‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 31 sur 120 · DU MOUVEMENT ET DU REPOS. S · texte numérisé non relu

DU MOUVEMENT ET DU REPOS. S

u’une molécule en repos ne peut se mouvoir sans l’action d’une cause agissante. Mais cette cause est-elle extérieure ; et alors dans quel agent résidet-elle, ou bien est-elle inhérente à la matière? Un grand nombre de philosophes, sans trop s'arrêter à ces queslions, qui étaient cependant les premières à éclaircir, mais considérant que le mouvement paraissait, par une succession non interrompue, par une rotation perpétuelle, produire, changer , détruire toutes choses, voulurent le ramener à un type unique, et alors commencèrent par le personnifier. Nous n’avons pas besoin de dire que le physicien qui ne suit pas cette marche ne peut se contenter d’aussi vagues théories ; il ignore les causes primitives du mouvement; sans lexpliquer il se contente donc de nommer force motrice le principe , quel qu’il soit, qui paraît être la cause immédiate d’un changement dans l’état de repos ou de mouvement d’un COPDS. 5524

La nature nous offre un grand nombre de ces forces motrices, qui se compliquent ensuite à l’infini dans leurs actions, par leur mélange, leur manière d'agir, le corps auquel elles s’appliquent, etc. Les arts, qui n’ont fait que mettre à profit les forces motrices de la nature, y ont encore ajouté une foule de combinaisons et de complications. Toutefois on peut ramener à trois types principaux toutes les forces motrices. Les unes sont la conséquence de certaines propriétés géné- -rales que nous avons reconnues dans les corps matériels. Ainsi l’impénétrabilité, la porosité, l’élasticité, l’expansibilité, la dureté, la fluidité, etc., qui produisent les chocs et les résistances, doivent, dans certaines circonstances, donner lieu à des mouvemens. Ce sont les plus faciles à concevoir. D’autres forces sont le résultat de l’action des muscles et des organes des animaux, et probablement aussi des végétaux; leur

cause est absolument ignorée. D’autres enfin , sur lesquelles nos connaissances sont aussi incomplètes, dépendent de l’action d’agens, tels que la chaleur, la lumière’, l'électricité, le magnétisme, ou produisént tous les phénomènes de la pesanteur. de l'attraction , de l’affinité.

A5. Le mouvement et le repos, considérés dans leurs rapports avec létendue infinie ou avec un espace limité, sont absolus où relatifs. Nous n’en connaissons que de cette dernière sorte. Ainsi des objeis placés dans un bateau, les corps immobiles qui sont à la surfacé de notre globe sont en repos relativement les uns aux autres; cependant ils sont entraînés avec le bateau, ils tournent avec la terre autour du soleil. De même quand nous reportons à la terre, et même an soleil, le mouvement des astres que nous observons, nous n'avons la connaissance que de mouvemens relatifs; car la terre circule autour du soleil, et celui-ci, sans doute, accompagné de toutes les planètes, se transporte vers quelque constellation éloignée.

Lorsqu'on étudie l’action des forces motrices d’un corps, plusieurs circonstances sont à considérer; ce sont : r°. leur intensité, c’est-à-dire l'énergie avec laquelle elles agissent , d’où résulte la vitesse de translation du corps. 2°. Ces forces peuvent agir d’une manière instantanée, comme un choc, ou constante, comme la pesanteur; il en résulte des mouvemens uniformes, accélérés , retardés, variés dans leur vitesse. 3°. Leur direction , d’où résulte le mouvement du corps, soit en ligne droite, soit suivant diverses courbes. 4°. Ces forces peuvent agir librement ou rencontrer des obstacles quelconques. Il en résulte alors des mouvemens composés ; tel est celüi du pendule, l’un des plus importans à étudier, et qui fournit un moyen sûr et facile de mesurer le temps. 5°. Enfin ées forces peuvent tellement se combiner dans leur

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