‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 74 sur 185 · LNKLUENCE DES NERFS SUR LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

LNKLUENCE DES NERFS SUR LA RESPIRATION

Te et des poumons, ou même un simple pnirit dans les trompes d*£ustache, voque la toux.

Tous ces^ mouvements, toux, vomissement, défécation spasmodique et involon^ o, mixtion involontaire avec slrangurie, s'accomplissent avec le secours des uvements respiratoires. LMrritatiou locale a pour point de départ la membrane queuse des viscères, et va exercer son action sur les branches du grand symhique que ces viscères reçoivent ; elle agit aussi, à l'estomac, au pharfBx, au /n\, aux poumons, sur celles de la fiaire vague, au nez sur la branche nasale trijumeau, et se réfléchit sur la source des mouvements respiratoires dans la telle allongée et la modle épinièrc, de laquelle partent alors les groupes de mou- [uents respiratoires qui donnent lieu au vomissement, à la toux, à Féternuînt, etc. L'irritation des ramifications de la branche nasale du trijumeau dans nez produit rétemument, alors même qu'elle est secondaire, comme, par oemple, quand la lumière du soleil agit sur I^ nerf optiqnig, et celui-ci sur le irveau, qui détermim* ensuite une irritation sccondairMfts nerfs nasaux et des erfs respiratoires simultanément. Beaucoup de personnes mmuent dès que leurs Bn sont frappés par les rayons du soleil. L'irritation de la paire vague seule dans * î-bnnx, la trachée-artère, les poumons, amène la toux ; celle du glosso-pharyn- 'co et de la branche pharyngienne df'Ia paire vague dans le pharynx, et celle de la are vague dans Testomac, donnent lieu au vomissement Parcourons l'un après l'autre les di\ers groupes de ces mouvements respirâmes sympathiques.

Tous les mouvements respiratoires sont susceptibles de s'exécuter isolément ; il ^ arrive quelquefois aussi de se grouper autrement qu'ils ne le sont en général 1^ l'acte de la respiration. ^

La contraction du diaphragme, accomjiagnée des mouvements respiratoires qui '^riiiiiient Texpiration, a lieu, volontairement ou involontairement, toutes les •qu'un corps \ient à <^lre expulsé violemment d'une partie quelconque de la rite abdominale. Par exemple, volontairement dans la défécation et la mixtion finaires ; invoIohtaifOment dans le vomissement, la parturition, la sortie iuvo- Kaire des excréments ï la suite d'une rétention trop prolongée, l'émission învottairc de l'urine après que ce liquide a été retenu pendant trop longtemps. Le •hiix, l'estomac, le rectum, la vessi<», la matrice, ont, par leurs nerfs, des Bhexions telles avec les nerfs cérébraux et rachidiens, que toute irritation fcntc éprouvée par un quelconque de ces organes , non seulement le •crmine lui-même à se contracter, mais encore sollicite le diaphragme et les Hîles abdominaux à entrer en contraction, afin d'expulser la cause irritante par but ou par le bas. Ot eflet tient à ce'qne l'irritation se réfléchit d(»s branches c la pain? vague envoie au pharynx et h l'estomac sur le cerveau, des branches apathiques de l'estomac sur le système s>'mpathi([iie, le ccrveifl et la moelle Bière, enfin des nerfs du rectum, de la matrice et de la ffeaie, dont les uns 'Viennent du grand sympathi([ue, et les autres sont des branches des nerfs sacrés, h nacK'lle épinière. Dans tous ces mou\einents. qui tendent à expulser im corps ^Iconque par le haut ou par le bas, la glotte se ferme pendant quelque temps. '*^i fait une observation fort instructive, (juant au mode d'origine du vomisse- U, c'est que, quand on ouvre la caviié abdominale chez un lapin, qu'on mcK i

27ë liNFLlimSCE DES NERFS SUR LA RESPIRATION.

découvert le nerf splanchniquc gauche, situé au coté interne de la GapsuksQR^ nale, et(fu*on tiraille ce nerf avec une aiguille, des mouvements convulsifs ont Mh vent lieu dans les muscles du bas-ventre. Je n'ai fias retrouvé ce phénomcoe dtt les chiens^

Dans la toux, Tirritation que le nerf vague éprouve au larynx, à h tncU^ artère, au poumon, se propage à la moelle allongée. Celle-ci provoque par an contraction de ia glotte avec mouvements expiratoires spasmodiques des moscMp la poitrine et du bas-¥entre, mouvements à chacun desquels la glotte s'oum ■ peu, et du bruit se fait entendre. Le diaphragme n*a rien à démêler aveciaW^ sinon que parfois celle-ci est précédée d*une inspiration plus profonde. Suivant U^ mer et Brachet (1), quand le nerf de la paire vague a été coupé des deux côtéiif; ne peut plus provoquer la toux en irritant, même violemment, la face interne è||b trachée-artère (2). Krimer assure que la toux peut encore être provoquée apriiki section du grand syn^)athique au cou (3). i;

Il nous est possihlad^empêcher rentrée dans le larynx, non seulement e&li^ mant la glotte, mais Jfcore, comme Ta découvert Dzondi, en rapprochant raafel l'autre les piliers postérieurs du voile du palais, et appuyant la partie postérîM de la langue sur le plan incliné qui résulte de là. Ce mouvement a toujounf^ avant rétcmument C*est lui qui distingue liitemumeut de la toux, dans laquil^ avant Texplosion, il n*y a qu^occlusion de la glotte, sans contraction simultanéei| nmscles du voile palatin. <

L'éternumcnt est ime contraction brus([uc et nolente des muscles expirateia] la suite de Tocclusion des voies aériennes en avant. Au moment de la \ioleiite op ration, cette occlusion fait place à l'ouverture soudaine de la bouche et du neikl fois, on du nez seul. Le diaphragme ne s(Tt à rien dans l'étemument, qnoifll beaucoup d'auteurs anciens et modernes, adoptant la croyance populaire, luitim^ jouer un rôle dans ci'i acte; ce n*est pas un muscle expirateur, et il n'agit queàll la profonde inspiration qui précMe réternument. (

Les sympathies nerveuses qu'on a imaginées i)our expliquer l'étemument iri inutiles et même impossibles. Dans la fausse supposition que cet acte est acco^j )>ar le diaphragme, on admet que l'irritation des nerfs du nez se propage à la bra«k| profonde du nerf vidien et au grand sympatliique, puis de là aux nerfs cenicav^ au ncrfphréni([ue. Comme ce n'est pas le diaphragme, mais les nmscles expirM^ qui opèrent réternument à la suite de l'occlusion du canal de la bouche et doit le plus simple est de raisonner d'après l'analogie* des niom ements sympathiquesfl la lumière excite dans l'iris, et d'admettre la moelle allongée elle-mèinc eoa4 intermédiaire entre les branches nasales du nerf trijumeau, d'une part, lesmtfdl

(1) liecfierehes iur le* fonctions du système verrcux. Paris, 1837, in-8.

(2) Cette obiitrvatiun a été faite aus<ii par LongcL [Anat, et physiol. du syst, ii^rr., UMil p. 289). Apri's avoir nrsé, dil-il, quelques goulles dVnu dans la Irachée-arlère d*uii chit^l qui provoque une touiconvuls've, lui divise-t-on nu cou les deux pneumogastriques, elirif alors remplace-t-on IVau par un ocide viol» ni, Taninial ne tousse plus cl n'^rouve ancnnrM sation douloureuse de la cau(ért«>alion de sa muqueuse respiratoire. (AWr du traâ,) '

{:S) Ce qui nV'sl pas surprenant, puisque, (ommePa ctal.ii expc^rimenlalemetit Loii|!ftt >ensibilité assez vi\e dont jouil la rau(|ueuse ([ui tapisse les voies respiratoires est eidttfiTOi confiée uu\ nerfs de la Iiuilièmc pain*. !\'ote du trad.)

]NFLU£9«CE DES NERPS SUR LA RESPIRATION. 37fl

îrateurs et ceux du voile palatin, d*autre part ; en effet, il est bien clair que la lièrc Q*agit8urles nerfs ciliaircs ni d'une manière directe, ni par rintermédîaire la rétine. Les s>'mpadiies d'un grand nombre de nerfs avec une irritation locale

le iitoyea du cerveau et de la moelle épinière, sont rendues très faciles I crnioir par les phénomènes qui succèdent 4 la narcotisation d'un animal, dont il fit ensuite de toucher légèrement la peau pour déterminer des spasmes tétaniques lérain;.

Le bâilleineni est une inspiration lente et profonde, suirie d'expiration lente, et iquelle participent les muscles respiratoires de la face qui d^^endent du nerf ial. La bouche est largement ouverte, mouvement que dirige aussi le nerf facial, - le inoyen du muscle digastrique. I^^ bâillement a lieu d'ordinaire à la suite des igues ; il arrive fréciueinment surtout c\\ct les personnes dont le système nerveux , irrité et affaibli, chez celles qui ont envie de dormir, et au début d'une fièvre. 1 a prétendu qu'il provenait d'obstacles à la petite circulation : cette sup|)osition e paraît absohiment fausse. j^

Rire et pleurer stmi aussi des actes c|ui s'accom|)agiient dWection des nerfs res« ntoiresà la face et au tronc.

Le hoquet est une véritable afiecti(m du diaphragme, une ini^ration abrupto rodnite par la seide action de ce muscle, au moment de la contraction duqud il -rive quelquefois que la glotte soit fermée. Le lioquet est causé la plupart du temps ■r une compression exercée sur le pharynx ou Ta^sopliage lorsqu'on avale de trop nwws bouchées, ou par une succession trop rapide d'actes de déglutition ; fré- RNmmeut, c'est un signe d'affection neneusi*. Krimer prétend qu'on peutlepronirp, chez les animaux, en irritant et comprimant le cardia.

Tous les mouvements respiratoires s'exécutent involontairement, et oq)eDdant % obéissent jusqu'à un certam point aux ordres de la volonté. Jls ont lieu pendant ^-«mmeil, sans que nous le sachions, et en observant un rhythme constant; tantôt ' nnt de simples inspirations périodiques, dans les intenailes desquelles les parties ^ ittgern'ut en vertu de leur élasticité, tantôt aussi ce sont des mouvements alter- ■ib d'inspiration et d'expiration. Quand les poumons sont détniits ou rempUs de outre mesure, le sujet est forcé de res|)irer beaucoup moins dans un laps de i donné, et les mouvements respiratoires s'accélèrent alors d'une manière ■^iportiounelle. Les mouvements respiratoin^s sont soumis à la volonté, en ce sens M nous sommes libres , mais dans certahies limites seulement , de raccourcir , ^looçer, de retarder, d'avancer l'inspiration et Texpiratioii, et que nous pouvons fener nos mouvements respiratoires à tel ou tel groupe de muscles : |)ar exemple, i^Hrer tantôt avec les ])arois de la |)oitrine, tantôt avec*, le diaphraguH*, ou avec tous i^x à la fois. >ous exerçons cette volonté comme dans presque tous les mouve- ^ms qui dépendent de nerfs cérébraux et racbidiens, et elle dure aussi longtemps iMles nerfs correspondants consenent des connexions avec le ceneau et la moelle

Ce. Les mouvements respiratoires manquent chez le fœtus jusqu'après la ce. Pcudant la vie intra-utérine, la trachée- artère et \v larynx sont dans un ^d'insf^nsibilité ; car les eaux de l'anmios y pénètrent, d'après les obsiTvations de ^fcN»l, tandis ((ue, chez l'adulte, la moindre goul le de liquide qui franchit la glotte '^Ofjue des mou\ements \i()lents. Nous tiaiteroiisdos cau«»s de la pit'uvière rcs- ^*fion lorM|U*il sera r[uestion des niouveinenlb >oIontaireb.

290 INPUIKNCE D£S NERFS SDR LA RESPIRATION.

Legallois a reconnu que la section des deux nerb récurrents est souTent moi chez les jeunes animaux : elle ne l'est point chez les animaux adultes. Cdl& seul nerf de la huitième paire n*est pas mortelle ; mais celle des deux nerfs eut toujours la mort, qui survient dans Tespace de quelques jours. Les causes < mort après cette opération ont occupé les physiologistes, depuis Rufus d*Epbè GaUen jiw|ii'à nos jours; et, quoique les modernes aient apporté plus de sa l'expérience, nous sommes toujours hors d'état de dire quelle est la soustnel en ?ertu de laqudle'lk lésion devient mortelle. Les mouvements respintoi en sont indépendants pour la plus grande partie; à la vérité, elle entraîne i demi-paralysie du nerf récurrent, et par conséquent aussi des muscles da luyi mais on sait que la section des nerfs récurrents n'a pas de conséquences bn teUes.

Dupuytren (1) a trouvé qu'après la section des deux nerfs de la paire v^, i cheval mourait dans l'espace d'unelieure, un chien en deux ou trois jours, et q la mort était précédée4'une difficAité toujours croissante de respirer. Le sang et devenu peu k peu pluÉfoncé dans les carotides. On conclut de là que la léskxiai arrêté le travail chimique de la respiration. Nais ce qui aurait déjà dû suffire pi rendre cette conclusion suspecte, c'est que le sang subit, même hors du corpi, changement de couleur ordinaire dans la respiration. Je renvoie, pour ce qui a cerne la critique de ces observations, à l'excellent travail d'Emmert (2), qui a dm une exposition très complète des expériences tentées avant lui.

Blainville ne tarda pas non plus à faire voir (3), par des expériences sur oiseaux, que la consommation d'oxygène et l'exhalation d'acide carbonique i tout aussi considérables après la section des nerfs de la huitième paire que i l'état* sain, et que le sang n'en change pas moins de couleur dans les poumon oiseaux survécurent assez longtemps, six ou sept jours, à l'opération ; mais les hj moururent au bout d'environ sept heures. Les oiseaux périrent, dit-on, àm état de marasme complet. Aussi Blainville attribue-t-il la mort au trouble d digestion, ce qui, dans tous les cas, ne convient point aux lapins ni aux maa ières en général. Quant à moi, je n'ai pas remarqué d'amaigrissement chez des auxquelles j'avais coupé les deux nerfs de la paire vague.

D'après les expériences d'Emmert sur des lapins, la respiraticm devient, i| l'opération, pim rare, plus lente, plus difficile. Ce phénomène a lieu constamo et il est vraiment fort intéressant de voir les inspirations devenir plus profond! plus lentes à dater du moment où les deux nerfs ont été coupés. Emmert a tn que la conversion du sang dans les poumons n'avait pas subi un grand changea et il attribue la mort des animaux en partie à la paralysie du mouvement partie des bronches. Il appelle eu même temps l'attention sur un fait digne de remar c'est que les lapins sont les seuls mammifères chez lesquels le grand sympatk et le nerf de la paire vague soient séparés l'un de l'autre au cou, tandis que, la plupart des autres, le premier de ces nerfs s'unit avec le second après sa 9 du ganglion cervical supérieur, de sorte qu'il est im|)ossible de lier ou de co

(1) Bmioth.méd.,l.\\U.

(3) nuCsArchiv, t. IX, p. 380; U XI, p. 117.

(3) I^auv, huit, de la Soc, phUam», ISOS,

INPLUEMCE DES NERPS SUR LA RESPIRATION. 281

ikoidème piire saos faire subir la même lésion au grand sympathique (1). Emmert Moe la différence des résultats obtenus par Dupu^tren, Blainville et autres, à iqie la section avait porté, tantôt sur les deux nerfs, tantôt sur un seul, suivant lainaiix soumis à Texpérience. Dans celles de Dupuytren, sur des chevaux, les Bs nerfe forent coupés, tandis qtie dans celles d'Emniert sur les lapins, dans Ik de Blainville sur des lapins et des oiseaux, la section n^intéressa que la paire |K. Cependant une chose prouve que cette circonstance ne peut pas avoir dUn- RMe spéciale, c'est que, d'après les expériences de Ponlttier, la section des deux lids sympathiques au cou n'entraîne aucune conséquence importante : ces expé- ■tts oDt été faites sur des lapins et des chiens, et, chez ces derniers, de manière B h gaine qui enferme le grand sympathique et la huitième paire fi\t ouverte, I qu'on pût couper le premier de ces nerfs seulement : aucun changement ne se '^marquer chez les animaux jusqu'à la septième et huitième semaine, époque à leOe on cessa de les observer. :

ihant Provençal (2), les phénomènes chimiques de la respiration ne cessent iprès l'opération, et sont seulement diminués ; il a trouvé que les animaux Mnment moins d'oxygène et forment moins d'acide carbonique, et que la char inimale diminue. Legallois, qui avait déjà reconnu qu'un animal vit d'autant s longtemps sans respiration, qu'U est plus avancé en âge, remarqua aussi que Btraire a lieu après la section des nerfs de la paire vague. Un chien nouveauccomba une demi-heure après l'opération, tandis qu'un chien adulte vécut "e un jour ou deux ; la section même des nerfs récurrents tue également les s animaux en une demi-heure, de sorte que, chez eux, la promptitude de la , après la section des nerfs de la paire vague, parait tenir à la paralysie des laryngés inférieurs et à celle des muscles du larynx. De là vient aussi que la êotomie prolonge un peu la vie. L^allois se convainquit également que la !, qui a besoin de s'élargir dans l'inspiration, se ferme presque entièrement, les jeunes animaux, à la suite de l'opération. Il trouva, ajMès la section des

de la paire vague, un épanchemcnt de sérosité sauguincdeute et écumeuse les poumons, épanchement qui accroît la difficulté de respirer provenant de ralysie des muscles destinés à élai^ir la glotte. Les deux causes, qui se réu- Dt dans la section de la paire vague, paraissent donner lieu ici à la suffocation, fin à la mort, que la simple section des nerfs récurrents n'entraîne pas chez limaux adultes.

ipuy assure que les chevaux et les moutons périssent en une heure après la 10 de la paire vague , mais qu'ils survie eut plusieurs jours ]ors(|u'ou a pra-

la trachéotomie. Ici l'effet de la paralysie des nerfs récurrents se trouve en [ue sorte sé[)aré de celui de la paralysie des branches pulmonaires de la paire i. Cependant Dupuy croit que la paralysie des |)oumons amène la suffocation, pas seulement en déterminant un épanchement de licfuide , mais encore en inant la respiration. Du reste, la cause de l'épanchement dans les cellules

Saivant Bischofl*, le cncbon , le lapin , la taupe et le mulot sont les seuls animaux chez

h le grand sympathique ne soit pas intimement uni à la paire vague ( IVervi accessorii

nia et physiologia, Heidelberg, 1832}. J'ai constaté qu*il en est de même chef le

pic

Journal général de médecine^ t. XXXVII, janvier 1810.

280 INFLUENCE DES NERFS SUR LA RESPIftAtlOK.

Legallois a reconnu qne la section des deux nerfo récurrents est souTent mortele chez les jeunes animaux : elle ne Test point chez les animaux adnltesi Cdle d'à seul nerf de la huitième paire n*est pas mortelle ; mais celle des deux nerfs entniK toujours la mort, qui survient dans l'espace de quelques jours. Les causes de ta mort après cette opération ont occupé les physiolc^^istes, depuis Rnfus d'Ephèsect GaUen jusqu'à nos jours; et, quoique les modernes aient apporté phis de smk l'expérience, nous sommes toujours hors d'état de dire quelle est la soustracte en vertu de laqudk' Ié lésion devient mortelle. Les mouvements respiratoirci en sont indépendants pour la plus grande partie; à la vérité, elle entntne «» demi-paralysie du nerf récurrent, et par conséquent aussi des muscles du lanw; mais on sait que la section des nerfs récurrents n'a pas de conséquences mortelles.

Dupuytren (i) a trouvé qu'après la section des deux nerfs de la paire vague, ■ cheval mourait dans l'espace d'une Jieure, un chien en deux ou trois jours, et qv la mon était précédée d'une didicAité toujours croissante de respirer. Le sangéttil devenu peu à peu plui foncé dans les carotides. On conclut de là que b Uàoavà arrc^té le travail chimique de la respiration. Mais ce qui aurait déjà dû suflùefNVj rendre cette conclusion suspecte, c'est que le sang subit, même hors du coipi,b| changement de couleur ordinaire dans la respiration. Je renvoie, pour ceqmM^I cerne la critique de ces observations, à l'excellent travail d'Emmert (2), qui a iaâ | une exposition très complète des expériences tentées avant lui

BlainvUle ne tarda pas non plus à faire voir (3), par des expérimces m oiseaux, que la consommation d'oxygène et l'exhalation d'acide carbonique tout aussi considérables après la section des nerfs de la huitième paire qne l'état'sain, et que le sang n'en change pas moins de couleur dans les poumim oiseaux survécurent assez longtemps, six ou sept jours, k l'opération ; mais les! moururent au bout d'environ sept heures. Les oiseaux périrent, dit-on, ém\ état de marasme complet. Aussi Blainville attribue-t-il la mort au trouble <tal digestion, ce qui, dans tous les cas, ne convient point aux lapins ni aux iéres en général. Quant à moi, je n'ai pas remarqué d'amaigrissement chez dei< auxquelles j'avais coupé les deux nerfs de la paire vague.

D'après les expériences d'Emmert sur des lapins, la respiration devient, l'opération, plus rare, plus lente, plus difficile. Ce phénomène a lieu et il est vraiment fort intéressant de voir les inspirations devenir plus profoofai plus lentes à dater du moment où les deux nerfs ont été coupés. Emmerta (|ue la conversion du sang dans les poumons n'avait pas subi un grand cl et il attribue la mort des animaux en partie à la paralysie du mouvement (les bronches. H appelle en même temps l'attention sur un (ait digne de c'est que les lapins sont les seuls mammifères chez lesquels le grand sym| et le nerf de la paire vague soient séparés Tun de l'autre au cou, tandis qœ, la plupart des autres, le premier de ces nerfs s'unit avec le second après si du ganglion cenical supérieiu*, de sorte qu'il est impossible de lier ou de

(1) BiHioth. méd. y t. XVII.

(3) REa*Si4rcAiV, L IX, p. 380; U \l, p. UT.

(3) I^ouv. huit, de la Soc, phiUm,, 1808.

INFLUENCE DES NERFS StiR LA RESPIRATION. 281

la huitièiiie paire sans faire sabir la même lésion au grand sym(>athi(]uo (1). Emmert attribue la différence des résultats obtenus par Dupuytren, Blainville et autres, à ce que la section af ait porté, tantôt sur les deux nerfis, tantôt sur un seul, suivant les animaux soumis à l'expérience. Dans celles de Dupuytren, sur des chevaux, les deux nerlis fiu'ent coupés, tandis que dans celles d'Emniert sur les lapins, dans oriles de Blainvi{lc sur des lapins et des oiseaux, la section n'intéressa que la paire Tapie. Cependant une chose prouve que cette circonstance ne peut pas avoir d'intoence spéciale, c'est que, d'après les expériences de Pommer, la section des deux grands sympathiques au cou n'entraîne aucune conséquence importante : ces expériences ont été faites sur des lapins et des chiens, et, chez ces derniers, de manière ^ la gaine qui enferme le grand sympathique et la huitième ])aire fût ouverte, aiin qu'on pût couper le premier de ces nerfs seulement : aucun changement ne se b remarquer chez les animaux jusqu'à la septième et huitième semaine, époque à , hpielle on cessa de les observer.

Suivant Provençal (2), les phénomènes chimiques de la respiration ne cessent PB après l'opération, et sont seulement diminués ; il a trouvé que les animaux flNMMument moins d'oxygène et forment moins d'acide carbonique, et que la char lenr animale dimmue. L(^llois, qui avait déjà reconnu qu'un animal vit d'autant tiino longtemps sans respiration, qu'il est plus avancé en âge, remarqua aussi que le contraire a lieu après la section des nerfs de la paire vague. iJn chien nouveau- »^ succomba une demi-heure après roj)ération, tandis qu'un chien adulte vécut un jour ou deux ; la section même des nerfs récurrents tue également les animaux en une demi-heure, de sorte que, chez eux, la promptitude de la i, après la section des nerfs de la paire vague, parait tenir à la paralysie des laryngés inférieurs et à celle des muscles du larynx. De là vient aussi que la

Ëéotomie prolonge un peu la vie. Legallois se convainquit également que la s, qui a besoin de s'élargir dans l'inspiration, se ferme presque entièrement, les jeunes animaux, à la suite de l'opération. Il trouva, ajuès la section des de la paire vague, un épanchemcnt de sérosité sanguinolente et écumeuse les poumons, épanchement qui accroît la difficulté de respirer provenant de paralysie des muscles destinés à élai^ir la g)otte. Les deux causes, qui se rénit dans la section de la paire vague, paraissent donner lieu ici à la sulTocatiou, fi^ enfin à la mort, que la simple section des nerfs récurrents u'eulraine pas chez ^K animaux adultes.

^ Oapuy assure que les chevaux et les moutons périssent en une heure après la RAciion de la paire vague , mais qu'ils sunivent plusieurs jours lors(|u'ou a pra- PQié la trachéotomie. Ici l'effet de la paralysie des uerfs récurrents se trouve eu [ue sorte séparé de celui de la paralysie des branches pulmonaires de ia paire Cependant Dupuy croit que la paralysie des poumons amène la suffocation, pas seulement en déterminant un épanchemcnt de licfuide , mais encore en ûnuant la re^îration. Du reste, la cause de l'épanchement dans les cellules

\i) Saivanl Bhchoff, le cochon , le lapin . la laupc et le mulot sont les seuls animaux chez uels le grand sympathique ne soit pas inlimcmenl uni à la paire vague ( IS'ervi acccssorii fmia et phytiologia. Heidelberg, 1832}. J'ai conslalé qu'il en est de m<^me che» le

3) /uMi'/uf/ général de médecine ^ t. \XXV1I, janvier 1810.

282 UUFLUEAiilK i>£S KEKFS SUE LA BËSipiJUTlO^*.

pulmonaires et les bronches est facile à déduire , d*après les ccHisidératiottfie j*ai exposées précédemment

Suivant Krimer, la section des nerfs de la paire vague est siùvîe d'un épiadiiment de fibrine dans les cellules pulmonaires, fait qui, s*il était exaa, aurait mt grande importance.

Mayer a observé (1), comme phénomène constant à la suite d*an grand nonkR d*expériences sur la ligature et la section de la paire vague, que, quand la luorta lieu longtemps après l'opération, on trouve, dans le sang des poumons et à cœur, de^ caillots solides et blancs, qui remplissent entièrement les artère:» et b veines, ainsi que les cavités du cœur. Ces concrétions sont encore molles, et se composent d*un caillot noir quand la mort a suivi de près la ligature ou la sectia de la paire vague ; mais elles sont blanches lorsque la mort D*a eu lieu qu'au botf de quarante-huit heures et plus. Ces observations ont un haut degré d utéréL Dans quatre expériences, doux sur des chiens et deux sur des lapins, qui ont rlé faites sous ma direction , on a trouvé , après la section de la paire vague , et a pratiquant Touverture du corps aussitôt après la mort, que deux de ces aninua seulement ofiraient un caillot de la grosseur d'un pois dans le cœur gauche, ibé qu'il n'y avait rien dans les vaiss(;aux pulmonaires. Une seconde cause de morl. qui n'a pas toujours lieu après l'opération, mais qui se rencontre souvent, tiei, suivant Mayer, à ce que les aliments, dont l'estomac regorge, passent ém k trachée-artère et les bronches , h travers la glotte, qui d'ailleurs est relâchée 4; devenue insensible. Mayer dit, qu'après l'opération, les battements do deviennent beaucoup plus rapides, et la respiration de plus en [dus lente (2).

(1) Tiedem. Zeitschrift fucr Physiologie, t II, p. 74.

(2) Sur plus de trente chiens adultes qu*ii a soumis à la division des nerfs pi Longet {Anat, du syst. nert\, t. Il , p. 806] n'en a jamais vu un seul sunrivre au ddàde< jours: le plus grand nombre a péri du second au quatrième jour, sans que la préalablement faite, changeât rien à celle durée. Quant aux lapins, ils n^ont janab fèeaj de trente-six heures, que celte dernière oi>érulion leur eût été ou non pralîqùèe. Tous lesi auxquels il n*a réséqué qu'un seul nerf ont survécu ; au contraire, quelques lapiosoot {Jbid., p. 3A9), mais ces derniers étaient âgés seulement de trois mois environ, d'où permis de penser que Télat de la glotte a â(i avoir, dans ce cas, une influence fdcbeiiA' Suivant Longet {Ibid.^ p. 291 ), si les mouvements respiratoires ne sont point arrêtés af section des deux pneumogastriques, c'est parce que la sensation du besoin de respirer B>il| abolie (celte sensation ))ourruit alors être supposée avoir sou siég:c et sa condition non à la surface muqueuse pulmonaire , mais dans les centres nerveux ) ; si, d'un autre ( nombre des inspirations diminue, c'est que, l'impression excilulrice de l'air n'étant plus la sensation du besoin de respirer est moindre. LoiiK<'t pense {Ibid.^ p. 395} que. l'c ayant dépossédé de leur activité propre les libres musrnl.tires des bronches, qulitoor de» muscles n»»piraleurs internes, l'air, dépouillé de si»s éléments respira blés, et peu h pnii d'acjde carbonique, séjourne, en vertu de sa densité, dans les divisions bronciiialei, seule éiiistieité , quoique persislunle, ne saurait snllire a l'expulser : donc le sang qui réseau capillaire du poumon , au lieu «rétre < n conluci niëdiai avec un air inn-ssammenli \elé, et capable de lui fournir le principe de sa n'\i^iru\ition. finil, au bout d'un certain par n'être plus en rapport qu'a\ec de l'aride carbonique, et Tanimal, comme s'il était! dans une atmos|>hère clmrgée liv ce gai nuisible, devra bienlôl cesser d»» vivre. — Cheilfit maux doni le nerf vague a été coupé ( //'/</.. p. 29'J}. les poumons cessent pi u à peu d'àie| ménbles à l'air et au sang. Qu'on pousse alors de l'air dans la trachée, c'est à peine si lobules se laissent distendre, les inucosile* et la béro^itè écunicuse qui ob^truent les

l'on réunit tous les documents qui rcssortent des diverses observations, ou voit la ligature ou la section de la paire vague tue par le concours de différentes •nstances, qui toutes amènent en dernière analyse la suffocation, savoir, la ysie incomplète des mouvements propres à changer la forme de la glotte, les dations dans les poumons, les changements du travail chimique qui s*accomians les organes, et la coagulation du sang dans les vaisseaux (1).

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