CHAPITRE V
la ■uytfère dkint les ▼aisseaux sanguins se comportent dans l'ab*
sorptiton et l*exhalatlon.
Absobptior.
kvant la découverte des vaisseaux lymphatiques, faite par Aselli en 1622, on ibuait l'absorption aux veines. Depuis cette découverte, et quand on eut appris onnaître les lymphatiques dans la plupart des organes, on les considéra comme seuls agents de l'absorption. Le fait du passage immédiat de substances étranes dans le sang sans coopération des lymphatiques eut besoin, pour être reuvé, d'une longue série d'expériences, parmi lesquelles on distingue celles de gendie, iiîmnerl, Mayer, Lawrence, Coales, liedeniann, Gnieiin et Westruuib.
Preuves de rabsorplioii directe par les vaisseuux songuins.
Mageudie et II. DehUe lièrent en deux endroits une anse d'intestin de chien, dont \abbeau\ lyuiphdiques avaient été auparavant rendus visibles par un bon rci)as.
Ils appliquèrent aussi deux ligatures sur les lymphatiques de cette anse, et ks coupèrent en travers. Ils se convainquirent qu'aucun autre Taisseav lymphatiqR ne partait de Tanse intestinale, de sorte que celle-ci ne communiqtuut phnafcch circulation que par les artères et les veines. Alors ils y itijectèrent dSix eoctêé décoction de noix vomique, qu'une ligature empêchait de s'écouler. An bout et m minutes, on vit paraître les symptômes de l'empoisonnement (1).
Magendie mit une des veines jugulaires à découvert, sur nn jeune chien Igéè six semaines, et l'isola dans toute sa longueur, de manière k pouvoir y pasHr m carte au-dessous d'elle ; puis il fit agir sur le vaisseau une dissohitioii aquene dV» trait alcoolique de noix vomique. Les symptômes d'empoisonnement se rent dès avant la quatrième minute : ils ne devinrent sensibles, chez nn chien qu'au bout de dix minutes (2).
Ségalas a répété cette expérience d'une autre manière (5^). Après avoff iéii vaisseaux sanguins, ou seulement les veines, d'une anse d'intestin, sans Iterll lymphatiques, il lui fut impossible de tuer un chien dans l'espace d'une heure, pi l'application du |)oison à l'anse* intestinale.
Las expériences de Mayer sur l'injection du cyanure potassique dans les mous méritent une mention plus détaillée. Deux à cinq minutes sdErent qu'on retrouvât ce sel dans le sang, dont le sérum donna un précipité vert si par le chlorure ou le sulfate de fer. Le passage dans le sang est trop nfide p^hk ^ qu'on puisse l'expliquer par le cours de la lymphe, La dissolution saUne, iiiMH^ (lans l(;s poumons, se montra d'abord dans le sang, beaucoup plus tard chyle ; elle annonça sa présence dans le cœur gauche, alors qu'on n*en wjû core aucune trace dans le cœur droit, (andis que le contraire aurait dû am si l'absorptitm eût été accomplie par les vaisseaux lymphatiques, puisque la se iiièle avec le sang veineux qui revient du corps. Huit minutes après l'i dans les poumons, on reconnaît le sel dans l'urine ; on le remarque aussi IK>au, dans le liffuide dos articulatioas, dans la cavité du bas-ventre, dansoek la ))oitrine, dans le ])éricardo, dans la graisse, dans les membranes fibreuses, exemple la dure-mère et les aponévroses, dans l'arachnoïde, dans ks capillaires et latéraux, dans les ligaments internes des articulations (par les ligaments croises du genou, le ligament rond de la hanche), dans k cliondre, dans les valvules du cœur (^4).
Los expérienci»s faites par l'Académie de médecine de Philadelphie (5) être jusqu'à un certain point eu contradiction avec les précédentes, et parier faveur de l'hypothèse qui fait regarder les vaisseaux lymphatiques comme chargés principalement de l'absorption. Mais, d'apH^s la manière dont elles eit conduites, elles ne prouvent rien. Après avoir injecté la solution de cyanure sique dans l'abdomen ou l'intestin, l'Académie trouva, au bout de uiiiiut<*s, et même davantage, dans la majorité de ses nombreuses expériences, 1<* chyle m colorait sensiblement en bleu par l'addition d'un sel de fer, et qs'
(1) MACKNifiK, Précis de physiologie ^ t. II, p. 203.
(2) /Vrcif de Physiologie, I. II, p. 279. fd) Maurniiik, Journal de physiologie , 1. 11, p. 117. Ui) Mr.i:kt.L*n Archiv, t. 111, 1S17, p. â85. (5) Philadelph. Journal, ii* 0.
ABHORPTION. 187
1- c<»k>raiiou a|))Nirais8alt presque toujours aussi dans le sérum du sang et ne. Le délai de trente-cinq minutes est beaucoup trop long : on aurait dû, me Ta fait Mayer, eiaminer le sang et Turine quelques minutes après llnjcc- ; car les expériences, telles qu'elles ont été exécutées, prouvent seulement que agents chimiques peuvent aussi être absorbés par les vaisseaux lymphatiques. â, dans un cas (le n* 36), deux minutes après qu'un chat eut avalé une once de tîon de cyanure potaarique, on fit périr cet animal d'hémorrhagic, et l'on rek¥a le wl dans l'urine, mais non dans le sérum du sang et le chyle, quoiqu'ici il kt pa qu'arriver d'abord dans le sang, et passer de là dans l'urine. La commission TAcadémie lia plusieurs fois la veine porte, qui reçoit le sang de l'Intestin : ceidamt la noix vomique, introduite dans une anse d'intestin, détermina le tétanos bout de vingt-trois minutes et plus, tandis que, dans d'autres cas, la simple liga- « de cette veine causa la mort, mais sans produire de spasmes. Ces expériences raisKut prouver que les vaisseaux du canal intestinal avaient porté le poison dans ang. Cela peut fort bien arriver dans un laps de vingt-trois minutes. Sans 'qu'il usuive que l'arrivée du poison dans le sang ne puisse s'effectuer dans un plus dot délai. D'ailleurs il y a des branches des veines Intestinales qui s'anastomosent scdes ramifications de la veine cave inférieure.
Westrumb, après avoir injecté du cyanure potassique dans l'estomac, le retrouva, ftoot de deux minutes, dans l'urine, sans que la lymphe et le chyle en continsai. Les uretères avaient été coupés, et l'on y avait fixé de petits tubes, à l'aide Hpels on recueillait l'urine (1).
%eck*uiann et Gmelin ont constaté par leurs nombreuses expériences sur des ttères colorantes et salines qu'ils introduisaient dans les voies digestives et qui iioit faciles à reconnaître par elles-mêmes ou à l'aide des réactifs, qu'il ne |>asft junais aucune parcelle des matières colorantes dans le chyle, quoiqu'elles dé- ^■ent leur présence dans le sang et l'urine, et qu'elles fussent parvenues jusque ^l'intestin. Quant aux sels, il n'y eut que quelques cas où il en passa un peu ^Ic chyle; chez un cheval, entre autres, auquel on avait administré du sulfate 4Br : de même aussi le cyanure potassique fut retrouvé dans le chyle d'un chien , fedisque celui d'un autre n'en offrit aucune trace ; le sulfate de potasse se montra M dans le chyle d'un animal de cette espèce. A ceux qui objecteraient que les bttances auraient pu être absorbées déjà, on aurait à répondre que l'intestin Otenait encore une grande quantité de matière absorbabie. Ces résultats, aux- ■^ la précision des expériences donne un haut degré de certitude, s'accordent ^ ceux des expériences faite par Halle (3) et Magendie (3). xMais ils sont con- Mfidoires avec ceux de Martin Lister et xMusgrave (6), de Huntcr, de Ilaller et ' Numenbach ; Viridet et Mattei disent aussi avoir trouvé une couleur rouge et ^ couleur jaune au chyle chez des animaux qu'ils avaient noiu*ris de betteraves ^^ et de jaunes d'œufk
'ïoderà remplit d'une diasolutiou de cyanure potassique une anse intestinale d'un iinal \i\ant, lia cette anse eu deux endroits, la plongea ensuite dans une solution
Cl) Mt€KEL%Archiv, t. VII, p. 525-540.