‹ Manuel de prédication populaireChapitre 29 sur 90 · IV. — Amour du prochain · texte numérisé non relu

IV. — Amour du prochain

Diligti Dnminvm Btun tuvm toiocorilt Uio..., et proximum Iv iicul le ipium. (Luc, x, 27.)

Vous aimeretle Seign eu r votre Di de tout ïoire cœur..,, et le proàu cotnme vous-mGme,

Voilà comme l'abrégé et la substance de toute la m raie ctirétienne. « Dans ces deux commandements dit Jésus-Christ n sont reni'ermés la loi et les pn phètes. » In his duoi'is mandaivt universa lex pendet, propheUe. {iiaMi.,zj.M, 40.) Tous nos devoirs enve Dieu et envers le pi'oiimin se réduisent à ces '*'" préceptes... De même qu'on ne peut aimer Dim labiement sans observer tous ses comraan^»

fiinsi l'on ne saurait aimer siacèremeot le. pi

sans accomplir à son égard tous les points de la loi. Il nous importe de connaître : 1* les motifs sur lesquels est appuyé le précepte de Tamour du prochain ; 2<| les obligations que cet amour nous impose.

I. Motifs. — Il existe pour nous une obligation rigoureuse d'aimer le prochain, et nous ne pouvons nous en dispenser sans encourir la disgrâce de Dieu.. . Les caractères sous lesquels la raison et la foi nous présentent nos semblables, Tamour que Dieu nous porte, le commandement formel que nous fait Jésus- Christ, sont autant de motifs qui établissent cette obligation.

Et d'abord, en ne consultant que les lumières de la raison, que sont pour nous les autres hommes? Des êtres pétris du même limon, animés du même souffle, faits à la même image, appelés à la même fin. Que nous devions aimer ces êtres avec lesquels nous sommes unis par des liens si intimes, c'est un instinct que nous trouvons au fond môme de notre cœur. C'est là que trouve sa source cette humanité que Ton célèbre partout, et dont se vantent ceux-là mêmes qui méditent la ruine de leurs semblables et la destruction de toute société.

Supposez une société d'hommes entre lesquels ne règne aucune sympathie, aucun amour, qu'y verrezvous?Le désordre, la guerre, le meurtre, la confusion. Bien ne présenterait mieux sur la terre une image de l'enfer.

Supposez, au contraire, une société où règne une parfaite charité : quel ordre I quelle paix 1 quelle harmonie I quelle fidèle image du cveW

— loi -

Que sera-ce si nous con&îdéroos le prochain au point de ¥ue de la foi ?... La religioo ne nous montre pas seulement dans les autres hommes des £tres semblables à nous, mais des membres de PÉglise, des héritiers de Dieu, des enfants d'un même père, élevés dans la même fol, régénérés par lès mêmes sacrenionU, nourris du même pain sacré, appelés au même buuhuur éternel... Si, comme honmies,iIs ont des druilHà notre amour, combien n'en ont-ils pas comme chréliensY...

MuiH un motif plus puissant encore d'aimer notre procliain, c/est l'exemple de Dieu lui-même, c'est l'aiiumr qu*il nous porle. Oui, ces mêmes hommes pour qui vous nourrissez souvent une froide indifTérence, el quelquefois une coupable aversion, Dieulesaaimés iU\ Uuile (' loniitù, et il les a aimés jusqu'au point de (((tuiur hua Fils unique pour leur salut : SicenimDeus diltwit muHilum^ ut Filmnsuum unigenUum iareU (Joan., lu. l(i.) Si un Dieu daigne aimer ainsi de simples uiortols, vous dirai-je avec saint Jean, nous devons dt»uo nous aimer les uns les autres. Si sic Deus dilexit im, tt im dehinus uUei^tnm diligere. (I Joan., lY, 1 1 .)

Ihsoiplos do Jésus-Christ, vous me demandez si vous ilovo/aimor vos frères. Apprenez-le de l'exemple de voliv diviu Maîti'o. Pourquoi, je vous prie, son inoarualiuiA, fcia uaissauoe, sa vie pauvre et laborieuse, supa;>i>ioa, sa uiort, sa résurrection?... pourquoi sa vie eucharistique? CVst à cause de son grand amour pour nous : i^ropti^r nimiam ckariiaUm suairij qua dUexii •ww... (Eph., n, 4.) Auii exemples que le Sauveur nous a àomxèSj joij:nez sou eusevgu^i&ftiiV «\ ^^ ^^t^^^Xa^^

<K On reconnaîtra », dii-il| « que vous êtes mes dis* ciplesi si vous vous aimez les uns les autres. » In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis^ si dilectionem habueriUs ad invicem»». (Joan., xiii» 35.)

Nous venons d'exposer les motifs de Tamouf du prochain ; il nous reste à voir les obligations que cet . amour nous impose.

II. Obligations. ~ £q nous imposant le devoir de la charité fraternelle, Jésus-Gbrist nous en a tracé la règle : c'est d'aimer notre prochain comme nousmêmes : Diliges proximum tuum siout te ipsum» (Luc. s X| 27.) Il ne s'agit point ici d'une égalité de sentimenti mais bien d'une parité d'obligation. Nous de- Yons aimer le prochain de la même manière que nous nous aimons raisonnablement nous-mêmes.

La première obligation que la charité nous impose envers nos frères, c'est de ne leur vouloir ni de leur faire aucun mal. La charité, dit saint Paul (I Gor., xiiii 4-5]) étouffe tout sentiment de haine, chasse toute pensée de jalousie : Charitas non mmulatur ; elle n'agit point avec malignité, non agit perperam ; elle ne cause jamais le mal, non cogitât malum. Ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse, gardez-vous de le faire jamais aux autres... Ne point faire de mal au prochain, c'est le premier effet de la charité ; mais cela ne suffit pas : il faut encore lui souhaiter du fond du cœur tout le bien qu'un amour raisonnable nous fait désirer pour nous-mêmes.

La véritable règle de l'amour du prochain, dit saint Augustin, c'est de souhaiter qu'il parvienne aux biens Qu'on voudrait soi-mêine obtenu^ eX ^'\l ^^^^^^"^

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