‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 38 sur 185 · DU (%BUR COMME CAUSE DE LA CIRCULATION. 15 J · texte numérisé non relu

DU (%BUR COMME CAUSE DE LA CIRCULATION. 15 J

on découvrit uu nœud, de la grosseur d*une noisette, sur le trajet dti grand nerf cardiaque.

l ne autre question est celle de savoir si Tinfluence procède immédiatement des nerfs cardiaques et de leur source, le grand sympathique, ou si le cerveau et la moelle ^pinière communiqoent à ces ncrfe la force en vertu de laquelle ils entretiennent la moitié du cœur. Cette question a été soulevée par Bichat, qui attri-^ buait des fonctions bien distinctes aux nerfs céréhro-rachidiens et au grand sympathique. Les nerfs du cerveau et de la moelle éf^nière, qui peuvent provoquer des monveinents volontaires lorsqu'ils se distribuent dans des muscles, sont dans une dépendance absolue de ces organes ; tout ce qui détruit leurs connexions avec eux met un à leur influence excitatrice des mouvements volontaires. Les nerfs de la nK)elle éf)inière sont également paralysés lorsqu'une lésion du cordon rachidien les eni()Ochc de communiquer a^'ec le cerveau, qudqu'un neif séparé de Tcnc^phale ou de la moelle épinière puisse encore détenniner des mouvements involoiiiaÎR^s dans le muscle auquel il appartient quand il vient à recevoir une excitation mécanique on galvanique. Au oonUraire, les parties pourvues de nerfs par le grand sympathique, comme le cœur, le canal intestinal, la matrice, n'ont que des iiiou\e'iiients involontaires. Bichat donnait au système des nerfs cérébro-rachidiens le nom de système nerveux de la vie animale , et è celui du grand sympathique le nom de système de la vie organique; il attribuait à ce dernier une certaine iiKlé<* |)eiwlance du cerveau et de la modle é{)inière , et regardait les ganglions et plexus disséminés sur son trajet comme en constituant les parties centrales.

Après que C Bell eut fait connaître la distinction des racines des nerfs en motrices et en scnsitives, Scarpa vouhit démontrer que le grand sympathique coinmumque sealemcnt avec les racines postérieures ou sensitives des nerfs rachidiens, et non avec lesantérieores ou motrices; que, par conséquent, il ne peut dépendre de la moelle épîaîère pour l'excitatidn du coeur, et qu'il ne ))ossède non plus aucune loroe motrice par lui-même (4). Mais les recherches de SVutz(T et les miennes propres, ainsi que ceHes de Retzius et de Mayer, ont fait voir que l'opinitm de Scarpa manque de justesse, et que k» branches de communication entre le grand sympatiuque et les nerfs rachidiens reçoivent lc«rs filets tant des racines antérieures ou motrices que des racines postérieures ou sensitives des nerfs rachidiens (2).

fjegallois, Philip, Treviranus, Nasse, Wedemeyer, <]iift et Flourens, sont les [mncipanx physi(dogistes qui ont étudié, par la voie expérimentale, l'influence du cerv eau sur les monvements du corar.

Lcgallois (S) prélewlait que la cause de l'action du cœur réside uniquement dans la moelle ^pinière. ^ l'on détruit, dieâc un animal, la portion cenicale de la moelle épinière et la moelle allongée, la respiration s'arrête , parce que ces deux organes sont la source ées tterfs qo y président ; les battements du cœur continuent, mais pins iaiblesv sans pouvoir entretenir longtemps la marche du sang, et Ton ne parvient pas , par des mo\*ens ariiîcids de respiration, à leur restituer

(1) Degangliis ttervorum, dequc origine et etscntia nervi intercostalis, dans AhhoU univ. di mrdicina, 1831, mai et juin.

(t!) Voy. MtCKtCs Archic, 1830, 1. 1, p. 85ct2G0 (3) Jirp. s»r U principe de vie. Paris, 1812.

156 mi CŒUR œMME CAUSE DE LA CIRCULATION.

rénergje nécessaire pour rendre la circulation possible; cette dernière cesse égah*ment lorsqu*on détruit la partie inférieure de la moelle épinière, et elle ne peur plus alors être ranimée par la respiration artificielle. L^allois concluait de ces expériences que Tinfluence des nerfs sur racti(»i du cceur dépend, non d'une portion déterminée de la moelle épiniére , mais du cordon tout entier. S'il en est ainsi , disait-il, après la destruction d'une partie de la moelle épinière, la force nenense de la portion qui n'a pas été lésée ne suffit plus pour solliciter le cœur à mettre en mouvement la masse entière du sang; mais elle peut suffire, quand on entretient la respiration par des moyens artificiels, h faire traverser au sang une partie dn système vasculaire. Legallois concluait, en outre, que, quand, après la destruction partielle d(na moelle épinière, on limite la circulation par des ligatures appliquées à un certain nombre de vaisseaux, le mouvement du sang peut encore être entretenu dans la portion de l'organisme qu'on lui a par là laissée seule accessible ; et que , plus on rapproche la ligature du cœur, plus on peut détruire de la moelle épinière sans interrompre la circulation. Il liait l'aorte , sur des lapins , à la hauteur des vertèbres lombaires, et détruisait la région lombaire de la moelle. Dans d'autres cas, il décapitait l'animal, après avoir lié les carotides et les jugulaires, puis détruisait la moelle au cou, en entretenant une respiration artificielle. Enfin, dans quelques expériences plus cruelles encore, il enlevait toute la moitié inférieure du corps, après avoir hé les gros vaisseaux. Constamment la circulation persistait plus ou moins longtemps entre le cœur et les ligatures, et Legallois assure que, dans certains cas, elle ])ersévéra pendaift plus de trois quarts d'heure. En conséquence, il soutenait que le nerf grand sympathique n'est point indépendant, qu'il n'a pas seulement des connexions avec la moelle épinière, mais qu'il en naît réellement, et que le caractère particulier de ce nerf est de placer les parties auxquelles il se distribue sous rinfluenc« de la force motrice du cordon rachidien tout entier.

La commission chargée d'examiner son travail crut que ces expériences tranchaient toutes les difficultés que les mouvements du cœur avaient soulevées jusque là, qu'en particulier elles expliquaient pourquoi le cœur est soumis à l'influence des passions, pourquoi il n'obéit pas à la volonté, et pourquoi la circulation codtinue jusqu'au moment de la naissance chez les monstres privés de cerveau ou de tête.

(Cependant les expériences de Wilson Philip (1) ont fait voir que celles de Legallois ne rendaient pas complètement raison du rapport qui existe entre le cerveao, la moelle épinière et le nerf grand sympathique. Lorsqu'on pnve un animal dn mouvement volontaire et du sentiment par un coup appliqué sur l'occiput, la respiration cesse, mais le mouvement du cœur persiste, et il peut être entretenu hogtemps encore par . une respiration artificielle. Qu'alors on enlève le cerveau et la moelle épinière, le cœur n'en continue pas moins de battre, mais plus faiblement qu'à l'ordinaire. Les mouvements de cet organe persistent également presque tonjoiu^ après qu'on a détruit la moelle épinière et le cerveau avec une baguette de fer rouge. Philip tire de là une conclusion opposée à celle' de Legallois, savoir, que la cause de l'action du cœur est indépendante du cerveau et de la moelle cïmnière. Mais, d'après ses expériences, ces deux organes exercent cependant une

(i) Jnquiry into the laws of the vital functions, Londres» 1817.

DU CfECm COMME CAUSE DE LA CIRCULATION. i57

Jurande influence sur les affeciions sympathiques des nerfs sympathiques et du cœur. Philip a fait voir aussi que iinfluence du ceneau et de la moelle épinière sur le nerf grand sympathique et les viscères se montre tout à fait différente, suivant le mode de lésion. Quand on enlève quelques parties ou la totalité du cerveau, quand on détruit lentement la moelle épinière avec une baguette de fer rouge, le CGBur continue loi^mps encore de battre, avec moins de force néanmoins ; mais son action cesse si la destruction a lieu d'une manière rapide. Ainsi, quand on écrase d*un coup de marteau le cerveau d'une grenouille vivante, le cœur ne réagit plus que lentement et d'une manière faible, il s'arrête pendant des demi-minutes entières : qu'alors on vienne à détruire aussi la moelle épinière avec promptitude et violence, le mouvement s'éteint de nouveau pour quelque temps, après quoi la force contractile reprend un peu.

("Jift a vu le raur des carpes battre encore pendant onze heures après la destruction de la moelle épinière.

Flourens conclut de ses expériences sur des poissons (1), ((ue l'action du cœur dépend uniquement de la req[)iration, et qu'elle cesse, par l'effet de l'abolition des mouvements re^iratoires, après la destruction de la moelle allongée, de laquelle ces derniers mouvements dépendent ; il conclut également que, chez les poissons, dont les mouvements respiratoires sont exclusivement sous la dépendance de la moelle allongée, en sorte qu'ils peuvent persister après la lésion do la moelle épinière, la circulation continue par le même motif. Mais Marshall Hall (2) a vu la circulation survivre pendant très longtemps, chez les poissons, à la destruction de la moelle allongée : cependant il n'en reganle pas moins le cœur comme étant, à certains égards, dépendant de la moelle épinière et du cerveau (3).

En réunissant les résultats de I^egallois, Philip et autres, avec les faits déjà connus, savoir, qae le cceur continue encore loi^emps de battre, surtout chez les reptiles et les poissons, après avoir été enlevé du corps, que les affections déprimantes du système nerveux diminuent l'énergie de ses battements, et que la syncope est accompagnée d'un affaiblissement de la circulation, il s'ensuit :

i"* Que le cerveau et la moelle épinière ont une grande influence sur les mouvements du cœur, cpi'ils peuvent les accélérer, ralentir, affaiblir et fortifier;

2" Que, quand le cerveau et la moelle épinière ont été simplement S('*parés du Corps, ces mouvements persistent pendant quelque temps {Flourens assure que, rhâ les lapins, ils continuent plus d'une heure, avec pulsation des carotides, lorsqu'on entretient artificiellement la respiration), mais qu'ils deviennent beaucoup plus faibks, et n'entretiennent pas longtemps la circulation d'une manière complète;

5*" Qu'ils ne cessent pas sur-le-chami), même après l'ablation du cœur, c'est-è-

(1) Méwurirt» ^ématomk et de pkytiologle comparées, Paris, iS&A, p. 75.

(2) An eêêop an ihe circulation^ Londres, iS31.

(S) Onmp. TRiTitAiios, Biologie ^ U IV, p. 6hà. — Cuft, dans Pkiloê, Trans,, 1815.— Wedehkybi, Phffsiologitcke Untenuchungen ueher das Nervensyitem und die liespiratiim, Hanorrr, 4817. - Nassb, dans HoaVs Arehiv^ 1817, p. 189. On trouve une critique détaillée dm npérîenœs de Legallois , el un exposé très lucide de toutes les particularités du sujet débattu dans Nassi, UntemLckungen lur Lebensnaturlehre, Halle, 1818. Comp, Lvnd, PhywiO' loginche Rffmllate der Viviieetionen neurer Zeit, Copenhngne, 1825, p. 162.

i58 DU (X»DR GOIIII£ CAUSE DE LA GlR(XJIJkTION.

(lire quand cet organe a été séparé de la plus grande partk du nerf grand sympa* thique.

La moelle épinièrc et le cerveau n*onl |)as une relation telle avec le coeur, que leur enlèvement annihile le principe du mouvement de cet organe; les nerfs cardiaques, la portion môme do ces nerfs qui se trouve comprise dans la substance di cœur séparé du corps, peuvent conserver encore une partie de l'influence vififiante. Mais le cerveau et la moelle épinièrc doivent cependant être considéréi comme une source principale de l'influence nerveuse; leur destruction affaiblit le cœur à un haut degré ; car, -s'il continue encore longtemps de se mouvoir, ce n'est {dus avec la force nécessaire pour entretenir complètement la circulation. S'il y a un moyen de calculer le degré de cette dépendance, c'est celui qu'a employé Nasse; il mesura la hauteur du jet de sang qui, dans l'état normal, sort d'une artère qu'on a coupée, puis il détruisit la totalité ou une partie de la moelle épinière, et trouva qu'au bout de quelques minutes le jet avait diminué proportionnellement à la lésion.

J^ mouvement du sang parait être bien plus indépendant encore du cenroau et de la moelle épinière chez les monstres privés de c«s deux organes. Dans les hémicéphales, le ceneau est la plupart du temps détruit i)ar l'hydrocéphalie, et b même maladie peut aussi détruire la moelle épinière (1).

I^ source constante des contractions du cœur est donc en premier lieu la fora motrice du nerf grand sympathique; mais la cause conservatrice et excitatrice à cette dernière réside dans le ceneau et la mocUe épinière, qui lieuvent, à leur tour, être influencés par tous les organes : c'est ce qui rend possible qu'une maladie locale excite des sensations morbides dans le corps entier, et que toute maladi locale intense change les battements du coanr et le pouls.

L'action du cœur peut être sdlicitée de doux manières par la moelle épinicKf d'abord à la suite de sensations, et en second lieu immédiatement, I>es scnsatiov excitatrices peuvent arriver de tous les nerfs rachidiens à la moelle épinière, paii passer dans les fibres motrices qui proviennent de cette dernière, et, en ce sen, il est exact de dire que toutes les parties de la mocile épinièi*e ont de l'aptitude i agir sur le cœur. Mais, pour ce qui concerne les influences motrices |)artant immédiad* ment de ce cordon , il parait que, comme tout autre organe , le C4aQur a, par le moyen des nerfs , des relations déterminées avec des parties également délemi* nées de la moelle. D'après les expériences do Yalentin (2), le nerf accessoire et l^s nerfs cen icaux supérieurs agissent, par leurs racines antérieures, sur le moivement du cœur. Suivant Budge (3), la partie supérieure de la moelle épinièff est la source des influences motrices sur le cœur, depuis la troisième ou quatriènt vertèbre cervicale jus([u'& l'extrémité de la moello allougL*c, et cela dans la portion des cordons antérieurs qui touche immédiatement à la W^c médiane; car, m irritant ce point avec une aiguille, on accroît d'une manière notable, à ce qn*il assure, le mouvement du cœur chez les animaux (pii viennent de mourir; il prétend aussi que l'influence cesse à cette limite, et que l'irritation d'aucune antre

(i) Voy, EâCHRtcHT, dans Mcklleb^s Archiv, 1S3A, p. 268.

(S) De funetionibiu nervorum cerebralium et Mrviaympuikici, Bernr, 4S.'^.

(3) Untersuchungen ueber das NerventyUcm, Francfort, iSài.

ABTÈRES. 159

«nie du coneau ne peut provoquer le raonvemenl du cœur quand il ne subsiste tins aucune sensation.

Les nerfs cardiaques, conducteurs de ces influences, proviennent, les uns de la HÛre vague, à laquelle vient se jnOler l'accessoire, les autres des ganglions cervicaux it des premiers ganglions thwaciques du grand sympathique, qui tire sa source le nerfs rachidiens. Le tronc du grand sympathique au cou n'exerce aucune influence «senlielle sur l'action du cœur. Dans treize expériences de Pommer (i), la seckm de ce nerf au cou n'eniraina aucime conséquence remarquable.

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