I. — Autorité de T Église
Si autem Ecclesiam non audierit, sit tibi sicut ethnicus et 'publicanut, (Malth., XVIII, 17.)
Que celui qui n*écoute pas TEglise soit pour vous comme un païen et u publicain.
La pensée éterqelle de Dieu ayant été celle de sauver les hommes par la foi à sa parole et la soumission à ses préceptes, il a voulu aussi, dans sa providence paternelle, leur donner un moyen infaillible d'arriver à cette fin, un guide pour les éclairer, et un soutien pour les conduire jusqu'au port de Téternilé. C'est là précisément la raison de Texislence de TÉglise. Dieu l'a établie pour continuer jusqu'à la fin des temps le ministère de Notre-Seigaeur Jésus-Christ dans la rédemption et la sanctification des élus. Gomme son divin fondateur^ l'Église, depuis dix-neuf siècles, fait entendre ces tendres et sublimes paroles : <c vous tous qui travaillez et succombez sous le fardeau, venez à moif et je vous aou\a%eic^\\^^^^iïî5D^'
XI, 28.) Cette voix si consolante» elle était entendue autrefois du peuple, et le peuple allait à l'Église comme à sa véritable mère. L'impiété s'efforce de plus en plus aujourd'hui de soustraire le peuple à la salutaire ia- Quence de l'Église. Aussi nous semble-Ml souveraine* ment utile, en ces temps désastreux, de rappeler aux chrétiens leurs devoirs envers l'Église.
1* Divine autorité de l'Église ; 2 ® soumission qui est du à ses lois : tel sera le sujet de cet entrelien.
I. Divine autorité de VÈglise. — L'Église est cette grande, cette noble, cette glorieuse société des disciples de Jésus- Christ répandus dans tout l'univers, ayant la même foi, la même doctrine, les mêmes sacrements, la même loi, la même espérance, gouvernés par les évêques sous l'autorité d'un seul chef visible, qui est Notre Saint Père le Pape, successeur de saint Pierre, le prince des apôtres.
Dans toute société il y a une autorité qui a mission d'enseigner, de diriger et de gouverner... C'est ainsi que Jésus-Christ a institué son Église. Il l'a fondée sur Pierre comme sur un roc inébranlable : Tu es Petrus,,. <( Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle. » (Matth., xvi, 18.) Cette Église est bien une société, et non un monument, puisqu'elle est fondée sur une personne qui est Pierre. Celte société, elle existe encore aujourd'hui, puisque les portes de Tenfer, c'est-à-dire les projets et les attaques des méchants, ne prévaudront jamais. Voulons-nous connaître l'autorité de l'Église? voyons celle qui a été donnée à Pierre: « Je te donnerai »,\\x\ àSX. ^te\xv^^\\^^ ^\^
- clefs du royaume des cieux. Tout ce que ta lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. » (Matth., xvi, 19.) Pierre, et par conséquent le Pape, a le pouvoir de lier et de délier sur la terre. Lier et délier, qu'est-ce autre chose que faire des lois, des préceptes, des ordonnances, des règlements qui lient les consciences ou les délient, selon que le demandent les personnes, les lieux et les circonstances ?
Les textes surabondent dans la bouche du Sauveur pour attester la souveraine autorité de son Église : « Qui vous écoute, m'écoute, » dit-il, «e^ qui vousméprise^me méprise; et qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé. » (Luc, x, 16.) Ne pas écouter le Pape, ne pas écouter l'Église, c'est mépriser Jésus- Christ, c'est lui désobéir, c'est manquer de respect et de soumission à Dieu lui-même.
L'autorité de l'Église est universelle; et personne, si élevé en dignité soit-il, n'est exempt de sa juridiction, car il a encore été dit à Pierre : « Pais mes agneaux, pais mes brebis » (Joan., xxi, 15, 16, 1?.); c'est-à-dire, conduis, gouverne tout le troupeau et chaque brebis du troupeau...
Eh bien! cette autorité, l'Église l'exerce en conservant dans sa pureté l'enseignement de Jésus-Christ et en faisant des lois : de là pour tous les fîdèles l'obligation de se soumettre d'esprit et de cœur à ces lois.
IL Soumission due aux lois de rEijlîse. — Observer les commandements de TÉglise, mais ce n'est autre chose que d'observer les commandements de Dieu, nonseulement parce que Tautorité de l'Église est l'auto-
rite même de Jésus-Christ, mais encore parce que les préceptes de FÉ^lise n'ordonnent rien qui n'ait été commandé par Dieu lui-même. Ainsi Dieu nous ordonne de Tadoreret de sanctifier le jour qu'il s'est réservé ; que fait l'Église ? elle règle la maDière d'ôbsenrer ce double précepte : yous entendrez h messe le dimanche, vous sanctifierez les fêtes..* Jésus-Christ donne à ses apôtres le pouvoir de re« mettre les péchés, et fait par là même aux pécheurs ; une obligation de se confesser. Mais combien de fois dans la vie, et quand faut-il accomplir ce précepte? L'Église le détermine : à tout le moins une foisran... «Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang,» dit Jésus-Christ, « tous n'aurez pas la vie en vous. » (Joan., VI, 54.) Il y a obligation de communier ; l'Église ne fait que prescrire le temps où tout Odèle est oblige de participer au corps et au sang de Jésus-Christ Dieu a fait une loi générale de la pénitence, TÉglise fixe le jeûne et l'abstinence à certains jours : les vigiles, les quatre-temps, le carême. Ne pas se soumettre, donc, aux lois de l'Église, c'est enfreindre les lois mêmes de Dieu... Aussi tous les vrais chrétiens se font-ils un devoir de se montrer soumis à toutes les lois, à toutes les prescriptions, à toutes les ordonnances de l'Église leur mère. Ils savent que saint Augustin a dit que celui qui ne reconnaîtrait pas l'Église pour mère ne pourrait espérer d'avoir Dieu pour père.
Aimer, respecter l'Église, et donner la preuve de cet amour et de ce respect en observant fidèlement ses lois, c'est une des meilleures marques de prédestiaatioD; comme aussi, lo\A\ia^\.v^fe e^^Yo^xi^^i^ mil-
sr renseignement de TÉglise, le tourner en déion, l'attaquer, ne tenir aucun compte de ses mmandements, manquer la messe les dimanches fêtes, travailler ces jours-là sans nécessité, ne plus : confesser ni communier, s'affranchir des règles 3 l'abstinence, c'est déserter l'assemblée des fldèles Dur passer au rang des païens et des publicains. Ici, est encore Jésus-Christ qui parle : a Si votre frère a êché contre vous, » dit-il, u allez et reprenez-le seul seul avec lui... Que s'il ne vous écoute pas, prenez ifec vous un ou deux témoins... Que s'il n'écoute pas is témoins, dites-le à l'Église ; et s'il n'écoute pas église, qu'il soit pour vous comme un païen et un iblicain. » (Matth., xviii, 15-17.) N'est-ce pas là malheureusement, aujourd'hui, la siation d'un trop grand nombre de chrétiens, qui ne éritent plus d'être regardés que comme des adoraiirsde viles idoles? car, en ne croyant plus à l'Église, qui ne croient-ils pas ?... en n'obéissaut plus à église, à qui n'obéissent-ils pas ?.. . Pour nous, restons èies à notre mère, et, de l'assemblée des enfants de ^lise sur la terre, nous passerons à celle des élus ns le ciel. Ainsi-soit-il.
IL — Excellence du saint sacrilice.
lïï omni îoco sacrificalur, et ùff^riur nomini meo oblatio ntiiiila.
(Maltch., I, 11.)
En tout lieu Ton sacrifia, et Toi offre à mon nom une oblttion toau pure.
C'est Dieu lui-même qui parle ainsi par la bouche de son prophète. De même que lorsque Jésus-Christ sortait des eaux du Jourdain, où il venait de recevoir le baptême des mains de Jean-Bapteste, le Père céleste fit entendre sa voix : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances» (Mattb., m, 17), ainsi il semble abaisser des regards pleins de tendresse et de mansuétude sur rhostie immaculée qu'il voit l'Église lui offrir en tous les lieux de l'univers et chez toutes les nations. Cette hostie pure, cette victime sans tache, elle est venue remplacer les sacrifices anciens, qui n'avaient de prix et de valeur qu'autant qu'ils étaient la figure du seul sacrifice vraiment digne de Dieu. Ce sacrifice, c'est ce que nous appelons la Messe : l'action la plus sainte, la cérémonie la plus auguste, l'œuvre la plus digne et la plus avantageuse de toute la religion.
Vous comprendrez Texcellence du saint sacrifice de la Messe en méditant avec moi: 1** ce qu*ile&t en lui-même; T ce qu'il est du côté de Jésus- Christ; 3** ce qu'il est par rapport à nous.
I. Le sacrifice de la Messe en lui-même. — Toujours le sacrince a été l'acte religieux par excellence. Poiot de religion, point de culte sans sacriflce : Thistoire le prouve avec la dernière évidence. Le sacrifice, qu'est-ce que c'est ? L'offrande d'une chose sensible, avec changement ou destruction de cette chose, faite à Dieu par un ministre légitime, pour reconnaître et attester son souverain domaine sur tous les êtres créés, et particulièrement sur l'homme.
Chez tous les peuples on a offert à la Divinité des sacrifices ; et ces sacrifices ont toujours consisté en des choses sensibles : animaux» parfums, liqueurs, fruits de la terre, ont été tour à tour objet et matière du sacrifice. L'homme lui-même, chez certaines nations barbares, a été immolé pour apaiser la co« 1ère des dieux ou obtenir leur protection.
Les animaux étaient égorgés, les parfums étaient brûlés, les liqueurs répandues, les fruits consommés par les prêtres ou par le peuple.
L'homme, par cette offrande et cette destruction des animaux ou des choses offertes au Très-Haut, confessait hautement que tout vient de lui et lui appartient.
Ces hosties offertes en sacrifice signifiaient encore que l'homme est coupable et mérite la mort ; mais que Dieu, voulant bien lui pardonner dans sa miséricorde, acceptait à sa place des victimes sur lesquelles s'exerçait la rigueur de sa justice.
Sous l'ancienne loi, les sacrifices étaient nombreux . Dieu en avait ordonné, par le ministère de Moïse, la nature, l'ordre et les rites. Mais tous ces sacrifi-
ces n'étaient que la ligure prophétique du seul etl . véritable sacrifice de la loi nouvelle, qui allait les f ,^ remplacer jusqu'à la fin des temps : ce sacrifice est celui de la Messe.
Gomme la religion juive, la religion chrétieDoe devait avoir une hostie, une victime à offrir à Dieu. Étant la seule vraie religion, le seul culte parfait et digne de Dieu, son sacriQce devait être par là même aussi le plus pur et le plus excellent qui fut jamais. Dans sa matière première, si l'on peut s'exprimer ainsi, l'hostie consiste tout simplement daos le pain et le viD, l'aliment le plus ordinaire de l'homme; mais, par la toute-puissante parole de Dieu et le ministère du prêtre, ce pain et ce vin sont changés au corps et au sang de Jésus-Christ. Par cette transsubstantiation la victi^pe réelle, Thostie véritable offerte à Dieu, c*est Jésus-Christ lui-même, le Dieu fait homme.
IL Sacfîlice de la Messe du côté de Jésus-Christ. — Voici donc ce qui fait de la Messe le sacriOce par t^xcellouce : c'est qu'il est le renouvellement, ou, si Ton veut, la continuation de l'oblation que Jésus- Christ a faite de lui-même à son Père sur la croix. A la sainte Messe, en effet, c'est le même prêtre que sur le Calvaire, Jésus-Christ. C'est à lui que le Pèrea adressé ces paroles : « Vous êtes prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. » (Ps. cix, i.)
Le prêlre que vous voyez à l'autel, revêtu des ornements sacrés, n'est que le représentant de Jésus- Christ. C'est au nom de Jésus -Christ qu'il agit, en son nom qu'il parle : c Ceci est mon corps » , dit-il, « ceci est "^ng. » Évidemment, c'est du corps et du sang
du Sauveur qu'il veut parler.... La seule différence qu'il y ait entre l'autel et la croix, c'est que sur la croix JésuS'Gbrist s'est immolé d'une manière sanglante, tandis que sur l'autel il s'immole d'une manière non sanglante, en se cachant sous des espèces jsymboliques. Sur le Calvaire, il est mortel, et subit réellement la mort ; sur l'autel, il est immortel et SSL mort n'est que mystique. Une faut pas conclure de là que la Messe n'est qu'une simple et nue représen* tation du sacrifice de la croix. Non : cette doctrine a été formellement condamnée parle concile de Trente. La Messe est un véritable sacrifice, renfermant tout ce qui est de l'essence d'un sacrifice : une victime, le corps et le sang de Jésus-Christ ; des dehors sensibles : les espèces eucharistiques, le pain et le vin ; un ministre légitime : le prêtre consacré spécialement pour ces fonctions ; le changement ou la destruction de la victime par la communion. Cette victime enfin est offerte à Dieu seul en vue de reconnaître son souverain domaine sur toutes les créatures. Dans le sacrifice de la Messe, Jésus-Clirist est la victime comme il en est le prêtre. Victime la plus grande, la plus précieuse, la plus digne de Dieu, puisque Jésus-Christ est Dieu et en toutes choses ' égal à son Père... Victime la plus sainte et la plus parfaite, puisque Jésus-Christ est la sainteté substantielle et la perfection éternelle., . Victime d'une valeur et d'un prix infinis, capable de racheter des milliers et des millions de mondes, et de rendre à Dieu infiniment plus de gloire que les démons et les hommes ensemble n'auraient jamais pu lui en enlever.
III. Sacrifiée de la Messe par rapport à nous. — Par lapport à nous, enfla, le saint sacrifice de la Messe est l'oBUirre la plus grande et la plus méritoire que BOUS puissions offrir à Dieu, pour lui rendre le culte ioit priTé, soit public, que nous lui dCTons, Ici, en effet, c'est Jésus-Cbrist qui se substitue à notre place et qui se présente à son Père pour nous... Il prie pour nous, il s'offre pour nous, il nous communique tous les mérites de son incarnation, de sa tie, de sa passion et de sa mort. Mais c^est à la condition que nous nous unissions à lui aussi intimement que peut le permettre notre faiblesse... Unis à Jésus- Christ dans son sacrifice, nous le serons im jour dans •a gloire.