‹ Manuel de prédication populaireChapitre 6 sur 90 · I. En elle-même. — La foi est donc un don de Dûvv · texte numérisé non relu

I. En elle-même. — La foi est donc un don de Dûvv

uuerertu surnaturelle, par laquelle nous ctoioxl^I^'c

mement tout ce que l'Église nous enseigne, parce que Dieu raidit et qu'il est la vérité même.

r La foi est un don de Dieu... une aumône, un bienfait que nous tenons de la libéralité de notre Père.

%'> Une vertu surnaturelle, qui nous porte à croire sans hé^tation tout ce que Dieu a révélé à son Ë^glise, parce qu'il est la vérité même...

11. Sa^cemté.^V Pour notre justification, comme saint Paul nous l'enseigne expressément : Corde cre;dituradjustitiam;ii\\taMt croire de cœur pour arriver à la justice.. .»(Rom., x, 10.) a Dieu, riche en miséricorde, lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie en Jésus-Christ, par la grâce duquel nous sommes sauvés, et cela par la foi. » Gratia estis salvati per fidem... (Eph., u, 8.) Ce n'est pas, certes, que la foi seule suffise pour le salut; mais elle nous fait prier, agir, et devient ainsi comme le fondement, le principe de toute justification...

Dans l'Évangile, Notre-Seigneur nous montre clairement la nécessité de la foi. Que demande-t-il aux malades, aux lépreux, aux aveugles, avant de leur accorder la guérison qu'ils sollicitent ? Il leur demande s'ils croient à son pouvoir, à sa parole... Le ceutenier... la Chananéenne... Thémorrolsse, ne sont exaucés qu'à cette condition... «Croyez, et tout vous est possible... » (Marc, ix, 22.) <c Qu'il vous soit fait selon votre foi... » (Matth., viii, 13.) « Croyez- vous ? » dit-il à Marthe. «Oui, Seigneur, je crois v, dit-elle; et Lazare est rendu à la vie. (Joan., ît» 26-27, 44.)

La foi est le fondement de respérance*.. de la cba-

— irrité... de lliuinilitA... de la patience... de la crainte

du Seigneur...

V La foi est nécessaire comme sacrifice de Tesprît.

Dieu est le maître souverain de notre âme comme de

notre corps : il règne sur notre volonté par sa loi et

ses préceptes;... il règne sur notre esprit et sur notre

raison par les vérités qu'il impose à notre croyance...

Ge sacrifice est souverainement digne de Dieu et de

l'homme : car rien n'est plus raisonnable que de se

soumettre à Dieu et de croire à son infaillible parole.

de sacrifice est si nécessaire, que Dieu Ta exigé de

tout temps. Ge n'est que par la foi, nous dit le grand

Apôtre» qu'Adam, Abel, Abraham, David et les autres

saints patriarches et prophètes ont été agréables au

Seigneur... (Hebr., xi.)

Par la foi, les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges, ont triomphé du monde et conquis le ciel. . . «Prêchez TÉvangileà toute créature», dit Jésus-Christ, t Celui qui croira, sera sauvé ; et quiconque ne croira pas, sera condamné. » (UarG.,xyi, 15-16.)

III. Qualités.^ La foi doit être : 1® ferme^ c'est-à-dire qu'il faut croire les vérités de la religion sans hésiter et avec une telle assurance, que rien ne puisse l'ébranler : ni les Incertitudes de notre esprit, puisque Dieu ne nous demande pas de comprendre, mais de croire ce que nous enseigne l'Église.. • ni les tentations du démon, puiscfue nous savons qu'il est le père du mensonge et que Dieu est la vérité même... ni les objec* tions de l'impie : elles ne peuvent rien contre l'enseignement infaillible de l'Église...

%• Vmverselff^ Il fyut croire toutes \e& ^^tv\i^% ^^

b* iatm'M 5Î*i:;:c!g--5- i3s»î'iâ— ii>ja? iicà saisi Mlt*^

^' ApiLhBOé iz rs:int{^ I. =rc SjS^ ^&» de croire^; Cjsdè L 1&;2C i^e: dr ^XL-iiniefs tMi;câ cbûtses d'im rsi-iiï-^i* ?i:Lf:r=ï* i a r^^yaiK». * De qsùi serl-îl i l'fa^moxr i. d:; s&int Ji/cques. < de sc Jeikitierd'aToirla !oi, s'il o'i |m^ les îhi^t^ ^^ . De iDciDe quHiii corps sAns im^ est an tt^ips mon, de mézce U foi sans les 'hnrrti est une toi mvrte. i Jae,. ii. M. â«.)

DeixiâDdon à Diea d'augmenter en nous la foi, afin que nou5 en pratiquions les OBovres et que nous on obtenioDS la récompense. ..

lY. — Existence de Dieu.

Diwii fMtpMM w «orde smo: A'oii at Dêus. ;Ps. un, 1 ; ui» i.)

L'insensé ^ dit en son cœnr : Dien n*est pas.

Ce n'est pas à des chrétiens qu'il faut prêcher rcxistence de Dieu. (Test la vérité fondamentale sur laquelle repose toute leur croyance. C'est aussi la source de leur» plus douces consolations en ce monde. Ils vent que ce Dieu est leur créateur, leur maître, ir bienfaiteur, leur père,... et qu'ils ^ont destinés à

le Tmr et à le posséder dans; le ciel... Maifi à côté des ArttieDs il est des hommes de mensonge qui, livrés à toutes les passions de leur cœur dépravé, s'efforcent d'éteindre la foi dans les âmes, et qui, se mentant à mix-mémes, disent avec l'insensé dont parle l'Écri* Mire : « Il n'y a point de Dieu. » Non est Deus.

Pour confondre le libre penseur impie et raffermir leehrétien dans sa foi, montrons que Texistencede Weu est : !• une vérité de raison ; 2® une vérité de foi ; et 8* tirons-en les conséquences,

I. Vérité de raison. — V L'idée même de Dieu est naturelle à l'homme... Consultez-vous vous-même, et voyez si rien n'est plus conforme à votre bon sens que de reconnaître l'eiistence d'un Être tout-puissant, créateur de toutes choses?.... On ne peut avoir l'idée de ce qui n'existe pas... Je puis me représenter, par exemple, une montagne d'or ou de diamant ; mais je ne pourrais en avoir l'idée si je ne savais ce que c'est qu'une montagne et ce que c'est que l'or ou le diamant... Si donc j'ai l'idée de Dieu, c'est parce que Dieu existe...

2* Le consentement universel des peuples prouve l'existence de Dieu : anciens et modernes, barbares et civilisés, tous reconnaissent une Divinité.

3* Le monde existerait-il, si Dieu ne l'avait tiré du néant 7... Un palais, une maison attestent un areiiitecte... ime horloge prouve un horloger... De même le oiel et les astres, la terre et les mers proidament qu'il y a un Dieu qui les a faits...

i* L'ordre qui règne dans ce magniûque univers^ ifegtrit paB la preuve manifeste q^x'uxxe «a^oiSfife ^^s^:*

wniae m prindè 1 sob offamntion? Un État, un royaniae^ une riik où se Toient Tordre et lluurmonie, «ttesteot le t^nie orcaoisateur qui a réglé toutes dioseï dan? eet Ê^^t. cette rille ou ce royaumep. .

i* Que D'aurion^DOBS pis à dire ai noua pouTions examiner en détail la nature de l'homme, les fiicultés de son âme, rorianisation de son corps T

IL V/riié it foi. — L'existence de Dieu, établie et prouTée par la raison, est encore une Térité de (bî.

1* Dieu a daigné se rérèler lui-même en mille endroits des Écritures. Nous le voyons s'entretenir atec Adam... Noé... Abraham et les saints patriarchea... Il apprend son oom à Moïse : «Je suis celui qui est. » Effosum quisum, (Eiod., m, U.)

2 ^ Jésus-Christ est Tenu nous le faire connaître» « La lie étemelle ■ , a-t-il dit, « consiste à vous connaître et celui que tous avez envoyé. » H«o est vita xtema^ ut cognoscant te... et quem mUisti Jesum Christum. (Joan., XVII5 3.)

3« L'Église catholique met l'existence de Bien en tête de son symbole: Cre^jo ttiDeum... «Je crois en Dieu...» Elle a mission de prêcher cette vérité à tous les peuples de Tunivers...

Parce que, dans nos temps d'impiété et de libre pensée» des hommes ont osé nier Texisteuce de Dieu, l'Église, dans le dernier concile du Vatican, a fulminé Tanathëme contre ceux qui ont la témérité de révoquer en doute ce dogme de la foi : Si quis unum verum Deum visiMliutn et invisibilium Creatorem et Dominum negaverit : anathema tit... (Canon 1.} Si quelqu'un nie un seul vrai Dieu, Créateur et Sei-

^gueur de toutes choses visibles et invisibles, qu'il soit aoafbàme*...

III. Caméquenùês pratiques. -^ r Dieu existe, il est notre créateur et notre souverain maître : il a donc droit à nos adorations et à nos hommages... « Il a tout ùÀi pour sa gloire. » Universa propter semetipsum opératus est Dominus. (Pfov., xvi, 4.) Gomme toutes les autres créatures, l'homme doit tout rapporter à Dieu : pensées, paroles, œuvres...

S« Nous devons respecter tout ce qui se rapporte à Sùa culte : ses temples, où il fait sa résidence au .milieu de nous...; ses ministres, qui sont ses représentant^ et ses fondés de pouvoir... ; les actes publics institués pour honorer son nom, implorer ses grâces, apaiser sa justice, lui rendre grâce de ses dons.. «

d^ Accomplir sa loi sainte, nous soumettre à son adorable volonté, comme toutes les créatures nous en donnent l'exemple.. .

5® Défendre sa religion contre ses ennemis par nos IMurolcIl'fefmes et courageuses, et surtout en public par touites les œuvres dignes du nom chrétien...

Honorer Dieu, le servir fidèlement, c'est notre grandeur, c'est notre intérêt pour le temps et pour rt^lemité...

Y. — Attributs de Dieu.

Magnus DonUnus et laudabilU nmis.(Ps.xLYU,2; xcxv, 4; cxliy, 3 .)

Le Seigneur est grand et souYe»

rainement digne de louange.

Le monde que nous habitons nous révèle Pexistence d'un Être souverain qui Tatiriè du néant... Peut-on contempler Timmeosité des cieux, la multitude des étoiles qui brillent au firmament, la majesté de l'océan, sans éprouver le besoin de s'écrier avec leRoi^ Prophète : « Le Seigneur est grand et digne de toute louange»?... Si Dieu nous apparaît si grand dans ses œuvreSi que serait-ce s'il nous était donné de le contempler en lui-même?... Ce n'est qu'au ciel que nous pourrons voir face à face cette adorable majesté...

Disons cependant ce que Dieu a daigné nous révéler de lui-même ici-bas. Ses grandeurs nous apprendront nos devoirs.

L Ses grandeurs. — Qu'est-ce que Dieu ? Cfest, dit le Catéchisme, un esprit infini, éternel, in^ibipréhensible, qui a tout créé par sa puissandê et qui gouverne tout par sa sagesse... Dieu, c'est l'Être par excellence, l'Être proprement dit, l'Être infiniment parfaite. Il ne peut avoir de corps, car la matière est eeeentiellement limitée... elle ne peut être partout... elle est inerte par elle-même : le mouvement lui vient bailleurs...

L'homme a une âme qui pense, qui veut et qui rai-

sonne... ; cette âme est un esprit : qui donc lui a donné l'existence, si ce n'est cet esprit incréé que nous appelons Dieu?... Infini et possédant toutes les perfections. Dieu est éternel, c'est-à-dire qu'il n'a pas eu de commencement et qu'il n'aura jamais de fin... Icibas tout commence, tout change et disparaît. Dieu reste immuablement le même. Son nom par excellence, c'^est : « Celui qui est. » Ego sum qui sum.

L*6ntendez-Tous? Dans les saintes Écritures, il se déclare le souverain Maître et Seigneur de toutes choses : Ego Dominus. Le monde, l'homme, la yie et la mort, le ciel et l'enfer, tout est soumis à son empire... Toutes les créatures lui disent avec Job : o Ce sont vos mains qui nous ont formées.. • » (Job, x, 8.) Ce maître est le Tout-Puissant. Il n'a qu'à vouloir, et tout ce qtf il veut s'accomplit. Que la lumière soit, fiathx (6en.,i,3); et la lumière brille,.. Fiant luminana(ib.,U),queles astres paraissent; et voilà les astres, voilàle soleil et lalune quiétincellent au firmament..* Il commande, ce grand Dieu, aux vents, à la foudre, aux tempêtes... Il appelle toutes ces choses, celles qui sont comme celles qui ne sont pas... (Rom. iv, 17.) Aussi ne nous étonnons pas d'entendre les auteurs sacrés nous dire que la création et le gouvernement de l'univers ne sont que comme un jeu pour le Seigneur, que la terre et toutes les nations sont devant lui comme si elles n'étaient pas... Votre magnificence, mon Dieu, s'élève par delà les cieux. La terre est votre marchepied, et le ciel votre trône... De vos doigts vous soutenez la terre et balancez les collines... Du creux de votre main vous pesez la met^^îA»^^ ^xi

étendue vous mesurez les cieux... Vous envoyez la foudre, et elle va; et, revenant, elle dit : Me voici I,..

Qu'elles sont admirables, qu'elles sont incompréhensibles les grandeurs de notre Dieu I Pauvres mortels, purs néants, que pourrons-nous faire pour les honorer dignement ?

II. Nos devoirs. — Les devoirs que nous imposent les attributs de Dieu sont: 1^ la crainte. Cette crainte, nous dit l'Esprit-Saint, est le commencement de la sagesse : Initium sapientix timor Domini. (Ps. ex, 10, Eccli., I, 16.) Je ne veux point dire la peur qui éloigne et fait fuir l'esclave devant le courroux de son mattre... mais le soin, la vigilance à éviter le péché et tout ce qui pourrait déplaire à la majesté, divine... crainte qui doit nous porter à régler jusqu'à nos pensées et nos désirs les plus secrets, parce que Dieu scrute les cœurs et les reins...

8* Dieu est partout : partout aussi nous devons avoir le plus profond respect pour son adorable présence,.. Voyez Jésus-Christ lui-même, notre modèle : quels abaissements devant la majesté de son Père ! Il prie à genoux, il se prosterne la face contre terre... C'est à lui qu'il rend honunage de toutes les merveilles qu'il accomplit.. .

30 La vénération que nous avons pour Dieu, nous devons la montrer pour tout ce qui se rapporte à son culte... Cest à lui que s'adressent les prières de l'Église, c'est en son honneur que sont instituées les cérémonies... c'est à sa gloire que sont élevés nos temples ; il 7 fait sa demeure, il y répand ses grâces... Les inimetres sacrés patient ^n son nom ; ils fiont ses

ambassadeurs, ils exercent son pouvoir : respectonsles... les mépriser, ce serait le mépriser lui-même t Q^i vos spemit^ me spemiU,. (Luc, X, 16.)

i"" Un grand et noble devoir que nous imposent encore les attributs de Dieu, c'est de défendre sa cause devant l'impiété. A l'exemple de l'archange saint Michel, notre cri doit être aujourd'hui : Qui est semblable à Dieu?Qm tt^Detis?... Oui, qui lui est comparable en puissance, en sagesse, en beauté, en bonté, en magnificence, en justice?... Soyons les i soldats de Dieu par la parole, en proclamant et en re- [ vendiquant ses droits... par les œuvres, en accom- I plissant fidèlement tout ce qui est de son culte... par le dévouement, en étendant son règne... Oui, travaillons courageusement à sa gloire : il se charge luimême de la nôtre*

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