PROPRIÉTÉS ORGANH^UES DU SANG
orçanos cimiJatoîrcs ( persistance du canal artériel entre Fartère pulmonaire et Taorte, ou du trou de Botal dans la cloison des ventricules ) , les deux sangs sont toujours mêlés en partie Fun avec Tantre. I^ nutrition et la sécrétion souiïrent peu ou point alors, qaoique la peau ait une teinte plus foncée et bleuâtre ; mais la force musculaire manque, les moindres efforts causent des accès de suffocation, (les défaillances, même Fasphyxie ; Fappétit sexuel ne se développe pas, la chaleur est moindre ; il y a une disposition aux hémorrhagies , même à des pertes de sang mortelles (1). Ce qui démontre que les fonctions organiques et nutritives dé- [lendent moins du sang artériel, c'est que les sécrétions sont quelquefois accom- )lîes par des organes qui reçoivent non seulement du sang artériel, mais encore, ;t en plus grande quantité, du sang veineux. Ainsi la sécrétion de la bile se fait m partie aux dépens du sang veineux de la veine porte, et celle de Furine, chez es amphibies et les poissons, presque entièrement aux frais du sang des veines -énales afférentes, qui, dans ces deux classes, existent indépendafnment des veines énales efférentes et des artères rénales.
La ligature de tous les troncs artériels d'un membre su[^me la faculté motrice, i finit par amener une mort locale. Les pertes abondantes de sang font tomber nssitôt les animaux supérieurs en asphyxie ; mais les animaux à sang froid sitpiorient longtemps la perte de la plus grande partie de leur sang : les grenouilles hent même plusieurs heures encore après qu'on leur a enlevé le cœur, et n'en ontinuent pas moins d'être aptes à tous les mouvements. Des parties qu'on a seorées du corps, et qui paraissent flasques, comme le cœur devenu déjà immobile 1m grenouilles, dans les expériences de ilumboldt, |)araissent même se ranimer ■squ'ài un certain point par l'immersion dans le sang, et le sang entretient longemps le mouvement vibratilc des cils microscopiques de certaines membranes ■aqueuses détachées du corps, ainsi qu'il résulte des observations de Purkinje et le Valentin.
Prévost et Dumas ont fait voir que le sang ne manifeste pas tant son influence rivifiante par le sérum que par les corpuscules rouges qui y nagent Si , après avoir vidé les vaisseaux d'un animal jusqu'à ce qu'il tombe en syncope , on y introduit le l'eau on du sérum à 30*", on ne rappelle pas la vie ; mais, si l'on prend du sang le la même espèce, on voit l'animai se ranimer sensiblement à chaque ondée, a finir par se rétablir. Ces expériences ont été confirmées par Dieffenbach et liKhoff (2).
La revivification a lieu, d'âqprès Prévost et Dumas, Dieffenbach et Bischoff, alors vaème qu'on a dépouillé le tsitg de sa fibrine, en le fouettant, et qu'on n'injecte |a'un mélange non coagulable de globules et de sérum. Comme les globules n'ont ■bi aucun changement dans le sang fouetté, on devrait, dans les cas peu nombreux oii une infusion de sang dans les artères d'un être vivant serait justifiée, Utressaire même pour cause d'anémie , préférer du sang battu , dépouillé de sa Sfcrine, et porté à une température convenable. Ce sang est et demeure complètement liquide. On éviterait ainsi la principale difficulté de la transfusion , la facilité >î<T bcpielle le sang se coagule en passant d'un sujet dans un autre.
(t) Foy. nn méiBoirede Nasse sur ce sajet, dans Reil*s Arckir, t. X, p. 213, (3) DicFFE.^BACV, Die Tranêfution des RIhIcs, Berlin, 1838.
lld PROPRIÉTÉS ORCiAMl^UES DD %kfH\.
I>> sang d'une autre oiqpiùf o , clont les globules ont la même forme « mais an tolume diflérent , ne produit qu'un rétablissement incomplet , et crordînaire Taninnl meurt en six jours. Le pouls s'accélère , la respiration demeure normale , b chaleiir baisse très rapidement, les excrétions sont muqueuses et sauguuoleiites» les fonctions intellectueUes ne paraissent pas changées. Chez les grenouilles; la transfusioi du sang iouetté des trois classes supérieures a régtilièrement été suivie de la mart au bout de quelques heures, dans les expériences de Biscbolt La circulation sr montrait toujours prompumnent aftiiblie. Les suites ordinaires de Topératioi étaient des exsudations de sérum et même de globules, tant du sang injecté que de celui de l'animal lui-même. Au reste , le caractère artériel ou veineux du sug doit être pris en considération dans la transfusion. Du sang veineux de mammifev que Biscboir avait injecté dans la veine d'un oiseau détermina de graves acddenli, semblables à ceux du plus violent empoisonnement , tandis que du sang artériel de mammifère fut -supporté (1).
Manifestation d'activité dans le sang lui-mCme.
I^ sang doit incx)ntostablement être considéré comme jouissant d'une vie intriii* S4*que; mais juMfu'ici on n'a pu |)arvenir à signaler un seul phénomène visible par l<K|uel cette \ic se manifestât. Lorscfu'on observe, à la lumière dtiïuse, des partin transparentes parcourues par du sang, afin d'éviter les illusions causées par la réfraction que les rayons solaires éprouvent en traversant une partie animale transparente , on ne remarque jamais dans les petits vaisseaux la moindre trace d*n nuHiv(>ment s|K)ntaué des molécules du sang, aucune attraction ou répulsioD, nà des globules, soit du licpiide. Si, au contraire, on emploie la lumière directe «h soleil, ri mage cesse d'être nette, h cause des inégalités de la substance et de h mulliuide des coq)uscules sanguins, qui agissent comme autant de lentillraL Oi ne voit plus couler devant soi des granules, mais on aperçoit une sorte de fluBhoiement général , qui souvent ne permet même pas de distinguer la direction As courants. I^ même illusion a lieu ([uand on fait couler, à la lumière solaire, ■ liquide contenant des globules, du lait, par exemple , sur le porte-objet du » cn)sc4)pe , ou aussi de l'eau claire sur un objectif en verre dépoli. La substuff grenue des parties animales fait l'eiïet du verre dépoli. £n traitant des vaiaaMi capillaires, nous parlenms d'une force propulsive qu'on a faussement attribuées sang, force en vertu de lacpielle aurait lieu son mouvement pendant la circubtioii et qui continuerait même d'agir lorsque la puissance du cœur est éteinte.
Le petit déplacement que les globules éprouvent, pendant cpielques secoodeit dans ime goutte de sang étalée sous le microscope, a été regardé comme m
(1) Moftun's ArcÂiv^ I8S5, p. 847; 1838, p. 351. Une injection d*air dans les feiiMsM aniaMl Tivant cause presque toujours la mort sur-le-champ, en mettant obstacle ù la cln:«MlK dans les petits raisseaux et le cœur. Cependant de très petites quantités, non seolementlVlF atmosphérique et de gaz oxygène, mais même de gaz irrespirables, comme Taiote, rti|l d'azote, rhjfdrogène carboné, Tacide carbonique, l'oiyde carbonique, ont été injectées p« Nysten , sans que la mort s'ensuivit. Le gaz nitrcux, i'iiydrogtnc sulfuré , Tammoniaque cl k chlore ont seuls été mortels d'une manUre absolue. Nystp.x, Hecheirhe» de jthy»ioio§k cf * chimkfatkolos^qut* Paris^ 481t.
PROPRIÉTÉS or<;amouë$ hu sam;. 117
iiM)u\t*iiK*iU automatique par quoiquos personnes. (>|)endaiit on jwut apercevoir
o' |)lu'non)èue meine dans l<»s gouttes d'un sang qui a M tiré du corps depuis
bugtempi». Si, par exemple, on préparc, avec le sang de grenouille, un mélange
(le globuk*s et de sérum , dont la fibrine ait été enlevée par Fagitation , et qu*au
bout de douze à vingt-quatre heures on en mette une goutte sous le microscope ,
ou voit les globides s*y mouvoir, absolument de même que dans du sang frais. (]e
mouvement ne peut donc point être vivant. D'ailleurs, des observations de ce genre,
lûtes sur des animaux à sang chaud, ne prouvent rien , à cause du mouvement
qui peut provenir de réva|X)ration. Kn outre, le petit changenH*nt de forme i|u'une
ffNitte de liquide ipielconqiie c^u'on étale sur une plaque de verre éprouve sur les
konL», parfois a\ec rapidité, et peut-être aussi rabaiss(*nu*nt des globules du
aiig, jouent un grand rôle dans la production du phénomène. Kn(in,il n'ivt
pas Mur|)renant qu*à Tinstar de tous les cor]msculc*s, les globules du sang entrent
m iiH)u\ émeut au voisinage des membranes vibratiles , conmie celles des organes
génitaux, des organes respiratoires, etc.
Si racti\ité vitale dans le sang n*est rendue accessible à nos sens par aucun phéiKMiH'ne dont li*s parties constituantes de ce liquide soient la source , elle n'en est (as moins dénnmtrée par des faits généraux incontestables. I^ sang manifeste des propriétés organiques, et il y a , entre lui et les parties organisées, un conflit vivant auquel il prend part tout aussi bien que les organes eux-mêmes. Qu^on frictionne la peau, ou qu'on l'excite d'une autre manière quelconque, on la met dans un état tel , que le sang afilue en bi^aucoup plus grande (|uantité dans ses ptits vaisseaux , et produit les phénomènes de la turgescence vitale. I^ fibrine du sang qui exsude pendant l'inflammation est d'abord liquide, et produit de fausses membranes en se solidifiant ; mais elle s'organise en vertu d'un conflit entre elle et l'organe qui la laisse échapper, et acquiert ainsi du sang et di*s vaisseaux. Le sang a donc déjà des propriétés vitales à lui appartenantes
Une circonstance qui mérite surtout d'être prise en considération lorsqu'on veut M faire une juste idée des relations vitales du sang, c'est l'acconl qui règne entre In globules de ce liquide et les éléments primitifs de tous les tissus. Les uns et les autres sont des cellules pourvues d'un noyau : ils ne diflèrent qu'en ce que, dhns le sang, les éléments organiques nagent au milieu d'un liquide, tandis que. ëms les solides vivants, ils tiennent plus ou moins intimement les uns aux autres. Mais, même à ce point de vue, il n'y a pas de ligne do démarcation bien tranchée, car les particules animées et actives de l'œuf di^ animaux sont aussi des cellules, qu'aucun lien étroit n'unit ensemble dans le jaune, où elles nagent égalenent au sein d'un liquide. Or, que les cellules soient elles-mêmes douées de la vie, c'est ce qu'on reconnaît, d'un côté, à l'indépendance de leur accroissement, puisque c'est d'elles que d'autres tissus naissent par végétation ; d'un autre côté, à ce qu'elles procréent leurs semblables hors d'elles ou dans leur intérieur. Certaines cellules, comme celles du cartilage, produisent , dans leur intérieur, de jeunes cellules provenant de noyaux nouveaux qui se forment; d'autres, comme celles de la corne, ne naissent qu'à côté les unes dos autres, aux dépens d'une matière aptf à goriiKT, d'un cytoblastome dans lequel se forme d'abord des noyaux ((ui deiieiment ensuite des cellules, de sorte que partout un noyau est générateur de cellule, ou cytoblaste. Mais la base de toute nouvelle formation quelconque est la
118 paoPRiÊTÈs ok(;aniquhs du sang.
matière plasMque liquide, le cytoblastèine, quc^ celui-ci soit coiileuu daus l'iuii'rieur des ceiluk*s ou situé iiors d'elles.
Cette loi de foimatiou, que Sclileideu a découverte |K)ur les végétaux, ei Scliw'anB pour les auîmaux, assigne aux globules du sang une place déterminée dans Tensemble de la vie organique. Elle nous apprend que nous devons leur attribuer ks mêmes propriétés vitales générales qu*à toutes les autres cellules. Or, ces propriétés générales sont uo conflit vivant des cellules, tant entre elles qu*avec des cellules d*autre espèce, mec des particules de tissus d organes, la faculté de métamorphoser le liquide ambiant (action métabolique), et le déploiement d'actions vitales particulières, liées à leur structure et à leur composition chimique. D'après cela, la liqueur du sang est le cytoblastème propre du sang, mais elle joue aiisa le rôle de cytoblastème à l'égard de tous les organes qui tirent leur nourriture di sang ; car, autant il est certain que les globules du sang ont une conformatioB générale semblable à celle des cellules primitives d'autres parties, autant il l'est qu'aucune partie de tissu ne naît jamais des 'globules du sang. La nature semble les avoir desiinés ài entretenir, |K;udant la circulation du sang , un conflit vivant général entre toutes les cellules, entre toutes les molécules de tissus provenant de cellules, et à communiquer, par ce conflit, à toutes les molécules orgauii]ues lexcitement qu'eux-mêmes ont reçu {lar la respiration en parcourant les voies circulatoires.
Formation du sang.
Les matériaux de la formation du sang sont, chez l'adulte, le contenu des vais* seaux lymphatiques, la lymphe limpide et le chyle blandiâtrc qu'ils amènent dans le canal thoracique, et de là dans le sang, la première, chargée des matériaui nutritifs qui proviennent de l'intérieur même des parties oi^anisées , le second , de ceux dont les lymphaticfues se sont emparés dans le canal intestinal. La lympbe et le chyle contiennent de l'albumine et de la fibrine, toutes deux à l'état de dissolution.
Au moyen do ces substances, la lymphe ressemble tout à fait à la liqueur claire qui constitue le sang, [XHirvu (lu'on fasse abstraction des globules rouges. On a donc plein droit de dire que la liqueur incolore du sang est, en quelque sorte, la lymphe de ce liquide, et l'on |Xîut soutenir que la lymphe est du sang sans corpa»cules rouges, que le sang est de la lymphe avec (l(*s corpuscules rouges. L'albumine du sang prend sa source dans l'appareil digestif, d'où elle i>asse daus les vaisseaux lymphatic^ues. Les aliments digérés amtiennent, dans le canal intestinal, de l'albumine dissoute, et point de fibrine coagulable ; celle-ci ne se forme que dans les lymphatiques. Iji lymphe et le chyle contiennent moins de parties solides que le sang, et surtout moins de librme: il n'y a que 0,17 — 1,75 de iibriuc sèche dans iOO |)arties de chyle, suivant Tiedemann et Gmelin. Le chyle contient de la graisse libre, qui paraît contracter des combinaisons dans le sang; le fer y est moins enchaîné aussi que dans le sang, puis^fue, selon Kmmert, on peut démoBtrer sa présence |)ar la teinture de noix de galle, après avoir traité le chyle par l'acide azotique.
La lymphe et le chyle conlienneul aussi des granulations. Les granulations ex* trêmeiuent éparses de la iyui|)lie coagulable de grenouille <(u'ou oblieut quelque-
rROPlUÉTÉS OKGANiOliES DU SA.^<;. 119
fois (1rs es|)a«'s lyiiiphatîqurs !$oiis-ciitan('*s de la ciiissr, sont einirou trois ou (|uatre fois plus petites que les g;lobulès elliptiques du sang de ranimai, et elles égalent en volume les noyaux elliptiques de ces globules. (Cependant elles n*ont pas une fonne elliptique, ni encore moins une forme allongée, comme les noyaqx des globules du sang des tritons, mais sont tout à fait rondes. J*ai trouvé, chez la tortue, ies mêmes rapports de g^ndeur entre elles et les globules du sang.
Il y a, dans le chyle des mammifères, des globules é§ deux espi^ces. Ceux de graisse, qui, d'après Tiedemann et Gmelin, donnent aujrtiyle sa couleur blanche» se dissolvent quand oii traite ce dernier par Téthcr. D'^kitres sont analogues aux granulations de h lymphe, et c*«st d'eux qu'il dépend que le liquide soit encore trouble après Textraction des particules de graisse par Téther (i). Lc*s C4>rpuscules proprement dits du chyle sont, la plupart du temps, plus petits que les globules du sang chez les mammifères; je les ai vus tels chez le veau, la chèvre et le chien. Il est plus rare de les voir égaler ces globules en volume, comme je l'ai observé chez le cliat, ou même les dépasser, ainsi qu'A arrive à quelques uns d'entre eux chez le lapin (2).
Probablement les globules du sang se forment des granulations de la lymphe et du chyle, de la môme manière que les ceUules naissent de leurs noyaux. On |)eut le conclure des observations de Schullz et de Gurlt, qui ont vu dans le chyle du canal thoracique des mammifères, outre les globules grenus de la lymphe, de véritables globules sanguins colorés» £u elTet, le chyle est déjà évidemment roligeâtre dans le canal thoracique de certains animaux, par exemple, des chevaux. Otte conversion des granules du chyle en corpuscules pounus d'un noyau a été récemment établie par II. Nasse , qui , dans ses nombreuses observations, a eu occasion de voir les divers degrés de transition (3).
Ijà formation de l'hématine dans les globules du sang dépend manifestement de la force métabolique de leurs cellules. Hewson pensait que l'enveloppe rouge se forme dans les lymphatiques de la rate, dont la lymphe est quelquefois rougeâtre. Opendant l'extirpation de la rate ne porte aucune atteinte à la formation du sang, et l'on ne peut songer à une compensation de la part des glandes lymphatiques, puisque ces organes, qui d'ailleurs n'existent pas chez les animaux k sang froid , ne sont eux-mêmes que des lacis, des réseaux de lymphatiques afférents et eflérrenis. €e qui peut s'y fonner peut également se former dans le système lympha* tique tout entier.
Le développement de l'embryon dans l'œuf d'oiseau prouve que la fomiatioo du sang ne dépend d'aucun organe particuli(T. Le sang se produit dans le blasto^
(1) Foy. MciLLBB, dans PoccBifDORPP^s Ànnalen^ 4832, p. 8. — C-H. Sciil'ltz, Sygfem der Circàintion» Stuttgtrdiv 1896. — Bischopp, dans MvEthtn's Archir, 1838, p. Â07.
(3) Campm R. Washes, dans Heckbb*s Auttalen^ 183&.— Schvltz , loc. cit, — H. Nasse» LmterêmckmMfen zur Physiologie und Pathologie, I. II, p. 1.
(3) 0« se peut se procurer la lymphe pure et le chyle pur nécessaires auK observations micrafco|Nqiies qa^en kf tirant des vaisseaux et des espaces lympliatiques des animaux, par cienpie des espaces lymphatiques sous-culanés de la grenouille , de ceux de Torhile des poissons, drs gros vaisseuiix lymphatiques de la tortue , et enlin , pour le chyle, du canal llioracique. La ■elhode qui cMofate à exprimer le Kquide des glandes lymphatiques peut aisément entraîner à (ks errcorf , puisque le tissu de ces glandes elles-mêmes est formé de cellules ù noyau.
120 PROPRIÉTÉS OR('AMQUES DU SkMi.
derme avaut que les vaisseaux, avant que les glaudcs soient formés. Oiidécou>re bientôt, autour du nidimcut d*embryon qui apparaît au milieu de cette membrane, un cercle transparent, areapelhœida, taudis que la partie extérieure du blastoderme demeure opaque ; cette {)orti(m opaque ne tarde pas <i se partager aiusi en dco\ champs circulaires, Tun externe, l'autre interne, ce qui, chez Foiseau, a lieu dans l'espace de seize à vingt heures. Entre les deux champs se trouve com|)ris un segment de la portion opaque du blastoderme, qui entoure l'arma peilucida , et qu*on nomme area vasci^psûy parce que c'est là que le sang et les vaisseaux se forment Aussi loin que s*étend Varea vasculosa , on ajierçoit^ dans le feuillet moyen du blastoderme , une couche grenue qui ne tarde pas à se diviser en âes grenues et en gouttières pleines de granulations, les futurs conduits vasculairei L'apparence grenue du blastoderme est due aux cellules dont il est formé, i^es premières cellules sanguines ne différent en rien, suivant Reichert, de toutes les autr» Cellules ; elles sont rondes avec un noyau finement granule , et un nucléole : on distingue alors de fmes granulations dans leur intérieur. Selon Schultz , le noyau des globules sanguins est la partie qui apparaît la première, celle autour de laquelle se forme une vésicule.
Fig. 6 (i). INous possédons de Dom-
i. ^ breuses observations aysnt
^ trait à la difllérencc de
f >^~ o ^^ S^ ^P forme qui existe entre b
• ^ ^ 9 ^V V ^^ ^ ^ globules du sang de Vm-
^ boa d % bryon et ceux de l'adulte.
Ces observations ont été faites par llewson, Dœllinger, Schmidt, Prévost et Dumas, Baumgaertner, et Ë.-H. AVeber. Prévost et Dumas ont vu, dans l'embryon d'oiseau, ces globules ronds jusqu'au sixième jour; ensuite ils conunençaient à devenir plats et clli[h tiques, et le neuvième jour tous étaient elliptiques.
L'élimination de certains matériaux du sang contribue beaucoup à uiaintenir intacte la composition de ce liquide. Ici se range l'éjection de celles d'entre ks substances introduites dans l'économie qui sont ou sufXîrnues ou incapables de servir, comme l'eau (par l'exhalation pulmonaire, la transpiration cutanée et l'urine), les matières minérales mêlées aux aliments (la {ilupart du temps pv l'urine), et celles qui contiennent un excès de carlwne, d'azote, d'oxygène oo d'hydrogène; ces dernières s'échapi)ent par les poumons (acide carbonique), oo par le foie (combinaisons carbonées et hydrogénées), ou jwr l'urine (combinaisons azotées). I^ composition du sang peut aussi être altérée i)ar des produits de décomposition qui , se développant dans l'oi^ganisrae, passent dans le sang et reo-
(1) Corpuscules du sang d*un embryou liumain de trois mois ; grossissement, 300 diamètres; d'après Kœlliker. A, corpuscules incolores, ù noyaux, du sang du foie : a, gros corpuscule à ncqratt avec un fluide clair et des granules dans son intérieur; b, corpuscule plus petit, d*où lesgraniild ont disparu ; r, corpuscule pftle ù double noyau avec des granules; <£, corpuscule à double noyw, légèrement coloré ; e, corpuscule à noyau simple, légèrement coloré, d'où les granules ont dis* paru. B, corpuscules légèrement colorés, à noyaux, du sang du foie : r/, avec doux noyant; 6, avec un ; r, avec trois. C, corpuscules foncés, ù noyaux, du sang de l'aorle : <i, un gros avec une légère dépression; b, un plus petit; r, un vu de cdté; d, uu plus petit avec un noyan étranglé.
^dd
PROPRIÉTÉS ORCiA.M(^»UES DU SANG. 121
dent uécessaire uu travail .d*élimiuatiou, ce qui paraît être le cas de cerlains principes couatituants de Turine. D'après cela, ou comprend comment la composition se maintient, une fois qu'elle a été établie.
Hue autre question est celle de savoir si le rejet de certains matériaux des substances nutritives introduites dans le sang contribue d'une manière essentielle à Tétablisseuient primordiai du mode de composition propre k ce liquide.
L'acide urique, produit riche en azote, doit incontestablement prendre place ici , du moins en partie, puisque sa quantité dans l'urine augmente sous l'influence d'une nourriture azotée ou animale, et qu'il est remplacé par l'acide urobenzoîque dans l'urine des mammifères herbivores.
L'urée, d'après la découverte de Prévost et Dumas, n'est pas formée de toutes pièces par Toiigane chargé de son élimination ; ou la trouve dans le sang après l'extirpation des reins , de manière que ce qui empêche qu'on ne l'y rencontre avant l'ablation de ces glandes , c'est qu'elle est continuellement entraînée par elle au deliors. Le sang des animaux opérés était plus aqueux, et contenait de l'iu^ée, qu'on en pouvait extraire à l'aide de l'alcool Cinq onces de sang d'un chien qui avait \écu deux jours sans reins donnèrent plus de vingt grains d'urée; deux onces de sang de chat en fournirent dix grains (1)* Vauquelin et Ségalas ont confirmé cette découverte (2) : le sang fut desséché, le résidu lavé, l'eau évaporée, la masse restante traitée par l'alcool, et la nouvelle dissolution évaporée à son tour. Il y a ici une précaution nécessaire à prendre , c'est de laisser l'eau s'évaporer à froid , dans le \ide, auprès d'un vase contenant de l'acide sulfurique. Vauquelin et Ségalas obtinrent ain« ^J^ d'urée du sang d'un chien dont les veines furent ouvertes soixante heures après l'opération. L'acide urique et l'urée sont les substances organiques les plus azotéfis qu'on connaisse : l'urée contient, sur 100 parties, /i6,65 d'azote, 19,97 de carbone, 6,65 d'hydrogène et 26,63 d'oxygène. Quanta l'acide urique, on ignore s'il existe déjà dans le sang, et s'il est simplement éliminé comme produit de décomposition, ou s'il se forme dans les reins : cependant on sait que, chez les goutteux, le sang dépose de l'urate sodique dans diverses parties du corps, par exemple au voi»nage des articulations, dans les tophus.
(Jomme l'urée existe déjà dans le sang lui-même, on peut admettre ou qu'elle se forme, comme combinaison incapable de servir, |)eudant la conversion des matières nutritives en principes constituants essentiels du sang, ou que c'est un produit de la décomposition des parties organisées. A l'appui de la première hypotlièse, il pourrait être allégué que Tiedemann et Gmelin, dans leurs ex|)ériences sur le chyle, ont vu le chlorure sodique, mêlé à l'osmazôme du chyle, cristalliser en octaèdres, et ncni en cubes , changement semblable à celui que l'urée détermine dans sa forme cristalline (5). Mais d'autres circonstances la rendent peu probable. En effet, U se forme de l'urine chez les reptiles mêmes qui ont jeûné pendant plusieurs mois, et Lassaigne a trouvé l'urine semblable à celle d'un liommc en santé chez un aliéné qui avait passé dix-huit jours sans manger (k). D'ailleurs, chez les oiseaux herbivores, dont les aliments ne contiennent que très |)eu d'azote, l'urine n'est point
(1) BibluHh. UHiv,,U XVIII, p. 208.
(2) MAGK.^oie, Journal de physiologie^ t. II, p. 35^.
(3) Hecherck, expérim» «iir la digestion y L 11, p* 9S* (5) Journal de ekim, médic^t t« If p* 272.
122 PROPRIÉTÉS ORGAMOUES DU SAîîO.
pauvre en princii^es azotés, comme Furéc. A la vérité, il est certain que Vunnv entraîne* continueUement au dehors ce qui, dans les aliments, ne peut servir à la nutrition , et quelle change suivant la nourriture , que par exemple elle C4)ntj(*nt davantage diacide unque sous influence d*un régime animal. Chez les oiseaux qu'on nourrit de substances non azotées , les excréments sont peu chargés de matière blanche, d'acide urique ; ils en contiennent bien moins que quand on nourrit ranimai d*albumine (1). De même, l'urine diiïére chez les herbivores et les carnivores; car, chez les premiers, l'acide urobeuzoïquc y remplace l'acide orique, et, au lieu d'être acide, elle est alcaline ; l'urine des oiseaux contient du sur-urate d'aïumoniaque, et il n'y a pas d'urée dans c^lle des oiseaux herbivores. Opendant on ne saurait mettre en doute que certains princi|)es constituants de l'urine tirent leur origine de la décomposition soit du sang, soit des parties organisées.
Ainsi, comme il parait certain que les produits de l'urine ne sont pas éliminés du corps dans l'unique vue de maintenir la composition normale du sang, on peut admettre qu'il se produit de Turée aux dépens des parties mises hors de service du sang ou des organesi, ou que, pendant le conflit, nécessaire à la vie, qui a lieu entre le sang artériel et les organes, certains principes constituants du sang ou de ces derniers ])ass(*nt à Fétat de combinaisons incapables de sen ir, c'est-à-dire sont déconiiK)»és.
Au reste, la formation de produits de décomposition commence déjà de très bonne heurta chez l'embryon. A la vérité, les reins n'apparaissent que vers le sixième jour dans l'œuf d'oiseau couvé, et, d'après mes observations, ou ne les aperçoit, chei les poissons et les salamandres, qu'après la cessation de l'état embryonnaire, et quand l'animal passe à l'état de larve. Mais ils sont remplacés de très bonne heure par d'autres organes excréteurs, les corps de Wolff. Ces corps, dont Rathke et moi avons donné une description exacte, et qui se composent d'espèces de ccecums creux, réunis par un conduit excréteur commun , paraissent dès le troisième jour dam l'embrv'on d'oiseau, et j'ai reconnu qu'ils ne tardent pas à sécréter un produit jaune, semblable à l'urine d'oiseau, tamlis que l'allantoîde des oiseaux contient en même temps de l'acide urique, des les premiers jours de l'incubation, ainsi que l'a découvert Jacobson (2).
Les produits de décomposition que le sang |)erd par la |)eau sont de l'acide lactique, du lactate ammonique, du chlorure aminonique et de l'acide carbonique. L'acide lactique, qui s'échappe aussi par l'urine, est, d'après Berzelius, un produit général de la décomposition spontanée des matières animales dans l'intérieur du corps vivant; il se forme en grande quantité dans les nniscles ; l'alcali du sang le détniit, et les reins l'éliminent avec l'urine acide.
Les matériaux essentiels de la bile n'existent pas dans le sang, où on ne les retrouve même pas après l'extirpation du foie. Cette opération est exécutable chez les grenouill<*s, et je l'ai faite plusieurs fois. En comprenant dans une ligatnre commune la racine du foie et tous 1(» vaissi'aux ((ui se rendent à cette glande ou qui en partent, on la in<»t hors de communication avec l'organisme, et l'on peut ensuite l'enlever; les grenouilles survivent au plus quatre jours. L'iuiportant est de recueillir
(1) Tibin.MtNM etftMKij.M. ioc, cit.y t. Il, p. 20(i.
(2) Mpailel'» Archiv, {, Vlll, p. 332.
PBOPRIÉTÉS UA(îAMOUES DU SA.X;. 123
le sang a\aul leur luort. J*ai trouvé quo leur sérum no diiïérait j)ai> sensiblement des autres liquides du même genre, et qu*eii y versant de Tacide azotique, il ue subissait pas les changements de couleur qui caractérisent la matière colorante de la bile.
1^ bile joue un rôle important, et qu'on ne connaît pas bien encore, dans la transformation que les substances alimentaires subissent |)endant leur séjour dans rintestin. Versée chez les vertébrés, les cmstacés et fes mollusques, dans la |X)rtion du tube digestif où s'accomplit la formation du chyle, ce fait pnmve ((u'ellc^ n'est |)as purement excrémentitlelle. Cependant on en retrouve les principes constituants dans les matières fécales, par exemple la résine biliaire, la cholestérine et la matière colorante, dont contrairement on ne découvre aucune trace dans le chyle. I^ sang est donc débarrassé par le foie d'un exc^s de graisse et de matériaux carbonés et hydrogénés, taudis que les n*ins le dépouillent d'un excès de substances azotées. Les poumons et le foie peuvent être comparés l'un à l'autre eu ceci que tous deux entraînent au dehors des pnnluits carbonés, le premier à l'état brûlé (acide carboiiicpie), le second à l'état combustible. D'anciens physiologistes, et, parmi les inod<Tnes, Autenrieth, mais surtout Tiedemann et Gmelin, ont déjà apfX'lé l'attention sur une certaine relation qui existe entre ces deux orgam^s, et qui les rend aptes à se snpplétT [lour ainsi dire mutuellement. Quoiqu'on ne puisse pas prouver que le >olume du foie croit, dans le règne animal, en raison inverse de celui de l'organe n'spiratoire, cei)endant il ne manque pas de faits pathologiques qui attestent la réalité de ce rapport
L'action sécrétoire du foie s'exerce, alors même qu'il n'y a pas digestion. La bii(* excrémentilielle du fœtus, mêlée avec le mucus intestinal, se rassemble à la {lartie inférieure de l'intestin, où elle produit ci' qu'on ap|)elle le méconium. Les recherches de Tiedemann et Gmelin ont appris également que l'épanchement de ce liquide dans l'intestin continue chez les animaux hivernants. On a bien prétendu (pie, d'après Cuvier, chez plusieurs mollus([ues, la bile n'est versée qu*en très I)etite quantité dans la partie supérieure de l'intestin, et que le reste passe par un conduit excréteur particulier, soit dans le cœcum, comme chez les aplysies, sok même au voisinage de l'anus, comme chez les Doins et les Jetht/s. Mm Cuvicr lui-même a depuis vu les choses tout autrejment, et telles qu'elles sont en réalité (1), car il dit que, chez les Boris, une glande entrelacée avec le foie verse une li(|ueur particulière par un trou percé près de l'anus. ïa^ deux glandes sont faciles à distinguer l'une de l'autre, par leur couleur, chez les Tethys; le foie est brun et enveloppé de tous côtés par l'autre glande, qui a une teinte rouge.
1^ fréquence des maladies du foie dans les climats et les temps chauds, celle des maladies intestinales dans les mêmes circonstances, celle enfm des affections du foie et du bas-ventre sous l'infliience de l'air humide et des effluves de marécages, sont nicore autant d'énigmi>s. On croit que l'accroissement de la sécréti(m biliaire dans les pays tropicaux compense la diminution de la purification du sang par les pouiiH>ns, que plusieurs personnes disent être la conséquence de la raréfaction de l'air |ttr la chaleur. Stevens (2) regarde cette hypothèse comme inexacte : car, dans les Indes occidentales, où lesiietites îles sont les plus sèches et les plus chaudes, mais
[i) Vtègnc nnimal , t. III, p 51, nouv. édit.
1) Ob», OH ihe hcalthjf and dûcafedpropcrtic» ofthe btood* l^podrei, 1932, p. $j^.
mu FORMES DU SYSTÈME VASCULAIRE.
OÙ il n'y a pas d'eaux stagnantes, les habitants sont exempts de maladies du foie et de débordements de bile, accidents qui ne régnent, dans les pays diauds, que là où l'air est vicié par des émanations de marécages.