‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 8 sur 185 · PRÉFACE, XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE, XIX

A rbistoire confirme pleinement les nécessités intrinsèques que nous avions roo|(MiDues dans révolution successive des sciences. Elles se sont règlement développées comme elles devaient se développer , et ce développement, ainsi observé dans le long cours des siècles, est la meilleure leçon de phikMaphie qui se puisse doimer. Au reste, cette propriété fondamentale qui atnjettit la biologie à ne venir qu'après les quatre sciences plus simples et plus générales a été représentée par M. Comte d'une façon très abstraite, mais très énergique, et je ne résiste pas au désir de citer ce passage remarquable : « Leg loia cosmologiques (mathématique, astronomie, physique, chimie) sont ind^iendantes des lois biologiques, qui n'y apportent que des modifications secondaires, presque toujours négligeables envers le milieu inerte, quoique iodiqwnsables à Tétre vivant Au contraire, l'existence organique se trouve intimement subordonnée à l'existence inorganique, môme planétaire; de Sorte que quelques changements fort simples dans la constitution d*un astre empêchent d'y concevoir la vie. La généralité supérieure des lois cosmologiques est encore plus évidente, puisque les corps qu'elles régissent exclusivement prédominent au point de sembler réduire la vitalité à une sorte d'ex« cq^ou. Sur notre propre planète, la seule où nous puissions connaître les IcMft bidogiques, la vie n'est possible que dans les couches superficielles; et, même là , la masse totale des êtres correspondants ne constitue qu'une petite fraction de la masse inerte. Ainsi , sous l'aspect scientifique, l'étude positive de la biologie exige une profonde connaissance générale de la cosmologie, dont les principales lois dominent toujours les diverses fonctions vitales. La subordination logique est encore moins contestable, puisque la simplicité des phénomènes organiques , suite nécessaire de leur généralité , les rend seuls pn^res à l'élaboration fondamentale de la méthode universelle (1). »

La méthode universelle, c'est là en efiet le but vers lequel marchent les sciences, instinctivement d'abord , comme leur histoire le prouve, et sans aucune notion claire de l'avenir qui les attend ; mais dorénavant, comme leur histoire le prouve aussi , avec un sentiment croissant de leur universalité. Déjà, à la fin du deniier siècle, ce sentiment était tellement fort qu'il suggéra la création de l'Ecole polytechnique, où les sciences s'emparèrent de tout le monde inorganique. Là, pour la première fois, mathématique , astronomie, physique, cliimie formèrent un tout cohérent, conformément à leur véritable arrangement hiérarchique. A la vérité, ce n'était qu'un tronçon; mais ce tronçon ne pouvait pas tardei* à s'allonger par son extrémité supérieure. Je viens de montrer que la biologie en est le prolongement naturel; et dès lors on voit quelle part immense des êtres et de leurs lois est embrassée par un paieil système de connaissances. Du monde inorganique on passe au règne de

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