^1 grains. La proportion entre ce poids et la quantité absolue du sang déterminée par le calcul (89323) est 1 à àM» Or, en supposant que la proportion fut la même chex riioiDne, ce qu'on n*a pu encore savoir par des ex|)érienccs , les tables de Quelelet |iour 1rs poids du corps hureaiii aux différents âges de la \ie permettraient de calculer la quantité du uuf; à chacune de ces époques. Par eumple, un homme de vingt-cinq ans, dont le poids Kmitde ihtt libres, aurait 32 livres de saug; uue femme pesant 127 livres en aurait 27 li- 're5,elc. [^oie du trad,)

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