‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 36 sur 185 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Do cœur comnie cause de lu «Irculutleu.

Le cœur se contracte, comme les autres parties musculaires, à Toccasiou d'cici- . tatfcus mécaniques ou galvaniques. Sœmmerring, Behrends et Bichat ont nié rift- Mluence du galvanisme sur cet orpue; mais j'ai souvent répété les expériences de Humboldt et de Fowler, et obtenu les mêmes résultats. J'ai vu, diez les grenouilles et chez le chien, les contractions du cœur, qui avaient déjà cessé, être excitées par une simple paire de plaques ou par une faible pile. Mais le cœur, comme les parties non soumises à la vonté, le canal intestinal, etc. , difTère des autres muscles en ce que l'irritation, au lieu de provoquer une convulsion momentanée, détermiiie une série de mouvements rhy thmiques , tels que ceux qui appartiennent à la plupart des parties soustraites à l'empire du libre arbitre.

Pour expliquer le caractère rhythmique de ces contractions, on a dit que, à k cœur chasse d'un côté l'excitant qui le sollicite , c'est-à-dire le sang , le déplace ment de ce liquide devient, à son tour, la cause en raison de laquelle Toi^ne s'eutplit de sang du coté opposé, et qu'il est facile d'après cela de concevoir pourqQoi la systole des oreillettes alterne avec celle des ventricules , car, de ce qu tmc es cavités se vide , par le fait de sa contraction, il s'ensuit nécessairement que cdk dans laquelle elle s'ouvre doit nécessairement s'emplir de nouveau.

Quelque nécessaires qu'une certaine quantité de sang et une certaine répiétioA des cavités cardiaques soient à l'entretien de l'activité du cœur, et quelque cetnk qu'il soit que toute distension mécanique de cet organe doit provoquer en lui m contraction, cependant l'irritation que le sang détermine dansas cavités n'est poiflt la cause du caractère rhythmique de ses contractions, puisque, même après (pi a été séparé du cor])s, il continue de se contracter, à la vérité plus faiblement li cause doit donc être beaucoup plus profonde, et tenir au conflit qui a lieu entre les nerfs et la substance du cœur. Nous reviendrons sur ce point lorsque nous traiterons des mouvements involontaires.

1" Le cœur dépend de la respiration. I^)rsque les changements chimiques du sang dans les poumons cessent de s'o|)érer, soit par des lésions de nerfs, qui entraînent la cessation des niouvements respiratoires, soit par des obstacles mécani-

blj (XKLH COMME tl\tS£ J)E LA URCULATION. 153

[|ues à la respiration ou |)ar la présence de gaz irres|)irab|o», Tactivité vitale de lous b» organes se trouve afîaiblie, et, cliez les animaux supérieurs, elle est niéuie rapidement détruite. Quoique, comme Tout fait voir Bichatet Kmmert (1), le mouvement du sang ne s'arrête pas sur-le-champ, parce que ce liquide passe noir ou îéneux dans les artères, et quoique, même chez les animaux à sang chaud, après U mort générale apparente , le coeur continue encore quelquefois de battre faiblement et lentement pendant plus d'une demi-heure , cependant l'obstacle à la respiration affaiblit tellement son action, que la fonction ne tarde pas à ne pouvoir pius continuer. D'un autre côté, chez tous les animaux dont les mouvements respiratoires ont été arrêtés par une lésion du cerveau, et surtout de la moelle allongée, uu par un empoisonnement , la circulation peut être entretenue pendant un la|)s de iciiips assez long, au moyen de la respiration artificielle , c'est-à-dire d'un pro- M qui consiste à introduire de l'air dans les i)oiiuions et à l'en faire ensuite sortir. Brodie a vu , chez un chien décapité après la ligature des vaisseaux ceniuux , et dont on entretenait la respiration par des moyens artificiels , le cœur se contracter encore trente-cinq fois par minute durant deux heures et demie, et chez un autre trente fois4)ar minute dans l'espace d'une heure et demie (2). Chez les aniinaux à sang froid , cette influence de la respiration , ou du sang vermeil , sur le cœur, est beaucoup moins considérable ; car j'ai vu des grenouilles, auxqftelle» j'avais lié et excisé les |>oumons, continuer encore délivre {Xindaut trente heures, sans que l'action du coeur discontinuât. Ces animaux, quoiqu'ils ne puissc*nt respirer ni par les poumons ni par la ])eau , par exemple quand on les tient plongés dans du gaz hydrogène pur , vivent encore au-delà de douze heures , ainsi que je m'en suis convaincu ; mais , après la destruction du cerveau et de la moelle é|)ioière, les contractions du coeur cessc^nt chez eux au bout de six heures, l^s nerfs exercent donc sur le cœur une inflence beaucoup plus directe que celle du sang vermeil. Il serait même possible que la cessation de l'action du cœur qui finit par avoir lieu après l'interruption de la respiration , provînt en grande partie du changement que le système nerveux éprouve lorsqu'il ne reçoit plus de sang artérialisé.

Goodwin attribuait l'affaiblissement de la circulation , après la cessation de la respiration, chez les animaux supérieurs, à ce que le ventricule gauche ne reçoit plus de sang vermeil, et il supposait que l'influence de ce sang est absolument nécessaire à l'activité du cœur gauche. Bichat (3), au contraire, a posé en principe, et avec raison, que les deux moitiés du cœur n'ont pas d'irritabilité spécifu^ue pour diverses espèces de sang, qu'elles sont également irritables pour le sang verm<>il qu'y apportent les vaisseaux coronaires. Chez le fœtus, où les oreillettes communiqaent ensemble par le trou ovale, où il n'y a pas de respiration pulmonaire, mais où il s'opère seulement un certain changement du sang dans le placenta, les deux moitiés du cœur contiennent le même sang.

2** Le cœur dépend des nei^fs, Quoicju'il soit bien manifeste que les battements dn cœur changent sous l'influence des passions et autres modifications du système nerveux, quelques physiologistes, Haller en tête, ont nié que le mouvement du

(1) Reil's 4 rfAiV. t. V.p.AOl.

(2) Idjem, t. XII, p. UO.

(3} Hechcrches sur la vie et la mort, Parb , 1832.

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