‹ Manuel de prédication populaireChapitre 53 sur 90 · X. -^ Respect dû aux églises · texte numérisé non relu

X. -^ Respect dû aux églises

Domus «ea domus oraiûmit mm* bitur, (Matth., zxi, 13.)

Ma maison est une miison de prière.

L'univers entier est un temple que Dieu remplit de sa gloire et de sa puissance : la terre en est le parris, les cieux en sont la voûte, et les astres en forment le magnifique et resplendissant luminaire. Cependant Dieu a voulu dans tous les temps avoir des lieux spécialement destinés à ses communications avec ses serviteurs. Les patriarches lui ont élevé des autels pour offrir des sacrifices à sa divine majesté. Pour apparaître à Moïse, il a choisi le buisson ardent. Dans le désert, les Hébreux avaient le tabernacle où Dieu rendait ses oracles. Salomon, le roi pacifique, éleva enfin au Seigneur le temple le plus magnifique qui se soit jamais vu. Et ce temple, bâti par l'ordre même de Dieu, était la figure de nos églises chrétiennes, où le Seigneur daigne faire sa résidence parmi les hommes^ pour les combler de ses grâces et de ses bénédictions. Afin d'avoir pour nos églises tout le respect qu'elles ***^'^**'^t, il est nécessaire de nous bien rappeler: ^ks sont par rapport à Dieu ; 2"" par rapport à

tpport à Dieu. — Qu'est-ce que c'est donc lument qui se dresse au sein des grandes

cités comme au milieu du plus humblerillage, et qu^on appelle l'église? Cest 1* la demeure de Dieu. Non seulement Dieu fait ici sa résidence comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais la foi nous apprend qu'il y demeure réellement et substantiellement dans le sacrement adorable de l'Eucharistie. Ecce ego vobiscum sum amnibuf diebus^ usque ad consummationem sœculi. «Voici que je suis avec tous jusqu'à la consommation des siècles », avait dit Notre-Seigneur Jésus-Cbristàses apôtres. Cette parole si consolante a son accomplissement : partout où s'élève ime église, Jésus-Christ 7 descend à la voix du prêtre qui célèbre la sainte Messe, et il y établit sa demeure substantielle aussi longtemps que TEucharistie est conservée dans le tabernacle. Représentez-vous maintenant les lieux habités par le divin Sauveur durant sa vie mortelle } rétable de Bethléem, Nazareth» Caphamaûm» Béthanfe, le cénacle, le jardin des Oliviers, le Calvaire. Nos églises sont aussi saintes, aussi augustes» aussi vénérables, puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ les habite towme Dieu et comme homme tout ensemble.

2* L'église est le lieu où Dieu répand ses grâces pour notre sanctification et notre salut. Jetez, en effet, vos regards dans le temple sacré : partout vous apparaissent les monuments de la miséricorde du Seigneur. Les foftts du baptême où vous avez été purifiés de la seaiBure originelle, régénérés à la grâce et marqués

du caractère d'enfants de Dieu par adoption La

asilaire d'où vous recevez le pain de la parole, plus nécessaire à votre âme que le pain matériel ne l'est à votre corps : Non in solo pane vivit homo, sed in omni

ai^te.oàJéins-Ghmt TOUS donne afec tantd'amotiri ehakioianger etsonsang àboire. *..• L'autel oùtonsl jours il renouTelle mystiquement le sisu^rifice de la Bé-j .demptionsurleCalyaire, pour vous en appliquerlesmérUeset les fruits.... Le tabernacle où il établit sa rteidenceaQn de se tenir, pour ainsi dire, à yotre disposttioa danstouslesbesoins et toutes les nécessités de laiie. Ut il est le consolateur, Tami, le protecteur, le père de tons ceux qui viennent l'invoquer avec conflance. C'est de là aussi qu'il part, entre les mains et sur la poitrine du prêtre, pour se faire le médecin des malades et le viatique des mourants^ Bt, parce que sur cette terre nous sommes dans un lieu de tentation, de fhigflité et de péché, il y a encore dans l'église la piscine où le pécheur retrouve la pureté : le tribunal sacré de la pénitence, où par l'humble aveu de ses fautes, accompagné d'un sincère repentir, il renaît à la grftce, à l'espérance et à la paix.

Z"" L'église enfin est comme le ciel sur la terre. Dieu y habite avec nous, et nous y retrouvons l'image de tout ce qui compose la céleste cour. Voyez, à droite, l'autel de Marie, la mère de Dieu; àgauche, celui de saint Joseph; voyez les statues et les images des saints patrons et des autres saints. Dans les ornements et sur les tableaux sont représentés les anges. En un mot, l'église dans son nsemble nous apparaît comme la porte du ciel, et elle est bien la maison de Dieu : Domus mea.

IL Par rapport à nous. — Parce que Notre-Seigneur dit que sa maison sera appelée Une maison de prière: Dormis orationùvocabitur (Matth. , XXI, 1 3. Itf arc.> XI, 17.},

elle est aussi notre maison. Le culte que nous deTôns à Dieu consiste surtout dans la prière. Aussi est-ce là la destination unique de nos temples sacrés. Que si les chrétiens se rendent à l'église en leur particulier, le matin, le soir ou aux différentes heures de la journée^ n'est-ce pas pour se prosterner devant Dieu et lui demander les grâces dont ils ont besoin ? Quel autre sentiment pourrait les appeler aux pieds des autels, sinon celui de la confiance, de l'amour, de la reconnaissance, du zèle ou du dévouement? Mais, s'il est des jours et des heures de solennité, où les fidèles se voient réunis dans le temple saint sous la direction et la présidence des pontifes et des ministres du Seigneur, n'est-ce pas encore pour accomplir le grand précepte de la prière, qui oblige la société comme chaque fidèle en particulier? Les cérémonies, même celles qui se font avec le plus de pompe et de magnificence, sont toujours accompagnées de la prière et des supplications prescrites par la sainte liturgie. Ces voix qui chantent en harmonie, ces instruments qui les accompagnent avec des accords ravissants, que font-ils autre chose que de célébrer les louanges de Dieu, et lui rendre les hommages d'adoration, de respect, de reconnaissance et d'amourqui lui sont dus? — L'église est si bien la maison de la prière et de la grâce qui en est le résultat, que c'est dans son enceinte que le chrétien naît, grandit, se forme, se perfectionne et se rend digne enfin d'entrer dans le ciel. Il naît par le baptême, il grandit par le catéchisme et les saintes Instructions, il se fortifie par la grâce des sacrements, et se perfectionne par la connaissance et la pratique des vertus qu'on lui 1. V\

enseigne et dont il mit les exemples. S'il ^ient à compromettre ou à perdre entièrement la santé spirituelle de son &me, c'est dans Téglise qu'il retrouve la guérison et la vie. C'est enfin dans l'église qu'il reçoit ime dernière bénédiction avant de quitter ce monde pour attendre le jouî de l'éternelle résurrection.

Si donc l'église est la maison de Dieu, et si cette maison est pour l'homme une maison de prière, quel sentiment de profond respect devons-nous avoir en y entrant, et dans quel recueillement devons-nous être pendant le temps que nous y passons ! Souvenonsnous de l'indignation avec laquelle Notre-Seigneur, armé d'un foueti chassa du temple ceux qui le pro&* naient en le transformant en une caverne de voleurs : y^fecktù eam spduneam latronum. (Uatth., XJQ, 13. Marc., XI, 17. Luc, xix, 46.) Loin de nous donc les pensées étrangères, la légèreté, la dissipation, la curiosité, les discours profanes ! Soyons plutôt saisis d'un salutaire tremblement en la présence de Dieu : Pavete ad sanctuarium meum (Levit, xxvi, 2), et rendons* nous dignes par notre respect dans l'église d'entrer un jour dans la céleste Jérusalem.

Page 1