DES PROPRIEÉTÉS GÉNÉRALES DES CORPS
Ÿ: Er appartient à la philosophie universelle et à la physique générale de rechercher par quelles lois primordiales, par quelles propriétés l’ordre admirable que lunivers offre à nos yeux s’est : formé , perfectionné , conservé d’âge en âge, pour arriver sans doute, dans la suite des siècles, à une destruction totale ou partielle. Sans élancer nos regards hardis sur les causes premières, qui, pour des êtres comme nous doués de la faculté de connaître seulement par comparaison et d’une manière relative, demeureront peut-être toujours enveloppées d’un nuage épais , du moins resteront encore long-temps, d’après l’état actuel des choses, dans le domaine des suppositions, des hypothèses, des systèmes, ces recherches pourraient peut-être faire reconnaître , dans la matière, dans les combinaisons qu’elle exécute, les formes qu’elle affecte, des propriétés plus générales que celles qui dé-
coulent immédiatement des observations, et conséquemment amener à l’explication d’un plus grand nombre de phénomènes naturels. Mais, ainsi que nous l’avons vu dans l’Introduction, ces discussions ont été abandonnées à la philosophie spéculative, et les sciences basées sur des fondemens inébranlables , c’est-à-dire sur l’expérience des faits et l’observation des phénomènes, se sont bornées à poser çà et là, dans ce champ immense, quelques jalons éloignés , entre lesquels le savant qui tente de le mesurer n’aperçoit pas des rapports bien certains, une liaison intime. Les savans les plus instruits et les plus recommandables, ceux qui ont imprimé aux sciences la marche la plus rapides , qui leur ont fait faire les plus grands progrès, ont reculé à l’aspeet de ces questions très curieuses , très attrayantes à l'esprit, mais trop incertaines pour satisfaire la raison, enfin ils les ont entièrement bannies du domaine de la physique spéciale , objet de nos études. C’est donc sur l'exemple des Biot, des Hauy, des Gay-Lussac, ete., nos guides et nos maitres, que nous nous appuyons pour écarter, dès notre entrée dans la carrière, ces questions si débattues par les philosophes, résolues de tant de manières différentes. Nous limiterons nos recherches à l’observation attentive des phénomènes et aux conséquences qui en découlent, dans l’étude que nous allons faire des propriétés les plus générales que les physiciens modernes ont reconnues dans les corps d’une manière certaine.
2. Nos sens nous avertissent de la présence et de Paction des objets qui nous entourent : la matérialité est donc une première propriété générale des corps. On ne peut concevoir d'objet matériel Qui n'ait une figure, un forme quelconque ; qui n'occupe un lieu, un espace; en un mot, qui ne soit étendu : l'étendue absolue qui donne l'idée de