VI
Qae votre nom soit sanetifié«
Notre-Seigneur Jésus-Christ a renfermé tout ce que nous devons demander à Dieu dans la courte formule qu'il a enseignée à ses apôtres. Il y a dans TOraisoit dominicale deux ordres de demandes : les unes regardent Dieu et sa gloire, les autres se rapportent à nous et à nos besoins. La vraie piété veut que nous mettions en Dieu toutes les affections de notre cœur, comme en celui qui seul est le souverain bien. Il doit être chéri du plus parfait amour dont nous sommes capables. Or il ne peut être aimé comme il faut, si sa gloire n'est préférée à toutes sortes de biens et à toutes les créatures. C'est donc très justement que Notre-Seigneur a mis avant toutes les autres demandes que nous devons adresser à Dieu, celle qui regarde sa gloire : non pas cette gloire que les théologiens appellent interne, que Dieu possède en luimême de toute éternité et qui ne peut être accrue, mais la gloire externe et qui peut être plus ou moins grande, selon que les créatures le connaissent et l'aiment davantage.
'éditons cette première demande : l' dans son objet; 18 ses conséquences pratiques pour nous.
'^ans son objet, — De même, dit le Catéchisme du
Concile deTreDte,ademêiiie qae les habitants du ciel rendent gloire à Dieu avec un concert parfait, et qu*ils le louent de toutes leurs forces et de toute l'étendue de leur cœur en répétant ce sublime cantique : « Saint, saint, saint est le Seigneur Di^u » (Isai., vi, 3. Apoc, IV, 8), nous demandons qu'il soit de même glorifié sur la terre. Nous désirons que toutes les nations connaissent Dieu 5 qu'elles l'honorent et le servent ; qu'il n'y ait aucun mortel qui n'embrasse la religion chrétienne, qui ne se dévoue tout au service de Dieu, qui ne soit persuadé que toute sainteté vient de lui comme de sa source, et que tout ce qui est pur sur la terre prend sa pureté dans celle de son nom, L'Apôtre a dit en effet que « TÉglise a été puriflée par Teau dans la parole de vie» (Ephes. v, 26); or la parole de vie, c'est « le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans lequel nous sommes baptisés et sanctifiés. Ainsi, puisqu'il n'y a ni sainteté, ni expiation, ni pureté, dans celui sur qui le nom de Dieu n'a pas été invoqué, nous désirons et nous demandons à Dieu que le genre humain entier sorte des ténèbres impures de l'infidélité ; qu'il reçoive la lumière de Dieu et qu'il reconnaisse la puissance de son nom, afin que, cherchant en lui la vraie sainteté, et recevant le baptême de la sainte .Trinité, il acquière la vraie sainteté par l'effet même de la grâce de Dieu.» (Cat. du Gonc, de Trente.)
« Notre demande se rapporte encore à ceux qui, par les crimes dont ils se sont souillés, ont perdu la pureté du baptême et la robe d'innocence, et qui ont été assez malheureux pour tomber de nouveau sous
» TjUî«uirirîf (h: âfmon. Nous désirons et demandons
. ';-^i îTiif >:iL z-:::: soit sanctifié en eux, c'est-à-dire M i> ^uir^JL-; îci fîix-mêmes ; qu'ils reviennent à de v.\ ilLUj> s-'c;: rvoîs ; qu'ils recouvrent par la pénit'u-s ttur ifïiiiière innocence; et qu'ils redeviennent i^*- u»niJieî> saints, dignes de l'auguste présence du
. Noa5 iemanJons à Dieu qu'il éclaire de sa lumière
.oa:^ies esprits, afin qu'ils reconnaissent que «tout bien
ixc»eileuL et tout don parfait vient de lui», (Jac, i, 17),
4ui est la ïouree de toutes les grâces. Mais l'objet
;»iii-tictiiier ie uos vœux est que tous connaissent et
rf %t reuî 'a trè^ ?aiute épouse de Jésus-Ghrist, TÉglise
aoire -iitue, qui seule possède cette source abondante
vH iuiarisî^able Je sainteté, où toutes les souillures du
Vtclie peuvent être purifiées, où se trouvent tous les
•ui. vtii? le salut et de sanctification , et d'où la céleste
■.iisc'.' ie . .1 >Kiiutete coule dans nos âmes comme par
iut.iLu .it' cMiKiux sacrés. Elle seule a le droit, avec
.es ;"iiûuu> .laoile reutertiie eu son sein, d'invoquer
X' iioiu àiMii, lui Act., IV, \i) « est le seul sous le
.ici \idv k\{ac[ il soit donné à l'homme d'opérer son
i.i* :k»ui c'est celui Je Notre-Selgueur Jésus-Christ,
.jiu- :uMs Jovous désirer de voir sanctifié dans tout
'. uaiNfi'» ,'.>uiiuc il le mérite. A ce nom tout genou
ir.î Uv.Kî KiJis îo cioL sur la terre et jusqu'au fond
il'.. .iiiCiN . l»hilipp.. Il, 10. y
u. v.''ivmi/ii« fut\< 'jraii((ue;i pour nous. — Notre qua-
hls Uuiuuivîc lioa seulement que nous priions
.>Uc iMou uoUc Père, mais aussi que, par nos
actions et toute notre conduite, nous nous efforcions d'honorer son saint nom. Et plût à Dieu qu'il ne s'en trouvât point qui, après ayoir demandé dans la prière la sanctification de son nom adorable, le déshonorent par leurs actions, et quelquefois même sont cause des malédictions qu'on fait contre lui I C'est d'eux que l'Apôtre a dit : « On blasphème le nom de Dieu à cause de vous, parmi les nations.» (Rom., ii, 24.) Et auparavant Ézéchiel avait écrit : « Ils se sont mêlés avec les nations, et ils ont habité avec elles, et ils ont rendu mon nom méprisable, ce qui a fait dire d'eux à ces nations : Ce peuple est le peuple du Seigneur, et il est sorti de la terre qui lui appartenait, a (Ezec. xxxvi, 20.) En effet, telles on voit la vie et les mœurs de ceux qui professent une religion, tels cette religion et son auteur sont jugés par la multitude ignorante. Et par là même, les chrétiens qui conforment leur conduite et leurs prières à la religion qu'ils ont le bonheur de professer, donnent aux autres un des plus grands moyens de louer, d'honorer et de glorifier le nom du Père céleste. C'est même un devoir que Jésus-Christ leur a imposé, de porter tous les hommes à bénir le saint nom de Dieu par Téclat et le bon exemple de leurs vertus, puisqu'il dit dans TÉvangile : « Que votre lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matth., v, 16); et saint Pierre, après lui : u Conduisez-vous parmi les gentils d'une manière pure, afin que, vous jugeant d'après vos œuvres saintes, ils glorifient Dieu. » (I Petr., ii, 12.) Le meilleur moyen que nous ayons dft ds^wûsx ^
Dieu la gloire qui Ini retient et de sanctifier son nom, c'est de nous conduire toujours dételle sorte que par nos œuvres on reconnaisse que nous sommes ses enfants et les vrais disciples de Jésus-Christ. Observons avant tout ses saints commandements. Accom« plissons envers le prochain toutes les œuvres de la charité. Aimons nos frères, prions pow ceux qui nous baissent et nous persécutent, rendons persévérammont lo bien pour le mal. Par nos bons exemples, forçonM les plus aveugles et les plus incrédules à nuulro hommage à la beauté et à la sainteté de lareli- KIou à laquoUo nous avons le bonheur d'appartenir. ('«>Ht alitHi qu*en demandant à Dieu que son nom soit nanotitU^. nous verrons s'accomplir sur la terre ce que loiA aii(t«»« ot les maints contemplent eux-mêmes dans
lo \M0L
VIL — Le ràgne de Dieu.
Jir/rsî^( regnum tuum. (Mattb..
v^ :>' t 'îrc T^gne arme.
1 ï\\<no vui le rv^vHUiue d.>«: il est ici question, est vlo Wllo iKHtuiv» iiue touî Ib^iittitle semble ne se rap- |vrUT i;ifà lui, l\iu:!t le $ubUiue s<*rmon sur la mont«^«e. ^'u V'^rUv.t vies V,itrtudes, le divin Sauveur i^visl lo rv»\Autv.o oes o::?'U\ ovHume larsHiment et le ^^V^'^^ ^lo ^i^oi» vl*>wu:^: * lî:;>ïiheuwuv sont les pauvres >à^ *^x^*r\î. i\tr\>f ^uo 'e rv^yîur.w vU*:? cieu\ est à eux.» ^^Ut^ x\ » :^. l M ,v;:r. oJtt ^t*uç !e ^rteiùT-vians une ville : il (5iut>. r^^vJttsî' l'v ♦ *\\>« ^'vo:^xcuc^ l< t^T^Lume de
Dieu aux autres cités.» (Luc.,iv, 43.) Eafia, durant les quarante joyirs qu'il passa encore sur la terre après sa résurrection, il apparut fréquemment à ses apôtres pour leur parler du royaume de Dieu. Quel est donc ce royaume ? C'est d'abord cette autorité que Dieu a sur toutes choses, sur Tunivers entier et en particulier sur l'homme. C'est encore cette providence qui nous gouverne, veille sur nous et pourvoit à tous nos besoins. Mais, à proprement parler, le royaume de Dieu dont nous demandons la venue, c'est : !• en ce monde^ sa grâce ; 2° en Vautre, sa gloire.
I. Sa grâce. — Bien que Jésus-Christ ait déclaré que son royaume n'est pas de ce monde (Joan., xviii, 36), et qu'il ait laissé aux hommes le soin de gouverner les cités, les provinces et les empires, ce serait le bonheur de la société, si elle n'avait pour se diriger que les lois et l'autorité de Dieu. Que faut-il à un peuple pour se rendre heureux.^ Un prince, un roi qui se fasse une règle de s'inspirer de l'Évangile dans l'exercice du souverain pouvoir : un saint Louis, par exemple, qui veut, avant tout, que Dieu soit honoré et servi dans ses États. Aussi une nation qui reconnaît Dieu pour son premier maître, est une nation glorieuse; au lieu d'être dans la servitude, elle règne : car servir Dieu, c'est régner : Cui servire regnare est..; Cependant si, à cause de la malédiction qui pèse sur le monde, nous ne pouvons espérer de voir ce règne de Dieu s'y établir, nous demandons au moins qu'il s'étende sur notre âme par sa grâce, et non seulement sur notre âme à chacun de nous en particulier, mais encore sur l'âme de nos frères, sur l'âme de tovi^ V»?. \îkawi-
mes; nous le prions qu'il règne sur TÉglise, la patrie des ftmes ici-bas; nous le prions que cette Église s'étende, se propage, qu*elle embrasse dans son sein tous les peuples et toutes les générations... Le royaume de Dieu» en ce monde, existe surtout dans l'élise et s'exerce par l'Église. Or, tant que l'univers entier ne sera pas soumis à relise, nous ne pourrons cesser de faire à Dieu cette demande : « Que votre règne arrive. » Qu'il arrive chez ces nations et ces peuples qui n'ont pas encore été éclairés des lumières de la foi, et n'ont pas encore courbé la tête sous le joug bienfoisant de l'Évangile. Que le règne de Dieu arrive dans ces contrées envahies par Terreur et arrachées & l'empire de Jésus-Ghrist; qu'il s'établisse là où Fautorité divine de saint Pierre et de ses successeurs a été renversée pour faire place à une autorité tout humaine, à un pouvoir qui peut bien soumettre les corps, mais qui n'a aucun droit sur les âmes.
Le règne de Dieu, ah I demandons qu'il arrive et se raffermisse à jamais sur les peuples catholiques, et en particulier sur notre patrie, qui voit d'abominables sociétés souffler de toutes parts le vent de la révolte contre Dieu et contre son Christ : car aujourd'hui plus que jamais nous pouvons dire avec le Psalmiste : Qmre fremtierunt génies ^ etpopuli meditati sunt incmiaf a Pourquoi les nations ont-elles frémi, et les peuples ont- ils médité de vains complots? Les rois et les princes de la terre se sont assemblés en conseil, et ils se sont dit : Brisons leurs liens, et jetons loin de nous leur joug.» (Ps. ii, 1-3.) Insensés qui ne voient pas ifu'en supprimant le règne de Dieu, ils courent à leur
perte et entraînent après eux les peuples à une irrémédiable ruine !
Quoi qu'il en soit du monde qui nous entoure et au milieu duquel nous sommes obligés de vivre, ne cessons de demander que le règne de Dieu vienne en nous. Que Dieu soit le maître absolu de notre âme et de notre corps... Que sa loi sainte soit la règle invariable de nos pensées, de nos désirs, de nos jugements, de nos affections, de nos entreprises, de toutes nos œuvres. Ne négligeons rien pour étendre ce règne autour de nous, par notre zèle à prendre la défense des intérêts de Dieu, et plus encore par la salutaire influence de nos bons exemples. C'est par là que nous nous préparerons à passer du règne de la grâce au règne de la gloire.
II. Sa gloire. — Le vrai royaume de Dieu, c'est celui du tîiel. Il est comme le couronnement et la récompense du règne de la grâce, que nous aurons accepté 3n ce monde. Il en est l'acbèvement et la perfection, d'est ce royaume que nous appelons de nos vœux et lont nous demandons la venue : Adveniat regnum tuunu ^uUe langue humaine n'en peut dire la beauté, les grandeurs, la magnificence. A. l'acquisition de ce royaume nous devons tout sacrifier. « Le royaume . ies cieux », dit Jésus-Christ, « est semblable à un trésor caché dans un champ, l'homme qui le découi^re le cache de nouveau, et plein de joie il s'en va, irend tout ce qu'il possède et achète ce champ. ))(Matth. , iiii, 4i.) C'est de ce royaume que l'Apôtre saint Paul lit : (( J'ai renoncé à tout et j'ai tout regardé comme le la boue, afin de gagner Jésus-Christ.» (Philip., m, \.) C'est vers ce royaume que les savoir a«çtti\^\^
de toute Tardeur de leur âme. C'est vers ce royaume aussi que doivent tendre nos pensées, nos désirs, nos espérances. Ah! demandons ce royaume : ce royaume de la paix, où il n'y a plus d'ennemis à combattre, de liberté à revendiquer, de foyers, de propriété, de religion à défendre... ce royaume du repos où il n'y aura plus de travail, de sueurs, de fatigues... ce royaume du bonheur pour l'esprit, pour le cœur, pour le corps, du bonheur sans mélange, du bonheur sans fin... Et, en demandant ce royaume, n'oublient pas que nous ne pouvons y arriver que par la lutte et la violence: Violenti rapiunt illud. (Matth., XI, 12.) Des ennemis nombreux et jaloux nous en disputent la possession. Ce sont nos passions, nos vices, nos mauvais penchants : soumettons-les à l'empire de la raison éclairée par la foi. Ce sont les exemples et les séductions du monde : sachons nous en affranchir par les habitudes viriles d'une vie chrétienne. Ce sont les esprits de ténèbres : nous en triompherons parla prière, le jeûne et l'aumône, selon que l'enseigne Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même : Hoc genus ex nullo potest exire^ nisi in oratione etjejunio. (Marc, TX, 28.) Heureux si nous faisons courageusement la conquête de ce royaume 1 sa possession nous sera assurée, à tout jamais.
YIII. — La volonté de Dieu.
Fiat voîuntas tua, sicut in cœlo et in terra. (MaUh.,vi,10.)
Que votre volonté soit faite sar la terre comme au ciel.
Le péché nous a rendus si misérables, que, semblables à des malades, nous avons perdu le goût des choses bonnes à la santé et au salut de notre ftme. Gomme des frénétiques, nous ne savons que nous nuire et nous précipiter en toutes sortes de maux, que nous regardons comme des biens dignes de tous nos désirs. Nous sommes sous le poids de cette malédiction mise par le Seigneur dans la bouche d'isaïe : « Malheur à vous qui appelez bien le mal, et mal le bien, qui changez la lumière en ténèbres, et prenez les choses amères pour les douces et les douces pour les amères.» (Is., v., 20.) Pour nous tirer de ce désordre, il faut que nous ayons recours à Dieu, sans qui nous ne pouvons rien pour notre salut. L'unique moyen de redresser notre volonté pervertie et de réparer nos misères, c'est de demander au Seigneur l'accomplissement de sa sainte Yolonté. Ce qui nous a perdus, c'est la désobéissance et la révolte ; il n'y a maintenant, pour nous sauver, que l'obéissance et la soumission : Fiat voluntas ma, Hcutincœlo et in terra.,..
Voyons donc 1 • ce que c'est que la volonté de Dieu ; 2° la parfaite soumission qui lui est due.
I. La volonté de Dieu. — Il y a en Dieu deux sortes de volontés, disent les théologiens : l'une, qu'ils appellent volonté de bon plaisir, et Tautre, volonté de signe. Par la première, Dieu veut une chose d'une volonté absolue et efficace, que rien n'arrête dans son exécution. Omniaqnxcumque voluitfecit. (Ps., CXlil, 3: cxxxiv, 6.) C'est ainsi qu'il a voulu que la lumière Mt. et elle a été... ^Gen., i, 3.) Bien que Texécution de ci»lte volonté ne dépende pas de nous, nous devons nous complaire à tout ce qu'il plaît à Dieu d'accomplir par ello eQ disant : Fiat voluntas tua.,. Par la volonté ^e si- $tie« Dieu fait connaître ce qu'il veut, et laisse aux t^tnfS intelligents, les anges et les hommes, le soin de se conformer eu tout à ses ordres. A cette volonté se rapportent les pix^eeptes, les lois, les a\is, les conseils qu*il donne aux hommes. Eq les leur donnant, il ne les contraint pas, i) ne les nécessite pas ; il leur laisse la liberté iracoomplir ses commandements ou de les viv^îor, de suivre ses conseils ou de les mépriser. L'honuiîe est libre, et c'est pour lui la condition nécessaire du mérite ou du démérite. S'il est récompensé on faisant le bien, c'est parce qu'il pouvait faire le mal ; s'il est puni en faisant le mal, c'est parce
qu'il pouvait taire le bien et qu'il le devait
Ta^î-s donc que nous demandons à Dieu l'accomplisi^ement de sa volonté, nous demandons premièrement qu'il nous donne la force d'obéir à ses commandomonls, et de le servir tous les jours de notre \io dans la justice et la sainteté ; la grâce de faire InutoK choses conformément à ses désirs et à sa vo- J«/rii«*, i]o remplir tous les devoirs que la sainte
Scrîture nous rappelle, de nous conduire en toutes ;hoses avec son secours et son assistance, comme 1 convient à ceux qui sont nés non de la chair mais ie Dieu, imitant l'exemple de Jésus-Christ, qui «s'est Cait obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix» (Phil., II, 8); enfin, d'être toujours prêts à tout souffrir plutôt que de nous écarter en rien de sa volonté.
En second lieu, quand nous disons : « Que votre volonté soit faite», nous détestons les œuvres de la chair, dout TApôtre a dit : « Les œuvres de la chair sont manifestes, savoir : la fornication, l'impureté, la luxure, » (Galat., v, 19) etc.; et en môme temps nous demandons à Dieu de ne permettre pas que nous suivions en rien l'attrait du plaisir, de la volupté, ou Tentralnement de notre faiblesse, mais de régler notre volonté sur la sienne....
Nous le prions encore de ne point nous donner ce que nous lui demandons quelquefois, parce qu'il nous parait bon, mais qui nous est suggéré et qui ne nous parait tel que par une mauvaise inspiration du démon transformé en ange de lumière. Ainsi, lorsque le prince des apôtrespressaitNotre-Seigaeurdene point se livrer à la mort, il en fut sévèrement repris. (Marc, viii, 32-33.) Jacques et Jean, irrités contre les Samaritains, qui avaient refusé de recevoir leur maître, voulaient que le feu du ciel descendît sur eux, pour les punir de leur inhumanité; mais Jésus-Christ leur dit: «Vous De savez pas à quel esprit vous appartenez : le Fils de l'homme n'est pas venu pour perdre les âmes, mais pour les sauver.» (Luc, ix., 54-56.) Si donc Tobjetde
nos désirs n'est pas confonne aux vues de Dieu, noi devons demander que sa volonté se fasse et im\ la nôtre.
II. Parfaite soumission qui lui est due» — En demandant à Dieu la grâce de lui obéir, nous le prions en même temps de rendre notre obéissance semblable à celle des aoges et des saints dans le ciel : Fiat voluntas tua sicut in cœlo et in terra.
Dans le ciel, la soumission à la volonté de Dieu est %• universelle. Les glorieuses phalanges, les Séraphins, les Chérubins, les Trônes, les Dominations» les Puissances, les Archanges, les Anges; tous les ordres des Bienheureux et des Saints n'ont d'autre volonté que celle de Dieu. Que faudrait-il autre chose, pour faire de la terre la parfaite image du ciel, sinon que devoir tous les hommes empressés d' accomplir en toutes choses la volonté de Dieu ? Mais, pour la créature, il n'y a rien de plus grand, de plus glorieux, de plus digne. Le Fils de Dieu lui-môme n'est venu en ce monde que pour faire la volonté de son Père. (Joan., vi, 38.) • Ma nourriture », disait-il, « est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé. » (Joan., iv, 34.) Après cet exemple quel roi, quel prince, quel maître, quel honune enfin, si grand, si puissant, si élevé, pourrait prétendre de s'affranchir de cette loi universelle ?. ...
2° Dans le ciel, la soumission à la volonté de Dieu est entière. Elle s'étend atout, sans distinction, sans exclusion. Ainsi doit être la nôtre sur la terre. Quels que soient les commandements qui nous sont faits, quelque difficultéqueprésenteleurobservationànotrefaiblesse, à notre amour-propre, à notre délicatesse, nous devons
nous y soumettre généreusemeat, persévéramment.
Dans toutes les circonstances et les événements de la TÎe, dans les épreuves, les revers, les infortunes, les accidents, les maladies, sachons voir la volonté 4e Dieu qui s'accomplit à notre égard, et soumettonsnous à tout avec amour. Rappelons-nous les exemples que nous ont donnés Job dans la perte de ses richesses, de sa famille et de sa santé, et Tobie dans sa cécité' et sa captivité....
3"" Enfin, dans le ciel, la soumission à la volonté de Dieu est prompte, ardente, inspirée par l'amour, dégagée de tout intérêt et n'ayant en vue que la gloire de Dieu. Tel doit être sur la terre notre empressement à obéir en tout aux ordres de notre souverain maître. La divine volonté nous est manifestée par la parole de l'Église, par la voix de nos parents, de nos supérieurs : soumettons-nous à cette parole, écoutons cette voix comme la parole et la voix de Dieu lui-môme. Appliquons-nous à pouvoir dire chaque jour et en toute occasion avec Notre-Seigneur Jésus-Christ : Quœ placita sunt ei fado semper ; je fais toujours ce que je sais être agréable à mon Père. (Joan., viii, 29.) Après avoir accompli fidèlement sur la terre la sainte volonté de Dieu, nous mériterons de l'accomplir éternellement avec les anges et les saints dans le ciel. Ainsi-soit-il.