X. — Devoirs ie& enfants
^onpra patrem iuum et fM^trem tmm, ut m longœvus super terram, 4 (Exod., XX, 19.)
Honorez votre père et TOtre mère, afiQ que Yoa« ^ism longtemps sur la terre.
La loi qui commande aux enfants le respect envers iiur père et leur mère, est si bien conforme à la rai* ion et tellement basée sur Tordre des choses, qu'au premier abord, il peut paraître étonnant que Dieu en lit fait un article particulier du code transmis à son (luple par le ministère de Moïse. Mais la nature hunudne a été si profondément viciée par la chute originelle, et sa pente au mal est si grande, que le Seigneur I dû tracer de nouveau sur la pierre et dans tous ses détails la loi que Thomme avait fini par efCacer presque complètement de son cœur. D'un autre côté, U allait se rencontrer, dans la suite des âges, de prétendus législateurs assez pervers pour oser affranchir les enfants de Tobéissance envers leurs parents, au profit de ce qu'ils appellent l'État. Or Dieu a voulu soustraire sa loi aux empiétements et aux profanations de la méchanceté des hommes, et voilà pourquoi il a formulé ainsi la loi dû respect des enfants envers leurs parents : Honora patrem tuum et mairem tuam^ ut sU longœvus super terram.
Expliquons comment cet honneur dû aux parents
comprend: 1" V amour ^ 2® le respect^ 3* robiissance^ A* rassistance.
I. L'amour. — Est-il nécessaire d'avoir recours à de longs raisonnements pour démontrer qu'un enfant doit aimer son père et sa mère ?
La nature parle ici avec une assez persuasive éloquence. Les travaux continuels auxquels se livrent les pères et les mères pour leurs enfants, les soucis qu'ils se donnent, les douleurs qu'ils endurent, la tendre affection qu'ils leurs portent, le dévouement sans bornes qu'ils leur témoignent, cela ne mérite-t-il pas quelque retour delà part des enfants ? et un enfant qui n'aimerait pas son père et sa mère, que serait-ii, sinon une sorte de monstre dans la nature? Un des crimes que Ton peut reprocher au trop fameux Voltaire, et ils sont nombreux, car on ne saurait dire dans lequel des péchés capitaux^ il n'a pas excellé, c'est d'avoir afGcbé publiquement le mépris pour ses parents. Bien différents sont les exemples d*amour et de piété filiale que nous ont laissés les Tobie, les Joseph, les saint Louis, exemples si bien suivis dans les familles chrétiennes, où l'amour de Dieu est le premier garant de l'amour des parents.
Mais [le véritable amour des enfants envers leur père et leur mère ne va point sans le respect.
II. Le respect. — On n'aime réellement que ceux qu'on estime, et que par conséquent on respecte. Mais ce respect que renferme l'honneur et qui doit nécessairement accompagner l'amour, c'est aux parents qu'il appartient de l'inspirer aux enfants. Que de parents cependant ne trouve-t-on pas aujourd'hui
{ui ne dMnandent à leurs enfants que Tamour, et
BDOore un amour tout mondain, tout profane, et qui
leur font gr&ce du respect, et regardent comme une
erreur des temps passés de leur inspirer de la crainte t
Parents aveugleset imprudents ! ils oublient que Dieu,
en formulant son commandement tout en leur faveur^
a mis en première ligne le respect, honora^ honorez,
le prescrivant comme garant de l'amour...
Enfants, c'est ici de vos devoirs qu'il s'agit, respectez votre père et votre mère dans votre esprit et dsDs votre cœur... Que votre respect se manifeste extérieurement par des actions, des paroles, des manières humbles et soumises .Déférez rel igieusem ont au x avis de vos parents, à leurs représentations et à leurs réprimandes. Gardez- vous de rien vous permettre, dans vos paroles ou dans votre conduite, qui puisse porter atteinte à l'honneur que vous leur devez. I Ne vous glorifiez point», dit TËcclésiaste (m, 12), «de ce qui déshonore votre père, car sa honte n'est pas votre gloire. » Écoutez cette menace du Seigneur dans les Proverbes (xxx, 17) : « Que l'œil qui insulte à son père et qui méprise sa mère, soit arraché par les corbeaux des torrents et dévoré par les petits de l'aigle. » Dans le Lévitique il est dit encore : « Qu'il meure, l'enfant qui aura osé proférer contre son père Ou sa mère une parole de malédiction. )> (xx, 9.) Souvenez-vous du châtiment qui a frappé Cham et sa postérité, en punition de son manque de respect envers Noé son père...
« La crainte », dit l'Esprit-Saint, « est le commencement de la sagesse. » (Ps. ex, 10. Prov., i, 7 ; ix, 10.
Eccli., 1, 16.) Craignez, enfants, ^tre père et votre mère, non pas de cette crainte basse et servile qui ne redoute que la sévérité et les corrections, mais de cette crainte qu'inspire le véritable amour, et qui fait qu'on appréhende par-dessus tout de déplaire à celui qu'on aime.
C'est de cette crainte surtout que naît Pobéissance.
III. L'obémancs. — Elle est le troisième devoir des enfants envers leurs parents. Dieu communique aux pères et mères son autorité et sa puissance de commauf dément, comme il les fait participer à sa puissance de création : ils sont ses ministres et ses représentants auprès de leurs enfants.
L'enfant doit obéissance à ses parents en ee qui touche son éducation, son instruction, ses intérêts, l'ordre et l'administration de la faoïille. «Enfants, » dit Haint Paul dans son Épttre aux Éphésiens, « obéissez à vos parents en ce qui est selon le Seigneur, car cela estjuiite. » (Eph., VI, 1.) Rappelez-vous l'exemple des saints. Isaac se soumit humblement à la volonté de sou père... Joseph flt un loug voyage pour accomplir les derniers ordres de Jacob... Mais c'est surtout ce tïue vous savez de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui tloit vous porter à uue parfaite et continuelle obéissance. Il était soumis à Marie et à Joseph lÊrat sub- (Utm illis... (Luc, il, 51.)
IV. Lassistance. — Le quatrième devoir des enfants envers leurs parents, c'est l'assistance. A^f^wtone^ corporelle d'abord. Les douleurs, les maladies, les revers, la \ieillesse, peuvent les atteindre : c'est à vous, enfants, de venir à leur secours. Partagez avec eux le
fruit de votre travail, et que rien ne leur manque de ce que votre tendresse et votre reconnaissance pour*roDt leur procurer... Jamais vous ne saurez leur payer trop cher ce qu'ils ont fait pour vous.
Assistance spirituelle, -r- Ces parents vous ont faits chrétiens, disciples de Jésus^-Ghristine devez- vous pas, autant qu'il est en vous, travailler à en faire des élus9 Vous leur devez la prière, les respectueuses exhorta* tiens ; et, quand ils sont malades, hâtez^ vous de leur procurer tous les secours de la religion. Ils vous laissent héritiers de leurs bienp, mais aussi exécuteurs de leurs dernières volontés. Ne les détournez pas de faire de bonnes œuvres et des legs pieux, et qu41s puissent compter sur votre fidélité à remplir leurs intentions et leurs engagements envers Dieu ou en-: vers le prochain. C'est ainsi, enfants chrétiens, que vous attirerez sur vous Teffet de la promesse renfermée dans le précepte du Seigneur, et qu'avec la vie éter-? nelle, vous mériterez une vie longue et heureuse en ce monde : Ut sis longwvus super terram.