CAUSES DE REFROIDISSEMENT DU CORPS
on l'obtient en retranchant du poids d'eau que contiennent les produits de l'expiration le poids de l'eau qui entre avec l'air inspiré.
Pour donner une idée approximative de la perte de chaleur due à l'évaporation cutanée et pulmonaire, admettons, avec Lavoisier et Seguin, que la surface entière du corps perd en vingt-quatre heures 1 kilogramme d'eau, tandis que celle des poumons perd 0k,5 environ ; admettons, de plus, que ce poids d'eau soit transformé par la chaleur du corps en vapeur d'eau à 35°, il absorbera lk, 5 X 582, 2 = 873 calories (582 est la chaleur latente' de vaporisation de l'eau à 35°).
Il faut remarquer ici que la question de la perte de chaleur par cette vaporisation d'eau incessante est plus complexe qu'elle nous paraît d'abord. Une partie de l'eau est excrétée à l'état de sueur qui mouille les vêtements, qui sont ensuite séchés au contact de l'air, en partie aux dépens de la ehaleur de l'atmosphère. En hiver, les vêtements épais dont on se couvre, et, par suite, la difficulté avec laquelle l'air extérieur vient au contact du corps, diminuent l'évaporation cutanée qui, au contraire, est très-active en été et s'oppose à l'élévation de notre température.
Contact du milieu ambiant. — L'air environnant nous refroidit par son contact, et d'autant plus que sa température est plus basse. Cette perte de chaleur augmente beaucoup lors Çue l'air est en mouvement, c'est que les couches d'air qui se sont échauffées sont chassées et remplacées par des couches froides qui prennent à leur tour de la chaleur. Ajoutons que l'évaporation à la surface de la peau est activée par le mouvement de l'air.
Tout le monde sait que le froid est bien plus difficile à supporter lorsqu'il y a du vent que si l'air est calme. Les voyageurs qui se sont rapprochés des pôles ont parlé de cette différence.
L'air que nous respirons, et dont le volume est un demi-litre environ à chaque inspiration, s'échaufFe aussi dans les poumons qu'il refroidit.
Rayonnement. — Le corps se trouve, en général, à une température plus élevée que les corps et l'espace qui l'entourent, leur envoie plus de chaleur qu'il n'en reçoit, et tend à se refroidir. Ce rayonnement se démontre simplement : présentons la main à une petite distance de l'une des faces d'une pile thermoélectrique unie à un galvanomètre, et nous voyons immédiatement l'aiguille aimantée se mettre en mouvement et indiquer que ce côté de la pile s'est échauffé.
La perte de chaleur qui se fait par toute la surface du corps et par l'intermédiaire des vêtements qui la couvrent est trèsintense lorsque le ciel est pur et pendant la nuit ; il faut bien se garder de dormir dehors sans abri, il y a là un grand danger qui a été signalé par beaucoup d'observateurs. Dans les pays chauds, en particulier, on peut contracter des maladies trèsgraves, lorsqu'on s'expose à la perte de chaleur produite par le rayonnement nocturne.
ifeage de» vêtement*. — Les différentes causes de refroidissement que nous avons énumérées, qui varient d'intensité avec les saisons et les conditions physiques de l'atmosphère, rendent nécessaire l'usage des vêtements qui ont, d'après M. Martins, trois effets physiques principaux : « 1° les vêtements emprisonnent la couche d'air échauffée par la surface cutanée ; 2° ils s'opposent à une évaporation trop active, ralentissent et atténuent l'influence de l'air ambiant sur la peau; 3° ils diminuent le rayonnement. Conserver autour du corps cette couche d'air échauffé, sans empêcher l'eau évaporée par la transpiration de s'échapper au dehors, tel est l'usage des vêtements. »
Les vêtements superposés sont séparés par des couches d'air échauffées et protègent mieux contre le froid environnant.
Ces moyens de protection doivent aussi être employés contre les chaleurs excessives de l'été. Ainsi, dans les contrées équatoriales, on emploie des habits de laine ou de coton, qui arrêtent en partie les rayons de chaleur envoyés par le soleil, par le sol et par les corps qui sont fortement échauffés.
Il ne suffit pas de se couvrir de vêtements, il est souvent nécessaire, dans nos climats, de développer artificiellement de la chaleur par la combustion. Les moyens de chauffage le plus souvent employés, qui sont aussi en général des moyens de ventilation, doivent nous occuper maintenant.