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NOTIONS D'AUSCULTATION

Certains bruits qui accompagnent les mouvements respiratoires, et d'autres qui se produisent dans le cœur ou dans les vaisseaux, offrent beaucoup d'importance pour le médecin. On ne peut entrer ici dans le détail des modifications que ces bruits peuvent présenter dans différentes maladies, ce qui fait l'objet de traités spéciaux ; mais voici quelques notions sur les bruits physiologiques et sur les moyens de les observer.

Avant de se livrer à la pratique de l'auscultation des malades, il est essentiel d'apprendre à connaître parfaitement les bruits normaux que présente l'homme bien portant.

Bruit* respiratoire*. — Murmure véfticulalre. — Lorsqu'on applique l'oreille sur la poitrine d'un homme qui respire, on entend un murmure léger dans toute la hauteur des poumons, en avant, en arrière et sur les côtés, bruit qui augmente d'intensité si l'on fait «xécuter des inspirations plus grandes. D'après ce que nous avons dit en étudiant le mode de distribu»

tion de l'air dans les poumons, l'air introduit par l'inspiration pénètre dans toutes les bronches et dans toutes les vésicules ; il est probable que c'est le frottement des gaz' contre les parois des ramifications bronchiques et contre les saillies offertes par les points de bifurcation, qui est la cause du murmure vésiculaire,

Au niveau de la trachée -artère et du larynx, on entend un souffle particulier qui se distingue facilement du murmure vésiculaire.

Quand on applique l'oreille sur la poitrine, il faut bien se garder de fermer le conduit auditif externe ; on entendrait alors le bourdonnement que nous avons signalé et qui empêcherait de distinguer les bruits de la respiration.

Bruit* du cœur. — Lorsqu'on ausculte la poitrine au niveau du cœur, on entend deux bruits successifs, qui se répètent autant de fois par minute que le pouls donne de battements. Le premier bruit est plus sourd, paraît se produire plus profondément; il coïncide exactement avec le choc du cœur, et s'entend le mieux entre la quatrième et la cinquième côte gauche, 3 centimètres au-dessus du point choqué par la pointe du cœur : il est produit par l'occlusion des valvules auriculo-?entriculaires qui a lieu dès que les ventricules se contractent, et qui a pour effet d'empêcher le sang de refluer dans les oreillettes. Le second bruit, plus clair, plus superficiel et plus bref, suit le pouls artériel; il s'entend le mieux au-dessus de la troisième côte, à gauche du sternum ; il coïncide avec la fermeture des valvules sigmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire, qui a lieu par le reflux des ondées sanguines qui ont distendu les artères.

Le rhythme des bruits du cœur est important à connaître : si l'on divise en trois le temps qui s'écoule entre deux systoles ventriculaires consécutives, on reconnaît que le premier bruit dure un peu moins que le premier tiers ; puis suivent un silence égal à un sixième du temps et le second bruit qui dure aussi un sixième ; enfin un grand silence dure un peu plus d'un tiers.

Les causes des bruits du cœur ont été très-longuement discutées, une foule d'opinions ont été émises, qu'il est inutile de connaître ; ce qui est bien établi maintenant par de nombreuses expériences, c'est que les mouvements des valvules sont les causes les plus importantes des bruits du cœur, à quoi s'ajoutent pour le premier bruit le choc de la paroi thoracique comme cause secondaire, et la résonnance du thorax comme cause de renforcement de tous les sons.

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