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DES MOYENS DE PRODUIRE ET DE RECONNAÎTRE L’ÉLECTRICITÉ

265. LorsQu'En présentant le doigt à un corps! on en tire des étincelles, on reconnaît qu'il est! électrisé; mais ce procédé n’est point un moyen! de mesure, il n'indique ni la nature ni la quantité de l'électricité : en outre, il n’est point sans dan-! ger dans le cas où la charge serait très forte et le! corps bon conducteur. Aussi les physiciens ont-ils ! bientôt dirigé leurs recherches vers la découverte | d’instrumens à l’aide desquels on peut reconnaitre la présence et la nature de l'électricité » et apprécier le degré de son énergie : tels sont les é/ectroscopes et les électromètres, tous fondés sur les propriétés attractives et répulsives des corps, en raison de la quantité de fluide électrique qu’ils renferment, tous composés de petits corps légers et mobiles ; tantôt c’est simplement une ou deux balles de moelle de sureau suspendues à un fil de lin, et placées dans diverses positions sur différentes machines, ou bien sur un support isolant, Sig 89; tantôt ce sont deux lames d’or ou de paille très minces, enfermées dans un flacon de verre, et communiquant à une tige métallique qui sort par le goulot, fig. 915; tantôt enfin, comme dans l’électromètre de Haüy, c’est une üge métallique mobile sur un pivot. La balance de torsion de Coulomb, que nous avons décrite page 270, avec quelques légères modifications » devient aussi un électromètre ; c’est même le plus susceptible d’exactitude, et on le nomme souvent balance électrique. Dans tous ces appareils, lorsqu'on approche les corps mobiles à l’état naturel, ou les fils conducteurs qui les soutiennent, d’un corps électrisé, on

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est averti de la présence de l'électricité, parce qu’ils sont attirés lorsque l’électromètre est composé d’un seul mobile , et s’écartent l’un de l’autre lorsqu'il y en a deux : ce dernier effet est produit par l'influence du corps électrisé , qui communique aux deux mobiles un excès d'électricité du même genre, d’où il suit qu’ils doivent se repousser. On conçoit que Peffet produit par cette action doit être en raison de la force agissante; On pourra donc apprécier l’intensité de cette force en mesurant l’écartement des mobiles. Ces effets se manifestent , que le corps soit électrisé positivement où négativement ; mais pour déterminer lespèce d'électricité du corps qu’on soumet à l'expérience, 51 suffit d'examiner s’il attire ou s’il repousse un mobile auquel on a préalablement communiqué une espèce d'électricité connue.

286. Le développement d'électricité qu’on obtient en frottant un bâton de verre ou de résine est peu considérable ; aussi ÿ supplée-t-on toutes les fois qu'on désire des effets énergiques par les machines électriques. Il en est de plusieurs sortes; mais la plus en usage est celle représentée fig. 90 : c’est un plateau de verre P P, de dimension plus ou moins grande, pressé entre quaire coussins de soie C remplis de crin, et accompagnés d'une enveloppe de taffetas verni TT; lorsqu'on tourne le plateau au moyen de la manivelle, il se développe ‘une grande quantité d'électricité qui, en vertu de la propriété des pointes, est soutirée peu à peu, et va s’accumuler dans le corps conducteur H, auquel on donne telle forme et telle dimension que bon semble , mais dont on termine les extrémités par des boules , afin de mieux retenir le fluide. En faisant communiquer les coussins avec le réservoir commun, on possède ainsi une source constante et abondante d'électricité, au moyen de

laquelle on peut faire une foule d'expériences Res Us SE | #

267. Nous avons vu que les corps à l’état nas | turel sont attirés par un corps électrisé; mais ils! présentent dans leurs effets une différence , selon | qu’ils sont ou non conducteurs. Dans ce dernier |! cas , ils demeurent appliqués l’un à l’autre, et au | contraire lorsqu'ils sont conducteurs, à cause de la décomposition et du partage de tont le fluide qu’ils contiennent, à peine le contact a-t-il lieu, qu'ils se repoussent ; mais si, par un moyen quelconque, on enlève l'électricité d’un de ces corps, ils s’attireront de nouveau; c’est sur ce principe que repose la construction de quelques appareils Curieux et amusans > nommés carillon, moulin, danse électriques, appareils dans lesquels différens Corps sont alternativement attirés ou repoussés , et par suite peuvent frapper un timbre à coups redoublés, tourner ou sauter en Pair.

200. Les effets de la machine électrique, déjà très puisans , peuventencore être considérablement amplifiés par l’accumulation de lélectricité dans un corps. Lorsqu’on communique des électricités contraires aux deux surfaces d’un corps électrique, ou bien à deux corps conducteurs séparés par un non conducteur suffisamment mince, ces deux électricités ne Peuvent se réunir ni se détruire par leur union, mais elles exercent l’une sur Pautre une puissante influence : on dit que le corps dans cet état est chargé, ét on appelle décharge ou commotion électrique la réunion des deux électricités, qu’on opère en faisant communiquer les deux surfaces ou les deux Corps par le moyen de conducteurs. On conçoit que cette décharge est d’autant plus forte que les corps sont plus électrisés , et que cette accumulation dépend de l'influence plus ou moins grande qu'ils exercaient l’ün sur l'autre, jusqu’à Cette limite où la force de lattraction électrique : serait suffisante pour rompre lobstacle qui s’op- Posait à la réunion des fluides. C’est sur ce printe à PAR bee

cipe que repose toute la théorie de l'électricité accumulée, et la construction des nombreux appareils, au moyen desquels on parvient d'une part à apprécier les plus petites quantités en les ajoutant, et d’un autre côté à obtenir des décharges très énergiques.

260. L’électrophore et le condensateur sont les appareils à l’aide desquels on parvient à reconpaître la présence d’une très petite quantité d’électricité développée. Ces instrumens , auxquels on donne différentes formes, que l’on compose de diverses substances, sont essentiellement formés , ainsi que nous l’avons indiqué ci-dessus, de deux corps conducteurs, séparés par une substance non conductrice; quelquefois il ny a qu’un corps conducteur placé sur la surface électrique. Lorsqu’on communique une légère quantité d’électricité au corps conducteur , 1l arrive que le fluide de l’autre corps est décomposé par son influence de facon à paralyser son action; on pent donc ajouter de nouvelles quantités d'électricité qui agiront de même, et s’accumuleront successivement. On pourra alors, en faisant cesser l’influence du conducteur, apprécier cette électricité accumulée comme à l’ordinaire. En faisant communiquer le corps collecteur au réservoir commun, cette accumulation n’a d’autre limite que Vinstant où la force d’attraction l'emporte sur la résistance de la substance conductrice, ou bien des corps isolans, auquel cas il se fait une explosion et une combinaison des deux électricités.

Ceci nous fait comprendre sur-le-champ tous les appareils à l’aide desquels on accumule de grandes quantités d’électricités , et on obtient ainsi des effets remarquables par leur violence. En effet, tous ne sont autre chose qu’un condensateur de diverses formes, dont on fait communiquer un des pla-

L] teaux avec le réservoir commun; et dont l’autre

est aussi en contact avec une machine électrique en mouvement. La décomposition successive du fluide s’y opère, comme nous l’avons vu ci-dessus, et avant que la résistance du corps isolant puisse être vaincue, les deux plateaux sont constitués en des états électriques très différens : tant qu’ils restent isolés, leur effet se paralyse mutuellément, et est insensible; mais si on établit la communication au moyen d’un corps conducteur, la combinaison a lieu sur-le-champ, et une violente commotion se fait sentir. Aussi, dans la pratique, n’opère-t-on ces décharges qu'avec le secours d’un excitateur, fig. 92, qui est un arc métallique conducteur de l’électricité, pourvu de manches isolans.

200. Les machines les plus usitées pour produire ces violentes décharges sont les suivantes : le carreau fulminant, qui est composé d’une plaque de verre, recouverte sur chaque face d’une feuille d’étain; la bouteille de Leyde, découverte par hasard par Mussembrock , et qui conduisit à l’invenuon de tous les autres appareils. C’est un bocal de verre, fig. 93, recouvert à l’extérieur d’une lame d’étain, et rempli de feuilles d’or pour faire garniture intérieure; une tige métallique, terminée par un bouton, plonge dans cet appareil, que l’on charge en tenant à la main la garniture extérieure, et en présentant le bouton de cuivre au conducteur d’une machine électrique ; afin d’obtenir des effets encore plus énergiques, on réunit plusieurs bouteilles au moyen de conducteurs communs : c’est ce qu’on appelle une batterie électrique, par les décharges de laquelle on peut brûler le fer, l’or, la plupart des métaux, tuer des animaux à de grandes distances, enfin produire un grand nombre de phénomènes très remarquables.

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SECTION IfI.

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