SPECTROSCOPE
parées par des raies, qui se manifestent lorsqu'on reçoit la partie du spectre située au delà du violet, sur une feuille de papier imbibée d'une solution de sulfate de quinine. Ces rayons, qui sont les plus réfrangibles, exercent des actions chimiques énergiques et peuvent se reconnaître encore à l'aide du chlorure d'argent qui noircit dans cette partie du spectre, ordinairement invisible pour nous.
s. — Pour étudier plus complètement le phénomène des raies, onemploie un appareil particulier qui est connu sous le nomdespwiroscopeffig. 424). Une fente étroite placée au foyer principal d'une lentille convergente G laisse passer des rayons de lumière blanche qui deviennent parallèles après avoir
traversé la lentille. Ces rayons viennent rencontrer la première face d'un prisme P, se réfractent, se décomposent et pénètrent dans l'objectif d'une lunette L tournée vers la seconde face du prisme. L'œil appliqué à l'oculaire de la lunette aperçoit une image agrandie du spectre avec ses raies caractéristiques.
Pour déterminer la situation des raies obscures, M. Kirchhoff emploie une disposition qui permet de voir dans le champ de la lunette une échelle horizontale graduée en parties d'égale longueur : à cet effet, on fixe à l'extrémité d'un tuyau de métal t une lame de verre dépoli offrant des divisions égales. L'échelle éclairée par une bougie envoie à la seconde face du prisme des rayons lumineux qui s'y réfléchissent et qui pénètrent dans la lunette en môme temps que ceux qui ont été deux fois réfractés par le prisme.
Raie* brillante* de* vapeur* métallique*. — Certains sels
métalliques donnent aux flammes dans lesquelles on les introduit des colorations spéciales. On sait depuis longtemps qu'une flamme est colorée en jaune parle sodium, en rouge par la strontiane.
MM. Kirchhoff et Bunsen examinèrent, à l'aide du spectroscope, des flammes colorées par divers sels métalliques et arrivèrent à des résultats très-intéressants. Devant la fente e de l'instrument, on place d'abord un bec de gaz B brûlé par un excès d'air dont la flamme très-pâle donne un spectre qui ne contient pas de raies. Un fil de platine plongé dans une solution de sel marin est maintenu par un support convenable S au milieu de la flamme ; aussitôt, l'œil placé à l'oculaire de la lunette aperçoit une raie jaune très-brillante. Rempiace-t-on le sel marin par un autre sel de soude, on aperçoit toujours la môme raie qui caractérise le sodium; la moindre trace du métal dans l'atmosphère est décelée par le spectroscope. Pendant que le gaz brûle devant la fente, fait-on détoner dans l'atmosphère un mélange de chlorate de soude et de charbon : la raie D (fig. A?3) apparaît, et toujours au môme point, dans le spectre et sur l'échelle.
D'autres métaux sont caractérisés par des raies différentes dont les positions sont déterminées, dont les distances à la raieD du sodium, par exemple, sont facilement lues sur l'échelle. Certains métaux donnent un grand nombre de raies, mais chaque raie brillante occupe dans le spectre une position spéciale ; il est facile de dessiner sur le papier l'ensemble des raies qui appartiennent à tel ou tel métal.