XX.-I>e]a
L» mitiânacsse [im ifilii lit fait
]£ riTixnft ù
n if j a point, dit rap^tre saîBt Jacques, d*cspèM de bétes sanrajses, d'oiseaux, de serpents^ Di d'autres animaux, que l'homme oe réduise et qull u'ait lédoftes; mais la langue, nul ne peut la réduire : c'est un mal incapable de repos ; elle e»t remplie d*un pinson mortel ; elle est un feu, mais un feu allumé à celui de Teufer* (Jac, in, 2-10.) Quel mal, en effel. ne fait pas la langue dans le monde, et de quels ravages Tabus de ce fatal instrument n'est-il pas la cause?... Où trouTerez-vous dans une maison, dans une rue, auprès d'une foDtaine, même sur le chemin d'une église, deux personnes s'eDlretenant ensemble, iians que le sujet de la conversation ne soit sur le compte d'une troisième personne^ dont on examine la vie, la conduite, les paroles et les intentions dans les plus petits détails, et dont surtout on est loin de dire du bien?... Peut-être parce que la médisance est un des péchés les plus communs, estimerez-vous auPHi que c'est un des plus légers. Saint Paul en juge autrement que vous, et il déclare formellement que les médisants ne posséderont pas le royaume de Dieu : Nrque maledicù,, regnum Dei possidebunt.
Ca quiju8ti{\e Tarrèl du gta\idLk.^ti\.t^,ç:^^\.\ \^\^
de ce péché; 2® la difficulté d'en réparer les suites. I. Gravité de la médisance» — Ge qui fait la gravité h médisance, c'est qu'il D'y a point de péché qui )it plus sévèrement stigmatisé dans la sainte Écriture. Saint Paul le met au rang de Tidolâtrie, de .l'adultère et du larcin. (I Cor., vi, 9-10.) De son côté, «aînt Jacques dit : « Gardez-vous bien de médire les uns des autres : car celui qui blesse ainsi son frère, JMôsse la loi... » (iv, 11.) Rien n'est plus contraire à Fesprit de l'Évangile que cette licence qu'on se donne de décrier son prochain, parce que l'injure qu'on fait à sa réputation est une plaie qu'on fait à la vérité ou à la charité chrétienne.
Le Saint-Esprit n'a rien oublié de ce qui pouvait rendre ce vice odieux : tantôt il le compare à une épée qui perce, à un rasoir qui tranche sans qu'on le sente, k une flèche aiguë qui blesse de loin, à un serpent qui pique sans bruit ; tantôt il le déclare maudit des hommes, parce que c'est la source des dissensions et des troubles : Multos enim turbabit pacem habentes... (Eccli., XXVIII, 15.) Le même Esprit-Saint nous enseigne encore que le médisant est l'objet de la haine de Dieu : Detractores Deo odibiles (Rom., i, 30), parce que souvent il critique ce que Dieu approuve, ce qui est contraire à sa loi; il renouvelle des fautes que Dieu a pardonnées, ce qui est contraire à sa justice; il veut sonder les intentions les plus secrètes, ce qui est réservé à sa connaissance ; il juge autrement que Dieu, ce qui est contraire à sa vérité...
Si la médisance est grave aux yeux de Dieu, elle ne l'est pas moins aux yeux du prochain* Ra iijaxlaxLt
mal de lui, que fidtes-TOUs? Vous lui nfima ua bien qui lui tient plus au cœur que sa fortune : sa réputation* Entre les biens extérieurs, dit saint Thomas, ceux-là doivent être mis au-dessus de tous les autres qui approchent plus de la nature des biens spiritaels: or, par sa nature, la bonne réputation est étroitemeot liée à la vertu.
Vous TOUS reprocheriez de voler un ëcu à votre prochain; et, sans scrupule, d'un coup de langue, vous lui enlevez le plus précieux de ses trésors... Vous vous garderiez bien d'attenter à sa vie, vous auria honte de vous laisser emporter jusqu'à le frapper; et, de sang-froid, vous l'assassinez moralement, ou vous foulez sans pitié son honneur à vos pieds. Mais, direzvous peut-être, Dieu me préserve de vouloir causer le moindre tort au prochain en parlant de lui 1 Et ()U*(iuporte votre intention, dès que l'intempérance de v\^Ur^ lauc:uo aboutit à cef&cheux résultat? D'ailleurs, |H^u\ri^\\nis répondre des personnes qui reçoivent w^i im^^deute^ confidences? et ce que vous leur UU^i u^»ttt-eU^ pa$> à leur tour, le répéter, le gros- ^v ^ l'iut^rprétor d'une manière plus défavoré^ble wcoiit*^ t. . . Veilles donc avec soin sur votre langue, veiUesA {j^\^^ ugtu uwiu& d'attention sur vos oreilles, afin de ne j^uuaU l^ pr^r volontairementà la médisance.
Qui se ferait une b^bitude de médire, s'il ne se trouTait partout tant d'auditeurs complaisants et même empreasèi à âai:^ toutes les occasions de provoquer la médisanee 7 modernes Athéniens, qui parsnt les rues et les plac^ publiques, poussés par ir d'apfveiidre quekfuft âs«)^ à» \tfs^^^»M«.«
II. Difficulté de réparer les suites de la médisance. — Oatre la granité de la médisance, ce qui doit nous en inspirer l'horreur, c'est la difflculté d'en réparer les suites funestes. Par l'abus de la langue, on a porté tort au prochain. Ce tort, il faut le réparer; ce qu'on lai a âté d'estime, il faut le lui restituer : la justice l'exige. Mais comment y arriver î Toute restitution est difficile. Parlez à un mauvais riche de purifier sa bourse et sa conscience de tout ce qu'il a mal acquis, il trouvera la proposition inexécutable... Parlez à un médisant de se dédire de ce qu'il a faussement avancé, il vous répondra que ce qui est dit est dit et que le remède serait pire que le mal..« Mais, aurait-il la volonté de faire cette réparation, quel embarras pour l'exécuter I Comment arracher de l'esprit d'un homme l'impression qu'on lui a faite? Vous avez trouvé crédit pour faire admettre le mal ; le trouverez-vous également pour faire accepter le bien 7 Et quand même vous réussiriez à réparer auprès de quelques-uns le tort que vous avez fait, pourrez-vous désabuser tous ceux qui ont entendu vos médisances? Dès qu'une parole vous est échappée, vous n'en êtes plus le maître: Sicut avis ad alia transvolans..., sic maledictum frustra prolatum... « C'est comme l'oiseau qui s'envole à travers l'espace, sans qu'on sache où il va. » (Prov., XXVI, 2.) Votre médisance court ; elle passe de bouche en bouche ; de votre maison elle s'introduit dans toutes celles de la ville, de la ville elle envahit la province. Comment remédierez-vous à toutes ses suites? comment étoufferez- vous tant de voix qui répéteront ce que vous avez dit'î l\ cs\tm\e ^^\^\5kàx^
ULUsm^miiEE: m wnL me (les sains, rétablir Tae^mté -rofnii rtimorunise : <Hipeiit,airéfi»iiiaiit ift «uuxaitie. r:»f*r tu 3caiiisiie domé : mais onn- ^ aknit srr^ber les snies fine Tinpifraiire, et rattraper que 3sr">ie impruisimusic looeee 2a milîea d'un po- &Gfxji'jar7 pins naufie i zrHre le mal que le bien? ^ant itjK ^inssaâr ie ^oce médisance, pour ns^txr pas à zÊmir ïine sa ^ie âe ae poaToir en arrHer les ôèptonbàgs eSgfe^ J*7»ir. Jwâig. caflorfiinit ori aii^o. t Se:szi'S^ir. meitez ixze zsrde à ma bouche, » 1 !%• CIL. s et zardez mies lêrres contre toute mèdh 1 • 1
XSL — De la Calomnie.
Js«Jt.-ir3, 15.
Tfsex, e: q^'ll subisse les eotps
CTest daD£ la bouche des princes des prêtres et des pbarisieDS conjurés à la perte de Jésus-Christ que le prophète met cette parole odieuse. Impuissants à rien trouver dans sa personne, dans sa doctrine et dans ses œuvres, qui put motiver l'arrêt de mort qu'ils avaient résolu de porter contre lui, ils inventèrent les plus basses et les plus ridicules calomnies pour ameuter la populace contre l'Homme-Dieu, le vouer aux mépris, aux insultes, aux outrages, avant de le traîner au dernier supplice. Ils ne trempèrent leurs « dans son sang qu'après l'avoir saturé de toutes t>minies de leur langue iuîexii^e^ ^\.\\^ ^'eXtirè-
nsi, aux yeux de la postérité, plus de mépris
3 par leurs calomDies, que de répulsion par leur
ité. Les Juifs homicides ont des imitateurs, au-
i'hui, dans une race d'hommes dont l'unique mé-
est d'aiguiser leurs langues envenimées contre
8semblables,'mais surtout contre les disciples de
iis-Christ. « Venez, » se sont-ils dit, a et que ce
rétien, ce prêtre, ce religieux, succombe sous les
ups de notre langue. » Venite, et percutiamtLs eum
Eh bien 1 je viens, moi aussi, vous dire aujourd'hui : /enez, et voyez le calomniateur et sa hideuse figure, l^oyez : V sa perversité; 2® sa lâcheté; 3» son châtiment. I. Sa perversité. — Quelle n'est pas la perversité d'esprit, de cœur et de parole d'un homme qui, sciemmeDt et de propos délibéré, accuse son prochain d'une faute dont il est innocent, lui attribue des défauts, des vices et jusqu'à des crimes imaginaires, invente des faits, fabrique des contes, des histoires, où la sottise le dispute à l'ignorance et à l'impiété, pour avilir une personne honorable, jeter le ridicule sur une taniille, déverser le mépris sur une maison religieuse, et exciter les haines les plus aveugles contre toute une classe ie citoyens I C'est là cependant le crime, la scélératesse, l'infamie dont se rendent coupables un si grand aombre d*hommes aujourd'hui, non seulement dans les villes, mais encore dans les hameaux les plus recalés. Que n'inventent pas tous les jours contre les prêtres, les évéques, les religieux, les reiigieu^'es et les plus fervents catholiques, les journalistes, les féuilletoDisies elles romanciers, ^^u&^^^^t \^\i^\v
de Dieu et de son Église? Et il se rencontre une foul(( d'êtres ignorants et méchants qui se font les propagiK teurs de ces inf&mes calomnies I II leur sufGt d'ayoir, lu une atrocité dans un journal sur le compte d'unir personne respectable, ou d'avoir entendu dans qaû^ que mauvais lieu le récit inventé d'un prétendu scao*. dale à la charge d'un chrétien exemplaire, pour qu'ib s'empressent aussitôt de le propager... C'est bien de*, ceux qui inventent la calomnie comme de ceux qui l'accueillent avec empressement et la répètent, qu'on peut dire avec le Psalmiste : «Ils se sont Taits abominables dans leurs goûts. » Abominabiles facti svni i» studiis suis. (Ps. xiii, 1 .) a Leur bouche est un sépulcre, leur langue un instrument de ruse, et sous leurs lèvres se cache le venin de l'aspic. » (Id., 3.) De tous les abus qu'un homme peut faire de sa langue, il n'en est pas de plus odieux, de plus pervers, de plus méprisable ni de plus funeste au prochain, que celui de l'employer à la calomnie. Si la médisance est déjà un péché qui crie vengeance devant Dieu, et si saint Paul déclare que les médisants ne posséderont pas le royaume de Dieu(I Cor., VI, 10),qu'ensera-til des calomniateurs, et qu'ont-ils à attendre autre chose que les sévérités de Celui qui s'appelle le vengeur des innocents?...
II. Sa lâcheté. — A la perversité, le calomniateur ajoute une basse lâcheté. Il faut à l'assassin le cou* rage et l'audace pour attaquer en face et corps à corps le voyageur qu'il veut détrousser ou l'ennemi dont il veut se venger. Mais le calomniateur n'ose se montrer \ grand jour : c'est dans le secret et dans l'ombre 'iJ aiguise son styletmeuTlT\eT\\\dûfctODL^n*\\fe^\fc\^
lïioinent où sa victime sera absente et où elle ne se dou- ^ tera de rien, pour porter à son honneur, à sa probité» .à sa religion, le coup fatal. Le meurtrier court le danger de trouver son adversaire sur la défensive; il jèue sa vie : s'il frappe et blesse, il peut, à son tour, 'itre frappé et tué. Le calomniateur, lui, attaque sans péril : il choisit de préférence ses victimes parmi les personnes les plus timides et les plus inoffensives. Sa malice et sa rage à les déchirer sont d'autant plus cruelles, qu'il sait bien que ses victimes, lors même qu'elles seraient armées, ne se défendraient point. Telle est enfin sa lâcheté, que, s'il vient à être découvert, il n'a pas le courage de son crime. En présence des témoins les plus nombreux et les plus dignes de foi, des preuves les plus indiscutables et les plus accablantes» il nie et se dérobe aux voix accusatrices qui lui crient, comme autrefois le prophète Nathan à David convaincu de son double crime : Tu es ille vir. « C'est toi, ce vil calomniateur! »(1I Reg., xii, 7.)
IIL Son ehûiimenU — En punition de sa perversité et de sa lâcheté, le calomniateur se voit condamné au tribunal de sa propre conscience, au tribunal de l'opinion publique, au tribunal de Dieu. Le Saint- Esprit l'a proclamé il y a longtemps : « Point de paix pour les impies! » Non est pax impiis, (Isai., XLVUI, 22; LVii, 21.) C'est en vain que, pour s'illusionner lui-même et tromper les autres, celui qui a fait de la calomnie la pâture de sa langue, feint la tranquillité de l'âme et la sérénité du front : il a besoin de recourir aux plaisirs bruyants et aux agitations mondaines pour étouffer les accusations de sa eoT\^e.\^\i^^« d^"^
Nolite judicare, et «on judxeahimini, (Lue., vi, 37.)
Ne jugez point, et tous ne serez
point jugés.
Gain qui court à travers le monde pour chasser le sou' venir dusangd'Abel... (Gen., iv, 16.)
Au tribunal de l'opinion publique, le calomniateur passe pour le plus vil et le plus méprisable des hommes. Ilest des crimes en honneur dans le monde, comme le duel ; il est des vices traités avec indulgence, des passions dont on se fait gloire : mais, à aucune époque et chez aucun peuple, la calomnie n'a encore trouvé grâce; les lois civiles même la frappent de peines sévères.
Mais le calomniateur a, par-dessus tout, à redouter le tribunal inévitable de Dieu. Là, point de flatteurs pour l'applaudir, point d'amis pour l'encourager, point de patrons pour le défendre. Dieu, le protecteur des petits, des faibles, des persécutés et des calomniés, le mettra en face des iniquités de sa langue, des abominations de son cœur, des ignominies de sa plume, et, lui faisant application de la sentence portée dans les Livres saints : « Le roi humiliera le calomniateur», et humiliabit calumniatorem (Ps. LXXI, 4), il lui fera expier éternellement dans l'opprobre les excès de sa langue homicide.
XXIL — Jugement téméraire.
Dans le monde, et parmi les chrétiens surtout, puisque c'est de leur instruction et de la réforme de
, la médisance e le prochain t du jugement n des vices les d'autant plus fade témoin que la icrairement Jésusparfaits comme il I Père(Matth.. v, 48), ;»lc d'éviter des torrents ;r la langue : Nolitejudi- ' jugez point les autres,
:ie les raisons de Tinjusres. C'est que, dit-il, celui qualités essentielles pour r d'autorité, 2** de sagesse.
^ qui jugez vos frères, avez-
:i ? Si vous l'avez, vous ne pou-
vous-mômes, ou les autres vous
. s l'avez reçue de Dieu. Or vous
de Dieu. Écoutez ce qu'il dit dans
iUgez point, afin que vous ne soyez
condamnez point, et vous ne serez
-. » (Malth., VII, 1. Luc, VI, 37.) Ces
:^nt réitérées ont passé dans la bouche
iirs Épttres sont remplies d'exhorta-
;ierd fidèles pour les mettre en garde
ation d^ former d'injustes jugements.
•uint que cette défense soit opposée au
devoir de la correction fraternelle, que nous p d'autre part l'Évangile : « Quand votre frèn péché, allez le reprendre » Matth., xviii, 15. XVII, 3) ; ou à celui de la vigilance à se pri soi-même des séducteurs : » Gardez-vous de prophètes, qui viennent à vous sous l'habit d bis. » (Malth., vu, 15.) Car d'abord la correctic ternelle ne doit être faite que par ceux qui s< droit de la faire, tels que les parents à leurs ei les maitres à leurs serviteurs, les supérieurs! inférieurs, les amis à leurs amis. La v)gilanc< siste à éviter non seulement les pécheurs pi mais encore ceux dont la conduite est soi Comme l'adresse de ceux-ci à se déguiser ren( vent leurs œuvres ambiguës et le péril incert faut les éviter, dit saint Augustin, mais ne i
condamner Sur qui donc tombe la défense
ger 7 Sur tous ceux qui n'ont ni qualité, ni co sion, ni caractère qui les autorise à réformer ] chain.
Dieu vous défendant de juger votre procfa êtes-vous autorisé de la part des hommes ? « Vc jugez, qui êtes-vous? » demande saint Paul : Tm quijudicas ? (Rom., xiv, 4.) Vous n'êtes ni ma( ni maître, ni souverain, ni père, ni supérieur frère ne relève de vous en aucune manière : c donc pas à votre tribunal de faire enquête s mœurs. 11 est tout au plus votre égal, sujet et teur d'un maître autre que vous. Gomment prêt vous juger le serviteur d'autrui ? Tu quis es, q% cas alienum servum % ^,^0TXi.^ ian , ïb.\ N^m<& êtes
plus téméraire de le juger, qu'il est le serviteur \ème maître que vous, c'est-à-dire de Dieu. Ne ;pez-\ous pas d'entendre le reproche qui fut fait fermier dissipateur dont parle l'Évangile : «Malliux 1 » s'écria le roi, « ne devais tu pas prendre liiié ton compagnon de service? » (Matth., 1^ as.) Nul homme au monde ne peut vous donner Iroit que Dieu vous refuse, et de votre propre auè vous ne pouvez vous ériger en juge de vos |B. Seriez-vous bien aises d'être l'objet de lacriti- ^4e la censure et des appréciations peu bienveil- B8 des autres ? Eh bien ! mettez les autres à. votre |B : vous leur causez par vos jugements téméraires At de chagrin et de peine que vous en éprouvevous-mémes...
. De sagesse, — Si nous manquons d'autorité pour r des autres, nous ne manquons pas moins de saset de lumières. « Il n'appartient qu'à Dieu», dit l^tre, » de porter le jour dans l'épaisseur des ténè- ,et de rendre manifestes les desseins des cœurs. » »r., IV, 5.) Toute la lumière des yeux mortels n'a issez d'étendue pour pénétrer ce chaos, point asle subtilité pour sonder cet abîme. Si nous ne roDS lire dans Tintimité des âmes, ni scruter ^us secrètes intentions, sur quoi pouvons-nous lîr les jugements que nous portons ? Sur des jrences, des conjectures, des vraisemblances, des ts, des rapports. Tout se réduit au témoignage feux et dos oreilles. Mais ce n'est point sur ces m trompeurs, sur ces sens sujets à l'erreur, que ^iela sagesse pour juger sainement et avec jus-
tiee : Non secundum visionem oeulorum judicab $ecundum auditum aurium argueU (lsai.« xi, !
combien se trompaieut les pharisiens au suje deleine! Ils l'avaient connue comme une pé publique dans la cité ; ils avaient entendu qu'en racontait la rumeur publique. En la vo; pieds de Jésus-Christ« ils la jugeut selon leur rai^on, comme digne de leur mépris à eau scandales ; et cependant ils se trompent élran^ car Madeleine est absoute, pardonnée et dign Tamour de son Dieu. Il leur manquait, po sainement, la^ sagesse et la lumière...
lil. De rectitude. — Ce qui rend enfm n ments injustes, c'est le défaut de rectitui nous juge tels que nous sommes et selou 1 Si ses jugements sont terribles par leur rig sont toujours pleins de justice, et cette cor doit en diminuer la terreur. Mais l'homme, traire, nous juge tel qu'il est ou qu'il voud nou> lussions.
L'insensé, dit Salomon, croit insensés coi tous ceux qu'il trouve en son chemin : In tus ambulans... omnes stultos existimat. (Eccb L'homme est secrètement enclin à prêter ai tous les vices dont il se recounaît lui-mëmi Mais, parce que vous êtes dommé par l'oj^ut bition, la convoitise, l'intempérance ou 1 est-ce donc uue raison pour estimer que 1 le sont comme vous ? Qui ne voit tout I dun pareil jugement?... Le monde Ta encore : il juge les gens de bien» non ti
;p«nii86«iit, mais tels que les suppose sa malignité. La Tcrtu surtout est l'objet de sa critique : elle
[ïlMfense, elle le gêne. 11 est plus sûr de paraître îc des péchés devant Dieu, qu'avec des vertus de-
'Tant les hommes : le péché devant Dieu trouve tou-
î jour» indulgence et miséricorde; la vertu devant les hommes passionnés ne trouve qu'indignation et aversion*. .. A Dieu seul donclaissons le jugement, et ne nous exposons pas à être condamnés nous-mêmes en condamnant témérairement et injustement Il nos frères.
) XXIII. — Mauvais désirs.
Post concupiscentias tuas non eas, ': et a voluntate tua avertere, (Eccli.»
^ XTiii, 30.)
Ne TOUS laissez point aller à iros désirs, et détournez-vous de votre propre volonté.
Les lois humaines peuvent bien atteindre les actes extérieurs, les défendre et les punir sévèrement lorsqu'ils sont accomplis; mais jamais aucun législateur ne s'est ayisé de formuler des arrêts contre la simple volonté ou le simple désir de faire le mal. Seule, la loi de Dieu est assez parfaite pour diriger l'homme tout entier dans son corps et daas son âme, mettre des limites à ses désirs les plus secrets, et prévenir jusqu'aux moindres écarts de sa volonté. Dailleurs, devant Dieu, ce qui fait le péché, ce n'est pas l'action extérieure que Ton commet ; c'est l'ordre de la volonté que le corps ne fait qu'exécuter, ou son consentement à une chose mauvaise et défendue. Tuez un homme :
si c'est en rêvant ou dans un accès de démence, c'est un accident, un grand malheur assurément ; mais ni Dieu ni les hommes ne \ous condamneront comme homicide. Nouriissez dans \otre cœur le désir de vous venger d'un ennemi, sans rien lui faire cependant, par crainte des tribunaux : si votre désir de vengeance va jusqu'à souhaiter de pouvoir le tuer, vous êtes coupable d'homicide devant Dieu.
En ce qui concerne les mauvais désirs en général, nous dirons : 1° leur nature et leur gravité; 2* la néces» site et les moyens de les combattre.
I. Nature et gravité. — Le désir est, pour ainsi dire, Tappètit de l'âme. Le désir est mauvais quand le cœur incline, se porte volontairement vers une chose défendue par les commandements de Dieu : c'est souhaiter de se procurer un bien par des moyens illicites; de faire une action cofttraire à la justice, à la charité ou à une autre vertu. On peut encore se rendre coupable de désir, en souhaitant une chose bonne en elle-même, mais pour une mauvaise fin.
Le degré de malice des mauvais désirs se tire du plus ou moins de gravité des choses défendues qu'ils ont pour objet, et du consentement plus ou moins volontaire donné à ces désirs. Vous souhaitez de vous approprier le bien d'autrui ; mais ce bien, en 1 ui-même, est de très peu de valeur: votre désir restera dans les limites du péché véniel. Ce que vous désirez injustement est, au contraire, une chose considérable et de prix : il y a matière à péché mortel. Vous consentez à une pensée, à un désir de vengeance ; mais la faute que vous commettriez par cet acte de vengeance, ne
tserait que vénielle : votre désir ne serait aussi que Téniel. Vous avez, au contraire, la volonté de prendre à votre ennemi, pour vous venger, une chose importante ; ou bien vous désirez de lui faire perdre son honneur, sa réputation, sa santé, ou une partie de sa fortune : votre désir est mortellement coupable. Vous soubaitez de vous emparer des meubles ou du trésor d'une église : votre désir a le double caractère du vol et du sacrilège...
QuaEit aux désirs particulièrement contraires à la vertu de pureté, je me contente de vous rappeler ce que dit Notre-Seigneur dans l'Évangile : Qui vident mulierem ad concupiscendum eam, jam mœchatus est eam in carde suo. « Celui qui regarde une femme au point de la désirer, a déjà commis dans son cœur l'adultère avec elle. » (Matth., v, 28.) Gardez-vous donc de toute illusion, et ne croyez pas être innocents devant Dieu parce que vous vous serez borné au désir du mal sans l'accomplir. Vous pouvez tout aussi bien vous perdre éternellement, en consentant simplement à de coupables désirs, qu'en accomplissant les actes les plus criminels. Comme aussi ne prenez pas pour autant de péchés les pensées désordonnées et les désirs même les plus honteux qui peuvent naître dans la partie inférieure de votre âme. Depuis la chute originelle, l'homme est tombé sous ce qu'on peut appeler la tyrannie de la concupiscence. Il y a lutte, et lutte acharnée» de la chair contre l'esprit. L'apôtre saint Paul, tout confirmé en grâce qu'il était et ravi jusqu'au troisième ciel, se plaignait amèrement de ce qu'il 'appelait l'ange de Satan, envoyé pour le souffieter.
Pour que la pensée el le désir soient coupablei» &ut qu'ils soient voulus, accueillis, entretenus, coisentis délibérément. Tant que nous sercUas dans eflUe Tallée d'épreuves, nous serons toHJoors exposibëib mauvaises pensées et aux mauvais désirs. ^Ge i|irà nous reste à faire, c'est de les combattre.
II. Nécessité et moyens de oombaUre leà nàuvoià êbSÊ. — Combattre^ lutter, c'est le sort réservé aa efarttkB dans la vie présente. Des trois ennemis que nous avMn à vaincre, le monde, le démon et la chair, il n'y en t^ qu'un dont nous puissions triompher par la fljdterrifêBt le monde. Les saints ont trouvé un abri coatrè dans le silence du cloître ou dans la solitude diâ4éÉèrt«: Mais le démon et la chair, ces deux inspirâtmin des^ coupables désirs, ils les ont trouvés partoutatee^eia:, et toujours il leur a fallu avoir les armes à la Bsaia pour repousser leurs assauts. Nous remportaroés la victoire comme l'ont remportée les saints.
Quels moyens devons-nous employer dafts.ee combat Décessaire ? Ceux dont les saints noua ont laissé l'exemple.
1 • La vigilance. C'est le Sauveur lui-même qui BMa^ dit : n Veillez » , vigilate. Veillez sur vos yeux d'abord : ce sont les fenêtres par où la mort s'introduit dam, l'âme. Veillez sur vos oreilles, pour queles mauvirisi discours ne viennent pas porter le trcMible dans cœur. Veillez sur vos pas, afin de ne point voua troihj ver dans des lieux ni dans des compagnies funesteai votre innocence...
S'' La prière. C'est encore Motre-Seigneur <[ai la recommande : VigilaU et orêU^ iU wm^ Mr«<îa ài
ktionem. « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation. » (Matth., XXVI, 41. Marc, xiv, 38.) Avec les disciples battus par les vents et exposés à la fureur des flots, dites, aussitôt que vous voyez le danger : « SeigDeur, sauvez-nous I nous voilà en danger de périr. » ' (Matth., vui, 25.) C'est vers Marie surtout que votre prière doit monter prompte et fervente.
S"* Une arme bien puissante encore à employer, c'est la mortification. A quoi tendent les mauvais désirs, sinon à satisfaire les sens, à contenter les basses inclinations de la chair? Eh bien I c'est là ce vieil homme que saint Paul nous invite à crucifier avec Jésus-Christ. Condamnons-le au travail, aux veilles, aux jeûnes, aux mortifications. C'est l'exemple que nous ont donné tous les saints. C'est ainsi qu'ils ont triomphé du démon et de ses mauvaises suggestions, de la chair et de ses coupables convoitises, et qu'ils ont remporté la palme éternelle.