XIV. — Devoirs envers le prochain
Qui odit fratrem suum, homicida est. ([ Joàu., III, 15.)
Qai hait son frère, est un homicide.
Le plus grand crime qui se puisse commettre envers le prochain, c'est de porter atteinte à sa vie. Il serait superflu de venir parler longuement contre rhomicide devant un auditoire chrétien. Quel est donc celui qui ne reculerait d'horreur à la seule pensée d'un pareil crime T.. • Si m9L\\ve\ttWS>^\Si^^ï^
Gala trouye des imitateurs de loin bu loioi même plein ohristiaaisme, 08 n'est pas que ees infor^i soient arrivés du premier coup à une si coupable esrj trémité. Ils ont descendu, comme par degrés^ lapeDlftj qui conduit àrabime, et ils n'ont trempé leurs maioi;! dans le sang du prochain que quand leur cœur est; deyenu lui-même homicide, en nourrissant des sentie j meùts qui ont flni par éteindre en eux jusqu'à lu dernière étincelle de la charitéé La haine^ la colèrOf ;^ la \engeance, la jalousie : tels sont ordinairement les . débuts de ces crimes dont le seul récit épouyante, et dont le nom seul devrait être inconnu dans une so- ■cieté régénérée et civilisée par le baptême^
Pour yous préserver de toute tentation de nuire au prochain, je viens vous rappeler yos principaux de^ voirs envers lui. Ces devoirs consistent r dans Vanmary 2* la prière^ 3* le pardon^ i"" Vassistancôi
I. Uamour. — Un jeune homme ayant demandé un jour à Notre-Seigneur ce qu'il fallait faire pour arriver à la vie éternelle (Matth., xix, 16. Marc, X, 17. Luc, XVIII, 18.), il lui fut répondu : a Observez les commàQdéménts (ibid., 17] : aimez Dieu de toutyotre cœur (Matth., xxii, 37. Marc, xii, 30. Luc, x, 27.), et le prochain comme vous-même. » (Matth., xix, 19; xxu, 39. Marc, xii, 31. Luc, x, 27.) a C'est là », dit encore le Sauveur, « le premier et le plus grand commandement. » (Matth., xxu, 38.) Ainsi l'amour du prochain est mis sur la même ligne qUe l'amour de Dieu lui-même. Ne pas aimer le prochain, le détester, le haïr, c'est être homicide : Qui odit fratrem sutim,
peut, de prime ab^rd, vdus paraître èitcéfibiTe;
Ift elle n'est que ju^, ei vous TOttlèz bieilobBertér
la haine tend à faire disparaître) à anéantir^ à
rife celui qui en est l'objet. Gë ëentiment e&t
tellement opposé à Tesprit du chrljStiaaisme^ dont
faisons profession^ (t On reconnaîtra que irous êtes
disciples, disait Jésus-Qhrist^ ù si \ôuë ayes de
firiheur les uns pour les autres. » (Joan.^ xiit^ 35.)
it à la mesul'e de cet amour pour tios frères^ la
|>ffci : «Vous aimérea le prochain comme voUd^méme. » ^Qt^ nous Toulons notre bien^ nous évitons de hous ■ BBWPe; hous ménageons notre honheur, notre réputa- ' tioni nous désirons d'être traités avec honheuf, avec nthiâgement^ avec charité par les autings. Ge que nous attendons légitimement d'autrui, t'endons'le fidèlement à nos flrères, et nous aurons pour euï l'amour que nous leur devoils. Si nous aimons véritablement lé ^chaini nous accomplirons plus facilement en- Tets lui les dutrei devoirs que nous prescrit la charité. H. La prière. -^ Un de ces autres devoirs, c'est de prWr poui* nos frères. Ge que Notre-îSôlgneur nous a prescrit de demander tous les jours pour noua, il veul que noue le demandions pour le prochain, ainsi qiie nôuB le rappelle l'oraison qu'il nous a lui-même eiiéeîgnée : a Notre Père..., domieil-nous aiijouïd'hui ndti^ pain de chaque jout*; pardOnnèz-nous nos ottbnses, comme nous pardonnons à ùéiït qui nous i^t Offensés.» (Matth., vi, 9, 11-12. Luô., Xi, i-4.) Mifts notre prière ne sera agréable à Dieu et ne niéiltera d'être exaucée, qu'autant que nos sentid^iatg seront eu harmonie àvftc les ipMt\^ib ^t xi^Kt^
b-'.uch-r. Li charl*^ eât la première condition d'une iôf-Le pri«-:e. Ea priinî comme il faut pour île proc:.i. ri. noui :m::erûCs encore l'eiemple que nous a doMi-N,:re-5-ri^aeur Jèàus-Christ L'Évangile nous ie repf'rsente dans le saint exercice de la prière, non seuleoient le jour, mais encore les nuits entières. Lu?.. VI, 12.) Pour qui priaii-il? Pour ses apôtres et ses disciples, pour tous les hommes; et, sur le Calvaire, au milieu de son cruel supplice, nous l'entendons prier pour ses bourreaux. (Luc.» ixiil, Si.) Sommes-nous les imitateurs de notre divin modèle, si nous ne prions pas pour nos frères, et si, dans nos prières, nous faisons de coupables exceptions, en refusant de les offrir pour telles ou telles personnes, sous prétexte des torts qu'elles ont pu avoir envers nous? « Priez», dit encore Jésus-Christ, (i pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. Faites du bien à ceux qui vous font du mal, afin que vous soyez les enfants de votre Père céleste, qui fait luire sou soleil sur les bons et sur les méchants... Si vous vous contentez de vouloir du bien à vos amis et de prier pour ceux qui vous sont agréables, qu'avez-vous qui vous distingue des païens?...» (Matth., V, U-47. Luc, vi, 27-28, 32-35.) Saint Jacques répète le précepte de Notre-Seigneur , et vous dit à son tour : Orate pro invicem, « priez les uns pour les autres. » (Jac, v, 16.)
m. Le pardon. — Un troisième devoir nous oblige (îuvers le prochain : c'est l'oubli et le pardon de tout c(î qu'il a pu se permettre de désobligeant, et même de plus injuste envers nous. Sans doute, il n'est pas
elon les penchants de la nature ni selon les préjugés iu monde de pardonner l'injure, et surtout de rendre B bien pour le mal. Mais il s'agit ici de régler ses seniments et sa conduite, non d'après les principes du Qonde ni d'après l'opinion publique, mais bien sur es préceptes de l'Évangile. Nous devons nous com- )orter comme les enfants de la lumière et de la pr&ce. Si injuste, si coupable que puisse être le prochain envers nous, c'est un devoir de lui pardonner la fond du cœur. « Aimez vos ennemis, » dit Notre^ iéigneuT JésuS'Chnsifdiligite inimicos vestros (Hatth., 7, ii.Luc, Yl, 27, 35); «faites du bien à ceux qu rous ont en haine^)) benefacitehisqui oderunt vos. (Ibid.) I SI, avant d'offrir votre sacriflce sur l'autel, vous eous souvenez que votre frère a quelque chose contre rous, allez d'abord vous réconcilier, et vous viendrez ansuite faire votre offrande. » (Matlh., v, 23-24.) N'y a-t- [] pas, hélas ! trop de chrétiens aujourd'hui qui oublient ce devoir 7 Mais, s'ils ne pardonnent pas, cornaient peuvent- ils espérer que Dieu leur remette leurs iniquités 7
IV. L'assistance. — La meilleure marque du véritable amour envers le prochain, la preuve la plus authentique que l'on puisse donner de l'accomplissement du devoir envers lui, c'est de l'assister dans ses bedoinSj de lui rendre service dans l'occasion, de lui [!&ire tout le bien qui est en notre pouvoir, selon que bi demandent les circonstances. On peut se tromper BUT ses propres sentiments, et s'imaginer qu'on al'avisar du prochain, quand peut-être on ne Ta pas. Hais, si l'occasion se présentant, on accomplit des
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