‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 43 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

63. Dés , En traitant de l’étendue et de la figure des corps, nous avons vu ce qui distingue les solides des autres corps : tout assemblage de molécules réunies par une force de cohésion ou d’affinité, et qui ne peut être séparé que par l’emploi d’une force quelconque , est un corps solide : tantôt la forme de ce corps et des parties qui le composent est régulière; c’est un cristal, et une autre science s'occupe de leur étude ; tantôt elle est irrégulière, et on conçoit qu’il ne peut en être autrement, puisque la force de cohésion retient unies ensemble aussi bien deux molécules d’un tel corps que lassemblage le plus considérable ; c’est ce que nous avons vu également.

Déjà, au commencement du chapitre qui traite de l’élasticité, nous avons dit que l’état des solides devait être considéré comme celui dans lequel la force d’attraction l’emportait sur le principe répulsif, sans cependant détruire complétement son action; que les corps réguliers étaient le résultat d’une solidification libre, et les corps irréguliers d’une solidification précipitée, on, en quelque sorte, forcée, gènée. La présence du principe répulsif dans les corps solides, que nous allons res

connaitre tout à l'heure d’une manière évidente, nous à fait concevoir sans difficulté la porosité de ces corps, leur élasticité, leur flexibilité, et plusieurs autres propriétés sur lesquelles nous n’avons pas dû nous arrêter, parce qu’elles sont généralement connues par l’usage de la vie commune.

Déjà nous avons suffisamment étudié la ténacité des corps solides, en parlant de leur ductilité et de la divisibilité dont leurs molécules sont suscepübles, tout en demeurant agrégées; plusieurs exemples remarquables ont été cités; nous nous sommes également occupés de la comparaison de la dureté des solides avec leur élasticité, leur malléabilité, en disant quelques mots des modificatons que font subir à ces corps les opérations arüficielles de la trempe , du recuit, de Pécrouissage.

6%. Ces notions, qu'il était indispensable de présenter d’avance dans l’ordre que nous avons adopté, puisqu'elles étaient le développement et formaient le complément de l’objet de notre étude, qui d’ailleurs ne supposaient pour être entendues que la connaissance ordinaire qu’on a des corps solides, ne font pas moins partie des propriétés de ces corps que le physicien doit connaître ; mais il serait inutile d’y revenir maintenant. D’un autre côté, l’étude des lois de la pesanteur, de son action , de la chute des graves, du centre de gravité et des balances; celle des lois et des conditions du mouvement , surtout en ce qui concerne la résistance, le choc, la masse des corps, renferment un -grand nombre de notions entièrement et quelquefois spécialement applicables aux solides. L'objet de nos recherches sur ces corps se trouve donc déjà rempli en partie, et notre tâche pour l’exposition des propriétés qui leur sont particulières se trouve par là bien réduite : il ne nous reste plus pour la compléter qu’à étudier les conditions de

l'équilibre des corps solides, leur densité ou pesanteur spécifique, et les moyens de la mesurer; enfin les lois de leur dilatation, lorsqu'ils sont soumis à des variations de température, et la mesure de cette dilatation, ce qui comprendra les pyromètres.

SECTION PREMIÈRE

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