‹ Manuel de prédication populaireChapitre 49 sur 90 · V. — De la Confession annuelle · texte numérisé non relu

V. — De la Confession annuelle

Non eonfundaris confiteri pe^ cata tua, (Eccli., iv, 31.)

Ne rougissez point de confesser Tos péchés. «

Qu'il y ait de la honte à commettre l'iniquité, à 66 révolter contre Dieu, à se montrer ingrat envers lui, à s'ayilir aux yeux du prochain, à se dégrader en s'a« bandonnant aux vices et aux plus humiliantes passions, c'est impossible. qu*ii en soit autrement, parce que rhommene peut déchoir de la haute dignité à laquelle Dieu Ta éievé, sans en éprouver une juste confusioflu Mais se relever de sa chute, retrouver sa dignité pre^ mière et reconquérir la grâce et Tamitié de Dieu, c'eut grand, c'est honorable, c'est méritoire. Aussi rEsprîit- Saint, qui a en horreur le péché et qui déserte UM âme coupable, dit-il au pécheur de ne point rougir de confesser fia faute : Non eonfundaris confiteri peoçata tua^

et rÉglise, jalouse de la gloire et du bouheur de ses enfants, leur fait-elle un précepte de la confession : u Tous tes péchés confesseras à tout le moins une fois l'an. )>

Expliquons : \^ le sens et les motifs de ce précepte; 2* les conditions pour bien s'en acquitter.

I. Précepte de la confession. — La pratique de la confession, il faut en convenir tout d*abord, est une des plus difficiles et des plus répugnantes à Tamourpropre. U en coûte de se prosterner aux pieds d'un homme pour lui faire l'aveu de pensées, de désirs, de paroles et d'actions dont le seul souvenir est importun à la conscience, et que l'on voudrait pouvoir ensevelir dans un oubli éternel. Cependant cette pratique a été en usage dans TÉglise dès le temps des apôtres, et elle n'est que la conséquence logique du pouvoir qui leur a été donné par Jésus-Christ, de remettre ou de retenir les péchés. Comment pardonner les péchés si on ne les connaît pas, et comment les connaître si on ne les déclare pas ?. . . La confession donc a toujours été en pratique dans l'Église dès sou établissement- Pourquoi le concile de Latran en 1215, sous le pape Innocent III, a-t-il fait un décret prescrivant la confession annuelle? « Que tout fidèle de l'un ou de l'autre sexe, » dit ce décret, « parvenu à l'âge de discrétion, confesse seul fidèlement tous ses péchés* au moins une fois chaque année, à son propre prêtre, et accomplisse, autant qu'il sera en lui, la pénitence qui lui aura été imposée. Faute de quoi, qu'il soit, vivant, exclu de l'Eglise, et mort, privé de la sépulture ecclésiastique. » L'Église a porté ce décret solennel, parce

que beaucoup de chrétiens commençaient à se laisser aller au relâchement au sujet de la confession. Gardienne vigilante et attentive de la discipline, l'Église ne laissa pas prescrire l'indifférence et l'oubli. Pour ranimer la piété des fidèles, elle fit ce décret portant que tout fidèle, parvenu à l'âge de discrétion, se con^ •fesserait et communierait au moins une fois chaque a nnée. Le concile n'ordonnait rien de nouveau, puisque Tusage de la confession et de la communion existait; seulement il faisait à tous les fidèles une obligation d'accomplir ce devoir au temps prescrit, sous peine de péché. Rien de plus raisonnable que cette loi, si on l'examine en détail. « Que tout fidèle de l'un 6t de l'autre sexe. » Point de différence aux yeux de r Église entre l'homme et la femme quant à l'obligat ion de la confession annuelle : par conséquent tous, hommes et femmes, doivent remplir ce devoir. « Ayant atteint l'âge de discrétion. » Cet âge est celui où l'enfant est capable de discerner le bien du mal. « Confesse seul fidèlement tous ses péchés. » Toute confession ne satisfait pas au précepte. Pour être valable, il faut qu'elle soit fidèle, intègre, accompagnée d'un sincère repentir et d'un ferme propos. « Au moins une fois Tan. » L'Église laisse voir ici le désir quelle aurait de voir les chrétiens se purifier plus souvent dans le bain salutaire de la pénitence, a A son propre prêtre. » Ce propre prêtre, c'est le curé ou l'évêque. Mais, d'ordinaire, les fidèles ont la permission de s'adresser à tout prêtre approuvé, n Faute de quoi, que, "Vivant, il soit exclu de TËglise, et mort, privé de la sépulture ecclésiastique. » Quelle peine plus grave et

plus sévère TÉglise pouyait-elle prononcer contre les in£racteurs de la loi ? et comment ne pas comprendre par là rimportance du précepte et le désir qu'elle a de le voir fidèlement observé?... Que l'Église, au lieu d'une peine spirituelle, eût infligé une amende seulement, et qu'elle eût le pouvoir de recourir à la force pour la faire payer, j'ose affirmer qu'il y aurait bien moins de chrétiens en retard pour l'accomplissement du devoir de la confession annuelle et de la commu* nion pascale...

li nous reste à dire, pour l'instruction de ceux qui ne veulent point braver les anathèmes de l'Eglise, les conditions nécessaires pour bien s'acquitter du pré» cepte de la confession annuelle.

IL Conditicm d'une bonne confession. — La confession étant un acte religieux, elle exige avant tout un sen* timent de foi. Il ne s'agit point d'aller traiter d'homme à homme au confessionnal. Celui qui siège au tribunal sacré, souvent plus jeune que vous, et à qui vous allez donner le nom de père, c'est le représentant, le lieutenant de Jésus-Christ. C'est au nom de Jésus- Christ que le prêtre vous accueille, vous bénit, vous écoute, vous exhorte, et enfin vous pardonne vos péchés. Eclairé par la foi, vous devez avoir recours à la prière : car, sans la grâce d'en haut, sans les lumières du Saint-Esprit, vous ne pouvez rien dans l'ordre du salut. Ici ce sont vos étemelles destinées qui sont en jeu. La grâce vous est nécessaire pour examiner votre conscience et scruter les profondeurs de votre âme. Pensées, désirs, paroles, actions, tout doit être soigneusement passé en revue. Le nombre aussi exact

que possible des péchés mortels, les circonstances qui ont pu les aggraver notablement ou en changer l'espèce, rien ne doit être omis. Or, quand il s'agit de régler le compte spirituel de toute une année, et que d'ordinaire on n'a aucune note, aucun registre détaillé de ses faits et gestes de chaque jour, il est nécessaire de consacrer à un examen sérieux un temps convenable... Une autre condition non moins importante pour que votre confession soit acceptée de Dieu, c'est le repentir de toutes vos fautes mortelles, avec la résolution sincère, ferme, efBcace, de n'y plus retomber à l'avenir avec le secours de la grâce de Dieu, laquelle ne voiis manquera jamais, si vous la demandez avec humilité et persévérance.

Vous devez enfin être dans la disposition de réparer vos manquements^ envers Dieu et envers le prochain. Les réparations à faire, le confesseur vous les prescrit dans les œuvres qu'il vous impose comme pénitence » Accomplissez ces œuvres avec promptitude, avec zèle, avec fidélité. Ainsi observé, le précepte de la confession est le plus grand bienfait que la miséricorde divine puisse vous accorder. Votre âme voit tomber ses chaînes honteuses, elle retrouve sa beauté native et sa dignité première ; vous reprenez votre rang parmi les enfants de Dieu sur la terre, en attendant d'être au nombre des élus dans le cieK

YI. Précepte de la Goznmunion.

Nisi mandwavwUis Carnem Filii hominU, et bibmitis ^ui fautai" iiMRf. fum haUbitii otfo» in tM.

' (Joan.« YI4 54.)

Si TOUS ne manges la cbalr âa FiU de rhomme et ne Irarettet sang> Toos n'aurez pas la vie , «a vous.

Notre -Seigneur Jésus-Christ a établi l'adorable sacrement de TEucharistie pour trois fins : la première^ pour être la nourriture des âmes ; la seconde, pour être le sacrifice de la nouvelle loi ; la troisième, pour être le mémorial perpétuel ide sa passion, et le gage doux et précieux de son amour pour nous.

Que le Sauveur ait voulu faire de son corps et de son sang la nourriture spirituelle de nos âmes, nous ne pouvons en douter, puisque c'est sous les espèces ou apparences du pain et du vin qu'il se donne à nous dans ce sacrement. De môme que nous conservons la vie matérielle à notre corps par Tusage quotidien du pain et du vin, de même aussi nous avons besoin de TEucharistie pour entretenir dans nos âmes la vie de la grâce. Aussi la Communion n'est pas seulement un acte de piété et de dévotion, elle est un précepte pour tous les chrétiens : 1® t(n précepte divin ; 2*" im précepte ecclésiastique.

I. La Communion est d'abord de précepte divin. — 11 y a obligation de recevoir la sainte Eucharistie, pour tous les fidèles qui ont l'âge, de discrétion. Jésus-

Christ le proclame par ces paroles : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie envous^ »

. Ne pas recevoir le corps et le sang de Notre- Seigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie, c'est rester daas la mort spirituelle. — Vous donc qui ne communiez pas, vous qui avez pris l'habitude de ne plus faire de pâques, que vous êtes à plaindre et que votre état est lamentable!... Votre âme est présentement un cadavre, et elle en subit le sort. Que fait-on d'un corps après que la vie s'en est retirée ? Vite on le sépare de la société, dont il ne peut plus faire partie, et on l'enfouit. Ainsi votre âme privée de la vie est séparée de l'assemblée des enfants de Dieu , et, parce que vous refusez de communier au moins à Pâques, l'Église TOUS firappe d'anatbème et vous condamne à être chassé du temple, ainsi que le porte le décret du 3oncile de Latran. Une fois dans le sépulcre, le corps ïue devient-il ? 11 tombe en putréfaction et devient la )âture des vers. Ainsi l'âme privée de la Communion ist dans le sépulcre du péché, et elle tombe dans la Putréfaction des plus mauvaises habitudes et des vices es plus ignominieux. Tous les démons, comme d'in- :ectes et rapaces reptiles, s'en disputent les misérables lambeaux. Que la mort vous surprenne dans ce funeste état, éternellement vous serez la proie de ce ver rongeur qui ne meurt pas : Vermis eorum non moritur. (Marc, IX, 43, 45, 47.)

Les premiers chrétiens avaient si bien compris le précepte divin de se nourrir de la chair et du sang de Jésus-Christ, qu'ils communiaient tous les jours, ou

au moins le plas souvent qu'ils pouvaient. Aussi étaient-ils des modèles parfeits de toutes les vertus chrétiennes.

Non seulement la Communion est de précepte divin.

IL Elle est encore de précepte ecclésiastique. — lésus- Christ a fait un commandement de manger sa chair et de boire son sang. Son désir serait de nous voir tous les jours participer à la table eucharistique: Desiderio desideravi hoc pascha mànducare vobiscum» (Luc, xxn, 1 5.) Mais parce qu'un grand nombre de fidèles ne recevraient que trop rarement ou même ne recevraient jamais la sainte Eucharistie, l'Église, dépositaire de l'autorité de Jésus- Christ, a fait à tous les fidèles ayant rage de discrétion un précepte de communier au moins une fois à Pâques, sous peine de péché mortel. Ce pré* cepte est formellement exprimé parle canon 21 du quatrième concile de Latran, tenu en Tan 12115, sous Innocent III. Le concile de Trente a renouvelé et confirmé le même décret, en déclarant anathème à quiconque nierait que tous et chacun des fidèles parvenus à l'âge de discrétion soient obligés de communier tous les ans, au moins à Pâques, suivant le commandement de notre mère la sainte Église. (Sess. xiu, can., 9.)

1 ° 11 suit de là que laisser passer le temps marqué pour la Communion pascale, sans recevoir la sainte Eucharistie, c'est se rendre coupable d'une faute grave. 2° Celui qui n'a pas communié dans le temps prescrit, est obligé de satisfaire à ce précepte le plus tôt possible.

Gomment se fait-il qu'un commandement si formel soit cependant laissé dans l'oubli par un si grand

nombre de.chrétiens? Chez les uns, c'est ignorance et manque de foi. Gcmimuniez : Jésus-Christ est la lumière , et il dissipera les ténèbres de Totre esprit. Avec les disciples, dites-lui : « Augmentez en nous la foi... » Luc., XYii, 5); ou bien : a Seigneur, aidez notre incrédulité. » Marc., IX, 23.) — D'autres ne communient pas par manque de courage. Il faut se corriger de ses vices, de ses mauvaises habitudes : cela coûte, cela importune. A ceux-là Jésus-Christ a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes chargés, et je vous soulagerai.» (Hatth., XI, 2^.) a Ce sont les malades qui. ont besoin du médecin... » (Luc, v, 31 .)

Heureux ceux qui se rendent aux pressantes invita* tioDs de Jésus-Christ et se nourrissent de son sang et de sa chair en ce monde 1 il les abreuvera dans l'éternité à un torrent de délices. Heureux ceux qui obéissent fidèlement à l'Église et la regardent cotnme leur mère I ils auront Dieu pour père dans le séjour de la gloire. Heureux ceux qui communient au moins à Pâques humblement ! au ciel ils régneront éternellement. Ainsi soit-il.

VIL — Loi du jeûne

Cum jejunasset quadraginta (ftV bus et quadraginta noct%bu$, postea eturiit, (Matth., it, t.)

Après qu'il eut jeûaé quarante jours et quarante nuits, il eut £aim.

Après l'exemple donné par Jésus-Christ, il devrait être superflu de parler de la nécessité du jeûne pour le chrétien. Pourquoi ce divin Sauveur^ aijrte w^^vt

reçu le baptèmô des mMns de Jean-Baptiste, et avant de commencer la prédication de son Évangile, s'en va-t-il au désert et s'y condamne-tril à un jeûne absolu de quarante jours, sinon pour nous donner l'exemple et accomplir cette parole qui renfermé, pour nous de si profondes et si persuasives leçons r Cmpù Jeius facere ei docere, u Jésus commença par filtre ce qu'il devait enseigner » ?.. . Act. , i, 1 .) D'où vient cependant que la loi du jeûne tombe de plus en plus en oubliparmi les fidèles qui vivent dans le mondée eùelle' n'est plus regardée que comme une pratique propre AUX monastères et aux maisons religieuses ? Bst-ce ignorance, manque de foi ou indifférence? Il y a un peu de tout cela sans doute. Permettez-moi de vous rappeler à vos devoirs sur la pratique du jeûne. .

^^ Est-U nécessaire déjeuner? 2"* est-il avantageuœ de jeûner ? 3* quand doit-on jeûner ? tel sera Tordre et le partage de cet entretien.

I. Est-il nécessaire de jeûner ? — La loi du jeûne et sa nécessité ressortent avec une indiscutable évidence de toutes les pages de nos livres saints. Nulle pratique n'a été plus familière aux serviteurs de Dieu les plus grands et les plus illustres sous la loi ancienne comme sous la loi nouvelle. David expie dans le jeûne sa double prévarication, (I Reg., xii, 16.) L'ange Raphaël déclare à Tobie que ses prières accompagnées de jeûneontétéagréablesàDieu, (Tob.,xu,8, 12.)C'esten se privant de toute nourriture et en priant que Judith se prépare à délivrer Béthulie. (Judith, viu, 6.) Esther offre à Dieu ses larmes accompagnées de jeûne pour le salut de son peuple, (Esth,,iv, 16; xiv, 2,) A la

prédication de Jonas, Ninive échappe aux menaces de Dieu, parce que ses habitants jeûnent et font pénitence. (Jon.,iii, 5,7.)

Sous la loi nouvelle; le jeûne est la préparation aux grandes œuvres. Jean-Baptiste l'observe au désert jusqu'au début de sa sublime mission. (Hatth., m, i. Marc, I, 6.) Jésus-Christ s'y soumet durant quarante jours et quarante nuits, pour traiter de notre rédemption avec son Père. (Matth., iv, 2. Luc, iv, 2.) Les apôtres, après l'scension de leur divin Maître, s'enferment dans le cénacle, et se livrent au jeûne et à la prière avec Marie, mère de Jésus. (Act., i, 14.) Appuyée sur de si saints et si glorieux exemples, l'Église ne pouvait se dispenser de recommander le jeûne à ses enfants soumis, comme la meilleure disposition d'entrer en intime communication avec Dieu, pour atttirer la surabondance des grâces et des faveurs célestes.

De tous les moyens offerts au pécheur pour fléchir la justice divine et obtenir la rémission de ses péchés, le plus efficace est celui du jeûue. 11 renferme la peine et la souffrance que suppose nécessairement la pénitence. Le corps a servi d'instrument à l'âme pour commettre l'iniquité : il est juste qu'il ait sa part dans l'acte de la réparation. Il y a là aussi un acte d'humilité, le plus grand peut-être que l'homme puisse faire en présence de son Créateur. « Mon Dieu, » semble dire le chrétien qui jeûne, « j'ai péché contre le ciel et contre vous : je ne suis plus digne d'être appelé votre fils (Luc, xv, 1 8-21 ), ni de recevoir ce pain que eous donnezàvos enfants, ni dem'asseoiràlagrande table que vous avez dressée libéralement devant vos créa-

tures. Si je ne puis refuser absolument à mon corps la nourriture nécessaire pour la conservation de lavie qoe TOUS lui ayez donnée, je lui imposerai au moins une salutaire privation, comme châtiment de l'abus qu'il a fait de vos dons... » Nous devons jeûner, parce que nous devons faire pénitence. Or Notre-Seigneur nous dit expressément : « Faites pénitence.» Sipomitentim non egeriUs^ omnes similiter peribitis,

IL — Est'il avantageux de jeûnera — S'il, est néces* saire de jeûner, ce n'est pas moins avantageux : avantageux pour l'âme, avantageux même pour le corps. Au point de vue spirituel, pour nous convaincre des avantages du jeûne et du profit qu'y trouve notre âme, écoutons ce que chante TÉglise dans la Préface du temps de carême : « Vous vous servez », dit-elle i Dieu, « du jeûne corporel pour élever nos esprits jusqu'à vous, pour réprimer nos vices pour nous donner des vertus que vous puissiez récompenser. » Quoique voyageurs sur cette terre, nous avons à communiquer avec le ciel, notre véritable patrie. Ces communications se font par la prière, l'oraison, les saintes méditations; et notre esprit est d'autant plus apte aux exercices spirituels, que notre corps est moins appesanti par la nourriture I^ous savons par expérience que notre nature porte en elle le germe de tous les vices, et qu'il y a en nous guerre acharnée entre le corps et l'esprit. Or, ces germes, comment les réprimer? comment sortir victorieux de ces combats continuels ? En suivant l'exemple des saints, qui tous ont trouvé dans le jeûne le moyen de remporter la victoire sur leurs passions. •• Mais il ne nous suffit pas.

pour mériter le ciel et recevoir rétemelle récompense, de lutter contre le vice; il est nécessaire encore de faire le bien et de pratiquer la vertu : Déclina a malo etfacbonum. (Ps.,xxxyi, 27.)Ehbien!c'est par le jeûne qae nous progresserons dans l'exercice de toutesles vertus chrétiennes que Dieu se réserve de couronner au dernier jour. L'exemple des saints personnages dont nous avons parlé plus haut, prouve surabondamment cette vérité. Considéré même par rapport à la santé du corps et à la durée de la vie, le jeûne est conforme aux principes les plus sages de Thygiène. C'est généralement dans les monastères, où le jeûne est observé dans toute sa sévérité, que se rencontrent les exemples les plus fréquents de longévité. En tout cas, les religieux se portent aussi bien et vivent aussi longtemps que les gens du monde les plus ennemis du jeûne.

IIL — Quand doit'On jeûner 1 — En présence de la loi formelle de la pénitence, et de la nécessité si près - ^ santé pour nous d'expier et de nous prémunir, qu'a fait l*^lise ? Sage gardienne des lois divines, elle a pourvu à leur fidèle exécution. Tutrice et mère des chrétiens, elle a pris soin de les purifier en temps opportun des souillures contractées, et de les préserver, autant qu'il était en elle, de souillures nouvelles. CTest donc pour tous les fidèles un devoir d'observer le jeûne aux temps fixés par l'Ëglise. Les jours de jeûne sont : les quatre-temps, les vigiles de certaines fStes et le carême. Laissé à la dévotion de chacun, le devoir du jeûne ne serait pas observé, ou le serait mal ; Tobligation de faire pénitence serait complètement oubliée. Pour obvier à l'oubli, à la négligence

ou à rindifféreiice, l'Église a fait ud commandement .] à tous de jeûner. C'est à nous de nous soumettre aux lois de notre mère, d'entrer dans ses intentions en faisant pénitence de nos péchés, en humiliant et en mortifiant une chair qui, si nous n'y prenons garde, €st notre plus dangereux ennemi, en suivant enfin, comme chrétiens, l'exemple que nous a donné Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui , un jour^ récompensera nos jeûnes par des délices sans Qn. Ainsi soit-il.

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