‹ Manuel de prédication populaireChapitre 42 sur 90 · XVII. — Respect du bien d'autrui · texte numérisé non relu

XVII. — Respect du bien d'autrui

Non furUm fociet. (Ezod., xz, i%) Vous ne déroberez point. [/

Telle est la perfection de la loi divine, qu'après avwi pris sous sa protection notre âme, notre corps et notre vie, elle veut encore nous garantir la légitime çt tranquille possession de nos biens. Elle se dresse avec son éternelle autorité, non seulement contre les vulgaires raviseurs du bien d'autri, mais encore contre ces prétendus législateurs qui veulent que tout appartienne à ce qu'ils appellent superbement l'Etat, et ces dangereux utopistes qui, dans leur folie révolutionnaire, osent proclamer que la propriété c'est le vol. Selon leur dire, il ne doit plus y avoir de pauvres, il ne doit pas y avoir de ricbes. Tous les biens mis en commun appartiendront à tous égale* ment, et rien ne sera la propriété de personne. Tandis que l'Église, organe de Dieu, défend le vol, les modernes réformateurs rêvent de l'ériger en loi sociale. Ce n'est que logique, après tout. "Le bouleversement des idées et des principes amèa^ ^fecessaitement le bouleversemenl d^?i bSR»&- ^^^^-^ ^\i^xNàa»3

lelque essai pratique de ces extravagances d'esprits

i délire, raffermissons-nous dans la loi de Dieu en

I qui regarde le bien du prochain.

Hous parlerons i"" de la grièveté du vol^ 2» des pré*

estes 8(ms lesquels on le déguise^ Z"" des châtiments qu'il

Utàre.

I. Grièveté. — Voler, c'est prendre ou retenir injustement le bien d'autrui. On dit : injustement ; car prendre une chose qui ne tous appartient pas, mais avec le consentement du maître ; prendre à un autre ce > qu'il ne peut pas raisonnablement vous refuser, ^ eomme serait, par exemple, du pain dans une extrême ' nécessité, ce ne serait pas voler, car on ne pourrait pas sans injustice vous refuser ce que vous prenez pour conserver votre vie. Ce que Dieu défend, c'est d'enlever par violence, par adresse ou par fraude, le bien qui ne vous appartient pas. Vous abusez de Totre autorité, de votre crédit, de votre force, pour dépouiller le faible : vous êtes coupable de vol. Vous profitez de la timidité, des besoins du pauvre, de la veuve et de l'orphelin, pour vous emparer de ce qui leur appartient : vous êtes un infâme ravisseur, vous commettez un indigne larcin. Prendre le bien d'autrui secrètement et à Tinsu du maître, c'est un vol

simple

Lors même que Dieu n'aurait pas défendu, dans le Décalogue, de dérober le bien d'autrui, le droit naturel suffirait pour nous le faire regarder comme Un, crime : car la loi naturelle nous défend de faire à lutrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous V à nous-mêmes. Quod ab alio oderis jien tiU, m\Aa

ne tu cUiquando cUteri fadas. (Tob., IV» 16.) Non soi ment le vol est opposé à la loi naturelle, il Test core à la charité, laquelle nous [ordonne de vouli et de faire au prochain tout le bien que nous v drions qui nous fût fait.

L'injustice et le vol sont odieux à tous les mesi tellement que le voleur porte avec lui confusion et sa peine : Super furem est confusio et nitentia. (Ëccli., V, 17.) Le nom seul de voleur inig pire riiorreûr et l'épouvante. Quel voleur, dit saint Augustin, peut supporter un autre voleur | Quis enim fur œquo animo patitur furem î o

Le vol est donc de sa nature un péché mortek Saint Paul dit formellement : <c Ni les voleurs, ni les ravisseurs du bien d'autrui n'entreront dans le royaume de Dieu. )>(I Gorinth., vi, 10.) « Quiconque t, dit aussi le prophète Zacharie (v, 3), a a dérobé le bien d'autrui, sera traduit au jugement de Dieu» pour entendre de sa bouche une sentence irrévocable. >

II. Prétextes. — Cependant est-il un péché plus corn* mun dans le monde aujourd'hui ? On trompe dans le commerce» <( Tes négociants, ô Babylone, se sont, dès leur jeunesse« habitués à la fraude. » (Is. t XLVU, 1 5.) Malgré cette défense du Seigneur : Statera justa^ d 3squa sint pondéra^ justv£ modius (Lev. , xix, 36) ; « que votre balance soit juste, vos poids exacts, votre Hieture irréprochable », combien d'iojuitices ne se commettent pas dans les achats et dans les ventes ?•..<. Les tuteurs trompent en n'administrant pas avec fidélité les biens de la veuve et des orphelins. Les mâttreê qui retiennenl \^^ %dt%^^ ^<^\^>^\^ ^\^\tS&\v

salaire des ouvriers qui ont iQpissonqé V03 ter-

1^ et que vous avez retenu, crie vers inoi », dit 1q

leur (Jae., v, 4) ; les serviteurs et les ouvriers

ne travaillent p^s, qui ne preqneqt p^ soie du

de leurs matires, ne ^ont-il3 pas coupables d*in-

itice? On trpmpe en contractant des dettcis qu'où

lie pas pouvoir payer.

'egt participera l'in justice otau vol que de les dlleri d'en fournir les moyens ou la facilité, ou fle constituer receleur du bien dérobé. — Des enkts volent à leurs parents, estipiant qu*il n'y a, Int de mal; et voici cependant ce quQ dit le livro des Proverbes : • Celui qui ^ou^trait quelque çIiq^sq llfon père et à 99, mère, çt dit que ce u'est point p^iàé, 66 fait particips^ut de rbouiiçidÇt » (^XYi}i, 24,} ^i Et de çou)l)ieu de prétei^teg nç cb6;rcbe-t-QU pas h ttuvrir toutes qes ipju5tice§ î •-. Je guis obligé d# tbleri iwrce que je n'^i pso de quoi yiyre ni efttrete-^ Mrna famille* So attendant, vous ne travailler p^ç.,. ^J^nefaip qu'user de eompeusation :onro'at volé;

jftme dëdonipQ^ge. Vinjustice de^ autres ne saurait iqtpiri^er la vôtre,.... —Je ne fais que rendre le donii!tHige qu'on m'a causé. Mais il voue e^t défendu de ^dre le mal pour le mal* Ifulli malum pro malQ Miàmtes. (Rom., xii, 17.)

\' ni. Châtiments, — S'il faut, pour achever de vous faospirer du vol toute l'horreur qu'il mérite, vous rappeler les châtiments qu'il entraine, les voici : Si le dommage que vous causez est considérable, vous êtes coupable de péché mortel. Comparez alors la l^rte que tous faites avec le gain que vous procurent

votre cupidité et votre injustice. Ce que tous perde c'est la gr&ce de Dieu» le trésor de vos mérites ao^ quis, la vie éternelle de votre âme ; ce que vous gi gnez, c*est un bien que d'autres voleurs peuvent voi prendre, et qu'en tout cas la mort vous enlèvera, que vous perdez, c'est la paix de votre conscience; ce] que vous gagnez, c'est l'inquiétude et le remords. « Le gain est dans votre coffre, » dit saint Augustin, «et e dommage dans votre conscience : vous enlevez on habit, et vous perdez la foi ; vous avez en plus que)« que argent, et en moins la justice » Même au point de vue temporel, à quels maux le vol ne vous expose-t-il pas ? Faire tort au prochain, c'est se condamner soi-même à devenir plus pauvre et plus misérable. » Vous avez médité la ruine de votre maison », dit le prophète Habacuc. (xi, 9.) Ne connaissezvous pas ce proverbe : Bien volé ne profite jamais »? Maleparta^ maie dilabuntur. Dieu ne permet pas que les voleurs échappent même à la justice humaine : tôt ou tard ils sont découverts. ...* Ceux qui remplissent les prisons et les bagnes, que sont- ils pour la plupart, sinon des ravisseurs du biea d'autrui, un peu de toutes les façons ? — Pour nous, chrétiens, abstenons-nous de toute injustice à regard du prochain, et ne nous exposons pas, par le gain mal acquis des biens de la terre, à perdre le trésor qui nous est réservé dans le ciel. Ainsi-soit-iL

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