‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 27 sur 185 · ANALYSE CHIMIQUE DU SANG · texte numérisé non relu

ANALYSE CHIMIQUE DU SANG

1^ ptyaline est très répandue dans l'économie animale, et se troavc dans d'autres liquides excrétoires que la salive, de laquelle son nom a été tiré. On a constaté sa présence dans la sérosité de plusieurs hydropisies et dans ceDe que ks vésicatoirés attirent Soluble dans Teau , à froid comme à chaud, elle ne Test pis dans Talcool ; les sels métaUiques ne la précipitent |]oint , non pins qiie les acides ; elle n'est point troublée, on du moins ne Test que très peu , par l'infusion de noii de galle.

Ijosmazômey ou extrait de viande, de Thouvenel, est soluble dans Teau chaude et froide, insoluble dans l'alcool chaud et froid, déliquescente à l'air humide, fusible à la chaleur, et précipitable de ses dissolutions par l'infusion de noix de galle. On la trouve en grande quantité dans la chair musculaire, et en moindre proportion dans la plupart des parties organiques : suivant Gmelin , elle existe aussi dans la salive, le suc pancréatique. Berzelius la regarde, non comme nur substance particulière, mais comme une combinaison d'une matière animale et et lactates ; on peut la séparer de ces derniers par le tannin, qui la précipite.

V albumine reste après qu'on a extrait les autres substances du caillot dessédié du sérum. On la trouve aussi dans la lymphe, dans le chyle, dans le blanc d'œof, dans le jaune d'oeuf, où est elle mêlée avec de l'huile, dans les sécrétion^ des nwnbranes séreuses, dans les liquides du tissu cellulaire, dans l'humeur aqueuse f( le corps vitré, dans le cerveau et les nerfs, où elle est accompagnée d'une graise phosphorée, dans le contenu des vésicules de Graaf chez les mammifères et b femme. Nous ne parlerons ici que de celle du sérum du sang. On la conndt soss deux états :

l*" A Vétat de dissolution. Elle parait être combinée avec de la sonde dam k sérum du sang, et former ce qu'on appelle un albuminate sodique. Benelnn or croit pas que ce soit la soude qui la maintienne liquide dans le sénun, parce qa'oi peut saturer l'alcali au moyen de l'acide acétique sans qu'il se forme de précipité. 11 faut, d'après Stromeyer, dix gouttes de vinaigre distillé pour opérer cette neutnlisation dans une demi-once de sang. Lorsqu'on évapore du sérum ou une dissolution d'albumine à une tem})érature qui ne s'élève pas jusqu'à + 60° C, l'albannne se dessèche, devient translucide, et peut se redissoudre ensuite dans l'eau ;i une température de 70 à 75° C. , elle se coagule, mais elle a perdu alors sa solubilité dans l'eau. Quand on la mêle avec beaucoup d'eau, la chaleur ne la solidifie plus; elle la convertit en granulations, et en un liquide lactescent, qui cependant, si on Tévapore, fournit de l'albumine parfaitement coagulée. Elle est coagulée jnt l'alcool, par les acides minéraux, par certains sels métalliques (par exemple d'étain. de plomb, do bismuth, d'argent, de mercure), par le chlore, par l'infusion dr noix de galle, et par une dissolution très concentrée d'alcali fixe, comme lorsqu'on verse beaucoup de dissolution de potasse caustique dans une petite quantité de s(M*um. Quand ou l'expose à l'action d'une pile galvanique, elle se coagule au pôle |H)siiif, non qu'elle soit un corps électro-négatif, mais parce que c'est là que se di'^gage l'acide du sel marin qu'elle contient Si la pile est forte, elle se coagule aussi au |)ùle négatif. Ce phénomène s'explique d'après la manière dont on a và plus haut qu'elle se comporte avec les alcalis.

Les précipités d'albumine produits par les acides minéraux, l'alcool, les sels métalliques, les sels terreux et le tannin, sont insolubles dans l'eau : ceux, au con-

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aire, de caséine auxquels les acides et Talcool donnent lieu, se redissolvent dans '^u. L'acide acédque ne précipite pas l'albumine, tandis qu'il produit cet eiTet ir la caséine et la chondrine. La dissolution acétique d'albumine est précipitée, tmme celles de fibrine et de caséine, par le cyanure ferroso-potassique. Gmelin a >servé que l'albumine des œufs était coagulée par l'éther exempt d'alcool, lequel her ne fait pas naître de précipité dans le sérum du sang. Si Ton m§le de l'albumine dissoute avec des acides ou.des alcalis, la portion qui

combine avec le réactif passe au même état que l'albumine coagulée, même rsque ce réactif ne lût pas naître de précipité, comme l'acide acétique, Fammoaque et une dissolution étendue de potasse ; la dissolution acétique est précipitée \T la potasse, et la dissolution alcaline l'est par les acides, absolument comme il rive à l'hématine.

Quand on met une petite quantité de sels métalliques dans du sérum, et qu'on outc un peu plus d'alcali caustique quHl n'en faut pour décomposer le sel, l'oxyde est point précipité, mais reste à l'état de combinaison soluble avec l'albuniino. Brzelius, (pii cite cette particularité, fait remarquer que telle est la manière dont vers sels ou oxydes métalliques, absorbés à la peau ou dans le canal intestinal, mt entraînés dissous par le sérum du sang, et éliminés parles sécrétions : ainsi, ir exemple, on a trouvé de l'oxyde mercureux dissous dans les liquides du corps, lez les personnes qui ont fait usage du mercure (1). Le chlorure mercnrique est n des meilleurs réactifs poiu* l'aUmnûne; il produit un trouble dans un Ûquide ni n'en contient qu'un deux-millième. Sa grande propension à se combiner avec p sel fait que l'albumine en est le contre-poison.

2** A Vétai de coagulation. Sous cette forme, l'albumine se comporte chitniuement comme h fibrine, si ce n'est qu'elle ne décompose pas l'eau oxygénée.

L'albumine ne diBère de la fibrine, au point de vue de la composition élélentaire, qu'en ce que, dans parties égales de protéine, elle contient autant de hosphore qn'dle, \ la vérité, mais le donl)le de soufre, ain^ qu'il ressort de l'auafw de MuMer : carbone 54,70, hydrogène 6,92, azote 15,8/i, oxygène 21,47, hosphore 0,35, soufre 0,72.

L'analyse de Berzelius nous indique la proportion de l'albumine aux autres paries constituantes du sérum. 100 parties de sérum de sang humain contienii(*nt 0,59 d'eau, 8,00 d'albumine, 0,4 d'osmazôme et de lactate sodique, 0,6 de chJonre sodique : dans l'albumine coagulée, il y a 0,41 de carbonates et de piiosliâtes alcalins, solubles dans l'eau. Lecanu a trouvé aussi, dans le sérum, du snlate alcalin, du carbonate et du phosphate de magnésie, et du phosphate de chaux.

Matière graise du sang.

Le sang contient rarement un peu de graisse libre, qu'on voit alors briller à sa urface ; la plus grande partie de la matière grasse qu'il renferme est combinée ivec la fibrine, l'hématine et l'albumine. Lorsqu'on |)rend du sang de bœuf fouetté, »t qu'on le fait bouillir avec de l'alcool, les premiers produits de la filtration con-

(1) AcTKNRBTB et ZiLLBB, daDs .Rkil's Àrchiv^ t. vin. -*- ScHUBABTH, dans Hoan'i iIrcAttf. IH3.% p. A17. — Cantu, Mem. di Torino, t. XXIX, i825é — Bucbhbr** Tomcoloqig, p. ^^S

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tii'iinoiii, d'après riiiioliii (1), de h clioleslérino, do ki sléariiic, de rolt'fiiieei et J acide slcariquc. Suivant Chevreu], la graisse phospliorée s*éU*ve à ^ ou 6-^-pov 100 dans la fibrine. Lccanu a ttx)uvé dans le sang une matière grasse crisuUifiaUe et une autre huileuse; la première s'élevait à 1,20-2,10 et ia seconde à 1,00-1,31 dans 1 000 partiel de sérum.

Lorsque le sang contient plus de graisse non combinée, les globules de ceit substance en rendent le sérum lactescent, comme il arrive souvent chez les jeiUM animaux, plus rarement chez l'homme adulte. t

Toutes les graisses sont remarquables par le peu d'oxygène qui entre dans M composition et |>ar la prédominance de carbone. Les graisses qu'on rencontvefe: l'état de liberté dans le cor|)s, la stéarine et Télaïne, qui sont toujours unies mf M^mble, ne contiennent pas d'azote. 4

Stéarine. filaltic. '

Oxygène 9,/i5/i 9;5iiH

Hydrogène. . . . 11,770 11,622

rirbone 78,776 79,030

(Certaines graisses sont, comme celles du sang, miies à d'auU^es matières anii elles cristallisent en partie par le refroidissement, contiennent de l'azote (et^ outre du phosphore dans le sang et le ceneau), et ne sont pas saponiûabics. espèces de graisses se rencontrent non seulement dans le sang^ mais encore le ceneau et les nerfs, dans le foie, et peut-être aussi dans quelques autres

Les matériaux immédiats de la plupart des solides du corps existent déj^ le sang, comme la fibrine, l'albumine, l'osmazome, l'acide lactique, ia oia grasse. Il n'y a d'exception que pour la colle ou gélatine , qu'on trouve daoi^ tendons, les cartilages, les os, les membranes séreuses, la peau et le tissu laire, surtout celui des muscles. A la vérité, Parmentier, Deyeux et Saissy avi cru apercevoir aussi la gélatine dans le sang ; mais c'était évidemment une La colle se produit quand on traite par l'eau bouillante les parties organiques ^ iennni'Ut d'être énumérées : elle est insoluble dans l'alcool froid et dans froide, ce qui la distingue de l'dimazôme; elle se dissout dans l'eau bouillantet,; M» j)rend en gelée jwr le refroidissement , même lorsqu'elle contient encore cinquante parties d'eau, et se redissout dans l'eau l)ouillante, ce qui la dis dv la rd)rine et de l'albumine. Klle se dissout peu à \ww dans les acides et les caiis. Le tannin, l'alcool, le chlorure mercurique, le sulfate platinique, le ci platinique cl le chlore la précipitent Klle n'est point précipitée par l'acide hydrique, l'acide acétique, racélate plombiquc, l'alun, le sulfate ahiminique, sulfate ferrique. Le cyanure ferroso-potassique ne fait pas naître non plus de cipité dans sa dissolution acide. Quelques j>ersonnes la regardent comme un produit de la décomposition des matières animales par la coction. On allègue que» d'après BerdioUet, de la viande qui ne donnait plus de gélatine par l'eau bouilr lante, avait la propriété d'en fournir encore après qu'elle se fut décomposée ÔM des vases clos, avec dégagement de gaz acide carl)onique (2). Cependant cett

(4) Chenue^ t. IV, p. 1163.— Comp, Doidct, Essai critique cl expérimental xuv te uinf, Parifs. 1833.

(tJ-'WiF.imoLT, (lansMRrKFL, Archii\ t. T. p. 20(î.

ANALYSE f:HI)IKiU£ UC S.iM;. 113

[Nnîon ne me parait pas fondée ; car les tissas d^^'-s ri-ilessos sont les seuls Bidonnent de la colle : ils doifVBt donc contenir défà une substance puiiculière. e nomrdles recherches auiqueiles je me suis li«Té (1; ont montré que cette dncance présente 4eft diflérances spédalea sahant ks parties d*où on Tobtient es cartilageset h cornée fournissent, par la coction, de la diondrine, qui ressemble lous égards à la ooDe ordinaire, mais qtii en diOerc essentiellement par les précikés qu'elle donne stcc Fahm, le sulfate almninique* Tacide acétique, l'acéute Ofnbiqiieet le snlfMe ferriqtie, qui ne précipitent pas b colle. Cette matière difrede k caséine en ce qa*im eioès d'alun redissout le précipité qoe le sel avait il naître, et qœ raddeaoélîqae en eicès ne redissout pas celai qu'il avait proil, ce qui est le ooatnire de ce «pieiait h caséine: de plus, elle se prend en iKe par le refroidiaseinent ; sa dissotaitionacide n'est poîm précipitée par le cyanre ferrico-potassiqiie, et h présmv on pepsine ne h coagule point (2).

(I) PMCEXBOwr'k AmmmUm^ U XXXVIII.

(S) U. MUIoa (Étmdmde ekimk oiyvuitfw, Lille, 1819) a bOroduU, dam l*aiialjie des èitaoccs oifanûiiict, un usofcsa proeédè» L*aoaljie éléaeDlaire det natières molles et Irides , qai compoaçpt les alincnlt et les prodoits de séoélkm asianle, présente deui olMtam^n éloifneiit la eélèrilè ««tant que la prtcirion des résolut». Jasqo*ici ces iBatî&m sont jÉsMiliiBint dcMèdiéet; la lentar d*aBe dejiiccition bieii coaiplètc est le pronîer obstacle ; Si! c'est lemoiadie. Loutre obstacle, eitiéBesent grate. consîsle ca ce qw Tévaporatioa, ine da balB-marie, pcnt produire «ae perte de ■■lifrf, dont oa n*a tenu jusqu'ici aucm Il 7 a telle ariae dont réfaporalioo , Bénafée aree le pins sraod soin • dissipe la moilié *û"*M»* ; d*aiitrai fois oa ae perd qoe le qoart oa le dnqiiièine de cet Mément, oo des dans lesquels II se treofc contenu. L*arine de rhomaie, acide, nonuale, éraporfe au ', an poids de cinq à sii graoïaKS, laisse s'éduipper une partie sensible de son aaole. qne la nMlRre des cacrfttnla, et la plupart des substances anioules ou Téfétales, Icarfswfaf En eourtqugncf , M. Uillon s*est déddë à tenter Tanalyse dircde des on des liqiddcs affaniqucs, sans éfaporatJon ni dessiocatiott préalable. On peut Toir M opuscule le praeédé qaH cosploie. Il a analysé de la sorte :i* Sang artériel d*nncbien den Jouis avec du lait à discrétion ; il j a tronvé : carbone, 9,22 ; aaole, 2,85 • 8,85; sdt» 0,89 ; osyftee, soufre, phosphore, 78,49 : total, 400. Ainsi, le sang tcUen, nourri éeni jours de suite atec du lait ^ contient le carbone et Paiole, & peu le mâmt i apport que rafanaine; mah il en dilRrc en ce quil a fixé sur le groupe de l'ttunuBe, nu poMs d*oijgène très considérable. M. MiRon considère provi- ( saag wedc ralbuaine fortenent osjdée. 2* Sang artériel d*un chien nourri den jouis aice en pain et de la viande , mélangés d*one grande quantité de matièm , IMl; ame, 3,92; hydrogène, 10,19; oijgène, soufre, phoiqihore et IXSS: total, iSt.Ge sangeoutientlerafiNmeetrasiMedans h* même rapport qoe l'albu- !; aais 3 eu diiSse en ee qu*ii faut ajouter au groupe élémentaire de Talbumine une dlqrdrogène. Ce socood sang est très fortement h}drogéoé, si on le compare au

iifi PROPRIÉTÉS or(;aniques iuj sanc;.

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