I. — L'Espérance
In te. Domine, speravi : non eonfundar in œternum. (Ps. xxx, i .)
Seigneur, j*ai espéré en tous : je ne serai point éternellement confondu.
Si la foi nous éclaire sur nos fins dernières et sur les moyens qui doivent nous y conduire, il est une autre vertu qui nous soutient dans la route, et nous encourage à ne pas nous laisser vaincre par les difficultés, les peines et les combats inséparables de la vie chrétienne. Cette vertu, c'est l'espérance. Je viens vous en exposer: I** la nature; 2® les motifs; 3* lés règles,
I. La nature. — L'espérance est une vertu surnaturelle qui nous porte à attendre de la miséricorde de Dieu, par les mérites de Jésus-Christ, la vie éternelle et les moyens nécessaires pour y parvenir. Cette vertu est un don de Dieu... Elle est surnaturelle dans son principe et dans son objet, parce que par luimême l'homme ne peut atteindre les biens auxquels
elle se rappoi*te. En ce monde, c'est la grâce, que Dieu a promis de nous donner, et qu'il nous accorde, en effet, de mille manières : paroles... exhortations... conseils des pasteurs... secrètes inspirations... bons exemples qui nous édiQent... événements qui nous touchent...
Dans Tautre monde, c'est la vue et la possession de Dieu...
IL Les motifs. — 1<» Notre espérance repose sur les promesses de Dieu et sur sa fidélité à les accomplir. Gomme notre souverain Maître, il aurait pu nous faire une obligation d'observer ses commandements, sans attacher aucune récompense à notre fidélité... Et, supposé qu'il voulût nous accorder une rémunération, il était parfaitement libre de la borner à des biens et à des avantages temporels. Mais, non moins miséricordieux que puissant, ce grand Dieu a promis une éternité de bonheur dans le ciel à tous ceux qui garderaient sa loi. Toutes les pages des saintes Écritures, et particulièrement l'Évangile, renouvellent ces consolantes promesses. Ambula coram me, et esto perfectus (Gen., xvii, 1). Egoprotector tutis sum, et merces tua magna nimis. (Gen., xv, 1 .) Fidelis Domintis in om^ nibus veriis suis. (Ps. GXLiv, 13)... Les paraboles de l'enfant prodigue,... du bon pasteur, ne sont-elles pas bien faites pour nous inspirer une confiance 'sans bornes?...
2» Notre espérance est fondée sur les mérites infinis de Jésus-Christ... Or, quelle que soit notre faiblesse, nous pouvons nous écrier avef 5 aint Paul : « Je puis tout en celui qui me fortifie. •(Philip., iv,
AS.)... «Si Dieu», dit encore TÂpôtre, adous a donné son propre Fils, ne nous donnera-tril pas toutes choses ayec lui? » (Rom., viii, 32.)
III. Les règles. — Notre espérance doit être : 1*> ferme. C'est avec une assurance que rien ne puisse ébranler que nous devons attendre les biens que Dieu nous a promis... Notre-Seigneur nous déclare quç tout ce que nous demanderons à son Père en ^on nom, nous sera accordé... Ailleurs il nous sollicite, il nous presse d'avoir recours à lui': a Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez; frappez, et Ton vous ouvrira... » (Matth.> vu, 7. Luc, xi, 9. Jean, XVI, 24.) Or c'est à un Dieu infiniment bon que nous nous adressons... c'est à un bienfaiteur.. • à un ami... à un Sauveur... à un Père... Comment pourrionsnous douter d'être exaucés?...
2* Universelle. Notre espérance doit s'étendre à tout ce que Dieu nous a promis, sans exception : biens de la grâce... force de vaincre dans les tentations... courage et résignation dans les épreuves... pardon de nos péchés. . . persévérance dans le bien.. - — Nous devons même nous reposer sur Dieu pour tout ce qui regarde la vie présente : nourriture... vêtements... abri... Cherchons avant tout le royaume de Dieu et espérons fermement que ces choses nécessaires nous seront données par surcroît... (Matth., vi, 33. Luc, XII, 31.)
3** Exempte de présomption. Ce serait violer les règles de cette vertu que de compter sur le pardon de ses péchés sans les détester et sans en cçaUl^x \ft.^ occasions... ; que d^ prétendre n\nt^ OcitfeXÀ^^'Ck^xsiJse^
$r*fjn?ïrwr«* paissions, sans réfléchir aux grandes >»^H»^ itt $UL!ut.. sans fréquenter les sacrements... ^<uni' ^ôig^fcii^r âdèlement les commandements de thou ^ Jfe rC^se**. Il faut se souvenir que tous les Ntt)t^«ja( ûiitde grands efforts pour se sauver...
^^^ IfUmfHêt if MLi désespoir. Le désespoir fut le péché J^ CUZtt : %)l\>ii pèdié est trop grand », dit-il, «pour «<ife^ IVtx txte le {vurdanne*». » (Gen., nr, 13.) Ce fut le ^^ ik^ J^fedEas^ {u\ après son déicide, alla se peniJV... >littî)u. \\v:u T* AeL, i, 18.) C'est la tentation à<^ t>^duc^a^ ie ^^!iear?... Mais que d'exemples pour Iwr dknuhfc cvfiiiirKe! David... la Madeleine... s^itt ^rc^^^i. le K'a lanv^n... saint Augustin, et tant d^ saitttsi et vie sùates qui se sont convertis !...
Cour»^ dozK^ es cvxEt&mce, pauvres pécheurs ! vous dirai-je avec saiuî Au4:u5^n. Si vous redoutez les coups de îa ji»tioe à*\iiïe. jeîe^-vous dans ses bras: elle ue pourra \ous frapper... RrHX*urez à ^arie, le n^lUge îi>*urë des lâcheurs : s;aint Bernard nous alAruie qu'il est inouï qu'elle ait jamais laissé périr Mil *eul de ses vrais serriteurs...