I. — Observation de la loi de Dieu
Si vis ad vitam ingredi, serva mandata, (Matth., xix, 17.)
Si TOUS voulez entrer dans la yie, observez les commandements.
La foi nous révèle qu'après cette vie courte et misérable de la terre, il en est une autre qui ne doit jamais finir... Mais cette vie, elle est promise comme récompense, comme prix de la victoire, comme une couronne à celui qui aura légitimement combattu : Non cOTmaiuVy nisi légitime certaverit. (II Tim., il, 5.) Que faut- il faire pour mériter cette vie de bonheur? Cette question fut posée autrefois par un jeune honune à Notre-Seigneur Jésus-Christ iMagister bone^ quidfadens vitam œtemampossidebo? (Luc, xviii, 18.) Et il lui fut répondu : « Si vous voulez entrer dans la vie, observez les commandements. » Si vis ad vitam ingredi, serva mandata.
Examinons donc la loi de Dieu : Vdans son eodstence; 2** dans l'obligation où nous sommes de Vobserver^ ^ I. Dans son existence. — Que Dieu aili^u^OiïSi^'C \)Si^
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iée et profanée par la masse du genre humain, i fut Tobjet d'une nouvelle et solennelle proion sur le mont Sina!. C'est alors que Dieu la a en dix articles, et qu'elle prit le nom de Dé- )^ parce qu'elle renferme dix préceptes, qui sont, I .dit saint Augustin, le sommaire de toutes les
ï cette même loi a reçu sa dernière perfection ms-Christ lui-même, « Je ne suis point venu a loi,» a-1/il dit, «mais je suis venu l'accomplir.» \i6olvere{legem)y sed adimplere. (Matth., v, 17.) lission de llÊglise en ce monde est de conserve loi et d'en maintenir le respect parmi les
ans l'obligation de Vobserver. — iNous sommes i l'observation ûdèle de la loi du Seigneur, en caractères ineffaçables dans le fond db nos promulguée par Dieu lui-môme sur le Sinal rmée par Jésus-Christ notre souverain maftre. loi plus digne de notre vénération et de notre que celle-là?... Le roi prophète en comprenait i beauté, toute la perfection et tous les avantamà il s'écriait : Lex Domini immaculata^ conver" mas... sapientiamprxstansparvulis.(Ps. Xvin,8.) i du Seigneur est toute parfaite, elle convertit is et donne la sagesse aux petits enfants... » nous fait un devoir de l'accomplir : la justice, maissance et nos intérêts les plus chers.
justice. — Que sommes-nous par rapport à Dieu ? immes ses créatures, ses enfants, ses serviteurs, ts. Or, je vous le demande, quel ouvrier x^vsssr
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\ 't' : noDS toutes choses. » Qu'uvcz-voue a , i
« que TOUS n'ayez reçu? a Quidai
e^UT Kntre corps, notre âme, notre
i„1 santé, nos biens, nous tenons tout de la 1
^1 Dieu. Quel plus légitime usage pouvoDs-n<
ïi tous ces dons, que de les faire servir à saglt
ployant toutes les facultés de notre être
fidèlement les préceptes qu'il lui a plu de
ner? Voulez-vous montrer à Dieu votre
sauce et lui donner une preuve autheatiq
amour , écoutez ce que dit Jésus^ïhiltt
m'aimA vArîtnhlAmnnt <iiii AVAnt niMi iwAm
et^atîon de sa loi, c'est autant pour notre êilr que pour sa gloire. « Si vous écoutez la voix >tre Dieu, » dit-il dans le Deutéronome, « si vous nplissez tous les préceptes que je vous donné >uâ élèverai au-dessus de toutes les nations qui sûr la terre, et toutes sortes de bénédictions îiidront sur vous. » (xxvm, 1 -2.) observation de la loi du Seigneur est la plus sûre atie du bonheur pour la société, pour la famille, rîndividu, ainsi que Texpérience le démontre... quelle récompense Dieu ne prépare-t-il pas pour •nité au Adèle observateur de ses préceptes? Le ivec ses «plendeurs, ses délices, et son éternité )nheur... Demandons à Dieu la grâce d*être consuent soumis à sa loi, afin de mériter de régner lui.
IL — Amour de Dieu.
Diliges Domimm Deum timm ex toto corde tuo, et ex iota anima tua, et ex tota fc^itudine tua. (Deut., YI, 5.)
Vous aimerez le Seigneur TOtre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces.
i, docteur de la loi se présenta un jour à Jésu»rt et lui dit : Maître, quel est le grand commatjh int dans la loi ? Jésus lui répondit : Vous aimee Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de t votre âme, de tout votre esprit, de toutes vos
^''"^ demande ié*«"'^^«ï«e au De» .
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' ûùl^ndispensable obligation d'aimer Dieu n*ait été 'reconnue? Ce divin précepte ne fut-il pas toujours '-gravé au milieu des cœurs, et n'est- il pas aussi ancien -- que le monde ?
Grand par^sa nécessité. — Sans l'amour de Dieu, toutes DOS bonnes œuvres, même les plus éclatantes, ' ne méritent aucune récompense dans Téternité... Nos ^ âioindres actions, au contraire, quand elles sont inspirées et vivifiées par l'amour, méritent un poids *■ immense de gloire.
ji* . Grand par son étendue. — C'est le devoir de tous les hommes, sans exception. Un malade est dispensé du jeûne; un pauvre, de l'aumône; un homme du monde, des devoirs du cloître. Mais nul ne peut être dispensé de l'amour.
Grand par sa dignité. — Ce que l'or est parmi les métaux, le feu parmi les éléments, le soleil parmi les astres, les séraphins parmi les anges, la charité Test parmi toutes les autres vertus.
Grand par sa durée. — Ce commandement embrasse tous les temps, s'étend à tous les siècles, et « la charité »f dit saint Paul, « subsistera toute l'éternité... » (I Cor., xm, 8.)
Grand par sa facilité. — Pour ne pas accomplir les autres commandements, dit saint Augustin, les hommes peuvent apporter quelques prétextes ; mais quaudil s'agit de l'amour de Dieu, ils ne peuvent se défendre par ime seule excuse.
Aimer Dieu, c'est donc notre devoir par excellence. Comme créateur, il nous a faits à son image. Or Dieu est tout amour. Gomme souverain maître, il a voulu
nous faire un précepte de l'aimer. Gomme bienfaiteur, il a droit à toute la reconnaissance de notre cœur. Nous ne pouvons rien aimer légitimement en ce monde : beauté, richesse, grandeur, perfection, que nous ne le trouvions en Dieu à un degré infini.
IL Étendue et pratique de cet amour. — Nous avons dit les motifs que nous avons d'aimer Dieu ; il s'agit maintenant de comprendre la pratique de cet amour. Saint Grégoire disait à ses auditeurs «: Si Je demande à chacun de vous s'il aime Dieu, il n'est personne qui ne soit prêt à répondre affirmativement. Seeara mente reipondes : B%ligo..,r^ Aujourd'hui, combien de chrétiens récitent leur formule d'acte de charité,8an8 se rendre compte de la portée de ce précepte !
Chez les uns, c'est un amour partagé : ils veulent aimer Dieu, mais sans renoncer à aimer le monde et les choses du monde. Chez les autres, c'est un amour stérile et oisif ; ils ont sur les lèvres des paroles d'amour,et leurs mains sont vides de bonnes œuvres. Presque chez tous, c'est un amour délicat et commode, qui répugne à toute souffrance, atout sacrifice.
Dieu veut que nous l'aimions de tout noire eœur^ c'est-à-dire par-dessus tout, et que nous n'aimions rien qu'en lui et par rapport à lui ;.. . (te toute notre âme^ c'est-à-dire de toutes les aspirations et de tous les efforts de notre volonté ;,.. de tout notre esprit^ en f!aisant de lui la haute estime qu'il mérite, en acceptant ses lois sans les juger ni les discuter, et ses dogmes sans en vouloir pénétrer les mystères ;...de toutes nos forces, c'est-à-dire de toutes les puissances de notre être, de toutes nos facultés, de telle sorte que tout ce
qui est en nous tende vers Dieu comme vers sa fin dernière.
L'amour de Dieu se prouve par les œuvres, et surtout par les œuvres que prescrivent les commandements. Qui habet mandata mea et servat ea^ ille est qui diligit me (Joan.^xiY, 21.) Observez-vous les lois de la prière, de la sanctification du dimanche, du respect envers Dieu, envers le prochain, envers vous-mêmes? Vous abstenez-vous, comme dit Tapôtre, de tout ce qui a l'apparence du mal , ab omni spede m^la ? (I Thess. , V. 22.) C'est une marque certaine que vous aimez Dieu.
Enfin le véritable amour nous engage à tout souffrir plutôt que de consentir à nous séparer de Dieu ; Quis ergo nos separabit a charitate Christi ? tribulatio ? an angustia? an famesl an nnditas? an periculum ? an persecutio? an gladius?.., P^on, si nous avons le véritable amour de Dieu, ni la faim, ni les privations, ni l'angoisse, ni la persécution, ni les tourments, ni la maladie, ni la mort, ne pourront nous séparer de lui.
C'est ainsi que les apôtres, les martyrs, les confesseurs et les saints ont aimé Dieu... Une seule chose peut nous faire perdre l'amour de Dieu : le péché mortel. Évitons-le, et tenons-nous en garde contre tout ce qui pourrait nous entraîner à le commettre. Si nous aimons Dieu persévéramment en ce monde, nous mériterons de l'aimer éternellement.
m. — Service de Dieu.
Servite Domino in veritaU. (Tob., XIV, 10.) Serrez le Seigneur dans la vérité.
La première vérité qu'on enseigne à l'enfant lorsqu'il se présente aux leçons du catéchisme, c'est la fin pour laquelle Dieu l'a créé et le conserve. Dieu, répond-il, m'a donné Texistence pour le connaître, l'aimer, le servir, et par là mériter la vie éternelle. Que l'homme est donc grand et quelle noble fin est la sienne ! Son intelligence est faite pour connaître Dieu et contempler ses infinies perfections. •• son c(!eur est fait pour aimer Dieu, s'unir à lui et le posséder éternellement .. tout son être a pour fin de rendre gloire à Dieu, de telle sorte que ses moindres actions, si elles sont faites dans la vérité et la sainteté, sont dignes de Dieu et méritent une récompense infinie.
Pour nous affermir dans le service de Dieu, pénénétrons-nous aujourd'hui de ces trois pensées : 1 ° rien de plus juste que de servir Dieu ; 2* rien de plus honorable ; 3** rien de plus avantageux.
I. Rien de plus juste, — Nous sommes Touvrage de Dieu; nous lui appartenons; c'est pour sa gloire qu'il nous a donné la vie : Universa propter semetipsum operatus est Dominus. (Prov., xvi, i). Si toutes les créatures qui sont dans l'univers servent Kea et racontent sa gloire, comme le Psalmiste le chante des cieux en particulier : cœli enarrant gloriam Dei, et opéra manuum ejus annuntiat firmamentwn^ à combien
plus forte raison rhomme, qui est le plus parfait des êtres du monde visible, doit-il s'employer tout entier à rendre à Dieu Tbonneur qui lui est dû et se consa- -crer à son service?
Est-il juste, vous demanderai-je, qu'un propriétaire ait droit aux fruits des terres de son domaine?... qu'un ouvrier ait droit au produit de son travail?... Or nous sommes la propriété de Dieu, l'ouvrage de Dieu.
En notre qualité de créatures intelligentes et raisonnables, Dieu nous a appelés à Tbonneur d'être ses serviteurs volontaires ; mais quoi de plus juste que le complet et parfait dévouement d'un serviteur envers son maître?
Par une grâce toute particulière, le Seigneur nous a faits ses enfants d'adoption : Ut filii Dei nominemur et simus. (I Joan., m, 1.) N'est-ce pas de toute justice qu'un père ait droit au service de ses enfants?
II. Rien de plus honorable. — S'il est juste de servir Dieu, ce n'est pas moins honorable. C'est pour les grands du monde un sujet de gloire d'être au service des rois de la terre. L'éclat de la couronne semble rejaillir sur eux^ et ils croient grandir en proportion de l'élévation du maître qu'ils représentent et dont ils remplissent les ordres. Mais combien est-il plus honorable de servir Dieu, qui s'appelle le Roi des rois, le dominateur des dominateurs, Rex regum et Lominus dominantivml (I Tim., vi, 15. Apoc.,XiX, 16.) On peut dire en toute vérité que Dieu compte autant de rois que de vrais serviteurs : car l'Église, dans un de ses offices, chante cette parole étonnante : Hem y oui sensire.., regnareest; servir Dieu c'est règuer. "Lfcs» ^^vû\& ^v. Va
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'^'•'■••*' '"^ l^i'^ïî ieur intuliigcnce, leur vie, leurs tra-
v'Hii., h.iirs,virps etleurs biens, ils régnent plorieu-
^«*'r.i «.ijrMird'hui,non seulement dans le ciel, mais
^'•or/;' wr M terre. Deu&, cui seruirc, reroarc c«l ;jLii
— lui —
missa pro pace.) Et puis, il y a pour nous de dolenHels engagements*. .
III. Riendeplîis avanUigetiXé — Nulle gloire ne peut être comparée à Thonneur de servir Dieu. J'ajoute que rien n'est plus avantageux* Il est dit que tout pros* père au bien de ceux qui aiment Dieu : Diligentibui beum omnia cooperantur in bonum. Quelles magai" Ûques promesses Dieu ne fait-il pas, même pour la vie présente, à ceux qui s'attachent à lui de tout leur cœur? Si vous me servez Qdèlement^ dit-il aux enfants d^Israël, je vous comblerai de bénédictions dans vo** tre famille, dans vos maisons^ dans vos troupeaux^ dans vos terres; je vous protégerai contre tous tos ennemis; les maladies, les fléau;x ne vous atteindront point. (Deut., xxviii, 1-U.)
Jésus-Christ ne promet-il pas à ceux qui quitteront tout en ce monde pour le suivrei de les récompenser au centuple ? « Cherchez avant tout le royaume de Dieu et sa justice^ » dit^il encore, n et tout ce qui vous est nécessaire pour la vie présente vous sera dohné par surcroît. » Et hêec omnia adjicientur vobis. (Matth., VI. Luc, XII, 81.)
Mais, au point de vue surnaturel, que n*avons*ilOus pas à gagner dans le service de Dieu? Nous nous as» surons son amitié, sa protection, son secours, sed fa** veurs, de telle sorte qu'avec saint Paul nous pouvons dire en toute confiance : Si Dieu est pour nous^ qui pourra nous nuire? » Si Deus pro nobis, qui$ contfa nos?... (Rom., viii, 31.) Et encore : a Je puis tout en celui qui me fortifie. » Omnia possum in eo qui me con* fortaL IPhilipp.f iv, 13.)
Sans doute, pour Si sacrifices & faire, de« rombaU h soutenir ; mais auï^ BOuveDona-nous dM réfum penses qui noua soat réservées dans l'éternité. P»ur le BacriUce de quelques bitiu paaai^ers, des trésors iiiépuî^bles; pour uae lulleâi quelques jours, un nïpob mm fin ; pour une lëgirt liumiiiatioQ, un poîd!< imnieuse de gloire... Senei donc votre Dieu, votro créateur, votre maître et totn père : c'est votre devoir, votre gloirt; et votre intérfl Servez-le en faisant tout ce qu'il vous commaudti, a évitant tout ce qu'U vous défend, en travaillant et a souffrant pour lui. £ti,';r, Hrrvc bone ci fidelis^ intn i gaudium Domini tvi. C'est la parole qu'un jour im mériterez d'entendre.