‹ Manuel de prédication populaireChapitre 51 sur 90 · II. Futilité des prétextes. — Une loi si sainte et si · texte numérisé non relu

II. Futilité des prétextes. — Une loi si sainte et si

l^timemeot motivée, pourquoi aujourd'hui est-elle si universellement violée ? C'est que tons prétendent avoir des raisons pour excuser leur conduite. Ëxami* nous donc ces raisons ; passons en revue ces prétextes, pour en démontrer la futilité. — Le maigre vous fatigue, dites-vous ; votre estomac est délabré, votre tempérament affaibli. C'est possible; mais vous suf^portez admirablement la fatigue des longues soirées et des ébats qu'elles comportent. — Il vous faut de la viande à vos repas, les légumes vous causent des nausées. Mais Tavez-vous essayé sérieusement? Vous prenez pour de graves indispositions de bien légères incommodités, qui gênent plus votre excessive délicatesse qu'elles ne nuisent sérieusement à votre santé. D'ailleurs, l'Église ne vous ferait pas un précepte de l'abstinence, si elle ne devait pas avoir pour vous le caractère pénible et douloureux d'une pénitence. — Vous ne faites pas abstinence, vous, parce que vous êtes en voyage : dans les hôtelleries on ne sert que du^ gras. On a tort ; mais vous êtes en droit de vous faire servir du maigre. Certainement vous n'hésiteriez pas à le faire, si la viande vous incommodait. — Je mange ce qu'on me donne. Si l'on vous servait un plat empoisonné, le mangeriez- vous ? —Faudrait-il donc m'exposer à la mort ? Non certes ; mais en mangeant la viande qu'on vous sert le vendredi, vous n'hésitez pas à tuer votre âme par un péché mortel. — Mais, Monsieur, si l'on me voyait faire maigre dans un hôtel, je passerais pour un clérical, pour un jésuite, pour un ramolli. En attendant, vous ne craignez pas d'être regardé par l'Église NoVc^ifiifet^ ç,<otîl\s^v^

«m païen, un publicain, un réproui^. Vous oubliez que Jégus-Ghiist rougira devant son Père de ceux qui auh>nt rougi de lui devant les hommes. On a vu, dans un pays chrétien, certain préfet, entouré d'une douzaine de maires, manger crânement de la viande un vendredi, et refuser de toucher à un civet, parce que, en ce tepps-là, la chasse était prohibée. Voilà où en est en France le monde officiel! — Mais, ajoutera-t-on •encore, lé maigre est plus dispendieux que le gras. On peut toujours s'arranger pour le rendre d'un prix •égal, sinon inférieur. — Après tout, ce n'est pas ce qui entre dans le corps qui souille l'àme. D'ac* cord, mais c'est la désobéissance qui sort du ccMur qui tue Vèxae et le corps. — Est-ce que la viande n'est pas aussi bonne le vendredi que les autres jours t Elle peut même être meilleure, si oh la choisit mieui •et si on la prépare à une cuisine d'ordre supérieur. Il ne s'agit pas du goût de la viande ni de sa qualité ; il s*agit de savoir si vous êtes chrétien et si vous êtes tenu d'obéir à TÉglise. Ce que je redoute pour vous, profanateurs du vendredi, c'est une indigestion qui n'a de remède que dans la pénitence. Plaise à Dieu que ce remède vous préserve d'une mort étemelle !

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