IV. De l'Assistance à la Messe
IIoc facite in meam commemoratiênem. (Luc, xxii, 19.)
Faites ceci en mémoire de moi.
Qui ne Toit dans ces paroles un précepte donné par Jésus-Christ à ses apôtres de faire à leur tour ce qu*tt venait d'accomplir lui-même sous leurs yeux? C'était le soir, après la dernière cène. Ayant pris le pain et, le vin, il les changea en son corps et en son sang, et après leur avoir donné cette première communion, ii leur dit : « Faites ceci en mémoire de moi. » En ce mo« ment, les apôtres reçurent le pouvoir de dire la Messe, c'eslrà^ire de consacrer le corps et le sang de Jésus* Christ, et de les distribuer aux fidèles selon l'exemple qui leur en était donné. Mais, si les apôtres et leurs successeurs jusqu'à la lin des temps, eurent mission d'offrir le saint sacriQce, par là même, le Sauveur a fait aussi aux fidèles un commandement de participer à ce divin sacrifice et d'assister à la Messe. C'est de cette obligation que je veux vous entretenir aujourd'hui.
1« Deve^voîis assister à la Messe? t^ quand deve%'VOUs y asbister? 3^ comment devez -vous y assister?
X. Devez-vous assister à la Messe? — Que tout fidèle, disciple de Jésus-Christ et enfant de son Église, soit tenu d'assister à la Messe, c'est une obligation rigoureuse et solidement établie. Comme créature douée d'intelligence et de raison, l'bonunedoit honorer Dieu
et lui offrir des hommages de respect, d'amour, de reconnaissance. Il est attaché à Dieu, on peut dire, par le lien de la religion. Or, la sainte Messe est l'acte de religion le plus saint, le plus auguste, le plus parfait, et, il faut dire, le plus nécessaire : car, sans sacrifice, pas de religion et point de véritable culte rendu à Dieu. Le chrétien donc, comme homme, est obligé d'assister à la Messe et d'y prendre part, s'il veut s'acquitter envers Dieu de son devoir de religion le plus essentiel.
. Un vrai disciple de Jésus-Christ écoute la parole de son maître, et fait de ses divins enseignements la règle de sa conduite. Or, quand le Sauveur a institué son adorable sacrement et qu'il a commandé à ses apôtres de faire ce qu'il avait fait lui-même^ c'est-àdire, de changer le pain en son corps et le v|n en son sang, il a commandé aussi à tous les fidèles d'assister à cette sainte et divine fonction où s'opérerait le grand mystère : car les Apôtres devaient célébrer le saint sacrifice, non seulement pour eux, mais pour toute l'assemblée des fidèles. L'obligation d'assister à la Messe est corrélative à celle de communier. Jésus- Christ n'a-i-il pas dit formellement : a Si vous ne m angez ma chair et ne buvez mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous» ? (Joan., vi.) A moins qu'on ne se condamne soi-même à la mort spirituelle, il faut absolument manger la chair et boire le sang du Fils d€ Dieu. Mais ce banquet divin ne peut avoir lieu qu'à la Messe : il faut donc assister à la Messe pour participer , à l'Eucharistie.
Aussi l'Église, parlant au nom de Jésus-Christ qu'elle
représentée! dont elle exerce toute l'autorité, a-t-elle fait un commandement très explicite à tous les fidèles d'entendre la [Messe. « Le dimanche Messe ouïras, et les fêtes pareillement. » Le culte public et social, on peut dire, que TÉglise a mission de rendre à Dieu, regarde chaque chrétien en particulier, comme membre de la société catholique...
Dieu est aussi bien l'auteur de la société que le créateur de chaque individu, et le culte public lui est dû comme le culte privé et particulier. A tous ces titres, l'assistance à la Messe est pour tous une obligation indispensable.
IL Qmnd devez-vous y assister? — Tous les fidèles qui ont l'âge de raison, sont obligés, sous peine de péché mortel, d'entendre la Messe les dimanches et les fêtes instituées comme de précepte par l'Église. Dieu lui-même a ordonoé la sanctification du dimanche. Ce jour, tout travail doit cesser, pour faire place à ce qui est du culte et du service de Dieu. L'œuvre essentiellement prescrite par l'Église, le dimanche, c'est l'assistance au saint sacrifice. Les fêtes d'obligation devant absolument se passer, comme le dimanche, aux œuvres spirituelles et au service de Dieu, la Messe est encore de précepte les jours de fête. Pour ne pas se rendre coupable de péché en manquant la Messe, il faut pouvoir s'appuyer sur des raisons graves et solides. De petits enfants à garder, un malade à soigner, d'autres devoirs de charité ou d'impérieuse nécessité peuvent légitimement dispenser d'assister à la Messe. Mais combien en est-il qui se font une habitude de la manquer pour de légères raisons ou ^ow^ ^^ ^i^èeck'^
prétextes ? C'est un voyage à faire, une visite à rendre ou à recevoir, un travail à finir sans qu'il y ait la moindre nécessité... Que dire de ces paroissiens qui n'assistent à la Messe que de loin en loin, aux grandes fêtes, ou à Foccasion d'un mariage ou d'un enterrement? et qu'en dire, sinon qu'ils n'ont de chrétien que le nom? Rebelles aux prescriptions de l'Église, ils ne méritent plus d'être regardés que comme des païens et des publicains.
III. Comment devez -vous y asspter? — L'obligation d'entendre la Messe suppose l'obligation d'y assister comme il faut, c'est-à-dire: 1" avec respect et aUerir tion. Le lieu où s'opèrent les saints mystères n'est pas un lieu profane qui permette de prendre les allures et l'attitude tolérées dans une maison ordinaire. En présence de Jésus- Christ et dans son temple, nous ne devons paraître qu'avec crainte et tremblement. Au moment où il va descendre sur l'autel pour s'immoler et obtenir grâce pour nous, notre attention doit être tout entière au mystère qui s'accomplit. La plupart des chrétiens qui entendent la Messe n'étant pas de grands contemplatifs, quel est pour eux le moyen de soutenir leur attention? C'est d'avoir un livre et de suivre avec soin les prières de la Messe, cherchant à se pénétrer des sentiments qu'expriment les paroles. Pour ceux qui ne savent pas ou ne peuvent pas lire, il y a la récitation du chapelet ou d'autres prières. Sans cela, comment éviter les divagations plus ou moins volontaires* de l'esprit? — • 2** Avec linteniiôn, de s'unir à Jésus-Christ. Ce divin Sauveur s'immole et s'offre sur l'autel pour adorer son Père, le remer-
cier de ses dons, satisfaire à sa justice pour les péchés des hommes, et obtenir de sa bonté les grâces nécessaires à tous. Que telles soient aussi vos dispositions en assistant au saint sacrifice. Pénétrez- vous des sentiments de la sainte et adorable yictime, qui traite au prix de son sang la grande affaire de votre salut éternel. Si vous vous unissez à Jésus-Christ dans son sacrifice, vous mériterez de lui être unis dans son triojnphe.