CHAPITRE PREMIER
He l'ttnalyse inleros€soplco*iKiéc«Blqiie dm sang.
dotmlei du sang.
Pour examiner les globules du sang (1), il ne faut pas les étendre d'eau; car alors on les verrait tout autrement qu'ils ne sont dans le corps vivant, puisque Teao en change instantanément la forme. Il faut donc, ou en mettre une coudie très mince, sans nuUe addition, sur Tobjectif du microscope, ou les étendre de séruHL On peut également se servir d*eau tenant en dissolution un peu de sel marin ou de sucre, c^r ces diss6tutions n'exercent absolument aucune influence sur eux.
L< forme des lobules du sang varie (2) beau- Fig. 2. Fig. 3. coup chez les divers animaux: cependant, ronds
ou elliptiques, ils sont toujours aplatis. Les ronds se rencontrent chez l'homme et chez la plupart des mammifères, excepté le dromadaire et le lama, où, par une exception dont on doit la découverte à Mandl, ils ont une forme elliptique. Gulliver i obser\'é aussi, chez plusieurs espèces du genre Cervus, des corpuscules elliptiques, et d'autres fusiformes, qui étaient mêlés avec lesdisquesronds (3).
I/es globules sont elliptiques chez les oiseaux, les am|rfubies et les poisscuis; quelquefois ils se rapprochent de la forme ronde cliez ces derniers, par exemple dans b carpe, où même ils sont tout à fait ronds, ainsi que l'ont vu Rtidolphi et R. Wagner. Les globules elliptiques des reptiles et des oiseaux ont, terme moyen, une longueur double de leur largeur.
On acquiert la certitude de leur aplatissement, lorsqu'après avoir étendu me goutte de sang avec du sérum, de l'eau salée ou de l'eau sucrée, on la kit mouvoir sous le microscope, de manière que beaucoup de globules se placent sur le cdié. Les plus plats dé tous, proportionnellement aux autres diamètres, sont ceux des reptiles et des poissons. La salamandre est l'animal chez lequel je les ai trouvés le
(4 ) FowTAii Al Nuove otservationi sopra i globetti rossi det sangue, Lucqties, 1766 ; — HbwboXi Kxperim, inquiries, part. S, Londres, 1777; — Pbevost et Drmas, loe, cit. ; — Mdellii, dM HuBDAcn, Physiologie, t. VI, p 123; — R Wagnbb, Zur vergleiehenden Physiologie de$ Bluttf, t. 1, 188&; L II, 1838; — Schvlti, loe, eit. ; — Mandl, Anatomie microseopigue. Paris, 1898; ^HoBjfBFLBL», loe, cit, ; — GoLUYBB, dans Lond. and Edinb, phynol, Màgaiint vof. XVI, ISâO; •— Pappcrebim, De cellularum sanguinis indole ae vita observ, microseopieœ, Berlin, i8&l;- DoNffift, loe, df., p. 57.
(2) Les ftgnres S et S représentent , diaprés Donné (Atlas du Cours de mieroseopie, Paris, 18&5, Sn-fol., pU I, fiff. 2 et &), les globules du sang de Thomme à un grossissement de &00 fois en diamètre. La figure 8 montre le centre clair, comme on le voit quand on approche Tobjet lepltf possible des lentilles, sans quMI cesse dVirc net. La figure 2 en offre plusieurs, sous divers aspects: les uns présentent leur face, les autres leur tranche, et quelques uns sont accolés ensemble et empilés comme des pièces de monnaie.
(3) Philos, magaz,, vol. XVI, p. 23, 105 et 195. Gulliver a observé les globules du sang du» plus de cent quarante espèces de mammilères*
lus aplatis; lia le aoot beaucoup aussi chez la grenouille, où leur ^aisseur est huit
dix fois moins grande que kur longueur. Lorsque ks globules du sang de la sala*
landre sont placés verticakment sur leur trandie , on n*y aperçoit ancoiie saiSîe
u milieu des deux bces latérales ; ib sont uniformément plats. Ceux de la gre-
ouille (1) montrent quelquefois, p^^. ^ p ^
lais non toujours «UstinGtement,
ne éléYation dans le milieu de cha*
une des faces latérales. La cause de
ette élévation est Je noyau contenu
ans rintérieur. Les globules dlip*
ques des oiseaux sont, à la vérité,
loîns plats que ceux i^es reptiles :
ependant ils te sont décidément
/aplatissement est tout à fait uniforme dans les globules de Thomme et des mam-
nif ères, qui ne portent pas non plus de bosse au milieu. Lorsqu'on les contemple
ouchés sur le côté, ils ressemblent à un trait court, obscur, d*égale épaisseur
•artout, dont les deux extrémités ne sont pas arrondies, mais se terminent d'une
[umière presque brusque, comme celles d'une pièce de monnaie qu'on verrait
ar la trancbe. Ils sont, chez l'homme, quatre à cinq fois aussi minces que larges.
Les globules du sang des reptiles nus sont les plus gros qu'on connaisse : ceux les autres rutiles, des poissons et des oiseaux ont des dimensions moindres. jeux de l'homme et des mammifères sont les plus petits. Chez les mammifères, ces :orpuscules sont surtout d'une petitesse remarquable dans la chèvre, sekm Prévost !t Dumas, dans le Mosckus javanus suivant Gulliyer. J'ai trouvé le diamètre de ear sarfiu:e chez l'homme ^ 0,0002S — 0,00035 pouce. £. Weber et ^'ollaston 'évaluent à 0,00020, Kater à 0,00023, Prévost et Dumas à 0,00025 (2). Ceux des »iseaux, observés à côté de ceux des grenouilles, sont plus petits d'environ moitié ; eux de la salamandre scmt un peu plus gros que ceux de la grenouille, mais non l'on tiers, et ils sont un peu plus allongés : ceux des lézards m'ont paru avmr à peu très les deux tiers du diamètre de ceux de la grenouille. Ces derniers, comparés h »ox de l'homme, sont environ quatre fois plus gros (3), en comparant leur dianètre transversal au diamètre longitudinal de ces derniers. Les plus gros globules^ lu sang que l'on connaisse sont ceux du Proteus anguinus {k).
Les globules du sang des oiseaux , des reptiles et des poissons contiennent dans
(1) La fifore 5 reprétenle, d'après Donné (Atla$ du Cour» de micro9copie, pi. II, fig. 8. pL IV, ig. 44), les globoles du sang de grenooille, dont le noyau central devient de plus en plus appa* en! par le séjour sur la lame de verre. La figure 3 les représente apr&s qu'ils ont été traités par *acide acétique étendu ; le nojau a été condensé par l'action de cet acide, et la vésicule est deeooe trmnaparente. Le grossissement est le même que pour les figures S et 3.
(3) Suivant Donné (Tours de mifrofcopttf, E>aris, 184^, p. 62) Jls ont de 1/120 à i/dS5 de oillioièCre, et les variétés qu'on trouve dans les observateurs à cet égard dépendent de ce que oos les globules o*ont pas' strictement la même dimension , laissant entre eax des différence» xxqprises dans les limites qui viennent d'être indiquées. (Note du trad,)
(3) Donné (tor. nf ., p. 70) les dit trois à quatre fois plus gros que ceux des mammifères, leur ^ran^ diaosètre n'ajant pas moins de 1/37 de millin)ètre, et le petit 1/75. (Note du trad,)
(à) Après ceux, du protée, les plus gros, d'après Van der Hœ?en (Amu de$ mt. imK., t. XV, ^ 35 ) , sont ceux du Cryptoànmchuê Jt/pomeuê , qui ont i/hi de ligne de long , sur 1/65 du argc. (KoU eu émil»)
\l'2 OLOItlLES Dt' SA?iG.
leur milieu uu uo%au qui se fait remarquer ptr ta couleur pim claire. On riprrçoit» uo» Keulenieiu dans les g^lobules du sang écoulé hors des rasseaux, ma» pH<iois iiiètne pendant la circulation, dans les capillaires de la grenouille examinés ao micro(»cop<\ Dans les globules elliptiques, il a presque toujours aussi la mené foniH* ; qiiekjucfois il est singulièrement allongé , comme chez la salamandre.
Les globul(*s de rhonmie et des mammifères ne bissent ordinairemenc apcrceveir aucun noyau : cependant la généralité de sa présence dans les autres cimes nnA pn)bablc que là aussi il existe. Je crois môme l'avoir distingué quelquefois, dm riiomnie, au moyen d*un certain mode d'éclairage. Peut-être, dans les classes supf^ incuries, n*e\iste-t-il qu'à l'époque de la formation des globules, et disparallHt tMisuite, comme il lui arrive de faire dans plusieurs autres cellules orgmiquo jMmnues d'un noyau (1).
l/>rs({u'on traite les globules du sang humain par du vinaigre-, sous le mîcravco|)e, ils disparaissent subitement, et il ne reste |4ns que de très petits grains, k r^rd desquels on est dans le doute de savoir s'ils sont ou non des noyanx <le gk)bul<».
Le ^ang de grenouille, tel qu'on Tobtient du c^eur même de ranimai, contint eiM*ore des corpuscules d'une autre espèce, beaucoup plus petits, qui ne s*y voint qu'en bi(>n faible (piantité : ceux-là sont tout à fait ronds, non aplatis, ci emînm qnatn*. fois plus |N*tits (|ue les globules elliptiqui»s (2). Ils ressemblent paifaîlement a:i\- granulations rares de la lymphe de grenouille, et sont, de toute évidence, des globules de IyHi|)lie, prevenant ou de la lymplie qui se mêle avec le sang, ou des globu'es du chyk*.
Tant que les globules du sang sont contenus dans le sérum de ce liquide, b matière colorante ne se dissout pas ; mais il n'en est plus de même lorsque de l'fïau entre en contact avec eux. Je n'ai trouvé rien de vrai dans ce que Home a dit (5) de l«i facilité avec bquelle ils se décomposent Quand le sang des manrniifèn^s a été fouetté, les globules consenf'ent leur forme, et plusieurs heures apri^s, même le lendemain, le^ meilleurs instruments niontrent que celle-ci n*a point changé , non plus que leur volume. Même au bout de vingt-quatre heures , rin |ires(|u<' ne s'est dissous dans le sérum, et celui-ci, qui ne forme qu'une couche d'une demi-ligne au-dessus des globules sus|)endus, est jaune et incolore (4). An
(1) Cette hypiHhirscost celle de Gulliver {Philos, de magai , 18&3, p. 107). Dooné (foc. of.. p. 68) dit n'avoir juniuis pu rendre le noyau sensible dons les globules de saug humaiB et de UHit autre mnminiri're, ni par PobserTation à Palde des meilleurs imlruments , ni par l*caiploi d*aucun réactif chimique ; il les considère comme formés d*une vésicule oontenaiit une ualltfe irmi- liquide. (Note eu tmé )
(}) Oulre les globules rouges , Donné admet encore dans le sang : i* des globales Usuel , sphériqurs , granuleux à la surface , légèrement frangés à leur pourtour, et un peu plos grM que les rongts, puisquMIs ont 1/iOO de millimètre {ioc, ciî,^ p. 83} ; 2® des glolnilins, oa pelilrs granulations blanches, anondies, n'ayant pas plus de i/SOO de millimèire, qu'il atlribôe as chyle et regarde comsM le> premiers élémenls des globules sanguins (/or. cit,^ p. 83).
,Soîe ém Irad»)
{^) PAi7<u. fi^nt., IStS.
(À) Suh-ant Donné {Uh\ cii.^ p. 85), le sang défibriné, laisiié en rrpos duns une éfiroivcllr, se sépare en trois couches : une ronge, considérable, qui occupe le fond du vase ; une antre liés mince , formanl une sorte de pelHcule grbMre, qui e»t ooropo>ee de globules blancs, et une iraisiènM , inoohire ou jaunâtre, formée par le &èrum. Vufc du trtid,) ■
CLOniILKS MI SKMl. 9^
oUaire, les globulofS à» la greuouittp tombent rapidomont au foixi dti s^nim de ur propre sang, qui les suniage incolore ; ils comenrent ainsi leur forme et leur lumt* pendant phisieurs jours, sans la mdndre altération,. lorsque le temps n*est « trop chaud. Ponr obtenir du sang de greiMMiiilc un sérum mêlé de globules, I enl&ve peu à peu le caillot, jusqu'à ce qu'il ne s'en ibnne plus. On se procure BRI du sénun contenant une grande quantité de fabules, dont le reste a été emîaonné par le cdllot £n cet état, lus globules qui restent dans le sérum peuv<>nr rvir à diverses expériences, dans lesquelles on étudie leurs changements avec k* cours dn nûcroacope* tandis que le sang frais ne peut, à cause du caillot qui s*y -odiiit^ servir k une démonstration dont le hot est de savoir commenft les globules I comportent avec des substances diverses.
L'eau pore liit subir instantanément un changement très remarquaMe aux gki^ nies du sang. Ceux de l'homme deviennent imperceptibles, leur petitesse ne (mtettant plus de distinguer quelle forme ils ont : cependant Us paraissent perdre ur aplatissement. Mais, avec ceux delà grenouille , tout est chir et bien visible, es qu'une goutte d'eau entre en contact avec une goutte de sang de cet animal, i voit aussitôt les globules devenir ronds, d'elliptiques qu'ils étaient, et cesser être plats, de manière que quand ils roulent, aucun d'eux ne présente un bônf ancbant à l'oeiL lieattcoop sont devenus irréguliers , inégaux , contournés ; la upart sont arrondis, mais sans régularité. Le noyau semble déplacé dans un -aoid nombre: il occtqw l'un des côtés, et non plus le milieu; parfois même il lanqiie entièrement ; mais ce dernier cas est rare , et paraît tenir à ce que cerins globules ont subi de la part de l'eau un changement violent qui a chassé le i>yau de leur intérieur.
L*eau dissout la matière colorante rouge contenue dans les globules du sang : est ce qui lait paraître ensuite ceux-ci incolores. Pendant cette ex|)érienc«, on .quicrt la conviction que l'écorce et la matière colorante rouge sont deux choses' »ut k fait dKfêrentea. Ei^effet, cette dernière se dissouttotalement dans l'eau enroonante, tandia que le liquide pénètre par imbibition dans l'intérieur des glolies et les enfle. J*ai vu l'écorce, devenue hyaline, être intacte encore an bout i vingt-quatre heures. Mais les corpuscules pâles sont très difficiles k distinguer à reconnaître t on peut les rendre de nouveau apparents par l'addition d'une ssolutiim d*iode, comme le dit Schultz.
Ijes globules du sang qui sont demeurés pendant plusieurs jours en contact avec >au y subissent une macération dont l'effet est de produire enfin la destruction Muplètc de leur écorce. C'est de cette manière que je suis parvenu h isoler tota^ ment les noyaux. Ceux-ci ne sont plus alors attaqués par Feau. Us se comportent rec les alcalis et les acides comme l'albumine coagulée et la fibrine : très solubles ins les alcalis, ils le sont peu dans les acides ; l'acide acétique ne leur fait subir icuu cliangement dans l'espace d'un jour, quoiqu'en d'autres circonstances il empare aisément d'un peu de fibrine, lis ne sont pas forniés uniquement de raÎKse ; car Simon assure que l'éthcr ne leur enlève rien lorsqne, après les avoir olés, on le traite par ce réactif.
L'acide acétique donne lieu , comme l'eau , i une réaction caractéristique, orsque je mêlais des globules du sang de grenouille avec line goutte de C4.*t acide, s paraissaient instantanément dissous, sauf leurs noyaux ; mais je n'en parvenais
9A r.tX>UJLES DU SANG.
pas moins à distinguer, inunédiateiiieat aotoar du noyau, les oontours milices f! très |)âks de l'enveloppe extérieure (1). Ce |)hénomène, d*aprè6 les obsen'atîons faites depuis par Schultz et autres, tient à ce que Faction de l'acide acétique M resserrer renvelo|)pe sur eUe-mOme. L'acide acétique,' comme l'etu, extrait b matière colorante, l'un en grippant l*envek)ppe, Tautre en la gonflant
Les acides minéraux et le ciiïore exercent une tout autre action sur les globales du sang; ils n'en dissolvent pas la matière colorante, mais la font coaguler dan les globules mômes, qui ensuite n éprouvent plus aucun changement de la part de Teau. La forme des globules ne change point sous Tinfluence des acides miriérauL Jjcs alcalis se dissolvent, tant le noyau que renveloppe. Les alcaloïdes narcotiqDes n'agissent pas sur eux. L*alcool ne les altère point : Û en coagule seulement la laitière colorante. Les sels neutres ne les dissolvent pas ; mais, d'après MEhscherlich. ils y déterminent peu à peu des changements de forme.
Huenefeld a fait le premier l'intéressante observation, répétée depuis par Simon, que la bile dissout Tenveloppc des globules. C'est la biline qiii produit cet eflet ; lorsqu'on emploie une dissolution de biline, les globules sont dissoo» sur-le-champ.
I..es gaz ont l'influence la plus prononcée sur la couleur du sang, et par consé^ quent sur celle des globules ; mais ils n'apportent aucun changement à la foroK de ces derniers. Le gaz oxygène et l'acide carbonique se sont comportés ainsi d» toutes mes expériences. Les globules, qui ont la même forme et la même grossrar dans le sang artériel et dans le sang veineux, ne changeaient pas non plus quand je liais et ensuite extirpais les poumons à des grenouilles , qui survivaient trente heures à l'opération, probablement à l'aide d'une respiration parla peau, comme les poissons dans les exi)érieuces de Humboldt et Provençal.
D'après tout ce qui précède, les globules du sang sont évidemment creux : au» Hewson et Schultz u'hésitent-ils point à les appeler des vésicules. Schultz les considère même comme des vésicules |)leines d'un fluide élastique, et aux parois desquelles adhère la matière colorante. Pour mou complexe pense que la matière colorante liquide forme le contenu des enveloppes incolores, et que, pendant b respiration, elle se teint en rouge vermeil par l'influence de l'air, sans que ce dernier reste dans l'intérieur des globules à l'état de gaz. Il faut se rappeler ici que les globules tombent au fond du sang de grenouille, par le fait de leur pesanteur siMV.ifique, et que, dans toutes les espèces de sang, ils sont plus lourds que le liffuide au sein duquel ils nagent.
Les recherches de Schwann placent les globules du sang parmi les cellules, telles qu'on les trouve, ou primitivement, ou d'une manière permanente, dans les parties organisées. Comme ces cellules, ils ont un noyau. L'enveloppe est la membrane {Ku-iétale. Le noyau paraît bien, dans les globules frais, occuper le milieu de la cavité intérieure ; mais ses rapports avec la paroi, quand le globule a été renflé par l'eau, rtont, comme l'a fait voir Schwann, les mêmes que dans d'autres cellules, c'est-à-dire que , le globule étant devenu sphérique , le noyau se trouve appliqué immédiatement à un point quelconque de la surface interne. Quand on fait rouler sous le microscope un globule qui a été renflé par l'eau, on constate la fixation du noyau, qui a cessé de se mouvoir dans la cellule. D'après les principes de la théorie celki-
(1) V&g. la figure &t d-dessvs, qui représente les globules du sang de la grenouille après qu'fls •Ht Mbi faction deTaeide acétique.
PrRRmK DU SANG. 9$
laire, la matière colorante est un contenu de cellules, anal(^e à ccltii d*autres cellules, dans lesrfuelles se répète si souvent la forme aplatie, comme, par exemple, dans celles de rcpithéliunau
La manière opposée dont les corpuscules du sang se com|K)rtent avec Teail et avec Tacide acétique, prouve déjà que leur membrane pariétale est susceptible d'une grande expansion et d'une foite contraction. Mais, lorsque, sur le vivant, on observe au microscope tes mouvements du sang dans les vaisseaux capillaires, il n*est pas rare qu'on reconnaisse clairement que ces corpuscules |X)ssèdeut un certain degré d'élasticité; car ils se resserrent quand le passage est étroit, s'allongent, et reviennent ensuite sur eut-mémes ai)rès avoir franchi Tobstarlr, phénomène déjà remarqué par les anciens dans les poumons des grenouilles, où il est plus facile que partout ailleurs de l'observer (1).
Liqaenr du sang.
On entend par liqueur du fumg (liquor, lympha mnguinis) le liquide incolore dans lequel nagent les corpuscules rouges, tel qu'il est avant la coagulation. Cette oxpression, qui n'est pas une création théorique, et qui par cela môme convient parfaitement, désigne tout ce qui, n'étant point à l'état de simple mélange, se trouve réellement dissous dans le sang. Au moment de la coagulation, la liqueur du sang se sépare en fibrine, qui auparavant était dissoute, et qui alors entraîne avec elle les globules; et en sérum, qui tient encore l'albumine en dissolution, (lotte séparation en deux parties, l'une liquide, l'autre solide, ne doit pas être regardée comme la destruction d'une combinaison chimique préalable entre la fibrine et l'albumine, combinaison dont rien n'appuierait l'existence ; mais elle tient aux qualités différentes dont sont douées les substances dissoutes dans la liqueur du sang. On ne saurait non plus regarder la fibrine comme im changement de forme de Talbumine, laquelle consisterait en celte môme fibrine combinée avec l'alcaU du sang, ainsi que le prétend Denis, dont Berzelins réfute rhy|)othèse, on faisant remarquer ([ue la neutralisation de ralcali du sang par l'acide acétique ne donne pas lieu à un précipité de fibrine : d'ailleurs cette hy|N>thèse est cnmbattue par la composition élémentaire de la fibrine et de l'albumine.
Fibrine.
Home, Prévost et Dumas considéraient le caillot rouge du sang comme une agglomération des globules et de leurs noyaux, c^mmc un amas de corpuscules de librine qui, débarrassés par le lavage de la matière cx>lorante de leur envelo;vpe, devaient rester sous là forme d'un caillot blanc. >Iais la fibrine a une tout autre Hource.
Hcwson a allégué de très bonnes raisons pour établir que la fibrine n'est point fontenne dans les globules, et qu'elle l'est, en dt^hors d'eux; dans le sang, (le dernier peut la renfermer, ou dissoute, ou divisée en petites granulations qui s'unissent
(I) Oo peut eoatalter mr l«t globules du sang des animaux sans vert^lires Touvrafe préeilé de Wafiarr, qoi cMidetat beanooop de fhits relatffH h ce snjei. \
onsotnbf^aD moment éu*h coaffulaUoii, cmiiiiie \o |H*ésunjaii Milno Edwatils (t;. Les ohiicrvaiious i»uivaiU08 4)rou\ciil qu*aiui>i que l*albuiiMU4s HIe c'sl ivciloiuotti disifouto dans la liqueur du sang.
Quand je lueltab U4io gouUc di^ sang pur sur i*objoc(if du niit'r(NMX)iK% et que je 1 étendais de séruui , de manière que les globules fussent toialtïiueDl (^vs elséiiarâ h*s uns dos autres, je pouvais me convaiucrc que, dans les interstice de ces globules, une substance auparavant dissoute donnait naissance à un caillot, |iar le moyeu duquel seul adliéraient eucore les uns aux autres les globules tout à fait distincls. Je parvenais ^insi, quelque dis|)ersés que fussent ces derniers, et quelque espace qu*U restât entre euK , à les d^'placex tous en môme temps, lorsque J€* saisissais avec une aiguille le caillot fibriiieux qui remplissait les interstic<».
Il y a cependant une manières plus facile encore et |)lus sûre de se com^incre qu<' la fibrine (*st dissoute dans le sang de grenouille. (]omnie les globules de cet animal sont environ quatre; fois plus gros que ceux de l'Iiomme (*t des mammifères, je conclus qu'un filtre les retiendrait peut-être, au lieu de les laisser \)^fisn comme ces derniers.
I/expérience peut être faite a^ec le sang d*une seule grenouille; im petit entonnoir de verre et un fdtre de papier Joseph sont les seuls ustensiles dont on ait besoin. Il faut naturellement commencer par mouiller le filtre, et il est bon aussi, apri*s y avoir versé le sang de la grenouille, d^ajouter rapidement une égale quantité d*eau. Ce qui traverse le fdtre est une liqueur du sang éteuduc d'eau , claire et })arfaitement incolore, sauf une très légère teinte de rouge, provenant de la watière colorante que l'eau ajoutée a dissoute. Cependant, comme la dissolution de rhématine du sang de grenouille par Peau s'effectue avec asM^ de lenteur, le liquide qui filtre est à peine coloré, et même parfois tout à fait incolore. Si, au lieu d'eau pure, on emploie une dissolution d'une partie de sucre dans deux cents |)arties et plus d'eau, ce qui passe est encore plus pur. En examinant le liquide fdtré au mî* croscope, on n'y découvre aucun globule, il s'y produit, dans l'espace de quelques minutes, un caillot Umpide, tellement clair et transparent, qu'on m; l'apor^it même pas, après sa foi*mation, à moins qu'cui ne le soulève et le sorte du liquide m moyen d'une aiguille. Ptm k ]Kai il se condense, et devient blanchâtre, fdamentettx: alors il ressemble parfaitement à celui de la lymplie. De cette manit»re, on se procure la (ibrine du sang dans le plus grand état de pureté, et telle qu'il n'avait jamais été |)ossib]e jusqu'ici de l'avoir. Il va sans dire ((u'on n'obtient |)as la totalité de celle qui est dissoute dans le sang : la plus grande partie se coagidc* dans Tintérienr du fdtre, |)arce ((uVlle n'a i>as le temps de le traverser avant de subir la coagulation. La fibrim' fraîchement coagulée n'est pas grenue, mais tout à fait honvigèue: c'est seulement apK*s (|u'elle s'est resseiTée et qu'elle a pris une teinte blanche, qoe le microscope composé y fait ap<M*cevoir de fx^tites granulations à peine distinctes.
Pour déterminer la quantité de l'albumine, ou fouette le sang : la fibrine dissoute se ]>rend alors en filaments, qui s'entortillent autour des baguettes* et les globulev demeurent dans le liquide, l'agitation les chassant du caillot La tibriae l)lanche qu'on obtient ainsi peut ensuite être dépouillée, par le lavage avec de l'eau, des globules et du sérum qui y restent adhérents.
(ij Cette ofMDion en encore celle de Decqucrel et Aodier, dont leurs Rtcherehes $mr la corn* potitioH eu sûHff ditH» Célai if Mute et de maladie» (Hazette méiictdt^ L XII, p. 761 , i%hk-)
KIRRINK lu SANC;. 97
:\J\'21 (q<ainR <lo sang i\o Ixpuf foiioii/» m>n on( donné 18 de ftbrînV mVhe: «Q^.') grains du m^mc sang non fouetré en ont fourni 6/il de caiJIot rouge sec, i* qui fail, |Mnir 1 00 inrties de sang, 16,2/|8 de caillot rouge sec, contenant 0,696 e lîbnnc. Suivant Fourcroy, le sang contient 0,0015 à 0,00^ de fibiine sèche : ,<>00 parties en contiennent 0,75 d*après BerzelinSf et 1,2 seJon Lassaigne. leranii a trouvé, d- après vingt-deux observations (1), que la quantité de la fibrine 'che était de 1 ,560 à 7,2S5 dans 1 ,000 parties de sang.
C>>mme le sang artériel nourrit, et que les organes fournissent continuellement e la lymphe, avec de la matière colorante dissoute , on doit s'attendre à ce que (^ sang contienne plus de fibrine que le sang veineux. C^est effectivement ce qui été obser\'é par Mayer, Berthold, Denis et moi-même. D'après Denis, la proporon do la fibrine dans les deux sangs est de 2k : 25 chez le chien, de 27 : 29 chez homme. Sui\'ant Berdiokl, elle est, chez la chèvre, de 366 : i!i29; chez le chat, Ti : 521 ; chez le mouton, de i!i75: 566; chez le chien, de 500 : 666. Dans une i> mes ex|)ériences, le sang artériel contenait 0,683 de fibrine, et le sang veineux .:i95. £n prenant la moyenne de toutes les observations , on a la proportion de 9 : 3/i |X)ur la différence du sang artériel c^t du sang veineux , eu égard à leur on tenu do fibrine.
Quant à la quantité des globules, il n'y a aucun moyen de l'évaluer sûrement, revost et Dumas avaient cru l'obtenir d'après la quantité du caillot rouge desséché, arce qu'ils partaient de la supposition que la fibrine du sang n'est autre chose ue les noyaux des globules. Mais ce qu'ils appellent la quantité des globules est la mime de ces mêmes globules et de la fibrine auparavant dissoute. Moyennant ette correction, les nombreuses déterminations de quantités que ces deux phyciens ont faite conservent leur valeur. lii même objection peut être faite aux nantîtes des parties constituantes du sang que Lecanu assigne aux divers tempeiments.
Si Ton détermine la quantité du caillot rouge dans 100 parties de sang, et qu'on I retranche la quantité de l'albumine dans 100 parties du même sang , ou a la iiantité des globules contenus dans ce caillot, phis une quantité indéterminable albumme, provenant du sénun renfermé dans celui-ci, et que nous n'avons aum moyen d'évaluer. Si l'on veut, au contraire, calculer la cpiantité des globules après celle de la matière colorante qu'on |M>ul extraire du sang , méthode (|ue ielqu(*s personnes ont suivie, on laisse de ciW et les envelopfK^s incol<»res qui «tiennent cette matière colorante, et leurs noyaux (2). Quand les globules s'abaissent au-dessous du niveau de la liqueur du sang avant
coagulation , la ))artie supérieure du caillot doit être blanche , et l'inférieure »uge, |)arce que celle-ci contient les globules. La première est la couenne {cntsta
'I) Transact, medic, 6 octobre, 1831, p. 92.
(f) Fii^icr {Annal€M de chimie, 18&Â, t. XI. p. 503) a trouvé qu*en employant nnedissolum de sulfate sodiqne marquant 16 ù 48 degrés à raréofoètre de Baume, et prenant deui voues de celte sololion pour un de sanp^, on peut obtenir que tous les globules restent à la surw du filtre. Ainsi , pour analyser le sang , on sépare la fibrine par le battage ; on ajoute la Holulion saline, et Ton filtre, afin d'obtenir les globules. On obtient Talbumine en coagulant liquide filtré parla chaleur. Quant Îk Peau, on lu détermine en évaporant un poids connu de ng. Les matières salines wnl dosées par différence. Pour tes détails du procédé, on consultera noie de Tanteur. ( Note du irad.)
98 FIBBINE DU SANG.
inflamfnatoria), qui se montre à la surface du sang dans les inflammations, dam le rhumatisme aigu , chez les femmes enceintes ou en couches, mais qui, chez certains animaux, les chevaux par exemple, se manifeste souvent aussi sans cause particulière. Comme le caillot se resserre après la coagulation , et qa*il exprime le sérum emprisonné dans ses interstices , la *couche supérieure blanche, qui est formée presque uniquement de fibrine, se contracte plus que la couche inférieure rouge, qui, indéj)endamment de la fibrine, contient aussi les globules rouges. Le diamètre de la première finit par devenir beaucoup plus petit que celui de la seconde.
On peut toujours reconnaître d'avance s'il se formera une couenne sur le sang, c'est-à-dire si la partie supérieure du liquide sera incolore ; car la condition, pour que ce phénomène arrive, étant que les corpuscules rouges s'abaissent au-deaMNtt du niveau du sang, la surCaice de celui qui doit se couvrir d'une couenne apparaîtra, a)>rès la coagulation, d'abord transparente, puis blanchâtre. C'est le sérum répandu dans la masse entière, et par lequel la fibrine est tenue dissoute , qui, avant la coagulation de cette dernière, acquiert une teinte opaline. Hewson et Babington (1) ont fait voir qu'on peut, avant la coagulation , enlever ce sémm incolore avec une pipette , et qu'il se coagule. J'ai constaté aussi le fait sur le saig d'une femme enceinte.
Quelle est la cause qui fait que » dans ce cas» les globules rouget s'abaissent avant la coagulation 7 On pourrait attribuer le phénomène à ce que, dans le cm où il s'observe, la liqueur du sang a une pesanteur spécifique moindre, proportioinellement aux corpuscules rouges. Mais aucun fait ne justifie cette hypothèse, oo, pour parler plus exactement, nous n'avons aucune connaissance de la proportionnalité entre la liqueur du sang et les globules, dans les circonstances dont il s'agit icL Hewson attribuait la couenne à la coagulation plus lente du sang inflammatoire, qui laisse aux globules le temps de s'abaisser au-dessous du niveau du liquide.
Pour apprécier l'hypothès^e de Hewson, j'ai fait une série d'observations sur diverses espèces de sang, et premièrement sur celui qui avait été fouetté. Je vouiaissivoir d'abord en combien de temps et j usqu'à quelle profondeur les globules s'abaissent dans ce sang, par conséquent dans le sérum pur. Le phénomène a lieu très lentement dans le sang fouetté de mouton et de bœuf, beaucoup plus vite dans celui du chat et de l'homme : chez ce dernier, par exemple, ils s'enfoncèrent de 1 ligne ei un quart d'heure, et de ^ à 6 hgnes en plusieurs heures. Mais ce fait n'est pas saffisant pour rendre raison de la couenne, quoique le sang inflammatoire se coagule plus lentement ; car la coagulation de ce liquide ne s'opère pas avec tant de lenteur, et cependant la couenne a quelquefois un demi-pouce d'épaisseur. Les globules s'abaissent beaucoup plus rapidement dans la hqueur du sang contenant eacore la fibrine dissoute que dans le sérum ou dans le sang fouetté, quand on a es son pouvoir de retarder quelque temps la coagulation , comme, par exemple, en ajoutant un peu de sous-carbonatc alcalin. Dans tous les cas, j'ai constaté que les globules du sang d'homme bien portant, dont j'avais retardé la coagulatioSi s'abaissaient d'une ligne à une ligne et demie au-dessous du niveau en cinq à fit minutes, et qu'au bout d'une heure ils s'étaient enfoncés de ^ à 5 lignes. Le liquik surnageant devenait peu à peu blanchâtre, et, quand je n'avais pas ajouté trop de carbonate alcalin, il se prenait en une fibrine molle et filante, qui, dans un cas,
(4) Medie, ehimnf. Trans,y vol. XVI, p. li.