‹ Manuel de prédication populaireChapitre 31 sur 90 · VI. — Du Serinent · texte numérisé non relu

VI. — Du Serinent

Non assumes nomen Domini Dei tut in vanum* (Exod., xx, 7.)

Tu ne prendras point le nom da Seigneur toa Dieu en vain.

C'jBSt en ces termes |que Dieu s'exprime dans la loi donnée à Moïse sur le Sinaï. Avant de nous tracer nos devoirs envers le prochain, le Seigneur a voulu, dans trois préceptes particuliers, nous prescrire nos devoirs envers lui. Dieu unique, éternel , souverainement parfait, il est seul digne de nos adorations, de notre reconnaissance et de notre amour. Souverainement saîût, il veut que son nom soit trailfe aN^e, t^^^^Ov.*

M^tre et Qréftieiir de toutes choses, il exige qu'on eatte pobik toi soit rendu au jour quUl s'est réservé; QfMsihà idée fuisse et ridicule se font de leurs oblîga^ uuos on trop grand nombre d'hommes qui préteodent .ifoir accompli toute justice quand ils peuvent àe dire qalls n'ont fait tort à personne, comme si aurdsssos des droits du prochain il n'y avait pas ceuî de Dieu!

5oas aUnos traiter, dans cet entretien» dulrespoot dà aa nom de Dieu dans le serment Voyons donc : !• la mubm A ferment; 2^ les canditions du serment; 3* FiÊsege dkaret fu'on en doU faire.

L iVoter» in senutU. — Le serment est une invoca-^ oa&a cqNreâie ou tacite du nom de Dieii en témoignagtt (fe la vérité. Son nom lui vient du mot latiû cM^rmiMteM» et signifie une chose sacrée. On distingue I<ii ;i^ctiijiuit affîimatif et le serment promissoire : par le pr^uiiâr> on prend Dieu à témoin d'une chose ou d'un &it pnh^ut ou passé; par le second, de la sincérité d'util promesse que l'on fait et de la disposition où Tou <ii$k di rexéouter. — On jure par Dieu lui-même dirMteWMii» ou par les créatures, comme les anges, le ciel> Ie$ saints, TÉvangile, les sacrements, la <»roix, ou tant que ces créatures rappellent d'une manière particulière les perfections de Dieu.

Le serment se fait par parole : « le prends Dieu à téuK>àh.. )* par signe : enlevant la main, comme cela se i»rdùv(u^^ eu justice.»* par écrit, lorsqu*on signe une i vu <uul^ de serment

^ui^ qu*il y ^t serment, il faut l'intention. U ne fdMi «Kmi^ 1M3 regarder comme serments certaines

^ cbaniëres de parler introduites par l'usage : n Je vous Jure, Dieu le sait, Dieu le voit. » Le respect dû au saint nom de Dieu exige qu'on évite ces expressions, d'où il |ieut facilement résulter du scandale^

Une inclination naturelle nous porte à en appeler «a Seigneur pour confirmer la vérité de nos paroles E^ ion la sincérité de nos promesses. Aussi le serment^ ' en lui-même, est-il un acte nécessaire, un acte reli*- I gieux. La nécessité du serment vient de la faiblesse f et de rimperfection de Tbomme. Parce qu'il n'a \ qa*une science courte et limitée, l'homme peut se ; tromper, et, à cause de sa perversité, il peut vouloir U'Omper. Pour donner de l'autorité à sa parole, il a besoin d*en appeler à Dieu, l'immuable vérité. Le serment fait, en quelque sorte, participer Thomme à la véracité, à l'infaillibilité , à la sincérité de Dieu. Quand Thomme parle et affirme sous la foi du serment, c'est comme si Dieu parlait et affirmait luimême. Aussi les peuples tant anciens que modernes, dans leurs relations civiles, politiques et commerciales, ont-ils toujours fait usage du serment. Les rois ont juré en montant sur le trône, les fonctionnaires jurent en prenant possession de leurs charges. Les patriarches, les prophètes, les apôtres, ont juré en annonçant la parole de Dieu aux peuples. « Dieu )>, dit saint Paul, « ne pouvant jurer par un plus grand que lui, jure par lui-même » ijuravitper semetipsum. (Héb., vi, 13.) Il est donc bien évident que le serment, en lui-même, est à la fois un acte nécessaire et religieux. Aussi voyons-nous dans l'Ancien Testament que Dieu a ordoDDé de jurer par son nom. « Vows ct^Vsite^LNfc

Seigneur votre Dieu, et vous jurerez par son m (Deut., vi,13;x, 20.)

IL Conditions du serment. — Le serment, pour licite, doit réunir trois conditions : la vérité, le ji ment, la justice.

1® La vérité. Ce que Ton assure par 'serment d être vrai ; et, s'il arrive qu'on se trompe en réalité, faut, dans le moment où Ton jure, être dans lape suasion que ce que Ton affirme est la vérité. Si 1 bonne foi est surprise, la conscience doit rester droite Comment peut-il se trouver des hommes assez audacieux pour appeler Dieu en témoignage du miensoDge? Connaître la fausseté d'un fait qu'on affirme, n'avoir pas Tintention d'accomplir une promesse qu'on tut, et prendre Dieu à témoin de ce fait mensonger, de cette promesse fallacieuse! Suppose-t-on que Dieu ignore la vérité? mais c'est outrager sa science. S'imagine-t-on qu'il peut être suborné, comme le plus vil des hommes? c'est offenser sa sainteté et sa justice. Quel châtiment ne mérite pas une si coupable et si audacieuse témérité 1 « 11 ne demeurera impuni,» dit le Seigneur, a celui qui aura pris le nom de Dieu en vain. » (Exod., xx, 7. Deut., v, 11.)

2' Le jugement. — Pour être permis, le serment doit être fait avec réflexion, avec prudence, ayec discrétion et pour un motif sufQsant. Cest manquer de respect à la majesté souveraine de Dieu que de prendre son nom à témoin de choses vulgaires et sans importance... L'habitude de jurer pour des bagatelles fait qu'on s expose à s'inquiéter peu de la vérité ou de Jâ fausseté de ce qu'on atùrmô ou à» ca ^««k^To-

it. Réservons nos serments pour des choses en tout

ignés de Dieu.

3* La justice. — Il faut enfln que l'objet du serment

it juste, raisonnable, honnête, équitable ; sinon Ton

en jurant, et Ton ne pèche pas moins en accom-

IpBssant son serment. Le serment, dit saint Jérôme,

doit jamais servir à l'iniquité. Une promesse faite fvec serment doit être tenue, à moins que la chose liomise ne soit vaine, puérile, ou bien immorale, in- |B8te, illicite.

III. Usage du serment. — Le serment, étant un acte I religieux, ne doit être employé que pour des choses * jraves, sérieuses et saintes. Si nous sommes obligés de nous en servir, que ce soit toujours avec un sentiment profond de respect pour le saint nom de Dieu, que nous invoquons comme garantie de notre parole. Ecoutons ce que dit Notre-Seigneur Jésus-Christ (Uatth., V, 3i-37) : « Ne jurez pas du tout, ni par le ciel, parce qu'il est le trône de Dieu; ni par la terre, parce qu'elle est l'escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, parce qu'elle est la ville du grand Roi; ni par votre tête, parce que vous ne pouvez pas changer la couleur d'un seul de vos cheveux. Dites : oui, non. Tout ce qui est de plus provient du mal. » Que notre bouche soit tellement accoutumée à la vérité, que le mensonge soit loin de nos lèvres; qu'une affirmation de notre part, une négation, un oui, un non, suffisent pour assurer nos frères de la sincérité de nos paroles. Ainsi nous serons les disciples du Dieu de vérité et les héritiers de ses éternelles promesses. Ainsi soit-il.

vj. — DaV<

^nete, et

Fûtes éa gaeor •Kqot

In nvs

-T-: ffT i::e inmefise faite à Dieu d'une diM :b < ni .a sil: lui 4tre agréable. Cette pronuM •im;:» a rjiLs-!ie!iL*!î le ueile façon qu'cm se rend eoQ- Tdiïie ie le^tie s. l':a ^niet dedaûre ce qu'on a promis. ?r«fucr^ me rî^rgie résilutioa, former un prapoi 1 iL'.'.-oiniir ine ':i:cae œu^re, de jeûner, de fidn /lumOne. i'Her en. pèlerinage, de visiter les malades, it? veiller, ie nniller. ce n'est pas faire un vœu; es i ?<<; îi lu'in ^açtwment envers soi-même, ce n'est ;jas lue prjineïsse iiize à Dieu et obligeant sous peine le pcoàe.

Le vœu est un lote de religion, qui honore Dieu, que Dieu lui-Œeoie recommande, mais dont il ne fait pas un précepte rigoureux. De sa nature, le vœu doit être uuacte essentiellement libre et spontané*

Four notre instruction, nous allons considérer : 1» les diverses espèces de vœux; fi"* F obligation de les accomplir ; 3® les raisons qui en dispensenU

I. l>iverses espèces de voeux. — D'abord, il n'y a qu'imc chose essentiellement bonne qui puisse être la matière

du vœu.

Le vœu de ne pas restituer si on a volé, de ne pas se concilier avec un ennemi, de ne pas se confesser,

pierait nul de plein droit. Il faut, de plus, pour qu'un

Tœu soit valide, que la chose à laquelle on s'engage

9oit meilleure que son contraire : ainsi le vœu de ne

îpas recevoir les ordres sacrés, de ne pas se faire reli-^

âjlmix, ne pourrait obliger. Il faut', enfin, que la chose

'womise àDieu soit possible, autrement ce serait une

r|ftomesse vaine et dérisoire. Des actes auxquels on est

d'ailleurs obligé, comme d'assi$ter à la messe le di-

laanche, de se confes3çr une fois Tan, de communier

4 PAques, peuvent être la matière du vœu. Quant aux

ei^cefl de vœux, on distingue :

r Le vœu absolu : c'est celui qu'on fait sans condition ; par exemple : Je fais vœu de donner telle aumône aux pauvres...

%• Le vœu conditionnel, quand il dépend d'une condition; par exemple : je ferai tel pèlerinage si je rêvions à la santé.

8* Le vœu personnel^ quand on engage sa propre personne, ses propres actions : je promets à Dieu de jeûner, de veiller, de faire telle œuvre de pénitence, i** Le vœu réel quand il s'agit d'une matière hors de nous : je m'engage à donner telle propriété à TÉglise, telle somme aux pauvres. Les héritiers sont tenus d'exécuter ces sortes de vœux,

5** Les vœux solennels sont ceux que Ton fait avec eertainea formalités, par la réception des ordres sacrés, ou par la profession religieuse [dans un ordre approuvé par l'Église.

6* Les vœux simples^ ceux qui ne sont [pas [revêtus des formes prescrites pour les vœux solennels. Fait dans les conditions légitimes, le vœu ,est un

acte religieux, méritoire, et qui donne aux œuvres accomplies un plus grand degré de perfection. Si l'on OGrmpte dans la vie religieuse un si grand nombre de saints, et si ce sont les saints qui ont fondé les plus 1 bdies et les plus utiles institutions, et qui ont donné les plus admirables exemples de vertu, n'est-ce pas puce qu'ils se sont consacrés à Dieu d'une manière particulière en faisant les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance? Par le vœu de pauvreté, ils se sont dépouillés de tous leurs biens, et ils ont même renonce à la possibilité d'en acquérir d'autres; par le Tfu de chasteté, ils ont fait de leur corps une hostie vivante, pure et sainte, offerte tous les jours à Dieu sur i autel de leur cœur; par le vœu d'obéissance, ils oat immolé au Seigneur ce qu'il y a en l'homme de plus personnel, de plus intime et de plus cher : la volonté» la liberté. Ces trois vœux désapproprient ouujplètement une ftme, la dépouillent absolument, la laissent nue devant Dieu, à qui tout est remis. Quel vcloneux hommage reûdu à Dieu, à sa souveraineté, à sa si^sse. à sa bonté!... Il se trouve cependant dans le monde des gens qui ne comprennent rien aux vœux religieux, et les regardent comme une folie, une extravagance, une injure à la dignité de l'homme. Ils tie voient pas que ces trois vœux de pauvreté, de cha>ieçe» d obéissance, sont l'expression la plus pure, î.i piu^ haute« la plus parfaite du christianisme; ils ne ovuitpreuueat pas que le religieux marche sur les tr.ivvs de Jésus-Christ d'aussi près qu'il est possible à uu homme de le faire, et que c'est le disciple qui met eu pratique cette parole du Maître: « Celui qui ne

renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut pas être mon disciple... Quiconque veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix, qu'il la porte tous les jours, et qu'il me suive. » (Luc.,xiv, 33. Matth., XVI, 24.)

Si tous ne peuvent imiter les religieux, tous au moins doivent les admirer et les respecter comme les eopiei? vivantes de Jésus-Christ...

Revenons aux vœux en général, et parlons de leur obligation.

II. Obligation d'accomplir les vonux, — Il y a obligation sous peine de péché d'accomplir les vœux que l'on a' faits. « Quand vous aurez fait un vœu, » dit TEsprit-Saint dans le Deutéronome (xxiii, 21), « vous ne tarderez pas à l'accomplir. » (Tn craindrait, à juste raison, de se déconsidérer, si, après avoir fait à un homme une promesse sérieuse, on venait à la violer ; à plus forte raison, quand on s'est engagé envers Dieu, doit-on être fidèle à sa parole. Violer un vœu en matière grave, c'est péché mortel ; le péché n'est que véniel, si la matière est légère...

III. Raisons qui dispensent d'accomplir les vœux. — Quatre causes peuvent faire cesser l'obligation d'un vœu : le changement de matière, Tannubtion, la dispense, la commutation.

Si un changement total ou seulement notable est survenu dans ce qui faisait la matière du vœu, de manière à rendre l'exécution du vœu illicite, ou impossible, ou extrêmement difficile, on n'est plus tenu de l'accomplir.

Les supérieurs légitimes, un père, une mère, et

même, à leur défaut, un tuteur, ont, dans certain circonstances, le droit d'annuler les vœux de leurs i férleurs, de leurs enfants avant leur majorité.

Quant à la dispense, le Pape et les évoques ont seul s le pouvoir de raccorder , quand elle est appuyée sur un motif sufflsant.

Le Pape et les évoques ont aussi le pouvoir de commuer un vœu en une œuvre meilleure, ou égale, ou de moindre valeur.

Terminons en redisant avec le roi prophète : Vovete^ et reddite Domino vota vestra. Rendons fidèlement nos vœux au Seigneur, et il nous en récompensera... Ainsi soit-il.

Page 1