‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 40 sur 185 · ARTÈRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES

ÉlasUcité des artères.

T^s artères jouissent d'un degré extraordinaire d'élasticité, qu'elles cooserreit même après avoir été cuites, ou tenues durant des années dans l'alcooL Cette prt^ priété dépend d'une épaisse couche de faisceaux fibreux élastiques et annolaireti qui ont leur siège immédiatement au-dessous de la couche celluleuse extérieure; et qui, à tout ^rd, ressemblent au tissu élastique jaune d'autre» parties. GeM couche est totalement diiïérente de la substance musculaire, comme Ta fait vdr Berzelius.

La substance musculaire est molle et sèche ; elle contient plus des trois quarti de son poids d'eau. La fibre artérielle est sèche et fort élastique. La sabstanoi musculaire se comporte chimiquement comme la fibrine du sang; elle est solnbfe dans l'acide acétique, et se dissout avec difficulté dans lés acides minéraux , av«e lesquels elle forme des combinaisons insolubles. La fibre artérielle est insoluble dMH l'acide acétique, mais très soiublc dans les acides minéraux , et la dissolution n'tâ précipitée ni par les alcalis ni par le cyanure ferroso-potassique, comme elle devrA l'être si elle contenait de la fibrine. Ces caractères sont importants à connaître pour l'étude du mouvement du sang dans les artères.

Ici , cx)mme en d'autres i égions du corps , le tissu élastique est caractérisé^ d'après les observations microscopiques de Lauth , de Scliwann et d'Eulenbivgi par des fibres de diverses épaisseurs, qui fournissent distinctement des brancha^ et qui ont un contour obscur bien prononcé. (Cependant il n'est pas toujours forni ainsi. Chez les poissons cyclostomes, je ne trouve dans la couche élastique te artères que des faisceaux de fibres parallèles, partout semblaUes, qui n'ont poil; de branches, et qui ressemblent parfaitement à des fibres de tissu cellulaire, doiit elles ne diffèrent que par leur couleur jaune. <

I^ tissu élastique n'est pas borné uniquement à la couche Mastique des artèm? \ Schwann a observé aussi des fibres élastiques dans la couche celluleuse extérieon de ces vaisseaux , et Henle dit qu'on en trouve quelques unes éparses dans k troisième couche, dont je parlerai au long quand il sera question de la tonicité te artères.

Les veines ne possèdent que peu de fibres élastiques. Suivant Schwann, la vent crurale du bœuf a une épaisse couche moyenne de fibres transversales, qui appir* tiennent à la classe des fibres du tissu cellulaire, et une autre interne, extréiiiement mince, qui se compose de fdires élastiques longitudinales (1).

Le sang contenu dans les artères est soumis momentanément à la pressioo éi,' cœur, et notamment à celle de la tunique élastique des artères. Si les artèm' étaient des tubes non élastiques, le sang n'y avancerait que par saccades, en faisfll' place à celui que chaque contraction du ventricule refoule dans l'aorte. Mais h tunique élastique fait qu'il se meut aussi daus les intervalles des battements an cœur, parce qu'à ce moment il est soumis à toute la pression de cette tunique: Voilh |K)urquoi il marche d'une manière continue, mais avec une accélération sac-

(4) Voy, son article Vais9e(iux, dans Kncydop fVitvlevbuch der med. Whgeutehaflen , et EuLKNBrnc , De tela elastica, Berlin , 1836.

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dée, dans ksarlOros qu'on cumiac au inicroBro|)o cl dans eollrsqn'oii a coupées itravcrs (I),

Weber Elit remarquer que le cœur a (jiiclquc analogie avec iinc pompe 1 feu, que le suig en sort par des secousses r^iétécs périodiquement. Mais le but des SX inslnimcDts exige que le liquide coule d'une mautèpe contiiiue. ce qui a tieu ne qa'i chaque pressi<>n de U pompe, outre quD le liquide se trouve poussé en rat, il y a aussi nn corps élastique tendu qui unitinue de peser sur luiet de htcer à marcher, peodant que la pompe ne le cotoprime pas. ile que la tunique iMtique produit dans les ^èrcs , l'air qui se trouve au dessus de l'eau du r^ràr le détermine dans 1a machine. II en est de miime du régulateur dans les souf- (H L'wsification des artères les dépouille de leur élasiiciié, d'où la diB))OBition â ipoplesie. à la gangrônc, etc.

Les artères possèdent aussi, en vertu de leur élasticité, Fîg. 23.

ifMiiude il se rétrécir d'autant [dus qu'elles coniicnnent Hînsde sang. Lorsqu'un de a'S .vaisseani a été coupé. !jet du sang devient de plus en plus gri'lr. Chez un bnal que ilunler laissa périr d'hémorrliagie, l'aorte pijt perAa plus d'un dixième de son diamètre, l'iliaciue 1 sitièmc, la crurale un tiers, et l'on a vu, rjiez umme , des artères du vtdumc de la radiale diminuer r point de s'oblitérer (2). Mus la force des batteuM^nls i cœur eM grande, plus les artères se distendent et plus escontieimeDtdésang.proportionncltemeniansvdnos; m, au contraire, les battem^its du cnur sont faibles, n l'élasticité des artères peut faire équilibre à l'imbioa du nsur, plus ces vaisseaux. sont étroits et mmna

contiennent de sang, en proportion des veines. CjC . éoomèue arriic avant la mort, et il esl en partie la me qu'aprà-s la mort les artères sont vkles, cfuoique

réalité eUes ne le soient pas tout â bit, du moins [mur plupart, car beaucoup d'entre elles conticiiix^iit autant

saiq; qu'elles en peuvent renfermer dans leur iilus mdélal de resscrTement.

PRMion i laquelle Ic'iang ett soumis dans les artim. La force de la pression qui agit sur le sang dans les ÀTEs s*apprécie d'apti:s la hauteur i laquelle il monte os un tube mis en communication a^ec un vaissttau JTÎel, ou d'après b hauteur d'une colonne de sang nu

(Oercure qui fait équilibre li cette pression. Haies I^t déjà occupé de ce problf-mc. Il avait vu le sang l'artère crurale d'un cheval s'élever à H ou 9 pieds is nu tulx-, celui de l'artère teutiMHalc d'un iiioiiuin nier ît Ci pieds J-, et riiez le chien îi h un G [Wih,

; I .ly. K.-ll. Wmkb, ÀdHol, 1 \Kni\f.ia\, l'ksii.Jog. In

liai, n pb>lti<

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tandisquo «fini de la Teino jugulaire no s'élevail qo'à 42-21 poiic«st ehet Ir cheval, 5 J- chez le iiionton, /i-8 -J- chez le chien. Poiseuille (i) s'est «ni, pour KCH n^herclics, d*un instrument appelé par lui ht'nm-^ynamamttre. C*at un tube ck icn*c présentant luic branclM* lioriaumtale AB, une branche vertîcak descendante BC, et une troisiènie brandie ascendante DE, courbée de maaièra k offrir en 9 uu quart de cercle et en CD un deaii-corcle. Quand on mcl du qht* cure flans la partie GCDII, le tube étant dans une |)osition vcrticafe» les siveau 0 et 11 du mercure sont à la même hauteur dans les deux branches. Si le sang s*iiN troduit dans la partie ABG par Torifice A, abouché à ui)e artère, il pinenfam wm h surfM^e G du mercure ; le métal sera déprimé dans la branche BC de G en K « pv exemple, kirscpi'il s*élèTera dans la branche DK en I. Or, d'après les kûs de rkqi^ drostalicpie, la forc(> totale avec laquelle le sang se meut dans l'artère sera meiuBti par le ix)ids d*UB cylindre de roercin-e dont la base est un cercle qui a pour dtamèlR celui de l'artère, et dont la hauteur est la différenc^^ IK des deux niveaux de cure, déduction faite de la hauteur de la petite colonne de métal qui peut é<iuililH'e h la colonne sanguine BK. Pour prévenir la coagulatîoa du sang au ment de sa pénétration dans la branche horisontale, cette partie du tube fut plie, avant TintrcHluction du mercure, d'une dissolution de sous<arbonate depa» tasse, qui a la propriété de maintenir la liquidité du sang. ,

Suivant Poiseuille, la force avec laquelle une molécule de sang se méat al : é^ahs ([uelle que soit la place qu'elle occupe dans le système artériel , que i'artàl ; soit rapprociiée ou distante du ccour, et qu'elle soit petite ou volnmineose; pv exemple, la force d'impulsion ne dilRrre pas dans la carotide et Paorte, ou daasb carotide el la crurale. Ainsi la hauteur de la colonne de mercure refoolée était h même pour toutes les arttTCs du môme animal Poiseuille dit que le nng d*«f artère fait équilibre, chea le chien, à une colonne de mercure de i5i miUiaièCill T ou à ime colonne d*rnu de 6 -{- pieds; chez le bœuf, à une coloniK! de mercure il { 1 (il millirnMres ou à une colonne d'eau de 6 pieds 9 pouces ; chex le dieval, à oR colonne de mercure de 159 millinkMres; ce qui donne pour teune HMiyen, cks ces mannnifères, une colonne de mercure de 156 millimètrei, ou une coloiV d'eau de 6 pi«;ds 7 |m>iiccs. |

Poiseuille a >u aussi, au moyen de son instnunent, ce que lialler et MagnAl \ avaient déjà ol)S(T\é, (pie la force d'impulsion du sang augmente dans Pexpiraliai ' piMidant lacpielle la |K)itrine se resserre et les troncs vasculairej sont comprinéf, de nianièn* que la colonne de mercure monte un pi'u ^ cliaque expiration , cl baisse à chaqu<' inspiration. Cet ascension et cet abaissement sont les mdmes pour des artères placées à des distances diverses du cœur, el ils s*élè\ent à 10-20 tÀ mètres (piand la respiration sVxécutc avec calme. I/accroissement de PimpoUMi du sang |)ar l'expiration <*st si considérable chez certaines personnes, que le pari| de l'artère radiale d(>vient insensible dans les inspirations longues et souteonci^ .le suis dans ce cas : je fais disparaître sur-le-champ le pouls de Partére raiU en faisant une |>rof(mde inspiration et retenant mon haleine, ce qui jette qnekpe lumière sur le |N>tit conte qu'on a débité à l'égard d'individus qui poaTaicl^, disait-on, changera >olonté les battements de lem* ca»ur.

(\) Rechercher sur Iti force du cvrvr aortiqur. Porh , 18Î8, in-4*

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