‹ Manuel de prédication populaireChapitre 20 sur 90 · XXII. — Primauté et Infaillibilité du Pape · texte numérisé non relu

XXII. — Primauté et Infaillibilité du Pape

Quodcumque Ugawris iuper ter" ram* erit ligatum et in cœlU; $i quodcutnque solverit iuperterram, eritioluUimet in cc^ii. (Uaith., xvi, 19.)

Tout ce que tous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel ; et tout ce que TOUS délierez sur la terre»

sera délié dans le ciel.

L'Église catholique, comme toute société bien organisée, a besoin d'un pouvoir législatif pour régir et gouverner ses sujets ; elle a besoin aussi d'une autorité infaillible pour enseigner la vérité, et conserver Tin^'jgrité des dogmes contre les attaques sans cesse renouvelées de l'esprit de mensonge et d'erreur. Or ce d'^uble pouvoir de faire des lois et d'enseigner la vérité' infailliblement réside dans le corps enseignant de rÉglise, c'est-à-dire le Pape et les évoques unis au Pape. Mais au Pape appartient la suprême autorité. Les évêques ne gouvernent leurs diocèses, n'enseignent que sous la direction et la haute surveillance du Pape.

Nous allons donc considérer 1"" le pouvoir législatif du souverain Pontife^ 2" son infaillibilité dogmatique»

I. Pouvoir législatif. — Que Notre-Seigneur Jésus- Christ ait donné à saint Pierre le premier rang et la souveraine autorité dans son Église, cela ressort avec la dernière évidence du texte sacré : ii TouV. ^ ^«^Nm

lieras sur la terre, sera lié dans le dél ; et tout ee qm tu délieras sur la terre, sera dAHé i4ip|p«r|^ ^ll^kf (Matth., XVI, 10.) « Cette première Pfnl»* 1|!|i»|||h| Pierre personnellement, • dit Bowiet» *#r^li^fî|li^ sous sa puissance chacun de ceux à ^pMj'îiSVIrjil aussi : «Tout ce que vous remettras, xasn.MiiJ^g (Joan., XX, S3.) C'est encore à Pierre que .JteiÎMS^ dit, après sa résurection : « Pais mes agneaux, V^i^^^lftl « brebistt(Joan.,xx!j^, 16, 17), c*estpà-dire : Pakjy petits et les mères, les fldèles et les pasteurs; pastMif à l'égard des peuples, brebis à Tégurd de Pimn. a

Pierre a donc été établi le prince des apôtreft QtJlf chef visible de toute l'Église. Cette souveraina fwtAr rite donnée à Pierre, n'est^il pas évident que JAnUf Christ a voulu qu'elle passAt à tous ses 8ucceMe|in| L'Église b&tie sur Pierre, selon l'expression mémei j^ Sauveur, doit durer jusqu'à la fin des tempe. KUa^ peut subsister sans un chef visible, qui la goUMna jusqu'à la consommation des siècles. Or ce chef^ 4*m} le successeur de saint Pierre sur le siège de IIooMj»!]^

Le Pontife romain est donc, en sa qualité de mfifm cesseur de Pierre, le vrai vicaire de Jésus-^Chrial.^ terre, ainsi que s'exprime le concile de Florenoey^ après lui celui du Vatican ^ il a reçu, dans laper80ii||| de Pierre, la charge de paître, de conduire et.de ffi^h verner l'Église universelle. Tous sans excaptioUi p{|^ teurs et fidèles, lui doivent soumission et obéissant, non seulement dans ce qui regarde la foi et U^ mœurs, mais encore en tout ce qui tient à la dtao|« pline et au gouvernement de l'Église. . .r >

Comme chef suprême de V lise, il est nécess^n

que le Pape jouisse communiquer librement avec tous et chacun des pasteurs et des fidèles répandus dans l*unWers. Les pouvoirs civils et polltic^ues qui prétendent entraver cette communication, se rendent coupables d'un étrange abus et d'un sacrilège empiétement, fin vertu de sa primauté divine^ le Pape est le jugé suprême des fidèles, et, dans toutes les causes qui ont trait aux choses de la religion, on peut avoir recours à don tribunal....

IL Infaillibilité dogmatique. ~ En même temps que Pierre a reçu Tautorité de gouverner, il a eu aussi mission d'enseigner la vérité d'une manière sûre et infaillible. C'est à lui qu'il a été dit : « Tu es Pierre, et sur Cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.))(Matth., XVI, 18.) Et encore : « J'ai prié pour toi,afln que ta foi ne défaille pas; et quand tu seras converti, affermis les frères. » (Luc, xxii, 32. ) « Et quels frères ! » s'écrie Bossuet : « les apôtres, les colonnes mêmes ; combien plus les siècles suivants f Car cette parole : « Affermis «tes frères », n'est pas un commandement que Jésus- Christ fasse en particulier à saint Pierre ; c'est un office qu'il érige et qu'il institue dans son Église à perpétuité : il devait toujours y avoir un Pierre dans son Église pour confirmer ses frères dans la foi. »

De tout temps, les souverains Pontifes ont exercé cette autorité infaillible, et FÊglise s'y est toujours soumise. Ce sont les Papes qui ont condamné les erreurs et les hérésies que l'esprit de mensonge a enfantées dans la suite des siècles... Que le Pape çro- Donce seul sur \m point de docttme> o\x \5\Kii^'^^-

touré des évoques du monde catholique, pour s'éclairer de leurs lumières et de leurs conseils, il r^gle et déGnisse dans un concile les divers points de la foi qui seraient en litige, sa voix doit être écoutée comme l'expression de la vérité et comme rorganederEsprît- Salnt, qui inspire et dirige l'Église. C'est toujours Pierre qui exerce la mission d'affermir ses frères dans la vérité.

Ce dogme si nécessaire à l'Église, si rassurant pou? la conscience catholique ; ce dogme si clair et siprêcis dans l'Évangile, les derniers siècles l'avaient couvert de quelques nuages. Pie IX, de sainte mémoire, a eu la gloire .de lui rendre toute sa splendeur dans le concile du Vatican. C'est un article de foi de croire que le Pape est infaillible.

Quand le concile a défini l'infaillibilité du Pape, il n'a pas décrété qu'il était impeccable,ainsi qu'osaient l'affirmer tant d'ignorants disposés à gloser sur tout,, à condition de ne rien savoir. Le Pape, comme doc-* teur universel de l'Église et successeur de Pierre, est infaillible, mais il n'est pas impeccable : il est homme, et par là même il reste sujet au péché, et a besoin,, comme tout fidèle, du secours des sacrements.

Dans les sciences humaines, en économie, en politique, le Pape peut se tromper...

Comme simple particulier, comme docteur privé, comme prêtre, même comme évêque, le Pape pourrait se tromper ; mais quand il parle, qu'il enseigne, qu'il définit en vertu de son souverain magistère, il ne peut se tromper : l'infaillibilité n'est pas attachée à sa personne, mais à son ministère.

Cette inraiUibilité, enfln, n'est pas une inspiration qui révèle au Pape des vérités jusque-là inconnues ; elle est simplement une assistance divine, qui le préservé de toute erreur dans l'exposition et la définition de la doctrine que Jésus-Christ a apportée au monde.

Pour le dire en passant, combien sont aveugles et insensés ceux qui osent encore, même après la définition solennelle du concile du Vatican, se permettre de dénaturer ce dogme en accusant les catholiques d'avoir voulu se faire du Pape une sorte de divinité ! Non certes, le Pape n'est pas Dieu, mais il est le vicaire du Fils de Dieu sur la terre, et, comme tel, il ne saurait être sujet à enseigner le mensonge et Terreur. Nous honôrons,nous vénérons, nous aimons le Pape comme représentant de Dieu en ce monde et successeur du chef des apôtres; et nous savons qu'être fidèle au Pape, c'est être fidèle à l'Église, et qu'être fidèle à l'Église, c'est être dans la voie du salut éternel.

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