X. — Rémission de nos [dettes
DimitenoMs débita nostra, (Matth., VI, 12.)
Remettez-nous nos dettes.
La puissance infinie, la sagesse et la bonté de Dieu éclatent dans une infinité de choses : de quelque côté que nous jetions les yjBux, tout ce qui se présente à nos regards en porte des signes évidents. Mais il n'y a rien où se montrent davantage son amour et sa charité incompréhensibles envers nous, que dans le mystère ineffable de la passion de Notre-Seigaeur Jésus- Christ. C'est comme une source intarissable qui purifie les souillures de nos péchés ; et nous demandoBis à Dieu d'être arrosés et lavés des eaux salutaires qui en découlent, lorsque nous lui disons : « Rejoùettezûous nos péchés* » Ainsi cette damaxkde renferme en abrégé toutes les grâces dont le genre humain a été comblé par Jésus-Christ. « Les iniquités de la maisoft de Jaoob seront pardonnées, » dit Isale, « et toutJbe fryit sera d'ôter le péché. » (Is., xxvii, 9). David dit aussi la même chose, en chsuitant le bonheur dex^e^i.
qui ont pu participer à ce fruit salutaire : « Heureux ceux dont les iniquités ont été pardonnéesl » (Ps. XXXI, 10 Cette de mande étant si importante pour le salut, instruisons-nous : 1* des dispositions nécessaires^ poÊor bien la faire ; â"" de ce qu'il faut entendre par le mot
K KspositiùHs nécessaires, — Et d'abord, pour adresser à Dieu cette demande, il faut reconnaître soim^oie $e$ fautes, s'en repentir et les détester, et se <oafier en Dieu, dont la volonté est de pardonner aux pécheurs. Pour reconnaître nos péchés» nous n'avons qu à écouter la parole de Dieu lui-même, qui nous dit par la bouche de David : a Tous se sont détournés de la voie> tous sont devenus vains; il n'y en a point qui fàsseat lebieu» il n*y en a pas un seul i» (Ps. xiu, 3; LU. !• Rom,, m, 12*1 et par l'organe de Salomon : « Il uN a point sur la terre d'homme juste qui fasse le bien î^aus pécher. Oui peut dire : t Mon cœur est pur, et je $ui:$ exempt de peohê. > Saint Jean écrit aussi : « Si iK^u$ dl$ou$que uo us sommes exempts de péché, nous Uv^u$^trompou$ uous-mémes, et la vérité n'est point eu uou$. ^ vl J^^u,. L. S.) Ce qui avait été dit par les prv^phéUnss Jêsuis^'iirîst le leur avait inspiré, et il l'a confirme de nouveau^ eu nous ordonnant de confesser ttos fautes par cette demande.
Mais ce n'est pasasseide reconnaître que tous nous sommes sous le poids du péché ; il faut que ce souvenir nous soit amer* qu il afQige notre cœur, qu'il excite le remords et nous inspire une vive douleur. " 'meut ne pas nous attrister profondément du ir que nous «vovis ^u d'ottew^er Dieu notre
père, notre bienfaiteur de renouveler envers Jésus - Christ notre Rédempteur, la perfidie et la cruauté des Juifs, de renoncer à notre titre glorieux d'enfants de Dieu pour nous faire les honteux esclaves de Satan ?
Que si nous ne sommes point touchés d'avoir perdu la grâce et l'amitié de Dieu, soyons-le au moins des calamités et des misères dans lesquelles nous précipite le péché : il viole la sainteté de notre âme, épouse de Jésus-Christ; il profane en elle le temple du Seigneur. Et lorsque les saintes Écritures disent des pécheurs qu'ils sont boiteux, sourds, muets, aveugles, paralysés de tous leurs membres et frappés de mort, elles ne font qu'exprimer les suites funestes du péché.
Outre le regret que causait à David la grandeur de son crime, ce qui l'affligeait encore davantage, c'était d'avoir attiré sur lui la colère de Dieu... L'acte du péché passe ; mais la tache et Teffet demeurent, et la colère de Dieu menace et poursuit sans cesse le pécheur, comme l'ombre suit le corps. David, se sentant pressé par les aiguillons de cette colère redoutable, demandait avec ardeur le pardon de ses fautes.
La seule vue de nos crimes pourrait nous pousser dans le désespoir, si, d'un autre côté, nous n'étions rassurés par l'infinie miséricorde de Dieu. Or, que ce bon père veuille nous pardonner, comment pourrionsnous envoûter? Jésus-Christ s'est fait notre victime; il a donné à son Église le pouvoir de remettre les péchés ; dans les admirables paraboles de son Évangile ; Ja brebis égarée, la SammXaXtkfe^ \^ \<otssssr.
adultère, l'enfant prodigue, la Madeleine, le bon larron, il nous a fait connaître toute la mansuétude de son cœur pour les pécheurs repentants. Disons-lui donc tous les jours avec la plus entière confiance: Dimilte nobis débita nostra : a Père infiniment miséricordieux, remettez-nous nos dettes. »
IL Ce quHl faut entendre par nos dettes. — Si nous faisons cette demande dans les dispositions requises, nous obtiendrons de la miséricorde de Dieu tout ce qui est renfermé dans ce mot : dettes. Ce mot exprime on gonî^rdl tous les devoirs d'obéissance, de respect, do \oturation, d'amour, qui nous obligent envers Oitu. Nous no dem:indons point ici d'en être disiy;>«'> ; mjiis lunis prions Dieu qu'il nous délivre de va's ;V\'*:>os» l't oVst pourquoi saint Luc s'est servi du îvo: ... s .^'j 1: : u lie dettes : car, par le péché, nous xioNv'i V is V. .:.'.■> o-i ,:ovant Dieu, et nous contractons Toi» j^-i'. :: .:; -.i..-:.»: o, par la souffrance, aux peines ;;i:i Isii >.'.!: vi.:c>.... Non seulement nous sommes vvu d;^ o> i:iNci> l\::u, m:i!s encore nous sommes iiK.ijMj .> .ie -^ HNor i os dettes, puisque lepécheurne sur..i : sa: >:\i :o ;.\ii' 'ui-n-riiie. Nous avons donc bts;'::i .:.- v; , .v/; i .: niis^rloorde divine; et, comme la iiiiîc :... r u^ os: i:\s-4MraWedeIajustice, dont Dieu nore A i. • i.r. -s Us .-.rots, n.^us devons employer e-îso::.:.:^ :i ^l'^rt^cî [a protootion do Josus-Christ, d.^nt i-:s :ik' :cs s;:.: a'osoUiaîout nécessaires à quiconque vcu: 0:^:1:- e i\i:\ioa de ses péchés, parce qu ils s*.u: Les i^,-:io;ivs e: Li sour^n? de toutes nos satisiaot.oas vîiMîU à leur eitioa:ité et à leur nature. le Je S.iu\eur aç3.\<è §\it\8L ctrà.. ^\. ^ucçncl
nous particif)ons par les sacrements, lorsque nous les recevoQS en effet, ou même qiste noms désirons sei^ lement de les recevoir, est d'une si haute valeur, qu'il itoias obtient et qu'il opère ce que nous demandons ici, la rémission de nos péchés ; et non seulement la rémission des péchés véniels et les modBS oonsidérables, mais encore celle des péchés mortels les plus grands, pourvu cependant, quand il s'agit de péchés mortels, que nous recevions en même temps le sacrement de pénitence, ou du moins que nous ayons le désir de le recevoir : autrement noiis n'obtiendrions pas, par l'effet seul de cette prière, le pardon des fautes graves.
Nous disons nnos dettes)) bien autrement que nous avons dit «notre pain.» Ce pain est wdfre, parce que Dieu, dans sa bonté, nous l'a donné ; mais lespéchés sont nôtres, parce qu'ils sont en nous et qu'ils viennent de notre volonté. C'est donc en nous sentant et en nous avouant coupables, que nous implorons la clémence divine ; pour l'expiation de nos fautes, nous n'apportons aucune excuse; nous ne rejetons point la faute sur personne, comme firent Adam et Eve nos premiers parents ; mais nous nous accusons nous-mêmes, et nous répétons avec le prophète: «Seigneur, ne laissez point mon cceur s'égarer dans des paroles de malice, pour chercher des excuses à mes péchés. » (Ps. CXL, L)
Enfin nous disons : « Pardonnez-nous nos offenses, » et non mes offenses ^ parce q.ue les liens de la charité qui doivent unir tous les hommes, ^exigent que nous nous Lnténessions au salut de tous^ et c^u'ea i^iaxtt
pour nous nous priions aussi pour les autres. Cest dans cet esprit que Moïse disait à Dieu : « Ou pardonnez-leur cette faute, ou, si vous ne leur pardonnez pas, effacez-moi de votre livre » (Exod., ixxii, 31 -32)» et que saint Paul désirait d'être lui-même anathème pour ses frères. » (Rom., ix, 3.) Prions nous-mêmes dans ces saintes dispositions, afin que Dieu nous remette nos dettes et nous reçoive un jour dans sa gloire.