‹ Manuel de prédication populaireChapitre 47 sur 90 · III. *— Fins du sacrifice de la Messe · texte numérisé non relu

III. *— Fins du sacrifice de la Messe

Oblaius est quia ipse toktit, (Isaïe, LUI, 7.)

Il s'est offert parce qu'il Ta loala.

Le saint-sacrifice de la Messe est l'offrande que Jésus-Cbrist fait lui-même de son corps et de son sang à Dieu son Père. De sa part, cette offrande est libre, spontanée et absolument volontaire, ainsi que dit le prophète : « Il s'est offert, mais c'est bien parce qu'il Ta voulu. » Quel est donc ce mystère? et pourquoi cet Homme-Dieu, non content de s'abaisser jusqu'à prendre les infirmités et les faiblesses de notre nature, a-t-il encore voulu se faire victime, et renou-

' Teler jusqu'à la fin des siècles le sacrifice qu'il a accompli lui-même une fois sur le Calvaire ?

Essayons de méditer les adorables intentions du Sauveur dans l'institution de la sainte Messe. Lebfins qu'il s'est proposées, c'est qu'il y eût toujours dans son Eglise : V un sacrifiée de louange pour honorer Bleu; S;^ un sacrifice de propitiation pour apaiser la colère de Dieu ; 3"" un sacrifice dHmpétraUon pour demander et obtenir les grâces de Dieu.

L Sacrifia de louange. — Nous devons honorer Dieu et le glorifier comme notre souverain Seigneur ; nous lui devons nos actions de grâces pour les bienfaits que nous recevons de sa miséricorde. Pauvres et chétives créatures, vers de terre révoltés contre Dieu, êtres déshonorés et souillés par le péché, comment oser paraître devant la sainteté même pour lui offrir nos adorations et nos hommages ? Jésus-Christ a eu pitié de notre misère et de notre indignité : il est venu prendre notre lieu et place, et il se présente à la majesté de son Père. A sa vue, Dieu ne peut plus détourner de nous sa face, et, couverts par ce Fils en tout semblable à son Père, nous pouvons nous présenter à son auteL.. Quand même sur cet autel nous offririons nos biens et notre vie pour faire l'aveu de notre dépendance, et rendre à Dieu les hommages que nous lui devons, rien ne serait digne de lui. Jésus-Christ, dans le saint sacrifice, supplée à notre indigence, et il rend à Dieu des adorations et des hommages tels qu'il n'en peut exiger de plus grands, puisque Celui qui s'offre à lui est l'égal et le eonsubstantiel du Père... Assistons donc à la sainte Messe en esprit de sacrifice.

nous unissant à Notre-Seigneur pour glorifier avec lui la divine majesté, de laquelle nous dépendons en toutes choses. Nos modèles sont ici la sainte Vierge et saint Jean au pied de la croix...

L'infinie bonté de Dieu se répandant sur nous par des bienfaits sans nombre, il était juste qu'il y eût dans rÉglise un sacrifice d'actions de grâces. Or tel est le sacrifice de nos autels. Le prêtre nous le fait bien entendre avant de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ. « Rendoos grâces au Seigneur notre Dieu », chantet-il; et le peuple,^ne faisant qu'un avec lui, répond : « C'est digne, c'est juste. » De Dieu nous tenons tout et dans l'ordre de la nature,., et dans l'ordre de la grâce,., et dans Tordre de la gloire... Incapables par nous-mêmes de payer le moindre de ces bienfaits, nous avons en Jésus-Christ un sacrifice qui, dans sa valeur, égale au moins et même surpassé tout ce que nous avons reçu ou pu recevoir de la libéralité divine. « Celui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui Ta livré pour nous tous, ne nous a-t-il pas tout donné avec lui?» (Rom. viii, 32.) C'était le raisonnement de saint Paul. Nous sommes redevables à Dieu de tout, il est vrai ; mais lui présenter son Fils, n'est-ce pas lui rendre tout? et que peut- il au delà demander de notre reconnaissance ? Pensée capable de nous occuper utilement quand nous assistons à la sainte Messe : En retour de vos bienfaits infinis, ômon Dieu, je vous offre par Jésus-Christ des. actions de grâces d'un prix infini.

II. Sacrifice de propitiation. — Secondement, le sacrifice de la Messe est un sacrifice de propitiation.

Sur le Calvaire, Jésus-Christ s'est offert à son Père pour rexpiation de nos péchés : AUritus est propter scelera nostra. (Isal., lui, 5.) Sur Tautel, le Sauveur renouvelle le sacriflce de la croix d'une manière non sanglante, il est ^rai, mais pour le même motif et avec la même vertu. « Toutes les fois que vous mangerez de ce pain et que vous boirez de ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur. » (I. Corinth., II, 26.) Que veut dire l'Apôtre : «Vous annoncerez? » Non seulement vous rappellerez la mémoire de cette mort, mais vous la renouvellerez, et le mérite vous en sera appliqué. Sur l'autel comme sur la croix, Jésus- Christ est la victime de propitiation pour nos péchés. Assistons au sacriGce de la Messe dans les mêmes dispositions que le publicain allant au temple : Il était pécheur, il s'humiliait, il se confondait, il se frappait la poitrine en disant : « Soyez-moi propice^ Seigneur. » (Luc, XVIII, 13.)

Cet auguste sacrifice est aussi offert pour les morts. Sa vertu, ses mérites s'étendent jusque sûr les âmes qui sont dans le purgatoire. Quel moyen plus facile et plus puissant aurions-nous pour exercer la charité envers ceux de nos parents, de nos amis, de nos frères, qui sollicitent nos suffrages auprès de Dieu pour le soulagement de leurs souffrances ?...

III: Sacrifice d'impétration. — Tout ce que l'Église deinande à Dieu, c'est par les mérites de Jésus-Ghrist qu'elle le demande et qu'elle l'obtient. C'est pourquoi elle finit ainsi toutes ses prières : « Par Notre-Seigneur Jésus- Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. » Or, où peut-elle

mieux, où peut-elle plus efficacement employeir les mérites et la méditation de Jésus-Christ que dans le sacrifice de Fautel, où Jésus-Christ en personne est victime, et où elle offre le vrai corps et le vrai sang de ce puissant médiateur? a Dans les jours de sa yie mortelle, » dit saint Paul, « il fut exaucé pour la révérence qui lui lui était due. » (Hebr., v, 7.) Est-il moins digne dans son sacrement de ce même égard pour sa diirinité ? Et quand, en qualité de sacrificateur et de victime tout ensemble, il s'intéresse pour nous et qu'il prie, est-il rien que nous n'ayons droit de nous promettre et rien qui nous puisse être refusé, surtout si les grâces que nous demandons par son entremise sont selon les vues et l'esprit de Dieu? Les grâces qae nous devons solliciter avant tout, sont celles qui regardent la sanctification et le salut de notre âme. Après les grâces spirituelles, nous pouvons demander aussi les grâces temporelles : « Ayez soin, » écrivait saint Paul à Timothée (I. Tim., il, 1-2.) « ayez soin, je vous en conjure, qu'on fasse des supplications, des vœux, des demandes pour tous les hommes, pour les rois et pour toutes les personnes d'un haut rang, afin que nous vivions, eux et nous, dans la tranquillité et la paix. » D'ailleurs l'Église, dans sa liturgie, a des prières particulières pour demander à Dieu, au sainte sacrifice, tout ce qui se rapporte à la vie présente. As — sistons à la Messe en nous unissant à l'esprit delésus^" Christ et de l'Église, pour honorer Dieu, lui demandée:^ le pardon de nos péchés, et solliciter ses grâces pouc^ le temps et pour l'éternité.

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