BANDES D'ABSORPTION
médecin légiste. Il suffit de verser dans un tube étroit t (flg. 426) une ou deux gouttes de sang, d'ajouter de l'eau, d'agiter et de disposer la colonne de liquide faiblement coloré devant la fente du spectroscope, pour reconnaître dans le spectre deux larges bandes obscures, dont la position est constante. Afin de lire et d'inscrire cette position, avant chaque expérience on fait toujours coïncider la raie obscure D du spectre solaire, ou la raie jaune brillante donnée par le sodium avec la môme division de l'échelle que l'on peut faire mouvoir avec le tube t qui la porte. On voit que les deux bandes d'absorption a et € sont situées entre les raies D et E (1) (fig. 427) ; l'une a voisine de D se trouve dans le jaune, l'autre € est dans le vert, dans une position que nous regardons sur l'échelle.
Si l'on prive l'hémoglobine de l'oxygène auquel elle est combinée, soit en faisant le vide au-dessus du sang à l'aide de la pompe à mercure, soit en ajoutant au liquide un sel avide d'oxygène, par exemple du tartrate d'oxyde d'étain dissous dans l'ammoniaque, l'hémoglobine désoxygénée ne donne plus qu'une seule raie 7 (3) qui occupe l'intervalle des deux autres et toutes les autres parties du spectre n'ont point été absorbées et persistent.
Dans l'empoisonnement par le gaz oxyde de carbone , on sait que M. Claude Bernard a démontré que le gaz délétère chasse l'oxygène de sa combinaison avec l'hémoglobine et prend sa place. Dès lors, Faction du vide, ou l'addition d'un sel capable d'enlever au sang l'oxygène, ne peut plus chasser l'oxyde de carbone. On pourra donc reconnaître dans le sang la présence de l'oxyde de carbone, quand on aura enlevé au liquide tout l'oxygène, et quand, malgré la réduction de l'hémoglobine, deux raies persis-
Fig. 426.
Petit tube de verre étroit pour examiner au spectroscope une petite quantité de liquide.
tantes a et € (2), peu différentes de celles du sang oxygéné, se montreront dans le spectre au lieu de la raie unique 7 qu'au-