‹ Manuel de physique médicaleChapitre 115 sur 342 · NOTIONS SUR LE GHAUFFA6E ET LA VENTILATION · texte numérisé non relu

NOTIONS SUR LE GHAUFFA6E ET LA VENTILATION

Tirage de» chemaée». — Ce mouvement de l'air s'obtient d'une manière simple ; au-dessous de l'appareil dans lequel se fait la combustion, un tuyau s'élève verticalement ou obliquement, de manière que l'extrémité supérieure soit plus élevée que l'inférieure. L'extrémité supérieure du tuyau se trouve dans une couche horizontale qui est également pressée en tous ses points par l'atmosphère ; quand l'air renfermé dans le tuyau est échauffé, la colonne extérieure d'air froid et la colonne intérieure d'air chaud ne peuvent plus se faire équilibre, et la différence de leurs pressions à l'ouverture inférieure détermine l'ascension de l'air chaud et son remplacement par l'air froid.

Supposons, pour fixer les idées, que l'air chaud dans le tuyau T d'une cheminée (fig. 193) possède en moyenne une température de 100°, que la hauteur verticale du tuyau soit 10 mètres, que la température de l'air extérieur soit 0° et sa pression 760 millimètres, soit P la pression en grammes exercée par l'atmosphère sur un décimètre carré d'une surface horizontale menée à la partie supérieure du tuyau; sur un décimètre carré de surface considérée en AB à la partie inférieure du tuyau, la pression exercée par la colonne d'air chaud sera le poids de

100 litres d'air à 100°, ou - — - - — = 94«r,6, et la pression

totale sera P «f 94gr,6. La pression exercée par l'air froid et transmise sur la môme surface sera P-f-129*r,3.. La différence, 34*r,7, représente l'excès de la pression de l'air extérieur sur celle de l'air intérieur sur chaque décimètre carré de la couche d'air qui est à l'entrée du tuyau, ce qui produit l'ascension de l'air dans le tuyau ou ce qu'on appelle le tirage. Le tirage sera d'autant plus énergique que la hauteur du tuyau sera plus grande et que la température des gaz qu'il renferme sera plus élevée.

En pratique, l'air chaud qui remplit le tuyau est mélangé de vapeur d'eau et d'acide carbonique; il contient plus d'azote et moins d'oxygène que l'air extérieur, et le poids d'un litre de ces gaz mélangés est ou plus petit ou plus grand que le poids d'un litre d'air sec à la môme température; ainsi notre calcul n'est qu'approximatif.

Le chauffage direct de l'air par la combustion dans les appartements est mauvais, surtout lorsqu'il se dégage de l'oxyde de carbone, gaz si vénéneux que l'air qui contient un centième de ce gaz est délétère; ainsi l'usage des braseros, foyers mobiles que l'on allume au dehors, puis qu'on apporte dans les appartements, doit ôtre proscrit d'une manière absolue.

CHALEUR, i. — Les grandes cheminées que l'on construisait autrefois offrent de grands inconvénients ; l'air froid extérieur arrive en grande quantité; les grandes dimensions de la cheminée et du tuyau font que la colonne d'air s'échauffe peu, le tirage n'est pas énergique; te veut quand il souffle au dehors fait sentir facilement son influence, la fumée rebrousse chemin et se répand dans l'appartement.

Rumford a diminué de beaucoup la profondeur et la largeur du foyer qu'il fit fermer latéralement - par des parois inclinées à fi5", et Lhomond ajouta devant la cheminée un tablier mobile qui offre un grand avantage; lorsque le combustible est allumé et qu'un baisse le tablier incomplètement, l'air qui s'introduit au-dessous en quantité suffisante pour entretenir la combustion s' échauffe beaucoup, la température élevée qu'il reçoit dans le tuyau quia aussi de petites dimensions rend le tirage très-énergique et active beau ■ coup la combustion.

Le chauffage par les cheminées permet de voir le feu, ce qui est agréable, mais il utilise une faible partie de la chaleur produite, les gaz provenant de la combustion ti^raum ao^urag. ^M^e^neeE. ^ui Bon( fortement échauffés et taie i la partie intérieure ou !uy»u. l'air en excès qui passe et ne sert pas, entraînent une grande quantité de chaleur; mais les cheminées établissent une ventilation très-énergique; suivant Péclet, pour i kilogramme de bois brûlé en une heure, dans une cheminée ordinaire, le volume d'air appelé dans le même temps a été de 375 mètres cubes, volume considérable. La ventilation est diminuée par la résistance que l'air éprouve à passer par les fissures, qui se traduit par un courant d'air assez vif que l'on sent lorsqu'on se trouve auprès des portes et des fenêtres, et qui est désagréable et quelquefois dangereux ; ainsi les cheminées échauffent peu et ventilent trop.

Les bourrelets adaptés aux portes et aux fenêtres diminuent

Fin. 183.

Page 1