XIII. — Délivrance du mal
Sed libéra nos a malo. (Ha Mais déli?rez-noas du n
Cette courte parole, gui termine TOraison cale, est comme le résumé de tout ce que ] mandons à Dieu. Quel est le but de nos pri notre fidélité à observer les commandemeni ticiper aux sacrements, de toutes les bonne que nous entreprenons ou auxquelles nous socions ? C'est d'abord de procurer la gloire mais, comme Dieu n'a pas voulu séparer sa Ttùire propre bonheur, le terme, la fin de toi noUfS faisons de bien est d'arriver à la parfait qui, avant tout, consiste dans l'alfranchissi tout mal. Aussi Notre-Seigneur Jésus-Christ donner à ses disciples une dernière preuve ( dre sollicitude avant de les quitter pour enl la voie douloureuse du Calvaire, se contente à son Père : « Je vous prie de les préserver d (Joan.jXVii, i5.) Ce que ce divin Sauveur d( pour ses disciples bien-aimés, il le demaod nous aussi, et il veut que nous le demai notre tour.
Entrons dans l'esprit de Notre-Seigneur, e comment nous devons demander d'être 1° du mal du corps^ 2" du mal de rame,
I, Du mal du corps. — Est-il nécessaire de ^
9^1er les maux innombrables auxquels nocrs sommes «ïi butte dans la yie présente, et le besoin que nous ^rvons du secours de Dieu? <c L'homme qui naît de la ime, » s'écriait. Job, « Tit peu de temps, et sa vie remplie de misères. Il s'élève comme une fleur fjpiî bientôt est foulée aux pieds ; il fuit comme un« ombre, et jamais il ne demeure dans le même état. » Pob., XIV, 1-2.) « A chaque jour suffit son mal, » dit Ïé8u&-Christ (Matth., vi, 34), et il ajoute : « Que celui ^,-qai veut venir après moi, prenne sa croix, qu'il la irte tous les jours et qu'il me suive. » (\fatlh., xvi, ftl. Marc, X, 34. Luc, IX, 23.) Au milieu du déluge d'ennuis, de maladies, de souffrances, de misères qui nous accable, comment ne pas sentir le -besoin de recourir à Dieu pour lui demander d'être délivrés de toutes ces peines? Aussi le premier cri qui [~^ S'échappe de notre poitrine quand nous sommes sous f- le poids de la tribulation est-ce celui-ci : Mon Dieu ! *■' Voyez l'impie, l'incrédule lui-môme au milieu du r'- danger, comme aussitôt il se retourne instinctive- !• ment vers le ciel pour lui demander assistance!... t Kcu seul doit donc être notre refuge dans les épreuves inséparables de la vie présente. Quand nous lui di- '• sons, ainsi qu'il nous l'ordonne : « Délivrez-nous du mal, » nous ne demandons pas d'être délivrés absolument de toute peine, de toute douleur, de toute preuve : car il nous a prédit que ceux qui aspirent ' à son service doivent s'attendre à passer par le creuset de la tribulation, et nous voyons en effet que les apôtres, les martyrs et tous les amis de Dieu, loin d^étre exempts de tribulations en ce monde, ont eti,
«o contraire, à soulfrir toute sorte de persécutions, de calamités et de supplices de la part du démon et des hommes qui se sont faits ses suppôts. Et Notre- Seigneur Jésus-Christ lui-même a voulu épuiser jusqu'à la lie Tamer calice de sa passion... Les saints s*estimaient heureux chaque fois qu'il leur était donné d'endurer quelque chose pour la gloire de leur divin Maître : Ibant gaudentes.,. quoniam digni habiti sunt pro nomineJesucontunuUam pati,.. Act.,y, 41.) Que demandons-nous à Dieu par ces paroles : « DéUyrez-nous du mal ? » Nous le prions de nous délivrer des maux qui ne peuvent être utiles à notre âme d'aucune manière, ou qui peuvent lui nuire en l'exposant à tomber dans le péché...
Saint Basile» saint Chrysostome et saint Augustin enseignent que le mal dont il est question dans cette prière, signiOe principalement le démon, parce que le démon fut auteur des péchés et des crimes des hommes, et que Dieu se sert encore de son ministère pour punir ceux qui l'outragent. C'est Dieu, en effet, qui nous envoie tous les maux que nous souffrons pour nos péchés... Le démon est aussi appelé méchant, parce qu'il nous fait une guerre sans relâche et qu'il a pour nous une haine mortelle, quoique nous ne lui ayons fait aucun mal. Et quoiqu'il ne puisse nuire à celui qui s'arme de la foi et qui se revêt de l'innocence, cependant il ne cesse de nous tourmenter par tous les moyens qui sont en son pouvoir. Voilà pourquoi nous prions Dieu de nous délivrer du méchant
II. Bu mal de l'âme. — Mais de tous les maux, celui dont nous demandons à Dieu la délivrance absolue.
c*est le mal de Tâme, c'est-à-dire le péché. Il n'y a, en effet, que celui-là qui nous soit nuisible. Avec l'Église nous devons dire du fond du cœur : « Délivrez-nous, Seigneur, de tous maux passés, présents et futurs. » Libéra wos, quœsumtis, Domine^ ah omnibus maliSf prxteritis, prœsentibus et futuris. Des maux passés, c'est-à-dire des péchés que nous avons eu Je malheur de commettre, et qui sont la première cause de tout ce que nous avons à souffrir. Le travail, les fatigues, les maladies, les fléaux, les intempéries, toutes les calamités, en un mot, et enfin la mort, la plus cruelle de toutes les épreuves, qu'est-ce que tout cela, sinon la suite et la punition du péché? a Voilà que la terre est maudite à cause de toi..., » dit Dieu à l'homme prévaricateur, a Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front... Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. Tu mourras de mort parce que tu as mangé du fruit auquel je t'avais défendu de toucher. » (Gen., m, 17-19.) La malédiction a passé d'Adam à toute sa postérité avec le péché. En demandant àDieude nous délivrer des maux passés, nous le prions d'être affranchis de nos péchés, cause unique de toutes nos souffrances.
Les maux présents, ce sont les dangers, les périls, les occasions de péché qui nous environnent, et qui, en nous exposant à de nouvelles fautes, ne peuvent que multiplier nos expiations...
Enfin les maux futurs, ce sont les tourments de l'enfer, conséquence extrême du péché. « Voilà que Satan a demanda à vous cribler comme on crible le blé, y> disait Jésus-Christ à ses disciples ; mais j'ai prié
pour TOUS» .(Luc, xxir, 31-32.) Nous ne faisons ici que joindre notre prière à celle de Notre-Seigneur, afln d'être délivrés du mal le plus à craindre, qui est le péché et du malheur le plus grand auquel il puisse nous exposer, qui est de tomber sous le pouvoir cruel de Satan pendant l'éternité...
Ne cessons pas d'adresser à Dieu cette prière: « Délivrez-nous du mal. » S*il lui plaît de nous envoyer des épreuves, en expiation de nos fautes, ou comme préservatif contre les séductions de ce monde, demandoDS-lui la patience, la résignation et une soumission parfaite à sa volonté en toutes choses. Gomme nous raftirme le grand Apôtre, tout prospère au bien de ceux qui aimeat Dieu. Mais, par-dessus tout, supplions Dieu de nous préserver du péché et de nous délivrer de ce mal, Tunique que nous ayoms à redouter en ce monde et en l'autre. Qu'après nous avoir délivrés du mal, il plaise à son inQnie miséricorde de nous accorder un jour la possession de tous les biens.