‹ Manuel de prédication populaireChapitre 7 sur 90 · VI. — La Sainte Trinité · texte numérisé non relu

VI. — La Sainte Trinité

EwikUs, doute (mnes génies»., baptizantes eoâ in nomine PatrUf et Filii, et Spiritue sancti. (Matth., zxyni, i9.)

Allez, enseignes toutes les na* tiens... les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Si la raison suffit pour nous démontrer Texistenoe d'un Dieu pur esprit, parfait, tout- puissant et créa^ ture de toutes choses, c'est le propre de la foi de nous révéler que dans une seule et même nature divine il y a trois personnes distinctes: le Père, le Fils et le Saint-Esprit... Vous n'attendez pas que je vienne

sonder devant vous les profondeurs de ce mystère : il n'y a que Dieu qui puisse se comprendre luimême. Aussi l'Église ne d^nande point de nous TexpUcatioQ de cette vérité ; il suffit que nous la croyions d'une foi humble et soumise... Ck)ntentons-nous de rappeler : 1* tes fondements de notre croyance à cet au^ gwte mystère; 2" les conséquences pratiques qui en résul^ tent pour nous.

I. Fondements de notre croyance. — Notre foi au mys« tëre de la sainte Trinité repose :

10 Sur le témoignage de Dieu même. En créant rhomme au sixième jour» Dieu s'adresse à lui-même cette parole étonnante iFaciamushominemadimaginemet svmiUtudinem nostram. (6en. ,1,26.) Qui ne voit ici comme un conseil que tiennent entre elles les personnes divines pour produire le chef-d'œuvre de la création?... 2» Les prophètes, en annonçant le Messie proiïiis au monde, lui donnent le titre de Dieu. Isale en particulier rappelle Emmanuel^ c'est-à-dire Dieu avec nous. (Isai., VII, U; Vili, 8. Matth., l, 23.)

3° Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a révélé dans tout son éclat cette vérité : Très sunt qui testimonium dant in cœlo : Pater ^ Verbum, et Spiritus sanetus. (I Joan. , V, 7.) Il parle distinctement de son Père et il promet à SCS apôtres de leur envoyer l'Esprit de vérité, qui leur enseignera toutes choses. Envoyant les siens pour enseigner toutes les nations, il leur commande de les baptiser au nom du Père, du Fils, du Saint- Esprit : ce qui indique clairement que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes distinctes et parfaitement égales en toutes choses.-

3* L'Église enseigne le mystère de Tadorable Trinité comme le premier de ses dogmes et le fondement de tous les autres. Cest au nom du Père, du Fils et du Saintr-Esprit qu'elle prêche TÉvangile, qu'elle [administre les sacrements, qu'elle accomplit, en'un mot, toutes ses œuvres... — Hais, dira-t-on, ce mystère est incompréhensible à la raison. Sans doute, mais il n'est pas contre la raison... Que de mystères dans l'homme et autour de l'homme I Gomme dit Bossuet, l'hoomie ne comprend le tout de rien...

Notre foi à ce mystère estl'hommage le plus glorieux

que nous puissions rendre à la suprême véracité de

Dieu. Cest l'immolation de notre orgueilleuse raison. ..

Elle est méritoire pour nous : Quicrediderit...iSalvus

'erii... (Marc., xvi, i6.)

Mais il faut bien nous garder de ne voir dans le mystère de la sainte Trinité qu'une vérité spéculative. Nous y trouvons encore le principe et le motif vivifiant de nos œuvres...

II. Lb8 conséquences. — Voici les conséquences pratiques qui en résultent pour nous. Par le baptême, qu nous a été conféré au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, nous sommes devenus : 1^* ^ enfants du Père: DedU eis potestatem fUios Dei fieri. (Joan., i, 12.) Dans tout l'Évangile, Jésus-Christ nous parle de notre Père qui est dans le ciel... Estoteergo vos perfectù simletPa-' ter vester cotiestis perfectm est* . .( Matth. , v, 48 .) « Lorsque vous prierez, vous direz aiosi : Pater noster, quies in cœto...»(Id.,vi, 9.) Quelle sublime alliance nous contractons par le baptême I Souvenons-nou s donc que noble&^e oblige et qu'il ne nous est pas permÀs d^ dL<^%<b\i<^^'^x.«

±* Eoiaots de Dieu le Père, nous sommes en même temps les * frères et les cohéritiers de Jésus-Christ » : Coh^rredes aut^m Càmfi... 'Rom., Tiii, 17.} Mais, pour mériterde partager avec lui rhéritage céleste, il faut croire à sa parole, être soumis à sa loi, imiter ses œuvres...

Si quis rult poit me ventre, abnegei semetipsunij et toUat crucem suam. (Matth., xvi, Si. Luc, il, 23.}. . L'abnégation de soi-même... la patience sont comme les principaux traits de notre ressemblance avec Je* sus-Christ..

3- Enfin, nous sommes devenus au baptême les temples du Saint^Eq>rU. Ne savez-vous pas, nous dit saint Paul, que \os membres sont les temples du Saint- Esprit ?••• Aussi, ajoute le grand Apôtre, si quelqu'un Yiole ce temple, Dieu le perdra : Disperdet illum Dem... (ICor., m, 16-17.)

L'Esprit-Saint s'appelle encore l'époux de nos âmes. Entre lui et nous Tunion doit être intime, indissolubie. Point d'infidélité donc, point de divorce...

Telles sont pour nous les conséquences pratiques de notre croyance à l'adorable mystère de la trèssainte et très auguste Trinité. Tous les jours donc, on traçant sur notre front le signe sacré de notre Ré* demption, prononçons avec le plus grand respect les Proies qui accompagnent ce signe : Aufwm du Pèrôy ^ Fils et du Saint-Esprit ; rappelons-nous nos sublimes alliances avec les trois personnes divines, et vivons de teUe sorte que nous méritions de les contempler un fdanaleur loire*

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VIL — E»a Providence.

Tua autem, Pater, providentia cunôta guhernat. (Sàp., xiv, 8.)

C'est Tolre providence, ô Phré, qtti gouverne toutti elioeet.

Quelle consolante pensée au milieu des épreuves inévitables de la vie présente que celle d'une Providence souveraine, qui préside à toutes choses et règle tous les événements avec une sagesse infinie ! Que le malheureux qui a laissé éteindre la foi dans son cœur, ose dire que Dieu ne s'occupe pas de ce monde et de ses événements, de l'homme et de tout ce qui le concerne; qu'il s'imagine que tout ici-bas marche au hasard, c'est un déplorable aveuglement. . . Pour le chrétien, il n'en est point ainsi ; il croit à la providence de Dieu, et voici: 1® les preuves sur lesquelles repose sa croyance; 2* les consolations qu'elle lut procure.

I. Preuves. — l*» Cette vérité que Dieu veille sur tous les êtres qu'il a créés et qu'il les dirige avec sagesse et bonté vêrâ leur fin, est inscrite à chaque page de la sainte Écriture, n Nous sommes », dit le Sage, « dans la main du Seigneur, nous, nos paroles et nos œuvres... » (Sap., VII, 16) « Tous les êtres », s'écrie David, tr attendent tout de vous, Seigneur, et vous leur donnez la nourriture dans le temps opportun. » (Ps. cXLiv, 15.) Saint Pierre invite les fidèles à jeter toutes leurs sollicitudes dans le sein de Dieu. (I Petr., v, 7.)

Écoutons Notre-Seigneur Jésus-Cbnal : vi'lQvs&Xçk^

cheieux de votre tête {sont comptés (Hatth., x, 50. LuCm Xii, 7), et il n*en tombera pas un »{Lac., xxi, tS) sans la permission de votre Père qui est dans le cieL*. a Considérez i»,ajoute-t-il,« les oiseaux du ciel, qui ne peuvent semer ni moissonner : les voyez-vous manquer de nourriture ?... (Matth., Vf, 26.) Et le lis des champs n'est-il pas mieuxvêtu que Salomon dans toute sa magnificence?...» (Matth., vi,28-29. Luc.,xii,27«)

2* Voulez-vous des exemples ? Rappele^vous l'histoire de Joseph. («Ne craignez point,» dit-il à ses frèrra: « ce n'est point par votre conseil, mais par la volonté de Dieu que j'ai été envoyé en Egypte... » (Gen., XLV, 8). Tout ce qui est arrivé au peuple juif, n'est-oe pas une preuve continuelle de la divine Providence.*, qu i veille sur l'Église ?. . .

3* La raison elle-même ne peut concevoir le monde sans l'action de la Providence.

Si Dieu créateur de l'univers ne le gouvernait pas, ce serait ou ignorance, ou faiblesse, ou négligence.

Or Dieu s*appelle le Dieu des sciences : Deus <dMtiarum Dominus. (I Reg., il, 3.)

Il est le Tout-Puissant. D'un mot il a tout créé : Dixit, et facta sunt. (Ps. xxxii, 9.) Gomment l'accuser de faiblesse?...

Celui qui étend sa sagesse jusqu'aux plus petites choses et prend soin d'un passereau et d'une fleur, fieùt ûssez voir qu'il ne néglige rien de ce qu'il a créé...

II. Consolations. — Croire à une Providence, c'est la consolation de l'homme ici-bas :

^ "* Dans ta souffrance. Quelles que soient les épreuves qui nous sont réservées, nous avons la certitude ab-

8olue et inébranlable jque rien n'arrive sans la poimissioD de Dieu. Cette maladie, ces douleurs, il les permet pour d^ uns à lui connues et pour notre plus l^d bien... < Quand même il me donnerait l^ mort, » s'écriait Job, a j'espérerais encore en lui» » iHam H oceidmt me^ in ipso sperabo. (Job, xiu, 15.)

r Sms Ub pauvreté. On prend souvent prétexte du grand nombre des pauvres et du petit nombre des riches pour murmurer contre la Providence*

ICais celui qui est déshérité des biens de ce monde» loin de se laisser aller aux murmures, se rassure en sachant qu'il a au ciel un bon Père qui veille sur tous ses besoins et qui lui recommande de chercher avant tout le royaume de Dieu et sa justice, parce que tout la reste lui sera donné par surcroît. Quœrite primum regnum Dei et justitiam ejtcsj et hxc omnia adjidmtur itokis. (Uatth., Yi, 33. Luc, xu, 31.) D'ailleurs cette distinction des pauvres et des riches est dans les desseins de Dieu un des plus grands liens de}la société...

3"* Dans toutes les épreuves ménagées en ce monde à la vertu. Il n'est pas rare de voir l'impiété victorieuse et triomphante, tandis que la vertu est exposée à toutes sortes d'humiliations. Mais l'homme de bien se ras- • sure : il sait qu'un jour l'ordre sera rétabli par cette Providenee à qui rien n'jest caché et qui saura faire éclater sa justice.

N'a-t^lle pas permis, cette adorable Providence, la persécution des apôtres, les supplices des martyrs, les calomnies, les injures, les outrages prodigués à tous les saints?... Les persécuteurs ^l V^ V{ts

r 'fiaient-ils pas au comble de la çuis&awç»^, ^^\^

tune et de toutes les jouiBsancesf Voyes oependast t les apôtres, les martyrs, les humbles vierges, sont dans la gloire, non seulement au ciel, mais encore 6ur la terre ; etlestyrans, que sont-ils devenus? Leur mémoire a péri avec le vain bruit qu'ils ont fait : Pertiî memoriaeùrumeumsanUu. (Ps. ix, 7.)

Donc confiance, et confiance sans bornes dans la divine Providence, toujours disposée à nous protéger sur la terre et à nous couronner dans le ciel i...

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