Acte de la nutrition
La nutrition ne se prête point à l'observation microscopique. Dœllinger et Duchet prétendent bien avoir vu des globules du sang perdre leur mobilité dans
mfaiques (d^abord parce que, n'étant plus senties* elles ne provoquent pas de réaction c%pul- U et ensuite parce que les fibres musculaires des broncha sont paralysées) s'opposent ft la « pénétration de ce fluide dans les vésicules pulmonaires, d'ailleurs oblitérées pour la plupart, ao injectée dans l'artère pulmonaire ne revient plus par les veines. Des concrétions sanguines se forment dans les vaisseaux mettent surtout obstacle à la petite circulation. Une coupe Hqaée dans l'épaisseur du poumon fait voir qu'il a perdu sa structure aréojaire dans un grand ribre de points ; son parenchyme s'est hépatisé ou splénisé par la coagulation des liquides •ebés et raffaiasement des vésicules : aussi ne crépite-t-il plus, et les parties les plus engorgées état ao Ibnd de l'eau, au lieu de surnager. Ces altérations sont d'autant plus prononcées I.I1S animaux ont survécu plus longtemps; elles ne s'accroissent que graduellement ; le tempa ttes mettent à se former varie beaucoup , et parait tenir à des circonstances individuelles. i|et, pour examiner immédiatement l'état du sang dans le poumon et le cœur, tua à diOértn époques des chiens auxquels il avait coupé la paire vague. Au bout de vingt heures, quand Rivait pas d*engonement pulmonaire, il a trouvé le sang très fluide; au bout de trente-six MCI, des caillols noirs , très mous , peu volumineux . ayant la consistance de la gelée de grole* ont été reneontrés dans les oreillettes, les vésicules , l'artère pulmonaire et l'uorie. à leur IIm. Vers le troisième et surtout le quatrième jour, l'engorgement pulmonaire étant porté yhs haut d(gré, on trouva des caillots solides, décolorés, jaunâtres, insinués entre les co- ■tt charnues des ventricules et des oreillettes; il y eu avait quelques uns dans les artères *> veines pulmonaires, jusque dans leurs ramifications. Le sang, dans les artères, était 'ornent foncé et presque noir. Mais Longet a rencontré aussi des cas où la mort était sur- ^lansces coagulations, que, d'après cela, il n'en regarde pas, avec Mayer, comme la '^exclusive et constante. La mort apK's la section de la paire vague ne dépend donc pas ^ cause unique, et partout la même; il y en a plusieurs , dont une seule peut sulfire parfois ^ dmener ce dénoûment fatal. Du reste, Longet {Ibid., p. 303) a observé, contrairement à •y, qu'on peut ero|>f»isonner des chiens opérés en ingérant le poison dans leur» voies respi- *^ : seulement l'intoxication élail plus rnpidenient Hine^lc le premier jour de l'opération le second, et surtout le troisième, iWnx il semble résuller que l'activité de l'absorption di- ^ en raison directe de l'engouemcnl pulmonaire. {^ote du trad.)
) Ciimp* Lcao, Viviuilionen^ p. 233-2A3.
les vaisseaux capillaires et se combiner avec la substaoce, et inoi-niénie j'ea ai souvent observé qui s*arrétaîent; mais des recherches multipliées m'ont convainn que, chez les animaux en pleine santé, ces corpuscules passent toujours dei mtères dans les veines, et qu'une théorie de la nutrition, fondée snr leur agrfgatioi ou sur celle de leurs noyaux, serait absolument fausse (1).
I^es globules du sang ont un volume qui dépasse de beaacoafxrépaîssenrdeb plupart des fibres du corps animal; chez la grenouille, par exemple, ils sontdiq à huit fois plus larges que les fibres musculaires, et beaucoup plus épais que cdks du tissu cellulaire.
(]omme les éléments primitifis de toutes les parties de Fembryon, ces corpuscnfci sont des cellules. Ils ressemblent d'abord parfaitement aux autres cdhiles à Tembryon ; mais la rc^ssemblance s'eiïace bientôt, et il n'y a pas an seul qui soit composé de globules du sang proprement dits, quoique plusieurs formés de cellules. Prévost, Dumas et Edwards regardaient les noyaux de C9 globules comme les éléments des fibres. Aujourd'hui on sait que les fibres sont Ai cellules allongées, comme celles du tissu cellulaire, ou des dépôts opérés dm l'intérieur de cellules, dont plusieurs se sont jointes bout à bout pour prodoireà tubes, comme les fibres musculaires et neneuses. Jamais ces fibres ne réfldW d'une agrégation de globules.
On ignore si la matière colorante rouge des globules do sang passe en fiÉ dans les organes qui semblent en contenir, comme les muscles, ou si ces forment eux-mêmes la substance qui prend une teinte plus rouge à l'air. £i cas, les globules, considérés dans leur entier, ne sont pas les matériaux déblai trition. Ils passent constamment des artères dans les veines. Leur rôle, dav nomie animale, a certainement beaucoup d'importance ; ils sulnssent le qui s'opère pendant la respiration, et prennent une teinte foncée en traf vaisseaux capillaires du corps ; là, ils se trouvent en conflit avec les des organes, le long descfuelles ils ne font que glisser, et qui cependant ibat leur couleur au rouge foncé. A chaque circuit, qui dure trois minutes, îb vermeils dans les poumons, puis noirs dans les capillaires du corps, et dm pace de vingt-quatre heures, ils subissent environ ^80 alternatives de odanàÊÊ., l'état vermeil, ils exercent sur les organes, et notamment sur les nerls, une tation nécessaire à l'entretien de la vie. Mais cette stimulation est totalemcst rente de l'afiluen^ de matériaux nouveaux par reffet de la nutrition.
Les derniers vaissc^aux capillaires ne se répandent pas sur les fibres
(1) On Dc voit nulle part, dit Donné {Cours de microscopic , p. ilO), lesangs^^ sortir de ses canaux, et iei globules suivenl les vaisseaux, sans jamais se détoarnereit si ce n*està la suite des lésions mêmes produites par Pexpérience. Aillears (p. 112), H Ai lument impossible de suivre un globule depuis le moment où il arrive par um; artère, celui où il revient par une veine, après avoir accompli son circuit. Le moavemeot dai d'une part trop rapide, et de l'autre la division du système vasculaire ne pennel point de i^pr^* -: ainsi les globults pas ù pas; ils subissent souvent dans leur marche de nombreux délowti passant directement d'une artère principale dans un gros tronc veineux , aa moyen d'itti arlériole qui va de Tune à l'autre , tantôt pénétrant dans des organes sécréteurs, aa onÉCi quels le sang tourne si rapidement dans des vaisseaux repliés 5ur eux-raénies , qu'oa tf distinguer que rentrée et lu sortie du fluide sanguin dnns cette espèce dc tomtiUiiii
{Sole du trai.)
« inascles et des nerk Ces fibres sont trop i)etites |)oiir cela, car leur oxigiiîir passe même celle des capillaires qui u*ont que 0,00020 à 0,00050 pouce de imètre. L'échange des matériaux ne peut donc avoir lieu qu'à travers les parois s vaisseaux capillaires. La nutrition, au moyeu d'une exsudation à travers ces rois, s'accomplit aux dépens des parties dissoutes du sang, tandis que les gloles passent distinctement des artères dans les veines. Les plus importants maiaux de la nutrition sont de toute évidence l'albumine et la fibrine dissoute. te |>artie de ces matériaux peuvent traverser les parois des capillaires; ils baignent cellules et les fibres des tissus, d'où les h mpliatiques ramènent dans le sang qui n'a pu servir à la nutrition. Or il importe de savoir ici que les capillaires K-mêmes ont encore des parois. Rien ne peut aller du sang aux molécules des janes et revenir de c«ux-ci au sang, sans traverser, à l'état liquide, les parois cea vaisseaux. L'observation réfute l'hypothèse, au premier aperçu phis propre expliquer la nutrition, que le sang des capillaires coule non dans de véritables l)es, mais dans de simples excavations ou gouttières de la substance iIqs organes. on autre côté, les parois des capillaires ne mettent point obstacle à l'attraction s parties liquides du sang, puisqu'elles sont perméables. Pour que la nutrition s'accomplisse, il faut que les molécules constituantes des ganes et des tissus, leurs cellules primitives, ou les fibres provenant de cellules, irent les parties dissoutes du sang et restituent des matériaux à ce liquide. Mites les molécules qui entrent dans la composition de l'organisme adulte resmUent aux cellules simples et primaires de l'embryon, ou sont des cellules aligées, et, par conséquent, toujours des équivalents de cx^Ilules, c^mme les fibres ^ tissu cellulaire, ou enfin des |)roduits de la fusion de plusieurs cellules, et alors s équivalents d'un plus ou moins grand nombre de cellules, comme les fibres DKulaires et nerveuses. L'assimilation est donc, dans tous les tissus, un résultat »^ l'action des cellules primaires dont l'embryon est formé, ou d'équivalents de • cellules.
les cellules primaires ou leurs équivalents attirent hors du sang des substances ■i leur ressemblent au point de vue chimique, mais qui sont encore liquides, ou ^i les métamorphosent de manière à se les rendre semblables, et les assimilent à nrpropre substance, en les faisant participer aux forces dont sont douées les cellules, tt fibres, etc. , vivantes. I^ nerf forme de la substance nerveuse ; le muscle, de la >kunce musculaire ; il n'y a pas jusqu'aux produits pathologiques organiques qui teimilent de nouveaux matériaux : la verrue cutanée grossit, l'ulcère nourrit son *>d et ses bords de la manière exigée par son mode particulier de vie et de sécré- ^. et la conversion des matériaux nutritifs en un organe doué de productivité '^de peut aller jusqu'à la ruine du tout.
Ootre l'assimilation, les cellules primitives ont encore la |)ropriété de eombiner : <le métamorphoser leur contenu même, qui souvent diffère tout à fait de la '^Dce dont leurs parois sont formées. Ainsi il se dépose de l'amidon dans les ^€S des végétaux , de la graisse dans certaines cellules des animaux. ^s matériaux immédiats des organes existent déjà en partie dans le sang; l'ai- 'iKiine, qu'on rencontre sur tant de \mnts, par exemple , dans le cerveau et les ^iNles, et qui, plus ou moins modifiée, entre dans la composition d'un si grand ^bre d'autres tissus, se trouve déjà dans le sang ; b fibrine des muscles et dès
2Rfi NtTnîTUA.
iiiganc^i uuiseuleux- est 1^ mMwro coagiilabN* qtio Ip sang el la lymphe immM hi dissolution ; la graisse non azotée existe à Tétat de liberté dans le chyle; k grm azotée et phosphorée du cerveau et des nerfs se^rencontre dam le sang, où eBe est combinée avec de la fibrine, de l'albumine et de rhématine. Le fer des poBs, du pigment noir et du cristallin existe déjà dans le sang, où le silicium et le manganèse des {wils, le fluorure calcique des os et des dents u*odC pu être découveris jusqu'ici , uniquement |)eut-Otre ù c^use de leur petite quantité. Les molécnlei intégrantes des organes dans lesquels on trouve c^ matières les attirent du autg, ou les produisent aux dépens des matériaux immédiats des organes eaT-ménKi, car il est im)X)ssible de démontrer que tout ce qu'on rencontre dans les or^^as existe déjà dans le sang ; et, loin de là même, les substances organiques nous mottrent souvent des matières particulières, comme la gélatine des os, des tendoniel des cartilages, la substance de la corne , et celle du tissu élastique, dont on ne ni point les analogues dans le sang.
Il y a des corps qui diminuent l'assimilation en changeant les moMctiles oo ds organes ou du sang. L'iode, par exemple, porte évidemment atteinte à h niAi tion lorsqu'on eu continue l'emploi pendant longtemps. Les sels neutres, lespr^ rations mercurielies, le tartre stibié et autres, produisent le même effet QoéiiB unes de ces substances portent leur action immédiatement dans le sang; c'tAit que font manifestement les sels rafraîchissants, qui, même lorsqu'on les ajoute i sang tiré de la veine, lui enlèvent la propriété de se coaguler, et , pair con»éqiMil'{ modiiient la nature de la fibrine, ce qui leur donne une grande importance poVi combattre l'inflammation.
Quelquefois l'élaboration du chyle et du sang est viciée , soit par la de matériaux nutritifs d'une mauvaise nature, soit par l'effet d'un principe iique inoculé. Toutes les fois que les humeurs sont dans ce cas, PaasimilatMO aussi. Il survient des dé{)dts de matières morbides, des inflamtiiations, des comme dans les scrofules, la goutte, la lèpre, les dartres, le scorbut, la syphflîi,! Ces maladies si différentes, qu'on embrasse sous le nom collectif de dyscr»o,i cela de commun c^u'eUes se manifestent par des exhalations de matière^ par desexantlièmes et des ulcères à la peau, souvent par des ulcérations aux: branes muqueuses, et, quand eUes sont portées au plus haut degré, par des nérescences du tissu osseux.
Dans plusieurs de ces maladies, le système lymphatique, vaisseaux et ^andOi est affecté d'une manière spéciale. £n se plaçant au point de vue ordinaire, (t regardant les vaisseaux lymphatiques comme ne senant qu'à la seule absoiptioo,fj n'y a pas moyen de bien comprendre l'affection dont le système lymphatique! le siège dans quelques maladies, les scrofules surtout. l\Iais, quand on saitqoel lymphe (sans ses corpuscules) est tout à fait semblable à la liqueur du sang (i ses globules), et que la lymphe est du sang sans globules rouges; quand ob si que les vaisseaux lymphatiques ramènent la }X)rtion superflue pour la nutritiQBfe la liqueur du sang que la circulation fait pénétrer dans les molécules des orgiM on n'a pas de peine à comprendre non seulement que les changements sorrcf dans la composition de la li([ucur du sang doivent in iter les capillaires et y pro* quer de l'inflammation, mais encore que le môme liquide doit causer de l'irriB tion dans les vaisseaux lymphatiques. Par conséquent, toutes les fois que laforn»
(tii siin$( 5i*accom|>tii d'tine maniùrc vkieuso, il tluit hVsiiltcr (1<! là dos chaiigcmcnt.s
la rompoBitîon chimique de ce liquides ot fort souvoiit aussi des phénomènes Mdes, tant dans les capillaires sanguins que dans le système lymphatique, qui,
que nous Favons vu pK'cédcmment, ])rend tant de part à la conversion de nmine en fibrine dissoute. Toutes les autres parties dissoutes dans 1q sang doiégalement, lorsque leur constitution est vicieuse, exercer de l'influence sur [ des vaisseaux lymphatiques. Dans les maladies où les parties dissoutes du
sont moins viciées que les globules, qui ne passent pas dans le système lymique, celui-ci doit offrir aussi moins de phénomènes morbides : c*est ce qui e dans le scorbut.
I nutrition de toutes les parties, d'a|)rès le type du tout, sup|)os(* la permanenci* i force qui produit toutes les différences, tous les organes ; dv. cette force qui xistr à la fonnation des organes, lors(|ue le germe n'est encore que virtuellet ipotfntin) rèii*e animal, ampiel le développement de ses organes donne une :ence réelle ( actu ). La nutrition est donc en (pielque sorte une reproduction inuelle de toutes les parties par la force du tout. Juscprau moment où le tout t, tous les organes sont régis |)ar sa force organisatrice, dont nous admirons les s dans les maladies, où, sons le nom de force médicatrice, elle porte remède changements que les matérianx mêmes de l'organisme ont pn éprouver, tandis
la restauration des parties organi(fues ({ui ont été penlues est, dans la plupart cas, im|)ossible après la première génération.
1 est des maladies caractérisées ])ar une riciation telle de la formation et de ^nisation de la matière animale, (fue l'assimilation aux molécules constituantes tissus cesse de pouvoir s'accomplir dans certaines parties du cori)s , et qu'en Ml de la prédominance d'affinités hétérogènes, il ne s'engendre plus que ce m est convenu d'appeler des productions pathologiques : tels sont le cancer et Nigiis méilullaire. Ces formations se a)mposent, à la vérité, de structures qui i homologues à l'organisme , c'est-h-dire qu'eUes résultent de cellules primi- 8, semblables à celles qui constituent l'embryon entier ; mais ici les cellules, au ide se transformer en nn tissu approprié à un organe déterminé, subissent en Iqne sorte nn arrêt de développement, et, loin de pouvoir durer, marchent, au Nnire. vers une prompte destruction.