I. RbXOUVBLLBMETIT DB la HATtàlF
La vie s'accompagne d*un renouvellement continuel de la matière. C*ast ce indique la proportionnalité entre le besoin d'aliments et les pertes éprouvées. k sont-ce les parties constituantes des humeurs, ou les matériaux eux-mêmes * parties organisées, qui se renouvellent ainsi ?
A. Renoufellemcnt de la matière dans les bailleurs*
Ce qu'il y a de plus naturel, c'est d'admettre d'abord le renouvellement de la lien» dans les humeurs, et de soiUenir que l'échange journalier de plusieurs m de nourriture contre plusieurs livres de substances décomposées qui s'écliap* it par la transpiration cutanée, par la respiration , par Turino. etc. , a lion s<mi-
28K ' RENOUV^UEUENi; DE LA MATfÈRE.
lomeut dans les humeurs, uu qm* du lUQins les |iarties oiigaiiisées eUe$-nièlne^y prennent peu de part. £n senant à l'entretien de la vie, les hoaieurs subisKit des décompositions continuelles, et, a cet égard, on peut comparer rorganiae à toute autre machine, par e\em{)le à une machine à vapeur, qoi exige one certaiie quantité de combustible pour engendrer la vapeur aqueuse à laquelle est due a puissance. Nul doute que la rénovation des matériaux ne soit plus conaidéraUe dm les humeurs que i)artout ailleurs ; on peut admettre que la décompoation à'mt certaine quantité de ces himicurs, qui est inséparable de l'entretien de la TÎe, mi nécessaire l'expulsion des matières décomposées et Finflucnce de nouvelles uanStm nutritives.
R. Rcnouvelleineni de la maliîTC dans les parties orgaDisée!^
Il n*y a |)as de caractère certain auquel on puisse reconnaître que la mili^*^ renouvelle promptement dans le système nerveux. Nous savons seulemm fij Tâge auquel l'organisation et Taccroisseraent du cerveau marchent avec lephtè] rapidité est ré|)oque de la vie à laquelle le fond d'impression que possède ï ligence aie moins de solidité. Mais raccroissement progressif d*un wpaeti] plique pas de toute nécessité un renouvellement bien vif de matériaux dan portions déjà organisées.
I^ plupart des autres parties de l'organisme donnent, au contraire, desii indubitables d'un changement continuel des matériaux qui les constituent Leil eux-mêmes, qui semblent être cependant ce que l'économie animale renfemei plus stable, ne laissent aucun doute à cet égard, et prouvent que la rénovatiai la matière ne demeure |M)int bornée aux humeurs seules, que c*est un qui s'étend aussi aux parties organisées. Ici se rangent, par exemple, la de cellules dans les os, celle des sinus frontaux et sphénoîdaux dans Tenl résorption des os soumis à la pression d'une tumeur, celle des alvéofes chai vieillards, l'amincissement du crâne avec l'âge, et beaucoup d'autres phéi analogues. On ne peut comprendre l'agrandissement des cavités des os à que ceux-ci croissent , ou en général l'accroissement de ces organes si soUoii les changements que leiu* forme subit aux diverses é[)oques de la vie, qu'en; tant un renouvellement continuel de matière, en sup{)osant qu*il y a incessai soustraction d'atomes osseux sur certains points, et apposition d'autres osseux sur d'autres |M>inis. Les preuves du renouvellement de la matière ne l)as aussi sensibles dans d'autres parties du corps. Cependant gn peut citer ki composition continuelle qu(> les fongus éprouvent à leur surface, tandis que leurs ils se régénèrent sans cesse , l'atrophie de certaines parties sous l'inl d'une faim prolongée ou de diverses maladies chroniques, raccroissement changements de forme et la disparition des tumeurs, des verrues, enfm le vrement souvent si prompt de rembon}K)int après l'amaigrissemont.
Les parties (]ui sont redissoutes doivent passer, ou tout de suite dans les seaux sanguins, ou d'abord dans les vaisseaux lymphatiques, quand ces existent.
Cependant on ne peut pas regarder la résorption de la lymphe comme uaefli réintégration dans la masse des humeurs de molécules auparavant orgaûrfcii^
(.OMPOSITION ClUMIQL't: DES PARTIES ORGANISÉES. * 2ft9
I lymphe comme le résultat de la seule èolKquatioii des organes; car nous avons lit voir qu'à part ses corpuscules, la lymphe est la liqueur du sang incolore, liqueur ont, pendant le cours de la circulation, une partie traverse les parois des vaisseaux apillalres ponr atteindre les particules des organes, t|ui sert ainsi à la nutrition de es derniers, et dont le superflu est repris par les réseaux lymphatiques qui parout commencent dans les interstices des molécules organiques. Ainsi la lymphe ^-elle partout la même, et se comporte-t-elle partout comme liqueur du sang , '*est-è-dire comme une dissolution d*alhuminc et de fibrine.
La nécessité dn renouvellement d(^ la matière dans les parties organisées ressort déj^ des changements continuels que subit la forme de ces dernières. A partir de V^niance, les organes changent continuellement de forme, et ce changement ne jKiit être opéré que par la mutation incessante des molécules organiques situées entre les vaisseaux capillaires. Ici on peut concevoir que les parties résorbées Mtrent dans le sang, et sont bientôt employées ù la nutrition sur d'autres points. Bependant nous avons fait voir que la vie est accompagnée d'une décomposition Itetinuelle de la matière. Toute action change la composition des parties agis- Mites, et exige la restauration de cette composition, qui ne s'effectue que peu à ni, à mesure que de nouveaux matériaux arrivent II paraît donc positif que les ■Ries organisées sont soumises aussi à une décomposition continuelle de leurs incipes constituants, décomposition qui est inséparable de leur action, et qui rend restauration nécessaire. J'ai déjà rapporté, dans les Prolégomènes, ce qu'on A de la balance qui existe entre la restauration et la décomposition occasionnée r les actions. Malheureusement il s'agit là de choses qu'on ne saurait soumettre ' Odcul. Nous ne possédons que des faits assez insignifiants, comme la lassitude l'action, la nécessité d'une nourriture plus abondante et plus substantieUe à ite d'un exercice violent ou d'une grande contention d'esprit, tandis que, d'un ^^>e côté, la permanence de certaines matières colorantes introduites dans le tissu « peau annonce que l'absorption et la rénovation n'ont pas un pouvoir absolu. ces deux limites, le renouvellement de la matière dans les parties organiques èlé par des phénomènes qui n'ont pas tous le même degré d'évidence. Ainsi, côté, les verrues cutanéi^s disparaissent souvent avec une grande promptitude, sont résorbés rapidement, les fractures guérissent assez vite, un cal informe "^t^édaît peu à peu à un autre plus conforme à la configuration naturelle des os, rétablissement de la cavité articulaire, qui avait d'abord été comblée ; mais, autre côté, l'obstination avec laquelle persistent les taches de la cornée prouve i le renouvellement de la matière est en raison directe de la rareté des vaissanguins. Au reste, ce renouvellement n'est jamais plus actif que durant la ; i] va toujours en diminuant avec l'âge (1).