PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORPS
Étendue. — Les corps, quel que soit leur état, occupent une portion de l'espace qui est leur volume, et offrent certaines dimensions fixes pour les solides, déterminées pour les liquides et les gaz par celles des vases qui les contiennent. Les dimensions rectilignes, qui suffisent au géomètre pour la mesure des surfaces et des volumes, sont obtenues par la comparaison avec l'unité de longueur, le mètre, subdivisée en décimètres, centimètres et millimètres. L'extrémité de la règle est appliquée à l'un des bouts de la longueur que l'on veut mesurer ; on regarde vis-àvis quelle division se trouve l'autre extrémité de celle-ci. On se contente souvent de dire la longueur à un millimètre près, mais dans tes expériences de précision qui exigent des mesures plus exactes, si la dimension ne renferme pas un nombre entier de millimètres, on emploie un vernier.
Vernier. — C'est une petite règle mobile dont la longueur, égale à 9 millimètres, est divisée en dix parties égales; il résulte de là qu'une division du vernier vaut ~ de millimètre, deux, trois divisions du vernier valent deux fois et trois fois £ de millimètre. Faisons coïncider une division du vernier avec une division d'une règle graduée, contre laquelle il glisse ; à droite et à gauche de cette ligne de coïncidence, la première division du vernier sera éloignée de la division suivante de la règle de ~ de millimètre, la deuxième de £, la cinquième de £.
GOMPRESSIBILITÉ ET POROSITÉ. 5
Veut-on mesurer une longueur EC (fig. 3)? on applique l'extrémité E au bout d'un mètre divisé en millimètres, on pousse jusqu'en C l'extrémité du vernier, on cherche où se fait la coïncidence ; a-t-elle lieu à la division 5 du vernier, il faut ajouter £ de millimètre au nombre entier de centimètres et millimètres que la longueur comprend.
MM 1 1 I l I M 1 I 1 l | |
Fig. 3.
Règle mobile Vernier.
En divisant 99 millimètres en 100 parties égales, on a fait un vernier qui permet d'apprécier les centièmes de millimètre.
Divisibilité. • — Les corps peuvent être réduits en parties trèspetites, mais on admet que cette divisibilité a une limite ; c'est une hypothèse à laquelle certaines lois chimiques donnent de la vraisemblance. On a donné le nom de molécules ou atomes à ces dernières parties que nous ne pouvons plus diviser par aucun procédé. La divisibilité de certaines substances peut être poussée très-loin : une goutte de solution d'indigo communique une coloration bleue à plusieurs litres d'eau ; une bulle d'hydrogène sulfuré se fait sentir dans un amphithéâtre ; un petit fragment de musc rend l'air d'un appartement fortement odorant pendant des mois entiers et diminue à peine de poids.
impénétrabilité. — Deux corps ne pouvant pas occuper en même temps la môme portion de l'espace, on dit que la matière est impénétrable.
Comprcssibiiité et porosité. — Les corps diminuent de volume quand on les comprime, et l'effort qui produit ce phénomène est très- variable, mais il ne peut s'expliquer qu'en admettant que les molécules sont séparées par des intervalles appelés pores, qui sont forts petits; dans les métaux, dans le verre, ils sont si petits qu'ils ne se laissent pas traverser par les liquides, tandis que la porcelaine non vernie laisse suinter le liquide qu'elle contient.
Indépendamment des pores, les corps présentent souvent des cavités plus grandes qu'il est très-facile de mettre en évidence : jetons un morceau de sucre dans l'eau, des bulles d'air se dégagent aussitôt, de même si l'on emploie la craie ; pressons du