MATÉRIALITÉ
voir l’espérance d’une solution, en nous approchant de jour en jour du terme proposé, malgré qu’il semble fuir devant elles, donnons une idée de la manière dont on a tenté de les éclaircir.
Les anciens supposaient les corps naturels composés de quatre élémens, la terre, l’eau, lair, le feu ; un examen trop superficiel leur avait fait admettre cette opinion, qui, au premier coup d'œil, montre un certain rapport avec l’état des corps, mais qui ne peut supporter l’épreuve de l’observation des faits, et même n’était pas bien clairement établie dans leurs esprits. Si des observations bien profondes ne furent pas nécessaires pour reconnaître qu'ils proclamaient comme élémens les corps les plus composés , les plus hétérogènes, les plus différens dans leurs produits et leurs propriétés, ce ne fut que par des recherches aussi savantes que délicates, des expériences aussi admirables que difficiles, que les fondateurs de la chimie moderne parvinrent, en décomposant et recomposant les prétendus élémens d’Aristote, à les remplacer par des corps qui paraissent simples, du moins qui
résistent à tous les moyens d’analyse et de décom-
position. Dans l’état actuel de la science, on compte cinquante-deux de ces corps, et leur nombre augmente chaque année, à mesure que les travaux des savans font découvrir de nouveauxprocédés, pour diminuer sans doute, lorsque ces procédés seront encore parvenus à un plus haut degré de perfection. Mais l’étude de ces corps et des lois de leur combinaison et de leur décomposition, sont entièrement du domaine de la chimie : le physicien ne doit pas y faire une plus longue excursion.