‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 68 sur 185 · HAPPORTB DE LA RESPIRATION AVEC LA NOURRITURE · texte numérisé non relu

HAPPORTB DE LA RESPIRATION AVEC LA NOURRITURE

seulement de ce gaz» et 8 en quatorze jours. Il ne se forma pas d'acide carbonique. L'action de Toxygène est empêchée ici [>ar les sels, notamment par le chlorore sodique. On peut, par un lavage circonspect avec de l'eau froide, milever ces srb au sérum du sang non coagulé et desséché; mais alors le résida passe k l'état insoluble, vraisemblablement par oxydation : la cendre ne contient plus d'alcali libre. Du sérnm ainsi dé|)ouillé de ses sels absorba en quatorze jours 8 cenlimètrfsciibn de gaz oxygène, et en forma 22 d'acide carbonique.

Il est digne de remarque, enfîn, que le liquide obtenu par le lavage dn sémmdi fiang se comportait comme une dissolution de caséine, et donnait une eendre trii alcaline. De l'alcali ajouté au sérum en faisait aussi passer l'albumine à i'éut d» lequel elle ressemble à la caséine. £n effet, quand on mêlait du sérum frais avec le double d'aau distillée, et qu'on syoutait un peu de dissolution d'alcali à la liqwor, la réaction alcaline disparaissait presque entièrement, et, si l'on chauffait enstik jus(|u'à l'ébullition, ilÉe s'opérait plus de coagulation; mais, par une AuibiBi prolongée, il se prodi^it à la surface une pellicule qui se renouvdait I mnore qu'on l'enlevait, comme ceUe dont le lait chauffé se couvre, et qui «vait la wÊm composition élémentaire que c^tte dernière. Oopoitvait aussi, par l'additioa (Ta peu d'alcali, communiqiuer à l'albumine la profité qu'a la caséine de sedisMNiAv dans l'alcool chaud, dont elle se sépare en partie par le refroidissemeot (1).

Rapports de la respiration avec la nounitnre.

Les- recherches que Liebig a entreprises dans le domaine de la chimie pliTVlogiquc (2) permettent aujourd'hui de considérer à un point de vue plus buieb rapports de la respiration avec la nutrition, et, en général, avec tout l'enseinlifeè| l'économie animale. L'homme exhale, par la respiration, tant de carbone, fli forme d'acide carbonique, que quatre à cinq heures de respiration on de viefll* raient pour consomhier tout le carbone existant dans les matières animales du Hi| s'il n'était pas remplacé par les aliments. La quantité du carf^|^ éliminé est injours proportionnelle à celle de l'oxygène inspiré. Deux animaux qui absorbeAtèi quantités inégales d'oxygène, et expirent des quantités inégales d'acide carlNii|i'k|

(1) Sciicrer mentionne aussi ane expérience dans laquelle la totalité du fer fut eoleiélRJ sang, sans que celui-ci perdit sa couleur rouge. Du caillot sec cl pulvérisé (Ut inliniCBeiti avec de Tacide suifurique concentré, après quoi on njouta de l'eau. Au bout dequelqtteil celle-ci contenait une quantité considérable de sulfate de fer. La masse fut lavée sarui jusqu'à ce que le liquide n'indiquât plus la préseuce du for. Alors ofi la fit boailiir aveeéil cooi , qui prit une teinte rouge foncé. La dissolution alcoolique de sulfate d'hématioe Ml tralisée par Pammoniaque et évaporée* à siccité On brCita le résidu : la cendre ne conientill de fer. A celte occasion , Berzelius(/(iA/*f5fteHrAr, 48^3, p. 5M ) rappelle qu^ajaul IkiK pendant sii heures daxnior, à une température qui ne dépassait pas -f- 70*, avec quatre ÉAl poids d'acide suifurique étendu d'eau, il trouva que ce qui n'avait pas été diasoi» pv I donnait une cendre d'oxyde de fer plus pur que celui de la partie dissoute, et en quaolil^^ respondante à celle qu'on devait obtenir d'après l'analyse de l'hémalinc (Ann. deekiÈu*l^^ p. Â2). Use demande si l'acide suifurique conceiilr*^ a pu produire sur le cruor desséché | d'clM que le m6mc aride élemla d'ciu n'a pu en faire sur le nuor «Minore humide.

(2) Atmalan dcr Oicwicund Phantunic^ l. \LI , p. 2. — Chimie oppliqucc à la phyûin^\ Paris, 1842, i 11-8.

RAt>PORTS D£ L.\ RESPIRATION AVEC LA NOURRITURE. 36S

îiment aussi, daus la inéme proportion, des quantités inégales de la môme nouriire.

Voilà pourquoi les animaux que l'abstinence fait périr le plus vite sont ceux qui ;pirent le plus, comme les oiseaux (1) ; ceux-d meurent en quelques jours, tandis 'uu reptile, qui resq)ire dix Ibis moins, supporte la privation d'aliments pendant isleurs mois. Le nombre des respirations est moindre ^dans Tétat de repos, et out a trouvé qu*uu exercice modéré accroît la quantité de l'acide carbonique oduit par la respiration (tandis que cette quantité subit une diminution à la suite mouvements violents). L'exercice exige aussi davantage de nourriture. Quand respiration a lieu dans du gax oxygène, il se forme pli|i d'acide carbonique que "squ'elle s'exécute dans l'air atmosphérique (Allen et Pepys). La quantité relac de l'oxygène dans des volumes ^ux d'air atmosphérique doit avoir de Tinlence sur celle de l'acide carbonique qui se produit. L'air chaud contient moins oxygène que l'air froid : c'est pourquoi on ai|Mre [Àuséd carbone, et que l'on t obligé de consommer proportionnellement plus d'aJidÉbts en hiver qu'en été, lu aussi dans les climats froids que dans les pays chauds. I^ peuples du Nord, on seidement mangent davantage, mais encore font usagt d'aliments plus sub^ Hntiels. Liebig signale, à cet égiÉtl, la difTérence qui existe entre les fruits dont it l'homme du Midi, et le lard ou l'huile dont se nourrit celui des régions polaires. «es fruits frais ne contiennent pas plus de 12 pour cent de carbone, tandis qn'il en a 66 à 80 dans les huiles. Aussi n'est-il pas difficile, dans les pays chauds, 'être sobre ou de jeilner longtemps, tandis que le froid et la faim réunis abattent ipidement les forces. Comme la chaleur propre de l'animal dépend de la respiradn, et que celle-ci exige l'affluence de nouveaux matériaux carbonés, mie temîratnrc froide doit exiger plus de nourriture pour la conservation de la chaleur limale, qu'un climat chaud. A toutes ces circonstances paraît aussi se rattacher le il de la plus grande fréquence des maladies du foie eu été, et de celles des pouons en hiver; car le foie élimine également du carbone, mais sous ime autre ruie c|uc le poumon.

Chez l'animal qdl jeikie, la respiration et la consomption du corps pai* la comliaison de l'oxygène avec le carbone des matières animales demeurent les mêmes, flaque jour, 32 -fonces d'oxygène pénètrent dans l'organisme, dont, à leur sortie, les entraînent une partie avec elles. La déperdition se fait immédiatement au\ îfieus du sang, dont l'organisme cherche h maintenir l'intégrité en sacrifiant la "use. Voilà ix>urquoi, chez les animaux hivernants, le sommeil d'hiver fait disiraltre la graisse qu'ils avaient amassée auparavant. Mais ce n'est pas seulement la 'sûsst'qui dis|)araU chez Tanimal soumis h l'abstinence : la même chose arrive peu peu aux autres substances solides susceptibles de se dissoudre, de sorte que le imbrc des parties organiques que ralHucnce continuelle de l'oxygène entraîne dans icte d'oxydation va sans cesse en croissant Liebig (2) a étudié les connexions iiî existent entre la respiration et la formation de la graisse. Il se forme de la

(1} I«a taupe semble Taire , à cet égard , une exception remarquable d'ans la classe des mam- Ifèrw. C.hei elle, le besoin de mangrr est si ardent , qu*ellc semble dévorée presque sans cesse Une faim canine, et quVIIc meurt de Taini uu bout de Iri'H peu de temps, comme Tonl remar- »* Geoffroy Saint-Hilaire el Flourens. (.Vu/c du trad.)

f3) AnMulen dcr Chemu und Pkarmucic. t. \LÎ, 3.

26/i RAPPORT^ DiÇ LA BËSPlHATiON Af EC LA NOURRITURE.

graisse toutes les fois qu'il y a disproportioii entre le carbone introduit par les ailments et Toxyg^ène inspiré. Dans l'état normal, il s'exhale autant de carbone qu'il s'en introduit, de sorte que les combinaisons riches en carbone et privées d'azote n'acquièrent pas la prédominance dans l'économie. Si les aliments riches en carboM deviennent plus abondants, l'état normal ne se maintient qu'autant que le dh»- Teraent favorise l'oxydation de ces substances par la respiration , en accroiasatf proportionnellement l'aiDux d'oxygène. Il ne se dépose pas de graisse ciiez l'AFab du désert; mais on la voit s'accumuler chez les femmes de l'Orient, qui passeat leur \ie dans l'inaction, et chez les animaux domestiques qu'on gorge d'alimeot% en les privant de mouvement. Les aliments se partagent en deux classes, les et les non azotés. Des expériences, sur lesquelles nous reviendrons ailleurs, proivent que les aliments non azotés n'entretiennent pas la nutrition quand ils sont et que les animaux qui n'en prennent pas d'autres meurent exactenoeut d'inaniti mais ils entretiennent la respiratiivi. Liebig désigne donc comme aliments plan tiques la fibrine, l'albuéine et la caséine végétale, la chair et le sang des ani substances à l'égard desquelles il fait voir que toutes ont à peu près la même position; il range parmi les aliments respiratoires la graisse, TamidoB» la goi le sucre, la pectine, la bassorine, le vin, la bière» J'eau-de-vic, qui sont oxydés expulsés sous forme d'acide carbonique, ou non oxydés et déposés sous forme graisse (1).

(1) MM. Regnault et Reiset déduisent de leurs recherches les conclusions qui suireut {Annûbt^ de chimie et de physique , S* série, t. XXVI , p. 299} :

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